La proie du doute (Harlequin Azur)

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La proie du doute, Emma Darcy

Sunny attend beaucoup du séminaire de travail que son entreprise a organisé à Las Vegas. Mais quand elle fait la connaissance de Bryce Templar, le grand patron en personne, elle est sous le charme. Tellement sous le charme qu'elle en oublie un instant son objectif professionnel, avant de se ressaisir, convaincue qu'elle n'a aucune chance d'intéresser un homme comme lui. Et pourtant... Le soir venu, alors qu'elle marche dans les rues animées de Las Vegas, Sunny croise par hasard Bryce Templar, qui l'invite à dîner sans lui cacher qu'il la trouve très séduisante. Troublée, Sunny hésite. Pourquoi la choisirait-il, elle, alors qu'il peut avoir les plus belles femmes du monde ? Mais bien vite, le désir qu'éprouve Sunny balaie ses dernières réticences.

Publié le : samedi 1 novembre 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280267403
Nombre de pages : 160
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1.
— Je veux te voir marié.
Bryce Templar serra les dents. Ce n’était pas la première fois que son père formulait cette requête. Et ce ne serait certainement pas la dernière. Mais il n’était pas venu le voir pour se disputer avec lui. S’il était auprès de son père ce jour-là, c’était pour s’assurer que ce dernier se remettait correctement de l’opération à cœur ouvert qu’il avait subie récemment.
Aussi, feignant d’ignorer l’épineux sujet, se força-t-il à admirer le paysage. Le soleil couchant baignait d’une lumière presque irréelle les pierres rouges de Sedona, dans le désert de l’Arizona. Les quartiers d’hiver de son père offraient une vue à couper le souffle sur une nature d’une beauté brute, ensorcelante — c’était d’ailleurs ce que prêchait Will Templar depuis quelque temps : entrer en communion avec la nature pour accéder à une paix spirituelle vivifiante…
— Tu as entendu, mon garçon ?
Bryce lança à son père une œillade agacée.
— Je ne suis plus un petit garçon, papa.
— Ce n’est pourtant pas ce que laisse penser ton comportement, rétorqua le vieil homme. Regarde-toi, tes cheveux commencent à grisonner et tu es encore célibataire.
— Je n’ai que trente-quatre ans, ce n’est pas ce qu’on appelle un âge canonique, il me semble. Quant à mes cheveux, il paraît que c’est génétique. Si mes souvenirs sont bons, tu avais aussi quelques cheveux blancs à mon âge.
Et leur ressemblance physique ne se limitait pas à ça. Tous deux étaient très grands — un mètre quatre-vingt-dix — et puissamment musclés même si Will Templar avait perdu beaucoup de poids au cours de l’année passée. Ils possédaient aussi le même nez droit, la même bouche au pli déterminé et bien que les cheveux de son père soient à présent complètement blancs, ils demeuraient aussi souples et aussi épais que les siens.
De sa mère, Bryce n’avait hérité que les yeux, d’un beau vert profond. Ceux de Will Templar étaient gris — durs et froids comme le métal, avait-on souvent lu dans la presse — mais en cet instant précis, ses yeux reflétaient un profond agacement.
— J’avais une vingtaine d’années quand j’ai épousé ta mère.
— Les gens se mariaient plus jeunes, à l’époque.
— Tu ne fais aucun effort pour trouver la femme idéale, contra Will en pointant sur son fils un index réprobateur. Crois-tu que je ne suis pas au courant de tes multiples aventures avec ces petites starlettes de Los Angeles ? Je trouve ça plutôt malsain, ces coucheries sans lendemain, Bryce.
Ce dernier étouffa à grand-peine un soupir.
— Ce ne sont pas des « coucheries sans lendemain », contrairement à ce que tu crois. Tu es bien placé pour savoir que je m’investis beaucoup dans mon travail : je n’ai tout simplement pas le temps de m’engager sérieusement avec une femme… je n’ai pas le temps de leur donner ce qu’elles réclament.
Dans un mouvement de colère, son père bondit de sa chaise longue.
— Tu ne vas tout de même pas me faire croire que les femmes n’ont plus envie de se marier ! Elles rêvent toutes de ça ! Avec cinq épouses à mon actif, je suis la preuve vivante qu’il n’y a rien de plus simple que de demander une femme en mariage !
« Et toutes sont parties avec un joli pactole », songea Bryce avec cynisme. A l’exception de sa mère, décédée avant même d’avoir eu envie de demander le divorce. Grâce à Templar Resources, l’entreprise qu’il avait créée, Will Templar aurait pu payer plusieurs dizaines de pensions alimentaires sans rien changer à son train de vie de multimillionnaire. Mais Bryce n’était pas comme son père : l’idée d’être convoité telle une marchandise de grande valeur lui faisait horreur.
Si une femme le désirait… tant mieux. Surtout si c’était réciproque. Mais dans son esprit, quelques moments de plaisir partagé ne conduisaient pas forcément à l’autel… avec à la clé, la garantie d’un divorce ruineux si le désir finissait par s’émousser.
— Soit tu acceptes de te marier, Bryce, soit je confie le poste de P.-D.G. à Damian jusqu’à ce que tu trouves une épouse, lança son père d’un ton menaçant. Comme ça, tu ne pourras plus dire que tu n’as pas le temps de chercher…
Bryce laissa échapper un rire désabusé.
— Tu t’exposes à une deuxième crise cardiaque si tu fais ça, papa, railla-t-il en faisant allusion aux compétences limitées de son demi-frère.
— Ce ne sont pourtant pas des paroles en l’air, tiens-le-toi pour dit ! Le temps passe, mon garçon, et je sens la mort approcher à grands pas depuis quelques mois. Je veux te voir marié, martela Will Templar d’un air sombre. Marié et père de famille. Je t’accorde une année pour trouver la femme qui te conviendra. Une année, pas une de plus, tu m’entends ?
Son visage s’était empourpré et sa respiration devenait plus saccadée. Inquiet, Bryce décida de laisser passer la tempête.
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