La nuit de l'oubli (Harlequin Black Rose)

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La nuit de l'oubli, Susan Kearney

Cela fait quatre ans maintenant que Jenna, sa petite sœur, a disparu, enlevée sous ses yeux par un mystérieux inconnu. Mais Kaylin n'est toujours pas remise de cette tragédie. En effet, jour après jour, les souvenirs de cette terrible nuit ne cessent de revenir la hanter : le bruit de la pluie contre la vitre, le pas lourd de l'homme sur le plancher, le revolver, le petit corps tremblant de Jenna... Mais, plus que tout, c'est la culpabilité de n'avoir pu sauver sa sœur qui la ronge. Une culpabilité d'autant plus lourde à porter qu'elle ne peut en parler à personne. En effet, comment dire qu'elle savait ? Comment raconter, sans passer pour une folle, ce rêve prémonitoire qu'elle a fait quelques jours avant le drame? Pourtant, lorsque ses parents demandent à Shane Lynch, un ancien membre des forces spéciales, de reprendre l'enquête, Kaylin se prend à espérer. Même si elle ne se sent pas très à l'aise avec cet homme incroyablement séduisant, qui semble deviner ses moindres pensées et qui la trouble plus que de raison, elle sait tout de suite que lui saura la comprendre, l'aider à y voir plus clair. Et pourquoi pas, peut-être, à retrouver Jenna...

Publié le : mercredi 25 mars 2009
Lecture(s) : 15
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280264969
Nombre de pages : 384
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Prologue

L’orage grondait sourdement au cœur de la nuit, la pluie tambourinait sur le toit et le vent gémissait, comme pour avertir Kaylin Dancroft d’un danger immédiat. Dans son cauchemar, les branches des arbres se tordaient, tels des bras cherchant à s’échapper du tronc pour agripper une proie. Pour s’emparer d’elle.

Elle devait à tout prix se réveiller.

Sortir du lit.

Se cacher.

Encore à moitié endormie, elle se leva, se dirigea à tâtons vers le placard et referma sur elle la porte à claire-voie. Frissonnant et claquant des dents, elle s’accroupit dans l’obscurité, persuadée que le démon tapi dehors était à sa recherche.

Tenaillée par la peur, elle avait beau se répéter qu’il s’agissait encore d’un horrible cauchemar et qu’elle ferait mieux de se recoucher, ses jambes refusaient de la porter. Ses pieds semblaient pris dans un bloc de ciment. A l’étroit dans le placard, elle était incapable de bouger ou de respirer.

Un roulement de tonnerre plus fort que les précédents résonna, tout proche, et la fenêtre de la chambre s’ouvrit en grinçant, laissant pénétrer l’air humide et l’odeur de la pluie.

Oh, mon Dieu !

Ce n’était pas un mauvais rêve. Il y avait quelqu’un ici. Dans la chambre !

Elle regarda à travers les lattes de la porte du placard et aperçut une silhouette masculine qui se penchait sur son lit. Un éclair déchira la nuit et, l’espace d’une seconde, Kaylin entrevit une forme sombre qui se découpait sur le ciel d’orage.

Elle ne sut que penser. Il s’agissait peut-être d’un amoureux qui allait rejoindre sa dulcinée et qui s’était trompé de balcon. Et de maison.

Mais il n’avait rien d’un Roméo, se dit-elle avec un sursaut de bon sens.

D’ailleurs, le revolver que la silhouette menaçante tenait à la main ne laissait planer aucun doute sur les intentions de l’intrus. C’était visiblement un homme, et un homme qui suait la méchanceté par tous les pores de sa peau, tel un monstre sans pitié et sans âme.

Il s’écarta du lit vide et se dirigea vers la salle de bains. Après s’être assuré qu’il n’y avait personne dans la pièce, il revint vers le lit et passa sa main sur les draps, tâchant sans doute de deviner depuis combien de temps elle était partie. Un autre éclair illumina la nuit. Le visage de l’homme demeurait dans l’ombre, mais Kaylin eut le temps de voir la silhouette porter à sa bouche et sucer le doigt qui venait de toucher les draps. Un geste obscène qui la fit frissonner. Mon Dieu ! Si cet homme la découvrait, il n’hésiterait pas à la… Elle ferma les yeux et pria pour qu’il ne la découvre pas.

Sa prière fut exaucée. L’intrus s’éloigna de son lit… et s’avança vers celui de Jenna.

« Non ! Ce n’est pas elle que vous êtes venu chercher ! eut-elle envie de lui crier. Laissez-la tranquille. Elle n’a que seize ans. Elle est bien trop jeune pour savoir qu’un démon tel que vous existe. »

Kaylin le savait, cet homme avait pénétré délibérément chez ses parents. Et c’était après elle qu’il en avait. Elle ne parvenait pas à se remémorer tous les détails de son rêve mais, elle l’avait compris, ce monstre venait pour elle et non pour Jenna, sa cadette de six ans.

Elle implora une nouvelle fois le ciel pour que l’homme quitte rapidement les lieux.

Mais cette fois-ci, Dieu n’exauça pas sa prière. Et quand elle vit l’homme donner un petit coup à Jenna avec la pointe de son revolver, sa terreur s’accrut.

Profondément endormie, Jenna n’était pas consciente de la menace qui pesait sur elle. Kaylin devait tout faire pour protéger sa sœur et neutraliser l’inconnu. Mais de quelle façon ? Il était armé. Et si elle appelait ses parents, à l’étage en dessous, ils se feraient tous tuer.

Elle devait sauver Jenna.

Dans l’obscurité du placard, elle promena ses doigts autour d’elle, effleurant au passage une boîte de chaussures, une raquette de tennis, un sac à dos. Bon sang ! Pourquoi ne trouvait-elle pas de clubs de golf ou une batte de baseball ? Son adrénaline grimpa en flèche quand elle trouva enfin un parapluie, et elle s’en saisit à deux mains.

Il fallait attendre le bon moment.

Attendre l’instant où le monstre serait vulnérable.

Attendre…

Soudain, il lui tourna le dos.

Maintenant !

Le cœur battant et les mains moites, elle ouvrit la porte du placard avec d’infinies précautions. Pieds nus, elle s’avança vers l’homme à pas de loup.

Elle vit qu’il poussait de nouveau Jenna avec son revolver mais, comme à son habitude, sa sœur dormait d’un sommeil de plomb, et pour toute réponse, grogna et s’allongea sur le ventre, une main repliée sur sa tête.

Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, Kaylin s’avança encore un peu…

Elle y était presque. Encore un pas.

L’homme passa son bras autour du cou de Jenna et l’attira vers lui. Celle-ci poussa un cri étouffé.

Kaylin en profita pour bondir et abattre de toutes ses forces le parapluie sur le bras qui tenait le revolver. Elle s’était déplacée en silence mais l’intrus fit volte-face et para le coup d’un moulinet du bras, aussi aisément que s’il écartait une mouche, puis il projeta Kaylin contre le mur en proférant un chapelet d’obscénités.

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