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Chapitre 1
PalaIs de WhItehall, décembre 1564
C’étaIt luI. Ceîa Sutton fut soudaîn prîse d’un vertîge et s’adossa au mur ambrîssé pour ne pas perdre ’équîîbre. L’antîchambre de a reîne Eîsabeth étaît combe et a foue empît de nouveau de son champ de vîsîon. Les bavardages et es rîres nerveux des courtîsans bourdon‑ naîent comme des abeîes dans a tête de Ceîa. Se hîssant sur a poînte des pîeds, ee se frotta es yeux et baaya une nouvee foîs a sae du regard. I n’étaît pus à. La sîhouette qu’ee avaît cru apercevoîr dans ’encadrement de a porte avaît dîsparu. Avaît‑ee rêvé ? Certaînement, son îmagînatîon uî jouaît des tours, tout sîmpement. La fatîgue, sans doute. Ceîa assîstaît depuîs déjà pusîeurs semaînes aux festîvîtés de Noë que a reîne organîsaît tous es ans. Le manque de sommeî commençaît à uî monter à a tête. Enin, e manque de sommeî et ’înquîétude. Et pourtant… I avaît sembé sî… rée. — Non, ce n’étaît pas uî, marmonna‑t‑ee. Ce ne pouvaît pas être John Brandon. Ceîa ne ’avaît pas vu depuîs pus de troîs ans, troîs ongues et dures
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années, et ee ne e reverraît certaînement jamaîs. De toute façon, ee ne vouaît pus e revoîr, ee ne vouaît pus penser à a jeune ie romantîque qu’ee avaît été à ’époque, nî revîvre es sensatîons qu’î avaît éveîées en ee. Et surtout ee ne vouaît pas se sentîr de nouveau sî vunérabe à a vue de son beau vîsage. Non, ee n’avaît guère besoîn de cea en ce moment. Aucune faîbesse ne uî étaît permîse. A cette pensée, Ceîa se redressa et înspîra profondé‑ ment pour reprendre ses esprîts. La reîne ’appeeraît bîentôt et ee devraît se montrer à a hauteur. Sa vîe entîère dépendaît de cette rencontre. Ee devaît oubîer e passé, oubîer John Brandon, tourner a page et surtout avancer vers ’avenîr. Cependant, ee ne parvenaît pas à écarter de son esprît ’îmage de cette sîhouette împosante et muscée. Son cœur ’avaît trahîe et s’étaît affoé orsqu’ee avaît cru voîr ceuî quî avaît tant compté pour ee autrefoîs. Un frîsson a parcourut, maîs ee se ressaîsît aussîtôt. Ee baaya de nouveau ’antîchambre du regard. L’expressîon désespérée des personnes quî ’entouraîent en dîsaît ong sur a raîson de eur présence îcî. Pour tous, ces fêtes de in d’année étaîent ’utîme occasîon d’attîrer ’attentîon de a reîne sur eurs requêtes. Son vîsage trahîssaît‑î, comme e eur, son désespoîr ? C’étaît à craîndre… Et John, que dîraît‑î s’î a voyaît aînsî ? La reconnaïtraît‑î, d’aîeurs ? Soudaîn, es portes de a sae d’audîence de a reîne s’ouvrîrent et un ourd sîence tomba aussîtôt sur a pîèce. Tous es regards se tournèrent vers ’entrée et Ceîa retînt son soufle. Un sentîment de désespoîr s’empara d’ee orsque Anton Gustavson et ord Langey apparurent sur e seuî. Les portes se refermèrent derrîère eux et es bavardages reprîrent de pus bee dans ’antîchambre.
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Ceîa resta îmmobîe, es yeux rîvés sur Anton. Un frîsson a parcourut orsque eurs regards se croîsèrent. Anton Gustavson, son cousîn venu de Suède qu’ee connaîssaît à peîne ; ceuî quî étaît arrîvé en Angeterre dans e but de récamer son hérîtage : Brîony Manor. Cette maîson, quî avaît appartenu à eur grand‑père, étaît sa dernîère chance de prétendre à une vîe décente, une vîe pour aquee ee n’auraît pas à se justîier devant un homme crue et vîoent. Et ee y avaît cru, à cette vîe meîeure, jusqu’à ’arrîvée de son maudît cousîn. I n’avaît pas fau ongtemps à Anton pour charmer a reîne aînsî que toutes es dames de a cour, et Ceîa comprît vîte que sa nouvee vîe et a maîson quî devaît être a sîenne aaîent tout sîmpement uî être arrachées. Son cousîn hérîteraît du domaîne et ee seraît de nouveau à a mercî de a famîe de son défunt époux. En ’apercevant, Anton a saua d’un sîgne de a tête et ee it de même. I étaît a seue famîe quî uî restaît et pourtant, à ’exceptîon de queques ettres qu’îs avaîent échangées, ee ne e connaîssaît guère et ne pouvaît donc uî faîre coniance. Ee ne pouvaît faîre coniance à personne, d’aîeurs. S’î y avaît une eçon qu’ee avaît bîen retenue de son aventure avec John Brandon, c’étaît sans doute cee‑cî : es apparences et es émotîons sont souvent trompeuses, î faaît se méier de tout et de tous. Une ravîssante jeune femme bonde s’approcha aors d’Anton et gîssa son bras sous e sîen. Ceîa a reconnut aussîtôt. Rosamund Ramsay, a dernîère conquête de son cousîn. Ee uî murmura queque chose à ’oreîe et î uî adressa un regard d’adoratîon peîn de tendresse. Ceîa ne put retenîr un éger soupîr à a vue de cette marque d’affectîon. Ee avaît échangé ce genre de regards compîces un mîîer de foîs avec John. Comme son cousîn et Rosamund, ee aussî avaît eu ’împressîon que rîen n’avaît d’împortance du moment qu’ee étaît avec John.
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Et ee avaît cru qu’î ressentaît a même chose. Eh bîen, ee s’étaît trompée sur toute a îgne ! Avec un sourîre peîné, ee détourna son regard et it mîne de s’întéresser à a grande tapîsserîe quî ornaît ’un des murs. Rapîdement, ses yeux se perdîrent dans es motîfs aux coueurs chaudes de ’ouvrage et ses pensées a ramenèrent à cet été‑à, queques années auparavant. Ce jour‑à, e cîe étaît d’un beu împîde et ee se souvenaît encore de a chaeur du soeî sur sa peau. Ee ’avaît attendu pendant des heures à ’ombre du vîeux chêne, avîde de ses baîsers et de son étreînte. I uî avaît faît mîroîter une vîe commune, maîs î n’étaît jamaîs venu au rendez‑vous. Le conte de fées qu’ee avaît cru vîvre avaît inî par se transformer en cauchemar. Ceîa secoua a tête avec véhémence. Non, ce n’étaît pas uî. I n’est pas à. Pas maîntenant. Soudaîn, es portes de a sae d’audîence s’ouvrîrent de nouveau. Cette foîs, e majordome de a reîne franchît e seuî. Les conversatîons s’éteîgnîrent aussîtôt dans ’antîchambre. Ceîa refoua es armes quî uî montaîent aux yeux puîs se redressa, es yeux rîvés sur e majordome. Ee n’avaît pas peuré depuîs troîs ans et ee ne comptaît pas recommencer aujourd’huî. Surtout pas aujourd’huî. — Dame Ceîa Sutton, Sa Majesté est prête à vous recevoîr, dît ’homme. Enin, son tour venaît ! Ceîa se fraya un chemîn au mîîeu de a foue, quî uî jetaît des regards noîrs. Ee es îgnora tous, tant son attentîon étaît concentrée sur son entretîen avec a reîne. C’étaît sa dernîère chance et rîen nî personne, pas même John Brandon, ne pouvaît a détourner de son but. Ee passa e pas de a porte et aperçut son relet dans un petît mîroîr accroché sur ’un des murs. Ee remît une des épînges dans e chîgnon sous son bonnet noîr
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puîs caressa e co en fourrure de son surcot. Ses bouces d’oreîes en jaîs noîr faîsaîent ressortîr ses yeux grîs embués de armes aînsî que a pâeur de sa peau, même sî ses joues étaîent égèrement rosîes, sans doute par es émotîons qu’avaît souevées en ee e souvenîr de John. Inspîrant profondément, Ceîa cîgna pusîeurs foîs des yeux. Ee porta ses maîns à son ventre puîs suîvît e major‑ dome e ong du couoîr quî menaît à a sae d’audîence. Ee pénétra inaement dans a pîèce. Le îeu étaît tout aussî bondé que ’antîchambre, maîs ’atmosphère y étaît beaucoup pus détendue. Vêtues de joîes robes de soîe de coueurs pâes, es dames de compagnîe de a reîne étaîent assîses sur des tabourets, près de a chemînée. Ees brodaîent en conversant gaîement. Derrîère ees, des gentîshommes jouaîent aux cartes en ançant, îcî et à, des regards charmeurs aux demoîsees. Ceîa détourna a tête et chercha du regard Robert Dudey, e favorî de a reîne, maîs ne e vît nue part. re Après ’attentat auque Eîsabeth I avaît échappé de justesse, queques jours pus tôt, Dudey devaît sûrement travaîer nuît et jour pour renforcer a protectîon du paaîs. Cecî expîquaît sûrement ’absence de ord Burghey, e secrétaîre d’Etat, quî ne aîssaît, pour aînsî dîre, jamaîs a reîne seue. C’est aors qu’ee a vît. La reîne d’Angeterre ! Ee étaît assîse près de a fenêtre, à ’autre bout de a sae. Ceîa prît queques înstants pour ’examîner. De faîbes rayons de soeî itraîent à travers a fenêtre, îumînant sa peau pâe et donnant un relet cuîvré à ses cheveux roux tîrés sous une coîffe de peres. Vêtue d’un surcot doré bordé d’une fourrure banche sur une somp‑ tueuse robe en veours écarate, a reîne Eîsabeth portaît des rubîs aux doîgts et aux oreîes. L’înquîétude se îsaît sur son vîsage ; ses yeux étaîent cernés, et sa mâchoîre, serrée, maîs cea n’enevaît rîen à sa beauté.
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Ceîa savaît que ’attentat dont ee avaît été récemment a cîbe n’étaît pas a seue et unîque chose quî préoccupaît a reîne ces temps‑cî. La nobesse des royaumes d’Autrîche et de Suède avaît îttéraement envahî e paaîs de Whîteha dans ’espoîr de gagner sa maîn. En outre, a France et ’Espagne représentaîent une menace de pus en pus sérîeuse pour son trône et sa cousîne Marîe Stuart, reîne d’Ecosse, uî causaît bîen des soucîs, comme toujours. En comparaîson, es probèmes de Ceîa sembaîent bîen futîes ! Au moîns, personne n’essayaît de a tuer ou de ’épouser de force. — Dame Sutton, dît soudaîn a reîne en se tournant vers ee, je suîs navrée de vous avoîr faît attendre sî ongtemps. Ceîa effectua une profonde révérence puîs s’avança vers e bureau de a reîne. — Ce n’est rîen, Votre Majesté, je vous remercîe de prendre e temps de me recevoîr, murmura‑t‑ee. — J’aî bîen peur que vous ne soyez pus aussî recon‑ naîssante une foîs que vous aurez entendu ce que j’aî à vous dîre, dame Sutton, répondît a reîne en tapotant des doîgts sur son bureau. Voîà quî n’auguraît rîen de bon… Sans a quîtter des yeux, Ceîa s’assît sur a chaîse que ’un des vaets venaît de pacer derrîère ee. Queque chose uî dîsaît que ’entretîen n’aaît pas se passer comme ee ’avaît îmagîné. — S’agît‑î de Brîony Manor, Votre Majesté ? — Précîsément. La reîne sortît un parchemîn de a pîe puîs ’étaa sur e bureau. — Voyez‑vous, es dernîères voontés de votre grand‑ père sembent très caîres. I souhaîtaît, en effet, que e domaîne revîenne à votre tante, puîs à votre cousîn Anton. Et, maheureusement pour vous, nous ne pouvons pas aer à ’encontre de ses dîsposîtîons testamentaîres. A ces mots, un frîsson gacîa courut dans e dos de
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Ceîa. Magré a déceptîon et a coère quî ’envahîssaîent, ee se força à faîre bonne igure devant a reîne. Maîs où aaît‑ee bîen pouvoîr vîvre ? Qu’aaît‑î advenîr d’ee ? — Je comprends, Votre Majesté, décara‑t‑ee inae‑ ment, en tenant dîgnement a tête haute. — Je suîs désoée, dame Sutton. La reîne avaît ’aîr sîncèrement navrée : ee avaît même eu recours à a premîère personne au îeu d’empoyer e « nous » roya. — Vous savez, poursuîvît‑ee, orsque j’étaîs petîte, je n’aî jamaîs vraîment eu de maîson, un endroît où je pouvaîs me sentîr en sécurîté. Ma vîe étaît régîe par es autres ; par mon père pour commencer, puîs par mon frère et même par ma sœur. Surprîse par de tees conidences, Ceîa haussa égèrement es sourcîs. La reîne Eîsabeth n’évoquaît que très rare‑ ment son passé dîficîe. Pourquoî venaît‑ee aors de uî conier une tee chose ? — Votre Majesté ? — Je saîs très bîen ce que vous ressentez en ce moment, dame Sutton. Vous et moî, nous nous ressembons, d’une certaîne façon, et c’est pourquoî je me permets de vous demander un grand servîce. Demander ? Exîger seraît pus juste… — Bîen sûr, Votre Majesté, je feraî tout ce quî est en mon pouvoîr pour vous servîr. La reîne tapota de nouveau ses doîgts sur e bureau. — Je suîs sûre que vous avez eu vent des rumeurs concernant ma cousîne, a reîne Marîe. Ces rumeurs ont même souevé ’întérêt de mes gentîshommes. — Eh bîen, je… Ouî, Votre Majesté, j’aî entendu queques hîstoîres, par‑cî, par‑à. Maîs… vous référez‑vous à un événement en partîcuîer ? — Ouî, î semberaît que ma cousîne souhaîte se remarîer et, apparemment, ee compte faîre un marîage
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aussî… roya que ’a été sa premîère unîon avec e roî de France. J’aî entendu dîre qu’ee s’întéressaît à Chares d’Autrîche, e is de Phîîppe II d’Espagne. — Ouî, Votre Majesté, j’aî moî aussî entendu cette rumeur. Ceîa avaît égaement entendu dîre que Chares d’Autrîche étaît un être unatîque et vîoent. Maîs ce traît de caractère ne sembaît pas déranger a reîne Marîe car, après tout, sî ee venaît à ’épouser, ee devîendraît a reîne d’Espagne. — Eh bîen, î est hors de questîon que cette rumeur se réaîse, s’excama a reîne en frappant du poîng sur e bureau. Une tee aîance seraît une menace înacceptabe pour a cour d’Angeterre. Marîe ee‑même représente une menace pour nous et c’est pourquoî j’aî pensé qu’î seraît pus judîcîeux qu’ee épouse un arîstocrate angaîs. Aînsî, je sauraîs que je peux avoîr quequ’un sur quî compter à a cour d’Ecosse. — Vous avez sans doute raîson, Votre Majesté, dît Ceîa, confuse. Pourquoî a reîne uî racontaît‑ee tout ça ? Et en quoî pouvaît‑ee ’aîder dans cette tâche ? La reîne se pencha vers ee. — J’aî un pan, chuchota‑t‑ee, et j’auraîs besoîn de vous, dame Sutton, pour e mettre à exécutîon. — En quoî puîs‑je vous être utîe, Votre Majesté ? Je ne connaîs aucun prétendant à a maîn de votre cousîne. — Ne vous en faîtes pas pour ça, j’aî e candîdat îdéa, quequ’un en quî j’aî une coniance aveuge. Je ne peux maheureusement pas vous dîre de quî î s’agît pour e moment maîs vous e saurez en temps vouu, je vous e promets, dît a reîne en se redressant sur son sîège. Ee sortît ensuîte un autre document de a pîe posée sur son bureau et ’étudîa queques înstants. — Ma cousîne, Margaret Dougas, comtesse de Lennox, quî est donc égaement a cousîne de Marîe, demande un
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passeport pour son is, ord Darney, ain qu’î puîsse rendre vîsîte à son père, quî résîde désormaîs à Edîmbourg. Ceîa hocha a tête sans un mot. Ee étaît au courant de a demande de ady Lennox étant donné que cette dernîère s’étaît récemment îvrée à des conidences dont Ceîa auraît préféré se passer. Ee vouaît que a reîne Marîe rencontre ord Darney car ee étaît persuadée que son autre cousîne tomberaît aussîtôt sous e charme ravageur de son is adoré. Aînsî, s’îs venaîent à se marîer, ord Darney devîendraît e roî d’Ecosse. La reîne Eîsabeth vouaît‑ee encourager cette unîon ? Cea dît, î étaît peu probabe que e rêve de ady Lennox devîenne réaîté. Le vîsage d’ange de son is cachaît une âme bîen sombre. I sufisaît de e regarder pour comprendre qu’î aîmaît un peu trop a boîsson et a compagnîe des autres hommes. — I me sembe que ady Lennox s’est îée d’amîtîé avec vous ces dernîers jours, dît a reîne, tîrant aînsî Ceîa de ses rélexîons. — Lady Lennox s’est montrée très aîmabe envers moî. Ee m’a conié dernîèrement que son époux uî manquaît terrîbement, répondît‑ee évasîvement. — Je suîs peu enthousîaste à ’îdée de aîsser ord Darney franchîr es frontîères de notre royaume. I faît partîe de ces personnes quî doîvent être sous constante surveîance. Cea dît, ord Burghey m’a conseîé de tout de même uî déîvrer son passeport et, après rélexîon, j’aî décîdé de suîvre son conseî. I partîra donc pour ’Ecosse dans une semaîne. — Sî vîte, Votre Majesté ? demanda Ceîa, étonnée. Cet hîver étaît ’un des pus rîgoureux que e royaume aît connus jusqu’à présent. La Tamîse étaît devenue une route de gace et toute personne sensée préféraît rester chez ee, près d’un bon feu crépîtant. — Le pus vîte sera e mîeux. Et puîs ord Darney est împatîent de prendre a route.
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La reîne soupîra puîs a regarda droît dans es yeux. — Dame Sutton, dît‑ee, je souhaîteraîs que vous fassîez égaement partîe de ce voyage. Comment ? Bouche bée, Ceîa ixa a reîne queques înstants. Ee ne savaît pas quoî penser et encore moîns quoî dîre. Ee, partîr en Ecosse ? — Je… je… En quoî pourraîs‑je vous être utîe à‑bas, Votre Majesté ? — Vous serez une des dames de compagnîe de a reîne Marîe, maîs surtout vous serez mes yeux et mes oreîes. Bîen évîdemment, vous ne serez pas seue ; Burghey pacera égaement des espîons à a cour d’Ecosse. Maîs, voyez‑vous, je préfère vous conier cette tâche partîcu‑ îère parce que rîen n’échappe à ’œî d’une femme, dame Sutton. Et puîs je veux savoîr ce quî se passe dans a tête de Marîe, sî ee compte vraîment se remarîer. Et je veux aussî savoîr sî je peux… ’aîder à prendre une décîsîon à ce sujet. — Pensez‑vous réeement que je soîs a bonne personne à quî conier une tee mîssîon ? dît prudemment Ceîa. — Ouî, j’en suîs même cer taîne. Cea faît déjà pusîeurs jours que je vous observe, dame Sutton. Vous êtes quequ’un à quî rîen n’échappe, vous prenez e temps d’écouter et d’observer ce quî se passe autour de vous et c’est exactement ce dont j’aî besoîn en ce moment. Je doîs connaïtre es moîndres faîts et gestes de ma cousîne ; a sécurîté de nos frontîères au nord repose sur e choîx de son futur époux. Ceîa acquîesça de a tête en sîence. Ee savaît très bîen à que poînt a reîne Marîe pouvaît être împrévîsîbe, tout e monde e savaît, d’aîeurs. La reîne avaît égae‑ ment raîson en dîsant qu’ee aîssaît souvent traïner ses yeux et ses oreîes un peu partout, maîs ee n’avaît pas e choîx. Ee étaît veuve, sans personne sur quî compter,
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