La tentation de ses bras - Un ténébreux voisin

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La tentation de ses bras, Fiona Brand

Les perles Ambrosi – quand rivalités et passions s’entremêlent…

Dangereux, sexy, troublant - pour Lilah, Zane Atraeus est la tentation incarnée. Jamais elle n’oubliera l’instant où il l’a enlacée, l’odeur de sa peau, le goût de ses baisers. Pourtant, elle ne peut se permettre une telle faiblesse, car Zane, s’il a le pouvoir de lui faire perdre tout contrôle, n’est absolument pas un candidat crédible pour le mariage. Et si Lilah veut trouver l’homme idéal, elle doit à tout prix ignorer l’instinct destructeur qui la pousse dans les bras de Zane…

Un ténébreux voisin, Helen R. Myers

Retrouver Derek Roland au Colorado est un choc pour Eve. A travers lui, c’est le passé qu’elle a tant cherché à oublier qui resurgit. Fuir ? Impossible, elle vient de s’installer à Denver pour démarrer une nouvelle vie. Ignorer Derek ? Comment le pourrait-elle, alors qu’ils sont désormais voisins ? Alors, surtout, que cet homme charismatique lui porte un intérêt aussi inédit qu’envoûtant ? Oui, à la façon dont il fixe ses lèvres avec avidité, il est clair qu’il fera tout pour prolonger leur troublante proximité – ce qui, hélas, n’est pas pour lui déplaire…
Publié le : vendredi 1 mars 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297172
Nombre de pages : 432
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Une chevelure sombre retenue par un élégant chignon. Des yeux en amande aux couleurs changeantes de l’océan. Des courbes douces qui le faisaient brûler de désir.
Quelques coups énergiques frappés à la porte de sa suite, à l’hôtel du centre de Sydney, tirèrent Zane Atraeus d’un sommeil agité, peuplé de rêves confus. Clignant des yeux dans la clarté aveuglante du soleil matinal, il s’extirpa vivement des draps de soie du gigantesque lit dans lequel il s’était effondré aux alentours de 4 heures du matin, enîla le jean qu’il avait abandonné sur le dossier d’un fauteuil et se dirigea vers la porte. Et, tout à coup, il se souvint. Il revit l’e-mail conîrmant que Lucas, son demi-frère, venait d’acheter une bague de îançailles pour une femme que lui-même connaissait à peine. Du moins l’avait-il cru. Lilah Cole, la femme qu’il désirait en secret depuis deux ans et qu’il s’était interdit d’approcher. A cette idée, il sentit sa colère amber de nouveau. Car Lucas ne s’était pas contenté de sortir avec Lilah. Il avait l’intention de l’épouser. L’opulence écrasante de cette suite turquoise et or, les lourdes tentures de brocart, étaient à l’opposé du
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style sobre et élégant de Medinos, son ïle natale. Ce qui ne prédisposait pas à lui rendre sa bonne humeur. Ce décor somptueux ne servait qu’à lui rappeler qu’il n’était pas né dans ce monde privilégié. Il devrait en dire un mot à sa nouvelle assistante, qui avait visiblement une faiblesse pour le style romantique. Il avait traversé la moitié du salon lorsque le bruit caractéristique d’une clé qu’on introduit dans la serrure l’arrêta net. Lucas entra dans la pièce, et Zane se détendit. Dix ans plus tôt, à Los Angeles, ce bruit de clé aurait proba-blement annoncé une tentative de cambriolage. Mais on était en Australie, et le puissant groupe Atraeus, la société de leur père, était propriétaire de l’hôtel. Lucas avait par conséquent accès aux clés de toutes les chambres. — Tu aurais pu téléphoner, marmonna Zane. — Je l’ai fait, répliqua Lucas en refermant la porte derrière lui. Mais tu n’as pas répondu. Tu te souviens de Lilah ? C’était précisément à cause d’elle que Zane se trouvait à Sydney au lieu d’être en Floride, en train de faire son travail de chef négociateur du groupe Atraeus. Et là, en l’occurrence, il devait înaliser un important achat de terrains. — Ta nouvelle îancée ? ne put-il s’empêcher de remarquer, songeant à l’envoûtante beauté qui avait failli le prendre au piège d’une brûlante nuit de passion, deux années plus tôt. Oui, je me souviens d’elle. — Je ne lui ai encore rien demandé, grogna Lucas, fronçant les sourcils. Comment tu l’as appris ? C’était donc vrai. Zane serra les dents.
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— Ma nouvelle assistante est ton ancienne assistante, je te rappelle. A l’évidence, Elena s’occupait toujours des achats personnels de son frère durant son temps libre, et c’était ainsi que Zane était tombé par hasard sur l’e-mail conîrmant l’achat de la fameuse bague. — Ah, je vois, ît Lucas, parcourant la pièce du regard. Elena, c’est ça ? Zane tourna les talons pour se diriger vers la kitchenette de la suite, à présent hors de lui. Le grand miroir lui renvoya son image — une peau hâlée par le grand soleil, de larges épaules et un torse aux muscles saillants zébré de plusieurs cicatrices. Trois clous d’argent brillaient à son oreille, souvenirs d’une jeunesse tumultueuse. Dans l’élégance rafînée de cette suite, il avait l’air d’un sauvage, d’un barbare vaguement menaçant, à mille lieues de la prestance classique de ses deux demi-frères. Mais il n’y pouvait rien, car il portait dans ses gènes toute la rudesse du côté Salvatore de sa famille, et dans son âme les stigmates d’un enfant abandonné errant dans les rues de Los Angeles. Il se remplit un verre d’eau fraïche au robinet du réfrigérateur, puis il but à longues gorgées. L’eau presque glacée ne réussit cependant pas à éteindre le feu de la jalousie aveugle qui le dévorait chaque fois qu’il songeait à Lucas et à Lilah, le couple parfait. Fiancés. — Je ne pensais pas que Lilah soit ton type, observa-t-il en reposant son verre sur le plan de travail. La responsable du design des Perles Ambrosi était à n’en pas douter une jeune femme ravissante et rafînée, mais, dans l’esprit de Zane, elle était aussi une froide
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calculatrice concentrée sur un unique but : mettre le grappin sur un riche mari. Deux ans plus tôt, lorsqu’ils avaient fait connaissance à la soirée de charité annuelle au proît d’une association d’aide aux enfants abandonnés, dont il était le principal sponsor, il avait remarqué avec quelle habileté Lilah avait manœuvré pour se faire remarquer de son richis-sime patron l’accompagnant ce soir-là. Et, même si la longue suite de trahisons, dont il avait été victime par le passé, l’avait laissé sans illusions sur la noirceur de l’âme humaine, il avait été étrangement fasciné par son aisance détachée, et il n’avait pu s’empêcher de sauver le pauvre homme grisonnant de ses griffes. Hélas, sa propre situation était devenue incontrôlable lorsque Lilah et lui s’étaient retrouvés seuls dans une salle de réception privée. Il n’avait pas résisté longtemps à la tentation, et il l’avait embrassée. Ce premier baiser avait tout naturellement été suivi d’un second, dont l’intensité avait allumé dans leurs corps un incendie dévorant qui avait failli leur faire oublier toutes les convenances. La totale perte de contrôle qu’il avait éprouvée en ces instants le laissait encore perplexe aujourd’hui, d’autant plus qu’il désapprouvait les plans machiavéliques de Lilah, et qu’elle n’était pas le genre de femme qui l’attirait généralement. Si son ancienne assistante ne les avait pas interrompus au moment critique, il aurait commis une très grave erreur. Lucas, qui l’avait suivi dans la petite cuisine, griffonna un numéro au dos d’une carte de visite qu’il posa sur le plan de travail. — Lilah a accepté d’être ma cavalière au mariage de Constantine, déclara-t-il. Je pars pour Medinos dans
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deux heures. Je comptais lui réserver une place d’avion pour la veille du mariage, mais, puisque tu es ici… Il s’interrompit, fronçant les sourcils. — Au fait, qu’est-ce que tu fais ici ? Je te croyais au beau milieu de négociations importantes. — Je me suis accordé deux jours de repos, répondit Zane, faisant de son mieux pour dissimuler son irritation. Haussant les épaules, Lucas alla ouvrir la porte du réfrigérateur. Elena l’avait rempli à craquer de fruits frais et de toutes sortes de victuailles, y compris des fraises au chocolat. — Excellent choix, remarqua Lucas en examinant complaisamment une bouteille de champagne français, avant de la replacer au frais. Je mangerais bien un peu, si ça ne te dérange pas. J’ai sauté le petit déjeuner. Il était sûrement trop occupé à papillonner d’une femme à l’autre pour penser à la nourriture. Car, s’il fallait en croire la rumeur, Lucas entretenait par ailleurs une tumultueuse liaison, soi-disant secrète, avec Carla Ambrosi, responsable de la communication de la société Ambrosi et sœur de la future femme de leur frère Constantine. — Des huïtres ! s’exclama Lucas. Tu attends quelqu’un ? Zane îxa un regard morne sur le plateau d’huïtres déjà ouvertes et anquées de tranches de citron. — Non, répondit-il. Pas à ma connaissance. A moins, bien sûr, que sa nouvelle assistante n’ait poussé le zèle jusqu’à organiser des visites à sa place. Vu qu’elle continuait à aider Lucas, durant ses pauses déjeuner, dans l’organisation de ses îançailles, on pouvait tout craindre de sa part.
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— Sers-toi, ajouta-t-il. Prends ce que tu veux. « Y compris la femme que j’aime. » Cette pensée avait jailli des profondeurs de son subconscient, lui faisant instantanément oublier toutes les bonnes raisons pour lesquelles un engagement à long terme n’était pas ce qu’il recherchait. Et surtout pas avec une femme comme Lilah. Depuis l’âge de neuf ans, les relations étaient un sujet délicat pour lui. Maintes fois abandonné par une mère extravagante, criblée de dettes et toujours à la recherche d’un nouveau mari, il n’avait qu’une conîance limitée dans les femmes, et tout spécialement avec celles qui rêvaient d’épouser un homme riche. Pas question de mariage pour lui. Lucas s’empara du bol de fraises au chocolat et examina les fruits d’un regard gourmand. — Ça ne te dérange pas que Lilah soit ostensiblement à la recherche d’un mari ? observa Zane. — En réalité, j’ai un grand respect pour son approche directe, répondit Lucas, une lueur indéînissable dans son regard. Je la trouve très rafraïchissante. Zane ît de son mieux pour ne pas réagir, mais il ne put s’empêcher de serrer les poings. Lucas était donc tombé sous son charme, lui aussi. Le problème, c’était que lui-même ne cessait de penser à elle. Il ne pouvait plus nier que, depuis ce baiser passionné qui avait failli s’achever en corps à corps amoureux deux ans plus tôt, il n’avait jamais cessé d’être tourmenté par l’idée qu’il aurait pu faire l’amour à Lilah. Mais il avait contrôlé son désir. Il s’était maïtrisé.
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Lucas sélectionna la fraise la plus dodue et la plus appétissante, avant de remarquer : — Lilah a peur en avion. J’espérais que tu pourrais la prendre avec toi à bord du jet privé de la société, quand tu rentreras à Medinos. Zane serra les mâchoires. Tout son être se révoltait contre la tranquille assurance de Lucas. Son demi-frère s’imaginait qu’il lui obéirait docilement et lui livrerait Lilah jusque dans son lit. Mieux valait se concentrer sur la première partie de la phrase. Depuis qu’il connaissait Lilah, elle ne lui avait jamais avoué qu’elle avait peur en avion. Curieusement, ce détail l’irritait profondément. Lucas séjournait occasionnellement à Sydney, mais pas aussi souvent que lui, et il n’avait jamais entendu Lilah prononcer une seule fois son nom. — Par simple curiosité, depuis combien de temps connais-tu Lilah ? — Une semaine, plus ou moins. Zane se îgea. Le groupe Atraeus venait de prendre le contrôle des Perles Ambrosi, une société appartenant à une famille de Medinos, autrefois prospère, mais crou-lant sous les dettes contractées par Roberto Ambrosi, le patriarche décédé depuis peu. Seule l’annonce inattendue du prochain mariage de Constantine et de Sienna Ambrosi avait évité que cette prise de contrôle ne prenne la forme d’une OPA hostile. Depuis, ils avaient tous dû accepter une charge de travail plus lourde. Zane connaissait l’emploi du temps frénétique de son frère. Au cours de ces deux dernières semaines, Lucas n’avait fait que deux visites rapides à Sydney — dont une pour assister aux obsèques de Roberto Ambrosi.
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Le reste du temps, il était en mission à l’étranger, et il n’était arrivé en ville que la veille. Zane, lui, avait passé presque toute la semaine précé-dente à Sydney, aîn d’assister à l’assemblée générale annuelle de son association caritative. Comme toujours, Lilah était là pour l’aider à organiser la mise aux enchères d’œuvres d’art. Comme toujours, elle était restée polie et réservée avec lui, lointaine et fascinante comme un somptueux fruit défendu. Elle réservait clairement sa sensualité rafînée à son futur mari. Sauf que pas une seule fois elle n’avait mentionné Lucas. — Pourquoi ne l’emmènes-tu pas avec toi ? ne put-il s’empêcher de demander. Lucas choisit une seconde fraise avec un soin exagéré, avant de répondre, sans le regarder : — Notre relation n’est pas encore ofîcielle. C’était donc ça. Lilah n’avait fait aucun mystère de sa détermination à faire un mariage avantageux, mais il n’avait jamais envisagé la possibilité que Lucas, lui, puisse être candidat à ce genre de mascarade. — C’est la première fois que vous sortez ensemble en public, non ? — J’avais besoin d’une cavalière en urgence, répondit son frère, un soupçon d’émotion adoucissant son regard. Lilah est parfaite pour moi. Elle a du talent, elle est jolie, elle a un sens aigu des affaires, et elle a même… — Et Carla ? Lucas lâcha la fraise qu’il venait de choisir, comme si elle lui avait brûlé les doigts. Et alors, la dernière pièce du puzzle se mit en place. Voilà qui expliquait l’étrange lueur qu’il avait surpris
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l’instant précédent dans les yeux de son frère : du désespoir. Une vague d’indignation déferla sur lui. — Tu vois toujours Carla, c’est ça ? — Comment es-tu au courant ? marmonna Lucas en replaçant le bol de fraises dans le réfrigérateur. Non, ne me dis rien. Elena ? Pour ton information, Carla et moi, c’est terminé. Certainement pas depuis longtemps. Tout à coup, l’intérêt soudain de son frère pour Lilah prenait tout son sens. Lorsque Sienna aurait épousé Constantine, sa sœur Carla deviendrait pratiquement un membre de la famille. Si l’on découvrait que Lucas entretenait une liaison avec elle, il se sentirait contraint de l’épouser. Il utilisait donc Lilah comme un tampon. L’assurance que Carla ne lui ferait pas une de ces scènes amboyantes dont elle avait le secret, pour l’obliger en public à prendre ses responsabilités et à la demander en mariage. Ce qui signiîait que l’amour n’avait aucune place dans ces soi-disant îançailles. Si son frère avait été amoureux de Lilah, Zane se serait retiré de bonne grâce. Mais ce n’était apparemment pas le cas. Même si la détermination de Lilah à faire un brillant mariage était contestable, elle ne méritait pas d’être utilisée comme un simple pion dans une querelle entre Lucas et Carla. Tout à coup, il se sentait étrangement léger. Selon toute probabilité, Lilah n’avait pas encore eu le temps de faire l’amour avec Lucas. Et sans qu’il sache trop pourquoi, ce détail revêtait une très grande importance pour lui. — D’accord, répondit-il. Lilah pourra venir avec moi.
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— Tu ne le regretteras pas, assura Lucas, visiblement soulagé. Pas si sûr. Lucas comprenait-il qu’il le soumettait à une tentation qu’il tentait difîcilement de repousser depuis deux ans ?
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