La tentation d'une débutante

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Londres, 1501.

Alors qu’elle s’apprête à vivre le tourbillon de sa première saison à Londres, Catherine tombe sous le charme d’un mystérieux inconnu. Fascinée, elle s’efforce toutefois de résister au badinage du troublant étranger. Ses parents ne l’ont-ils pas déjà promise à un richissime ami ? Mais sa détermination est mise à rude épreuve lorsqu’elle découvre, quelques jours plus tard, que le bel inconnu fait partie de son escorte. Sur le chemin de la capitale, il la couve de regards brûlants, affichant aux yeux de tous son désir pour elle et son mépris des convenances. Choquée, mais aussi flattée malgré elle, Catherine s’efforce de repousser la tentation …

Publié le : jeudi 1 septembre 2011
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280241274
Nombre de pages : 320
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Chapitre 1
La rumeur du combat lui parvint bien avant qu’il n’atteigne la clairière. Le fracas de l’acier résonnait dans les bois baignés d’une lueur printanière. Tandis qu’il approchait du lieu de la bataille, Andrew, Comte de Gifford, tira son épée de son fourreau.
Lorsqu’il déboucha sur la clairière, son regard s’arrêta immédiatement sur un jeune homme qui luttait de toutes ses forces contre ses assaillants. Il n’avait aucune chance de s’en sortir contre les trois hommes costauds décidés à l’occire. Il venait à peine de parvenir à blesser l’un d’entre eux lorsque Andrew se rua sur les agresseurs, bien calé sur sa selle. Il frappa violemment l’un des deux encore indemnes, le touchant au bras. D’un geste vif, il tourna bride aussitôt et abattit son épée sur le second, le blessant à l’épaule cette fois.
Au même moment, le jeune homme acheva celui qu’il était parvenu à toucher et les deux autres détalèrent sans demander leur reste. Sautant à bas de sa selle, Andrew observa le garçon qu’il venait de sauver. Son bras gauche saignait abondamment.
— Laissez-moi vous faire un garrot, offrit-il. J’ai de la toile propre et de l’eau dans mes sacoches.
— C’est très aimable à vous, répondit l’inconnu. Vous m’avez rendu un fier service et je ne sais comment vous remercier.
— Je n’ai fait que ce que je pensais être juste, répondit Andrew avec un sourire chaleureux. Les chances n’étaient pas de votre côté et j’ai considéré de mon devoir de rendre le combat un peu plus égal.
— Vous ne mesurez pas l’importance de votre geste. Je suis chargé d’une mission… une mission qui… Enfin, je ne peux pas vous le dire car elle est secrète. Je peux seulement affirmer que je vous serai éternellement reconnaissant d’être intervenu de la sorte., Sir,
— Laissez-moi soigner votre blessure. Ensuite, vous pourrez partir.
— Vous êtes un véritable ami, répondit le jeune inconnu avec un sourire tandis qu’Andrew déchirait la manche de son pourpoint et commençait à le soigner.
Il lava d’abord la plaie avant d’y appliquer un onguent et de l’entourer de bandelettes de lin.
— Mon nom est Harry, continua le blessé. Puis-je connaître le vôtre ?
— Je m’appelle Andrew, répondit-il en terminant le pansement. Je pense que ces brigands se sont enfuis, mais prenez garde tout de même, car si l’on cherche à vous voler quelque chose que vous portez sur vous, peut-être ne seront-ils pas les seuls à vouloir vous occire.
— Vous avez raison, répondit Harry. Il faut que j’atteigne Oxford ce soir même. Je dois y retrouver mes amis. Dès lors, je serai en sécurité.
Le jeune homme hésita un instant, puis :
— Voulez-vous m’accompagner un moment ? proposa-t-il.
— Pour l’heure, votre chemin est le mien, affirma Andrew en lui tendant sa main, qu’Harry accepta volontiers. Vous avez parlé d’une mission secrète. Je ne vous poserai donc pas d’autres questions. Nous sommes des étrangers l’un pour l’autre et voyagerons comme tels, cela vaudra mieux. Nous n’échangerons rien d’autre que nos prénoms d’ici à ce que nous nous séparions, marché conclu ?
— Oui. Je dois continuer à garder l’anonymat, Sir, et il est juste que vous souhaitiez conserver le vôtre.
— En ce cas, partons ! accepta Andrew avec un sourire. Il est possible que nous nous rencontrions de nouveau un jour. Peut-être alors apprendrons-nous la vérité… En attendant, nous ne sommes que deux voyageurs partageant un bout de chemin.
***
Catherine avançait au milieu des étals, le visage illuminé par l’excitation à la vue des marchandises qu’offraient les commerçants. C’était une belle journée de septembre et la foire annuelle battait son plein dans le village de Melford Chase. Cette foire constituait une occasion de se réjouir pour tous ceux qui vivaient dans les vallées bordant les frontières du pays de Galles et de l’Angleterre. Dans ces contrées rudes et austères, la vie quotidienne n’offrait pas toujours aux gens, jeunes ou vieux, l’occasion de sortir un peu de la routine sempiternelle des travaux des champs ou des tâches domestiques.
Catherine et sa sœur cadette, Anne, attendaient ce jour depuis plusieurs semaines, car leur Mère leur avait promis qu’elles pourraient choisir de la soie pour confectionner de nouvelles robes ainsi que de la dentelle pour décorer celles-ci.
Anne et Lady Melford examinaient encore les rouleaux d’étoffe du marchand mais Catherine, elle, avait fait son choix depuis longtemps. Elle était tombée immédiatement amoureuse d’une pièce de tissu d’un vert splendide aux profonds reflets émeraude.
Anne, comme à son habitude, ne pouvait se décider entre un bleu fort joli et un vert plus sombre. Aussi, plantant là sa Mère et sa sœur, Catherine avait-elle continué sa marche vagabonde, attirée par tous les trésors qui s’offraient à sa vue.
Elle aimait se promener le nez en l’air au milieu de cette foule nonchalante et affairée à la fois. Cela lui procurait un sentiment de liberté merveilleux tout en la rassurant, car s’il n’était jamais tout à fait prudent pour une jeune fille, ou une jeune femme, de se promener seule dans les rues, la présence de tous ces gens autour d’elle réduisait considérablement le danger.
L’un des étals présentait de saintes reliques, un autre des perles de verre et des bracelets qui brillaient comme de l’or mais auraient sans doute noirci la peau de celui qui les aurait portés trop longtemps. On pouvait trouver tout ce qu’on voulait dans cette foire, s’extasiait Catherine en contemplant les foulards et les mules brodés présentés aux chalands tout à côté d’une collection de marmites en fer.
Un peu plus loin, sur le pré, on trouvait encore des étals offrant des fromages, des tartes, des gâteaux et des confiseries au milieu des effluves d’un cochon qui grillait sur une broche et vous mettait l’eau à la bouche. Attiré par le délicieux fumet, Catherine prit soudain conscience qu’elle avait faim. Elle approcha du cercle de badauds qui contemplaient l’animal en train de rôtir en s’enivrant du grésillement merveilleux de la peau tout autant que de l’odeur appétissante. Certains même se passaient doucement la langue sur les lèvres comme pour y goûter l’arôme sublime qui embaumait l’air.
Outre les étals sur lesquels on vendait des marchandises, il en était d’autres qui offraient un vaste choix de divertissements. On pouvait par exemple deviner combien de haricots secs se trouvaient dans un pot ou bien jeter deux petits cerceaux autour de babioles qu’il s’agissait d’entourer nettement pour les gagner. On pouvait également jeter des balles de tissu au visage d’une poupée figurant une femme à l’air revêche qu’il s’agissait de faire tomber, lancer des flèches à l’intérieur d’une cible avec un arc…
Si l’on y tenait, on pouvait même rendre visite à l’arracheur de dents, quoique, à entendre les cris abominables qui provenaient de la carriole où il opérait, Catherine songeait qu’elle aurait sans doute préféré, si elle avait eu une rage de dents, la garder plutôt que de s’y rendre.
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