La proie du démon

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Pour Kadenshar, le démon, le plan est simple. D’abord il va séduire Destinée, la jeune humaine dont les pouvoirs secrets sont une menace pour tout son peuple. Puis, lorsqu’elle sera à sa merci — ce dont il ne doute pas car aucune femme jusqu’à présent n’a su lui résister —, il la livrera à ses chefs qui lui voueront une reconnaissance éternelle… Mais en croisant le regard bleu d’azur de Destinée, Kadenshar comprend que la tâche ne sera pas aussi aisée qu’il y paraissait. Car si son charme semble bel et bien fonctionner, un détail imprévisible vient bousculer ses projets. Comme une vague de sensations imprévisibles qui l’assaillent et le terrorisent : attirance, tendresse, désir fou… Amour ? Autant de sentiments typiquement humains, inconnus de lui jusqu’alors. Et terriblement dangereux…
Publié le : jeudi 1 décembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280241939
Nombre de pages : 288
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Prologue
Rome, 64 avant J.-C.
Des flammes d’un rouge ardent consumaient la ville et brûlaient la chair des mortels qui tentaient désespérément de fuir.
Un rictus de mépris hautain aux lèvres, Néron contemplait le spectacle depuis la falaise.
— Ils ne me défieront plus.
— Vous êtes satisfait, constata le messager du royaume de l’Ombre, qui n’avait pas encore de forme visible.
Cela changerait dès que l’incendie serait éteint, laissant derrière lui de précieuses cendres, la semence de l’avenir.
Elles allaient donner naissance à un nouvel être dont la forme humaine abriterait un cœur impitoyable de démon. Un nouveau spécimen plus intelligent et plus raffiné que toutes les espèces connues de Daemon sapiens.
— On se souviendra de toi comme d’un grand chef, susurra la créature informe.
— Oui, et je construirai de grands palais. Ma nouvelle ville s’appellera Néropolis.
Dans tes rêves…, songea le messager.
L’empereur romain n’aimait que lui-même, et cet amour mêlé aux cendres du grand incendie de Rome allait permettre la création d’une race élaborée de démons capables de tenter les humains par leur plus grande faiblesse : l’orgueil.
Cette créature se nommerait : démon des Cendres. Elle allait offrir aux mortels un irrésistible sentiment de plénitude jusqu’à ce qu’ils se détruisent eux-mêmes en se prenant pour des dieux.
Les imbéciles.
Les dieux n’étaient que des fantasmes. C’est le conseil des Grigori qui maintenait l’ordre dans le royaume de l’Ombre, et c’est lui qui avait ordonné la création de cette nouvelle race afin de préserver l’équilibre cosmique.
L’équilibre était indispensable. S’il était perdu, le royaume de l’Ombre et celui des mortels sombreraient dans le chaos et chaque créature se verrait condamnée à son propre enfer. Pour un démon des Cendres, cet enfer serait une vie humaine.
— Nous en avons terminé, déclara Néron en se tournant vers le chemin qui menait à sa ville en flammes.
Le messager des Grigori regarda l’incendie crépiter joyeusement. Les démons des Cendres promettaient d’être une espèce intelligente, subtile et cruelle.
Ils protégeraient les passages permettant à ceux du royaume de l’Ombre de se rendre chez les mortels sans dépendre d’eux.
Ils se reproduiraient comme les mortels pour assurer la survie de leur espèce et prendre l’ascendant sur tous les autres grâce à leur sens du commandement.
Des cendres des mortels, les Grigori allaient tirer leur plus grand chef-d’œuvre.
1
Angleterre, de nos jours
— Où est mon frère ?
Kadenshar reconnut à peine sa voix affaiblie.
— Il va bien, répondit une femme.
Le vide se fit en lui et il sentit qu’elle mentait.
— Il est mort, répliqua-t-il.
— Pas encore.
Mais bientôt… Bientôt, ce qu’il restait de sa famille allait périr à cause de sa faiblesse et de son échec.
Il sentit un cri jaillir de son âme vide et emplir sa poitrine brûlante, mais il ne le laissa pas franchir ses lèvres.
Il ne pouvait ni voir ni bouger.
— Que m’avez-vous fait ? demanda-t-il d’une voix rauque.
— Nous t’avons sauvé, Kadenshar, répondit une autre femme, plus jeune et plus innocente que la première.
C’était une mortelle qui n’avait aucun droit d’employer son nom démoniaque, mais il n’avait pas la force de la punir.
— Je ne sens plus mes mains.
Les avait-il perdues en passant du royaume de l’Ombre au monde des mortels ?
— Desserrez ses liens, ordonna la plus âgée des deux femmes.
Le fait qu’une femme soit responsable d’un guerrier comme lui prouvait bien qu’il se trouvait au xxie siècle.
Il entendit un craquement, puis sentit son sang démoniaque ramener ses doigts à la vie.
— Je n’y vois rien. Comment cela se fait-il ?
— Nous t’avons mis un bandeau. Tu as été blessé au combat. T’en souviens-tu ?
Non. Il ne se souvenait que d’avoir emprunté le traiectus pour entrer dans le monde des mortels avec l’espoir d’arrêter son frère avant qu’il ne fasse quelque chose de stupide — comme se faire tuer, par exemple. La dernière chose qu’il se rappelait était de l’avoir vu discuter avec une fée aux cheveux roux dans la forêt profonde. Puis une explosion avait fait trembler le sol et Kadenshar s’était retrouvé à plat ventre sous quelque chose de dur et de froid…
— Où suis-je ? demanda-t-il d’une voix plus assurée.
— Dans les bois de Saint-Yve. Je suis lady Aurora.
Il avait déjà entendu ce nom. C’était l’une des dirigeantes du Cadre.
Il connaissait cet ordre composé de mortels qui s’intéressaient aux entités paranormales. A moins qu’ils ne soient tout simplement en quête de pouvoir… Ils avaient installé leur quartier général dans un manoir au cœur de la forêt de Saint-Yve, où les mortels et les créatures issues du royaume de l’Ombre cohabitaient. Certains paranormaux considéraient cet endroit comme un refuge, d’autres comme une salle de tortures pour démons.
— Tu es venu avec des guerriers et des intentions belliqueuses, déclara lady Aurora. Des agents de la Division P ont tiré sur vous.
— Je suis venu chercher mon frère, la corrigea-t-il. Seul.
Il n’était pas venu pour se battre et ne s’était fait accompagner d’aucun guerrier.
— Mais ton frère avait d’autres intentions.
— A-t-il été blessé ?
— Oui. Nous l’avons cristallisé pour suspendre le processus de dégénérescence, précisa lady Aurora.
— Pourquoi ?
— Les agents de la Division P emploient de l’artillerie lourde. Son corps humain a été gravement blessé.
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