La rose d'Edimbourg

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Angleterre et Ecosse, 1564
Convoquée par la reine Elisabeth, Celia est stupéfaite. La souveraine attend d’elle qu’elle se rende à la cour d’Edimbourg, pour suivre discrètement les projets de mariage de Marie Stuart. Bien qu’elle ne se sente vraiment pas l’étoffe d’une espionne, Celia ne peut refuser cette délicate mission. Comment décevoir la reine elle-même, quand on est veuve et sans ressources ? Résignée, Celia tente de se consoler en rêvant des plaisirs de cette cour d’Edimbourg qu’on dit si raffinée… Mais le rêve en rose tourne au gris quand elle découvre qui se cache dans l’équipage en partance pour l’Ecosse – l’homme qui a fait battre son cœur, avant de le briser trois ans plus tôt. Le même qui, aujourd’hui, lui adresse un de ses sourires ravageurs, comme s’il semblait déterminé à la reconquérir…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782280322577
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Chapitre 1
PalaIs de WhItehall, décembre 1564
C’étaIt luI. Ceîa Sutton fut soudaîn prîse d’un vertîge et s’adossa au mur ambrîssé pour ne pas perdre ’équîîbre. L’antîchambre de a reîne Eîsabeth étaît combe et a foue empît de nouveau de son champ de vîsîon. Les bavardages et es rîres nerveux des courtîsans bourdon‑ naîent comme des abeîes dans a tête de Ceîa. Se hîssant sur a poînte des pîeds, ee se frotta es yeux et baaya une nouvee foîs a sae du regard. I n’étaît pus à. La sîhouette qu’ee avaît cru apercevoîr dans ’encadrement de a porte avaît dîsparu. Avaît‑ee rêvé ? Certaînement, son îmagînatîon uî jouaît des tours, tout sîmpement. La fatîgue, sans doute. Ceîa assîstaît depuîs déjà pusîeurs semaînes aux festîvîtés de Noë que a reîne organîsaît tous es ans. Le manque de sommeî commençaît à uî monter à a tête. Enin, e manque de sommeî et ’înquîétude. Et pourtant… I avaît sembé sî… rée. — Non, ce n’étaît pas uî, marmonna‑t‑ee. Ce ne pouvaît pas être John Brandon. Ceîa ne ’avaît pas vu depuîs pus de troîs ans, troîs ongues et dures
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années, et ee ne e reverraît certaînement jamaîs. De toute façon, ee ne vouaît pus e revoîr, ee ne vouaît pus penser à a jeune ie romantîque qu’ee avaît été à ’époque, nî revîvre es sensatîons qu’î avaît éveîées en ee. Et surtout ee ne vouaît pas se sentîr de nouveau sî vunérabe à a vue de son beau vîsage. Non, ee n’avaît guère besoîn de cea en ce moment. Aucune faîbesse ne uî étaît permîse. A cette pensée, Ceîa se redressa et înspîra profondé‑ ment pour reprendre ses esprîts. La reîne ’appeeraît bîentôt et ee devraît se montrer à a hauteur. Sa vîe entîère dépendaît de cette rencontre. Ee devaît oubîer e passé, oubîer John Brandon, tourner a page et surtout avancer vers ’avenîr. Cependant, ee ne parvenaît pas à écarter de son esprît ’îmage de cette sîhouette împosante et muscée. Son cœur ’avaît trahîe et s’étaît affoé orsqu’ee avaît cru voîr ceuî quî avaît tant compté pour ee autrefoîs. Un frîsson a parcourut, maîs ee se ressaîsît aussîtôt. Ee baaya de nouveau ’antîchambre du regard. L’expressîon désespérée des personnes quî ’entouraîent en dîsaît ong sur a raîson de eur présence îcî. Pour tous, ces fêtes de in d’année étaîent ’utîme occasîon d’attîrer ’attentîon de a reîne sur eurs requêtes. Son vîsage trahîssaît‑î, comme e eur, son désespoîr ? C’étaît à craîndre… Et John, que dîraît‑î s’î a voyaît aînsî ? La reconnaïtraît‑î, d’aîeurs ? Soudaîn, es portes de a sae d’audîence de a reîne s’ouvrîrent et un ourd sîence tomba aussîtôt sur a pîèce. Tous es regards se tournèrent vers ’entrée et Ceîa retînt son soufle. Un sentîment de désespoîr s’empara d’ee orsque Anton Gustavson et ord Langey apparurent sur e seuî. Les portes se refermèrent derrîère eux et es bavardages reprîrent de pus bee dans ’antîchambre.
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Ceîa resta îmmobîe, es yeux rîvés sur Anton. Un frîsson a parcourut orsque eurs regards se croîsèrent. Anton Gustavson, son cousîn venu de Suède qu’ee connaîssaît à peîne ; ceuî quî étaît arrîvé en Angeterre dans e but de récamer son hérîtage : Brîony Manor. Cette maîson, quî avaît appartenu à eur grand‑père, étaît sa dernîère chance de prétendre à une vîe décente, une vîe pour aquee ee n’auraît pas à se justîier devant un homme crue et vîoent. Et ee y avaît cru, à cette vîe meîeure, jusqu’à ’arrîvée de son maudît cousîn. I n’avaît pas fau ongtemps à Anton pour charmer a reîne aînsî que toutes es dames de a cour, et Ceîa comprît vîte que sa nouvee vîe et a maîson quî devaît être a sîenne aaîent tout sîmpement uî être arrachées. Son cousîn hérîteraît du domaîne et ee seraît de nouveau à a mercî de a famîe de son défunt époux. En ’apercevant, Anton a saua d’un sîgne de a tête et ee it de même. I étaît a seue famîe quî uî restaît et pourtant, à ’exceptîon de queques ettres qu’îs avaîent échangées, ee ne e connaîssaît guère et ne pouvaît donc uî faîre coniance. Ee ne pouvaît faîre coniance à personne, d’aîeurs. S’î y avaît une eçon qu’ee avaît bîen retenue de son aventure avec John Brandon, c’étaît sans doute cee‑cî : es apparences et es émotîons sont souvent trompeuses, î faaît se méier de tout et de tous. Une ravîssante jeune femme bonde s’approcha aors d’Anton et gîssa son bras sous e sîen. Ceîa a reconnut aussîtôt. Rosamund Ramsay, a dernîère conquête de son cousîn. Ee uî murmura queque chose à ’oreîe et î uî adressa un regard d’adoratîon peîn de tendresse. Ceîa ne put retenîr un éger soupîr à a vue de cette marque d’affectîon. Ee avaît échangé ce genre de regards compîces un mîîer de foîs avec John. Comme son cousîn et Rosamund, ee aussî avaît eu ’împressîon que rîen n’avaît d’împortance du moment qu’ee étaît avec John.
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Et ee avaît cru qu’î ressentaît a même chose. Eh bîen, ee s’étaît trompée sur toute a îgne ! Avec un sourîre peîné, ee détourna son regard et it mîne de s’întéresser à a grande tapîsserîe quî ornaît ’un des murs. Rapîdement, ses yeux se perdîrent dans es motîfs aux coueurs chaudes de ’ouvrage et ses pensées a ramenèrent à cet été‑à, queques années auparavant. Ce jour‑à, e cîe étaît d’un beu împîde et ee se souvenaît encore de a chaeur du soeî sur sa peau. Ee ’avaît attendu pendant des heures à ’ombre du vîeux chêne, avîde de ses baîsers et de son étreînte. I uî avaît faît mîroîter une vîe commune, maîs î n’étaît jamaîs venu au rendez‑vous. Le conte de fées qu’ee avaît cru vîvre avaît inî par se transformer en cauchemar. Ceîa secoua a tête avec véhémence. Non, ce n’étaît pas uî. I n’est pas à. Pas maîntenant. Soudaîn, es portes de a sae d’audîence s’ouvrîrent de nouveau. Cette foîs, e majordome de a reîne franchît e seuî. Les conversatîons s’éteîgnîrent aussîtôt dans ’antîchambre. Ceîa refoua es armes quî uî montaîent aux yeux puîs se redressa, es yeux rîvés sur e majordome. Ee n’avaît pas peuré depuîs troîs ans et ee ne comptaît pas recommencer aujourd’huî. Surtout pas aujourd’huî. — Dame Ceîa Sutton, Sa Majesté est prête à vous recevoîr, dît ’homme. Enin, son tour venaît ! Ceîa se fraya un chemîn au mîîeu de a foue, quî uî jetaît des regards noîrs. Ee es îgnora tous, tant son attentîon étaît concentrée sur son entretîen avec a reîne. C’étaît sa dernîère chance et rîen nî personne, pas même John Brandon, ne pouvaît a détourner de son but. Ee passa e pas de a porte et aperçut son relet dans un petît mîroîr accroché sur ’un des murs. Ee remît une des épînges dans e chîgnon sous son bonnet noîr
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puîs caressa e co en fourrure de son surcot. Ses bouces d’oreîes en jaîs noîr faîsaîent ressortîr ses yeux grîs embués de armes aînsî que a pâeur de sa peau, même sî ses joues étaîent égèrement rosîes, sans doute par es émotîons qu’avaît souevées en ee e souvenîr de John. Inspîrant profondément, Ceîa cîgna pusîeurs foîs des yeux. Ee porta ses maîns à son ventre puîs suîvît e major‑ dome e ong du couoîr quî menaît à a sae d’audîence. Ee pénétra inaement dans a pîèce. Le îeu étaît tout aussî bondé que ’antîchambre, maîs ’atmosphère y étaît beaucoup pus détendue. Vêtues de joîes robes de soîe de coueurs pâes, es dames de compagnîe de a reîne étaîent assîses sur des tabourets, près de a chemînée. Ees brodaîent en conversant gaîement. Derrîère ees, des gentîshommes jouaîent aux cartes en ançant, îcî et à, des regards charmeurs aux demoîsees. Ceîa détourna a tête et chercha du regard Robert Dudey, e favorî de a reîne, maîs ne e vît nue part. re Après ’attentat auque Eîsabeth I avaît échappé de justesse, queques jours pus tôt, Dudey devaît sûrement travaîer nuît et jour pour renforcer a protectîon du paaîs. Cecî expîquaît sûrement ’absence de ord Burghey, e secrétaîre d’Etat, quî ne aîssaît, pour aînsî dîre, jamaîs a reîne seue. C’est aors qu’ee a vît. La reîne d’Angeterre ! Ee étaît assîse près de a fenêtre, à ’autre bout de a sae. Ceîa prît queques înstants pour ’examîner. De faîbes rayons de soeî itraîent à travers a fenêtre, îumînant sa peau pâe et donnant un relet cuîvré à ses cheveux roux tîrés sous une coîffe de peres. Vêtue d’un surcot doré bordé d’une fourrure banche sur une somp‑ tueuse robe en veours écarate, a reîne Eîsabeth portaît des rubîs aux doîgts et aux oreîes. L’înquîétude se îsaît sur son vîsage ; ses yeux étaîent cernés, et sa mâchoîre, serrée, maîs cea n’enevaît rîen à sa beauté.
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Ceîa savaît que ’attentat dont ee avaît été récemment a cîbe n’étaît pas a seue et unîque chose quî préoccupaît a reîne ces temps‑cî. La nobesse des royaumes d’Autrîche et de Suède avaît îttéraement envahî e paaîs de Whîteha dans ’espoîr de gagner sa maîn. En outre, a France et ’Espagne représentaîent une menace de pus en pus sérîeuse pour son trône et sa cousîne Marîe Stuart, reîne d’Ecosse, uî causaît bîen des soucîs, comme toujours. En comparaîson, es probèmes de Ceîa sembaîent bîen futîes ! Au moîns, personne n’essayaît de a tuer ou de ’épouser de force. — Dame Sutton, dît soudaîn a reîne en se tournant vers ee, je suîs navrée de vous avoîr faît attendre sî ongtemps. Ceîa effectua une profonde révérence puîs s’avança vers e bureau de a reîne. — Ce n’est rîen, Votre Majesté, je vous remercîe de prendre e temps de me recevoîr, murmura‑t‑ee. — J’aî bîen peur que vous ne soyez pus aussî recon‑ naîssante une foîs que vous aurez entendu ce que j’aî à vous dîre, dame Sutton, répondît a reîne en tapotant des doîgts sur son bureau. Voîà quî n’auguraît rîen de bon… Sans a quîtter des yeux, Ceîa s’assît sur a chaîse que ’un des vaets venaît de pacer derrîère ee. Queque chose uî dîsaît que ’entretîen n’aaît pas se passer comme ee ’avaît îmagîné. — S’agît‑î de Brîony Manor, Votre Majesté ? — Précîsément. La reîne sortît un parchemîn de a pîe puîs ’étaa sur e bureau. — Voyez‑vous, es dernîères voontés de votre grand‑ père sembent très caîres. I souhaîtaît, en effet, que e domaîne revîenne à votre tante, puîs à votre cousîn Anton. Et, maheureusement pour vous, nous ne pouvons pas aer à ’encontre de ses dîsposîtîons testamentaîres. A ces mots, un frîsson gacîa courut dans e dos de
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Ceîa. Magré a déceptîon et a coère quî ’envahîssaîent, ee se força à faîre bonne igure devant a reîne. Maîs où aaît‑ee bîen pouvoîr vîvre ? Qu’aaît‑î advenîr d’ee ? — Je comprends, Votre Majesté, décara‑t‑ee inae‑ ment, en tenant dîgnement a tête haute. — Je suîs désoée, dame Sutton. La reîne avaît ’aîr sîncèrement navrée : ee avaît même eu recours à a premîère personne au îeu d’empoyer e « nous » roya. — Vous savez, poursuîvît‑ee, orsque j’étaîs petîte, je n’aî jamaîs vraîment eu de maîson, un endroît où je pouvaîs me sentîr en sécurîté. Ma vîe étaît régîe par es autres ; par mon père pour commencer, puîs par mon frère et même par ma sœur. Surprîse par de tees conidences, Ceîa haussa égèrement es sourcîs. La reîne Eîsabeth n’évoquaît que très rare‑ ment son passé dîficîe. Pourquoî venaît‑ee aors de uî conier une tee chose ? — Votre Majesté ? — Je saîs très bîen ce que vous ressentez en ce moment, dame Sutton. Vous et moî, nous nous ressembons, d’une certaîne façon, et c’est pourquoî je me permets de vous demander un grand servîce. Demander ? Exîger seraît pus juste… — Bîen sûr, Votre Majesté, je feraî tout ce quî est en mon pouvoîr pour vous servîr. La reîne tapota de nouveau ses doîgts sur e bureau. — Je suîs sûre que vous avez eu vent des rumeurs concernant ma cousîne, a reîne Marîe. Ces rumeurs ont même souevé ’întérêt de mes gentîshommes. — Eh bîen, je… Ouî, Votre Majesté, j’aî entendu queques hîstoîres, par‑cî, par‑à. Maîs… vous référez‑vous à un événement en partîcuîer ? — Ouî, î semberaît que ma cousîne souhaîte se remarîer et, apparemment, ee compte faîre un marîage
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aussî… roya que ’a été sa premîère unîon avec e roî de France. J’aî entendu dîre qu’ee s’întéressaît à Chares d’Autrîche, e is de Phîîppe II d’Espagne. — Ouî, Votre Majesté, j’aî moî aussî entendu cette rumeur. Ceîa avaît égaement entendu dîre que Chares d’Autrîche étaît un être unatîque et vîoent. Maîs ce traît de caractère ne sembaît pas déranger a reîne Marîe car, après tout, sî ee venaît à ’épouser, ee devîendraît a reîne d’Espagne. — Eh bîen, î est hors de questîon que cette rumeur se réaîse, s’excama a reîne en frappant du poîng sur e bureau. Une tee aîance seraît une menace înacceptabe pour a cour d’Angeterre. Marîe ee‑même représente une menace pour nous et c’est pourquoî j’aî pensé qu’î seraît pus judîcîeux qu’ee épouse un arîstocrate angaîs. Aînsî, je sauraîs que je peux avoîr quequ’un sur quî compter à a cour d’Ecosse. — Vous avez sans doute raîson, Votre Majesté, dît Ceîa, confuse. Pourquoî a reîne uî racontaît‑ee tout ça ? Et en quoî pouvaît‑ee ’aîder dans cette tâche ? La reîne se pencha vers ee. — J’aî un pan, chuchota‑t‑ee, et j’auraîs besoîn de vous, dame Sutton, pour e mettre à exécutîon. — En quoî puîs‑je vous être utîe, Votre Majesté ? Je ne connaîs aucun prétendant à a maîn de votre cousîne. — Ne vous en faîtes pas pour ça, j’aî e candîdat îdéa, quequ’un en quî j’aî une coniance aveuge. Je ne peux maheureusement pas vous dîre de quî î s’agît pour e moment maîs vous e saurez en temps vouu, je vous e promets, dît a reîne en se redressant sur son sîège. Ee sortît ensuîte un autre document de a pîe posée sur son bureau et ’étudîa queques înstants. — Ma cousîne, Margaret Dougas, comtesse de Lennox, quî est donc égaement a cousîne de Marîe, demande un
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passeport pour son is, ord Darney, ain qu’î puîsse rendre vîsîte à son père, quî résîde désormaîs à Edîmbourg. Ceîa hocha a tête sans un mot. Ee étaît au courant de a demande de ady Lennox étant donné que cette dernîère s’étaît récemment îvrée à des conidences dont Ceîa auraît préféré se passer. Ee vouaît que a reîne Marîe rencontre ord Darney car ee étaît persuadée que son autre cousîne tomberaît aussîtôt sous e charme ravageur de son is adoré. Aînsî, s’îs venaîent à se marîer, ord Darney devîendraît e roî d’Ecosse. La reîne Eîsabeth vouaît‑ee encourager cette unîon ? Cea dît, î étaît peu probabe que e rêve de ady Lennox devîenne réaîté. Le vîsage d’ange de son is cachaît une âme bîen sombre. I sufisaît de e regarder pour comprendre qu’î aîmaît un peu trop a boîsson et a compagnîe des autres hommes. — I me sembe que ady Lennox s’est îée d’amîtîé avec vous ces dernîers jours, dît a reîne, tîrant aînsî Ceîa de ses rélexîons. — Lady Lennox s’est montrée très aîmabe envers moî. Ee m’a conié dernîèrement que son époux uî manquaît terrîbement, répondît‑ee évasîvement. — Je suîs peu enthousîaste à ’îdée de aîsser ord Darney franchîr es frontîères de notre royaume. I faît partîe de ces personnes quî doîvent être sous constante surveîance. Cea dît, ord Burghey m’a conseîé de tout de même uî déîvrer son passeport et, après rélexîon, j’aî décîdé de suîvre son conseî. I partîra donc pour ’Ecosse dans une semaîne. — Sî vîte, Votre Majesté ? demanda Ceîa, étonnée. Cet hîver étaît ’un des pus rîgoureux que e royaume aît connus jusqu’à présent. La Tamîse étaît devenue une route de gace et toute personne sensée préféraît rester chez ee, près d’un bon feu crépîtant. — Le pus vîte sera e mîeux. Et puîs ord Darney est împatîent de prendre a route.
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La reîne soupîra puîs a regarda droît dans es yeux. — Dame Sutton, dît‑ee, je souhaîteraîs que vous fassîez égaement partîe de ce voyage. Comment ? Bouche bée, Ceîa ixa a reîne queques înstants. Ee ne savaît pas quoî penser et encore moîns quoî dîre. Ee, partîr en Ecosse ? — Je… je… En quoî pourraîs‑je vous être utîe à‑bas, Votre Majesté ? — Vous serez une des dames de compagnîe de a reîne Marîe, maîs surtout vous serez mes yeux et mes oreîes. Bîen évîdemment, vous ne serez pas seue ; Burghey pacera égaement des espîons à a cour d’Ecosse. Maîs, voyez‑vous, je préfère vous conier cette tâche partîcu‑ îère parce que rîen n’échappe à ’œî d’une femme, dame Sutton. Et puîs je veux savoîr ce quî se passe dans a tête de Marîe, sî ee compte vraîment se remarîer. Et je veux aussî savoîr sî je peux… ’aîder à prendre une décîsîon à ce sujet. — Pensez‑vous réeement que je soîs a bonne personne à quî conier une tee mîssîon ? dît prudemment Ceîa. — Ouî, j’en suîs même cer taîne. Cea faît déjà pusîeurs jours que je vous observe, dame Sutton. Vous êtes quequ’un à quî rîen n’échappe, vous prenez e temps d’écouter et d’observer ce quî se passe autour de vous et c’est exactement ce dont j’aî besoîn en ce moment. Je doîs connaïtre es moîndres faîts et gestes de ma cousîne ; a sécurîté de nos frontîères au nord repose sur e choîx de son futur époux. Ceîa acquîesça de a tête en sîence. Ee savaît très bîen à que poînt a reîne Marîe pouvaît être împrévîsîbe, tout e monde e savaît, d’aîeurs. La reîne avaît égae‑ ment raîson en dîsant qu’ee aîssaît souvent traïner ses yeux et ses oreîes un peu partout, maîs ee n’avaît pas e choîx. Ee étaît veuve, sans personne sur quî compter,
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