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La richesse de l'amour

De
247 pages
Bien à l’abri, depuis sa naissance, dans sa maison du Kentucky, Rowena «Wren» Ballantyne n’a entendu que de vagues rumeurs chuchotées sur l’immense fortune et le majestueux manoir de son grand-père en Pennsylvanie. Quand son père reçoit une lettre le convoquant à New Hope, Wren fait le voyage avec lui et se retrouve bientôt dans un monde totalement inconnu: des membres de sa famille qu’elle n’a jamais vus, des danses qu’elle n’a jamais apprises et une facette de son père dont elle ne soupçonnait pas l’existence.
Alors qu’elle tente tant bien que mal de s’y accommoder, elle trouve un ami en la personne de James Sackett, le pilote le plus renommé de la ligne de transport maritime Ballantyne. Mais même avec son aide, Wren a l’impression qu’elle pourrait bien ne jamais se sentir à sa place dans la haute société. Suivra-t-elle sa propre voie… au péril de sa vie ?
Avec l’attention portée aux détails historiques et la profondeur émotionnelle qui la caractérisent, Laura Frantz donne vie à la Pennsylvanie des années 1850 avec une tendre histoire de deuil, d’amour et de loyauté.
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Copyright © 2014 Laura Frantz Titre original anglais : The Ballantyne Legacy: Love’s Fortune Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Revell, une division de Baker Publishing Group, Grand Rapids, Michigan, USA. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Isabeau Harewicz (CPRL) Révision linguistique : Féminin pluriel Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas Conception de la couverture : Matthieu Fortin Photo de la couverture : © Brandon Hill Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-614-6 ISBN PDF numérique 978-2-89752-615-3 ISBN ePub 978-2-89752-616-0 Première impression : 2015 Dépôt légal : 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 ImpriméauCanada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Frantz, Laura [Love’s fortune. Français] La richesse de l’amour (L’héritage Ballantyne ; 3) Traduction de : Love’s fortune. ISBN 978-2-89752-614-6 I. Harewicz, Isabeau, II. Titre. III. Titre : Love’s fortune. Français. IV. Collection : Frantz, Laura. Héritage Ballantyne ; 3. PS3603.R36L68314 2015 813’.6 C2015-940792-3
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À mon fils, Paul,qui apporte une joie infinie grâce à son violon.
Prologue
Alors jetez les amarres. Voguez loin des ports connus. Laissez l’alizé gonfler les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez. — MARKTWAIN
Avril 1823
James Sackett se souviendrait de ce moment toute sa vie. Il n’était qu’un garçon, mais il se sentait adulte. Libre. Comme s’il avait des ailes. Comme un maître. Comme le jeune homme qui se tenait à côté de lui. Ansel Ballantyne posa une main ferme sur son épaule et plissa les yeux devant le reflet aveuglant de la mer. Prêt, James ? Pour une nouvelle aventure ? James leva la tête vers Ansel et sourit. Il se sentait aussi proche de lui que d’un membre de sa famille, sa vie entrelacée à celles des Ballantyne comme elle ne l’avait jamais été. Il ne se retourna pas vers les flèches et les clochers de Philadelphie qui s’estompaient. Il regardait en avant, vers le fier beaupré du navire. Vers l’Angleterre. Pittsburgh ne te manque pas, j’espère. James secoua fermement la tête comme pour chasser cette idée. veux vous rendre fier, monsieur. Je veux que maître Silas et maîtresse Eden soient Je heureux que je sois avec vous. — Tu es de bonne compagnie, James. J’espère un jour avoir un fils tel que toi, dit Ansel en faisant face au vent salin, les traits tirés de son visage se détendant. Peut-être t’enseignerai-je le violon pendant que nous sommes en mer. Quand nous arriverons à Liverpool, tu pourrais bien me surpasser. Cette idée réchauffa sincèrement le cœur de James. Ils se tinrent ensemble, comme un seul homme, regardant l’océan si vaste et si bleu qu’il semblait que le ciel était sens dessus dessous. « Oh, être un Ballantyne. » James n’en était pas un, mais il aurait voulu l’être. Peut-être qu’être l’apprenti d’un Ballantyne était le meilleur second choix.
***1***
Bientôt, je retournai dans ma famille avec la ferme intention de l’installer au plus tôt dans le Kentucky, que j’estimai être un second paradis. — DANIELBOONE
Cane Run, Kentucky Août 1850
Son père ne portait plus son crêpe de deuil. Le choc glaça Wren. Pendant deux ans, son père avait porté à sa manche ce rappel de la perte de sa mère, aussi révélateur que les rides de douleur gravées sur son beau visage. Pas une fois il n’avait retiré la soie noire. Mais aujourd’hui, le crêpe n’était pas là. Et Wren se mourait de savoir ce qui se passait dans la tête rousse de son père. Tout avait commencé avec l’arrivée d’une lettre provenant de loin en amont. De New Hope. Wren avait payé la livraison la veille et des questions s’étaient bousculées dans sa tête lorsqu’elle avait examiné l’élégante écriture.Ansel Ballantyne, CaneRun, Kentucky. Ils recevaient beaucoup de courrier, surtout en provenance de l’Europe et des collectionneurs de violons et des luthiers là-bas, ou de la famille de sa mère, les Nancarrow, en Angleterre. Mais ils ne recevaient pas de courrier de Pennsylvanie avec un filigrane du comté d’Allegheny duquel l’encre coulait sur les bords du papier froissé. Elle courut jusqu’à la maison et arriva à la porte de leur demeure en pierre, le visage empourpré et si essoufflée qu’elle ne put qu’agiter l’enveloppe entre ses doigts. Alors que la lettre passait de ses mains à celles de son père, elle étudia son expression. Il était pensif. Surpris. Réticent. Wren sentit qu’il avait besoin de solitude. Elle se retourna et s’enfuit pieds nus pour grimper la montagne à l’arrière de leur maison jusqu’à ce que ses poumons brûlent. Là, elle posa ses genoux sur la surface plate d’un rocher et se délecta des dernières lueurs du jour. Les eaux du fleuve devant elle n’étaient pas bleues, mais dorées. Large et sans fin, le fleuve berçait un bateau à vapeur solitaire, dont la partie supérieure de la roue à aubes portait des inscriptions sophistiquées, loin du canot rustique de son enfance. Où le bateau allait, elle ne le savait ni ne voulait le savoir. Son monde commençait et se terminait depuis toujours sur cette montagne familière. Elle ne redescendit que lorsque la voix rauque de son père résonna dans la lumière du crépuscule qui baignait la montagne, la rappelant à la maison. Le dîner que leur gouvernante Molly avait préparé l’attendait. Wren jeta un œil à la cuisine. Aucun signe de Molly. Aucune lettre en vue. Seulement de vieilles tasses remplies de cidre, de grands bols de bouillie de semoule de maïs et du pain de maïs bien beurré. — A bheil an t-acras ort ? lui demanda son père, debout dans l’embrasure de la porte du salon, dans la langue gaélique qu’il utilisait avec elle depuis son enfance, réconfortante et familière comme les édredons cousus à la main de Molly. As-tu faim ? Faim ? Oui. Elle avait faim de revoir sa mère, faim d’explications quant à la disparition du crêpe de deuil et de cette lettre mystérieuse venant d’en amont. Elle acquiesça, prit place, puis attendit la prière. Les larmes lui montèrent aux yeux lorsque son père la récita. Les mots étaient ceux de sa mère et ils invoquaient sa douce présence à nouveau.
— Notre Père, que nos cœurs soient redevables pour toutes Tes bontés, et que nos âmes soient à l’écoute des besoins des autres, à travers Jésus-Christ, notre Seigneur.Amen. Il y eut un moment de silence. — J’ai reçu des nouvelles de Pennsylvanie. Ansel but un peu de cidre et désigna la lettre posée sur le manteau de la cheminée. — Des Ballantyne ? Wren s’étouffa presque en posant la question, les grains du pain de maïs se coinçant dans sa gorge. — Oui. Ils n’avaient pas écrit depuis longtemps. Et je ne leur ai pas rendu visite depuis plus longtemps encore. Les choses changent, là-bas… Un voile de chagrin couvrit le bleu de ses yeux. Il but une autre gorgée de cidre, puis se leva brusquement de sa chaise, qui tomba presque au sol. — Je crains d’avoir été absent trop longtemps. Il jeta sa serviette sur la table et sortit en boitant par la porte de derrière, sa vieille blessure meurtrissant Wren tandis qu’il disparaissait parmi les arbres chargés de fruits. Wren se retrouva seule avec ses questions pressantes dans la chaleur de la cuisine. Toute sa vie, elle s’était interrogée sur sa famille de l’ouest de la Pennsylvanie. Elle avait entendu la romantique histoire de son grand-père écossais, Silas Ballantyne, qui était arrivé d’au-delà des montagnes au siècle précédent et qui avait bâti une magnifique maison en pierre pour sa femme. Wren était certaine que les rumeurs qui circulaient avaient été embellies par les habitants de Cane Run avec le temps. Quelque chose de fâcheux avait fait fuir son père voici plus de vingt ans. C’était là une autre énigme. Elle ramassa le bol de bouillie de son père, le mit sur les braises du foyer pour le garder chaud et plaça son assiette de pain de maïs dessus. Bien qu’il soit sorti, sa profonde inquiétude 1 s’attardait dans la pièce. Wren ne l’avait pas vu aussiafflochtdepuis la mort de sa mère. Elle jeta un œil au manteau de la cheminée et soupira. La lettre, instigatrice de toute cette agitation, semblait la narguer à côté du crêpe de deuil enroulé, remplie de mystère.
* * *
Le chant des oiseaux la réveilla, comme tous les matins depuis un peu plus de vingt ans. Wren reconnut l’odeur du café et du vernis. Quelqu’un travaillait dans l’atelier situé de l’autre côté du passage couvert, à l’extrémité sud de la maison. Les instruments séchaient mieux là-bas, absorbant le soleil par le puits de lumière dans la voûte du plafond, et l’éclat de cette salle faisait ressortir le riche grain de pin et d’érable des violons achevés. Elle s’habilla rapidement et prit un tablier, puis attacha ses cheveux en une tresse lâche qu’elle fixa avec un vieux ruban rose. Il détonnait tristement avec sa robe bleue et ses souliers bruns, lui donnant l’air d’une vielle courtepointe. Elle ne se tracassait jamais bien longtemps à propos de sa garde-robe dépareillée et ne se souciait pas de son apparence. Du vernis renversé ou des coups de ciseaux avaient gâché plus d’une robe. La porte de l’atelier était grande ouverte et Wren pouvait voir le long support qui occupait toute la longueur de la salle et les violons brillants comme des joyaux suspendus telles les perles d’un collier. L’odeur du vernis était forte, mais pas désagréable, et concurrençait celle, piquante, du bois fraîchement coupé. Elle s’attarda sur le pas de la porte et balaya l’atelier du regard. Son père ? Non, seulement Selkirk, l’apprenti de celui-ci. À califourchon sur un banc et de dos, il taillait la crosse d’un violon dans une pièce de bois de pin.