La noyée était en blanc

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Animatrice pour une radio populaire de l’ouest de l’Irlande, Ciara Frehill a laissé son passé tragique derrière elle et s’est reconstruit une vie heureuse. Tout bascule lorsque son cousin est retrouvé noyé dans sa baignoire... tout comme l’avait été la mère de Ciara douze ans auparavant.

Selon la tradition irlandaise, un policier est assigné à la famille pour la soutenir. C’est ainsi que Lionel McCarthy fait la connaissance de Ciara, dont il tombe rapidement sous le charme. Malheureusement, les circonstances ne se prêtent guère à une histoire d’amour entre eux. Et, bientôt, les Frehill sont la cible d’un troisième meurtre...

25 000 mots (novella)


Publié le : jeudi 24 juillet 2014
Lecture(s) : 5
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782924395462
Nombre de pages : non-communiqué
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Résumé
Animatrice pour une radio populaire de l’ouest de l’Irlande, Ciara Frehill a laissé son passé tragique derrière elle et s’est reconstruit une vie heureuse. Tout bascule lorsque son cousin est retrouvé noyé dans sa baignoire… tout comme l’avait été la mère de Ciara douze ans auparavant. Selon la tradition irlandaise, un policier est assigné à la famille pour la soutenir. C’est ainsi que Lionel McCarthy fait la connaissance de Ciara, dont il tombe rapidement sous le charme. Malheureusement, les circonstances ne se prêtent guère à une histoire d’amour entre eux. Et, bientôt, les Frehill sont la cible d’un troisième meurtre…
De la même auteure
aux Éditions Laska
Chimères, Gangsters et Informatique
LA NOYÉE ÉTAIT EN BLANC
Amélie Voyard-Venant
Éditions Laska Montréal, Québec Courriel : info@romancefr.com
Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents sont soit le fruit de l’imagination de l’auteur, soit utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des faits réels ou des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite.
Tous droits réservés © Amélie Voyard-Venant, 2014 Extrait deChimères, Gangsters et Informatique© Amélie Voyard-Venant, 2014.
Aucune reproduction ou transmission, totale ou partielle, n’est autorisée sans le consentement écrit préalable de la détentrice des droits et de l’éditeur.
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Design de la couverture : Jeanne Corvellec
ISBN : 978-2-924395-46-2
Table des matières
Résumé Autres publications de l’auteure Page titre Droits d’auteur Prologue Chapitre 1 Chapitre 2 Chapitre 3 Chapitre 4 Chapitre 5 Chapitre 6 Chapitre 7 Chapitre 8 Chapitre 9 Chapitre 10 Chapitre 11 Chapitre 12 Épilogue Merci ! Chimères, Gangsters et Informatique (5) L’auteure
Prologue
Elle ne voyait rien. Pourtant, elle n’ignorait pas que la pièce était éclairée, mais un voile noir s’était posé sur ses yeux grand ouverts. Ou peut-être qu’ils étaient fermés, elle ne savait plus. Elle essayait de ne penser à rien. De ne pas se débattre. Tout finissait toujours plus vite si elle ne se débattait pas. Il ne s’énervait pas si elle faisait la morte… Sauf qu’il était déjà énervé. Rien n’était comme d’habitude, rien ne serait plus jamais comme d’habitude. Mais elle ne devait pas y penser. Tout comme elle ne devait pas penser à l’air qui commençait à manquer à ses poumons. Ignorer la peur qui grandissait dans son ventre. Elle devait faire le vide, faire le vide jusqu’àdevenirle vide. Elle n’en voulait pas à l’eau. Ce n’était pas sa faute. Elle n’en voulait pas non plus à la baignoire, contre laquelle son corps était pressé jusqu’à l’étouffement, ni à la masse (n’y pense pas) dont la main touchait son cou (n’y pense pas). Une fois encore, elle crut qu’il n’allait pas la relâcher. Il la relâchait toujours ; pourtant (mais pas cette fois, il n’avait pas relâché cette fois-ci), il y avait toujours un moment où elle pensait que c’était fini. Où elle avait presque envie d’abandonner. De devenir le vide pour de bon. Une noyée en blanc, blanc comme la chemise de nuit qui collait à sa peau. Elle se voyait, image floue, les cheveux flottant à la surface, tel l’un de ces si jolis cadavres de fiction. Ophelia, la folie en moins, ou alors pas la sienne… Elle avait toujours eu un faible pour Hamlet, après tout. Une noyée en blanc, blanc virginal, et si elle n’était pas pure (sinon pourquoi serait-elle noyée ?), elle était au moins vierge. Elle se voyait ainsi, morte, paisible, enfin. Et puis il y eut un cri, et il la relâcha. Mais elle n’entendait plus que le cri. Et ce cri changeait tout.
Chapitre 1
Le jour où Martin Gibson fut retrouvé mort, un matin de janvier 2012, sa cousine Ciara travaillait comme d’habitude àÉireYou, l’une des stations de radio les plus populaires du comté de Galway. « Et la dernière question : nommez un alcool japonais en quatre lettres ! » Au bout de la ligne, son interlocuteur réfléchissait activement. Au compteur, les secondes s’écoulaient… « Padraig ? — Saké ! Le saké ! » Le « bip » signalant la fin du jeu retentit juste après sa réponse. « Bonne réponse ! Alors, jetons un coup d’œil à votre score… Le prénom de Mrs Carter est bien Beyoncé,Underworld Awakeningest le titre du dernier film de la sérieUnderworld, dans nos salles vendredi prochain, c’est bien le Danemark qui a pris la tête du Conseil de l’Union européenne, Sarkozy est le nom du président français, l’escrime est le sport pratiqué avec des épées, et le saké est un alcool japonais, ce qui vous fait… six bonnes réponses en une minute. C’est pas mal, mais hélas, vous ne remportez pas le gros lot. » Elle haussa les épaules en entendant le grognement déçu du joueur. « Une prochaine fois, peut-être ? — Ouais… — Merci, Padraig, et à bientôt ! » Même en sachant qu’aucun de ses auditeurs ne pouvait la voir, et encore moins le pauvre Padraig, elle congédia ce dernier d’un signe de la main. Elle avait beau travailler à la radio depuis quatre ans, elle n’avait jamais pu se débarrasser de ses petites habitudes… « Dans quelques instants, vous retrouverez Rihanna, puis Orlagh vous donnera les nouvelles du jour… juste après la pub ! » La jeune femme pressa un bouton, puis enleva son casque en souriant à sa collègue responsable des informations, laquelle arrivait systématiquement en avance. « Toujours pas de gagnant ? demanda la blonde. Nope. Dans un sens, c’est mieux pour nous, mais bon… — Tu ne peux pas t’empêcher d’être de leur côté, c’est ça ? — T’as tout compris. Rien de neuf ? — Mmh, non. Oh, ton portable n’arrête pas de sonner. — Merde, j’ai oublié de le mettre sur vibreur… C’est bizarre, j’ai rarement des messages à cette heure… — Non, Ciara, je veux dire, il sonne toutes les cinq minutes, et ce ne sont pas des SMS… » La rousse fronça les sourcils. « Ah bon ? — Oui, ça a l’air vraiment urgent… » Un coup d’œil sur l’horloge au mur indiqua à Ciara que les pages de pub n’allaient pas tarder à s’achever. « Bon, je verrai ça dès que je finis. Je n’en ai plus que pour vingt minutes de toute façon. » Trois morceaux de musique, un point actualité, une farce téléphonique journalière et une autre page de pub plus tard, la jeune femme laissa enfin la place à Rick alors que l’horloge marquait tout juste 10 h. Elle se précipita dans son bureau et décrocha son portable au moment même où ce dernier recommençait à sonner. « Oui ? — Ciara, tu réponds enfin ! — Tante Jess ? J’étais au boulot. — Je sais, je sais, mais… c’est Martin. » Ciara fronça les sourcils.
« Martin ? » Elle n’avait pas eu de nouvelles de son cousin depuis quelque temps, mais elle n’avait rien entendu qui justifie le ton affolé de sa tante. « Il, il… » Soudain, le silence se fit au bout de la ligne, et Ciara entendit quelques reniflements. « Jess ? Jess, tout va bien ? — Il est mort. » Un murmure. Qui résonna comme un cri. « Quoi ? Mais… — Il a été assassiné, Ciara. » Sous le choc, la jeune femme aux cheveux roux se laissa tomber sur son siège. « Je… Tante Jess, je ne sais pas quoi dire… Est-ce que je peux faire quelque chose ? » Elle n’attendit pas la fin des sanglots pour se ressaisir. « Non, reprit-elle, écoute, ne bouge pas, j’arrive. Tu es chez toi ? — Oui. — Oncle Louis est avec toi ? — Mm-mm. — C’est un oui, ça ? — Oui. — D’accord. Je suis là dans… » Ciara jeta un œil à sa montre. 10 h 05. À cette heure, le trafic dans ce sens ne devrait pas être bien dense. « Une vingtaine de minutes au max. Tu as prévenu Niamh ? — Oui… Elle a dit qu’elle viendrait aussi. — D’accord. Ne bouge surtout pas. Tante Jess ? — Mmh ? — Je t’aime. » Les larmes ne montèrent aux yeux de la jeune fille que lorsqu’elle raccrocha. Ni elle ni sa sœur n’étaient particulièrement proches de Martin. Âgé d’une bonne quinzaine d’années de plus qu’elle, ce qui lui faisait près de vingt ans d’écart avec Niamh, il n’avait jamais été très présent, même du temps où elles habitaient chez leur tante. Plus que tout, c’était l’écho de la peine de Jess et de son mari Louis qui l’affectait à présent. Tous deux s’étaient montrés extraordinaires lorsqu’ils avaient recueilli leurs nièces. Ciara avait quatorze ans quand la tragédie avait frappé. En une nuit, elle avait perdu ses deux parents. La garde des deux filles — Niamh n’avait que dix ans — avait alors été confiée à leur tante. La jeune femme secoua la tête et farfouilla dans son sac jusqu’à trouver ses clés. Elle ne souhaitait pas s’attarder sur le passé. Douze années s’étaient écoulées ; c’était à présent au tour de Jess et Louis d’avoir besoin du soutien de leurs nièces. Elle comptait bien répondre à l’appel.
Chapitre2
Il était à peine 10 h 30 lorsque Ciara gara son Audi de seconde main dans l’allée menant à la maison de Jess et Louis Gibson, non loin de Craughwell. Elle sortit sans prendre la peine de verrouiller la voiture ; elle ne le faisait qu’à Galway. Ici, à la campagne, tout était plus calme… la plupart du temps. La jolie rousse aux cheveux bouclés frissonna : en ce début de janvier, il faisait particulièrement froid, mais elle se sentait surtout troublée par la pensée que le village allait être sacrément secoué par cet évènement. Il n’y avait pas eu de meurtre à Craughwell depuis… eh bien, à sa connaissance, depuis douze ans. Voilà qui ne manquerait pas de faire jaser dans les pubs… Heureusement qu’elle n’y vivait plus. Ciara se gifla mentalement. Son cousin avait été assassiné, et ses pensées se tournaient vers les commérages que cela entraînerait ? Il fallait qu’elle se ressaisisse, et vite. Le vélo de Louis avait été posé délicatement contre le muret gris. Cette vision ne manqua pas de choquer la jeune femme, qui connaissait l’amour que son oncle portait à cette antiquité : il ne l’aurait jamais laissé à l’extérieur, mais rangé avec soin dans le garage. La scène se déroula alors dans l’esprit de Ciara, comme si elle y avait assisté : elle vit oncle Louis en selle, se préparant à partir pour le travail, quand une voiture blanche, «GARDA[1] » inscrit sur le capot, s’était arrêtée devant lui. Il avait dû se gratter la barbe avec circonspection lorsque Anthony en était sorti. Nul autre que ce vieuxgardase serait présenté au domicile des Gibson dans ces circonstances, les deux hommes étant amis de longue date. Le sergent Joyce aurait essayé de faire rentrer Louis, mais son insistance n’aurait fait qu’aiguiser les soupçons de l’oncle de Ciara. Il aurait alors tout compris en un éclair, comme il le faisait toujours. « Ciara ? » Elle se rendit compte qu’elle n’avait pas avancé, figée devant le vélo, imaginant Louis qui le laissait tomber, avant de le ramasser, comme dans un rêve. Elle relevait à peine la tête que deux bras musclés l’entouraient et la serraient fort. « Niamh… — Je suis désolée, Ciara. » Niamh Frehill avait quatre ans de moins et deux têtes de plus que son aînée. Elle avait développé à son adolescence un goût prononcé pour le sport, d’où sa stature imposante. Même adulte, et avec un travail de comptable prenant, elle trouvait le temps de courir tous les soirs. Les deux sœurs partageaient la même chevelure rousse indomptable, bien que maintenue chez Niamh par une queue de cheval. Leur ressemblance s’arrêtait là cependant, Ciara ayant hérité des yeux verts de sa mère, quand sa cadette avait récupéré un allèle brun des gènes paternels. La première avait le visage légèrement rond, tandis que la seconde était toute en angles. On disait pourtant leurs sourires similaires, mais ni l’une ni l’autre n’avaient le cœur à le montrer ce jour-là. Les deux sœurs remontèrent ensemble le chemin de terre menant à la maison Gibson, d’où Niamh avait vu son aînée arriver. Une fois devant la porte, Ciara prit une grande inspiration avant de la franchir. Elle sentit aussitôt les longs bras de tante Jess s’enrouler autour d’elle et répondit à l’étreinte avec tendresse. « Je suis tellement désolée… », parvint-elle à murmurer, n’obtenant que des sanglots en retour. Artie, le chien de la maison, se frotta à sa taille. Appartenant à la race des lévriers irlandais[2], c’était un animal immense, à la musculature massive, avec un poil gris et une tête rappelant celle d’un terrier. Il avait toujours démontré beaucoup d’affection envers Niamh et Ciara, bien qu’il n’ait rejoint la famille que trois ans auparavant, soit quelque temps après que les deux sœurs eurent quitté le domicile Gibson. Ciara caressa le gros chien distraitement tout en s’enquérant de la santé de Jess et Louis, lequel venait d’arriver dans l’entrée. Après avoir étreint son oncle, la jeune femme se laissa
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