La vengeance d'un séducteur (Harlequin Azur)

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La vengeance d'un séducteur, Jennie Lucas

Quatre mois après leur douloureuse rupture, et alors qu'elle a tout fait pour le fuir, Anna est bouleversée de revoir Dimitri, son mari infidèle. Car celui-ci exige de reprendre la vie commune, menaçant, si elle refuse, de tout mettre en œuvre pour obtenir la garde définitive de leur fils, né après leur séparation et qu'il vient pour la toute première fois de serrer dans ses bras... Si la raison de la jeune femme lui dicte de refuser cette proposition, son instinct de mère la pousse à accepter : a-t-elle vraiment le droit de priver plus longtemps son fils de son père ? Hélas, elle ne tarde pas à regretter sa décision car, malgré la froideur que lui manifeste Dimitri, elle ne peut s'empêcher, quant à elle, de le désirer encore.

Publié le : mardi 1 juillet 2008
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280267083
Nombre de pages : 160
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1.

La neige qui tombait de plus en plus fort rendait la conduite périlleuse.

Anna Rostoff gara sa vieille voiture dans la cour du palais, près de la fontaine délabrée. Ses mains tremblaient lorsqu’elle les retira du volant. Par deux fois, son véhicule avait failli quitter la route verglacée mais elle était en?n chez elle, saine et sauve, avec ses quelques courses et surtout le sirop pour son bébé.

Après avoir inspiré profondément, elle s’empara du panier et sortit dans la nuit.

L’air vif lui mordit le visage comme elle traversait la cour tapissée de neige fraîche en direction des quelques marches qui menaient à l’imposante porte du palais bicentenaire. Aucune lumière ne brillait aux fenêtres ; Anna préférait se passer d’électricité pour pouvoir acheter des couches et quelques provisions. Seul un mince croissant de lune éclairait la forêt russe.

« On va s’en sortir », songea Anna avec force. Le mois d’avril était déjà bien entamé mais le printemps tardait à venir. Dieu merci, elles avaient encore des bougies et du bois pour se chauffer. Dès qu’elle aurait trouvé un emploi de traductrice, tout irait mieux pour son bébé de quatre mois et sa jeune sœur. Après un calvaire de plusieurs mois, une faible lueur brillait au bout du tunnel.

En haut du perron, elle chercha ses clés.

Au même instant, ses yeux s’agrandirent de terreur tandis qu’un frisson glacé lui parcourait l’échine. La porte d’entrée était ouverte.

Le cœur battant, elle pénétra dans le vaste hall. Suspendu au plafond noyé d’ombres mouvantes, un vieux lustre tinta tandis qu’une bourrasque de neige s’engouffrait à l’intérieur, poussée par le vent du Nord, glacial et mordant.

— Natalie ?

La voix d’Anna résonna dans la pièce déserte.

Puis un cri étouffé lui parvint.

Saisie de panique, la jeune femme lâcha son panier. Quelques pommes de terre roulèrent au sol, mais déjà elle s’élançait vers la petite porte qui donnait sur l’aile du fond.

Une silhouette se dressait à côté de la cheminée. La lueur vacillante des bougies découpait contre le mur ses larges épaules et sa haute stature.

Dimitri !

Le cœur d’Anna ?t un bond dans sa poitrine. Puis ses yeux se posèrent sur le berceau ; il était vide.

— Ils ont pris ton bébé, Anna ! s’écria Natalie, les yeux agrandis d’effroi derrière ses lunettes.

Deux gardes du corps à la mine patibulaire encadraient sa sœur, assise sur une chaise de bois vermoulu. Lorsqu’elle voulut se lever, l’un d’eux l’en empêcha d’un geste ferme.

— Ils ont fait irruption alors que je venais de m’assoupir, reprit-elle d’une voix haletante, et ils ont foncé sur son berceau. Ses pleurs m’ont alertée, j’ai essayé de les retenir mais…

Misha. Mon Dieu non… son ?ls ! Où était-il, à présent ? Où ces brutes l’avaient-elles emmené ?

Anna se mit à trembler comme une feuille. Son bébé. Son doux, son tendre bébé. Assaillie par un mélange de peur et de désespoir, elle se tourna vers l’homme qu’elle avait jadis aimé.

Une expression sombre, presque menaçante, voilait le visage de Dimitri. L’homme qui avait partagé avec elle de merveilleux moments de détente et des fous rires enfantins, l’homme qui chantait à tue-tête d’entraînants airs grecs en buvant de l’ouzo, cet homme gai, vivant, plein de charme et d’esprit avait bel et bien disparu. A sa place se tenait un homme au regard dur, impitoyable. Avec son teint mat, ses traits volontaires et ses cheveux noir de jais, il était plus séduisant que jamais… mais quelque chose en lui avait changé.

Le nez aquilin qu’il s’était cassé dans une bagarre d’écoliers était la seule imperfection dans son visage d’une beauté classique. Mais en cet instant précis, la fureur mâtinée d’un indéniable soupçon de cruauté déformait ses traits. Il avait toujours possédé un corps puissamment musclé mais ses épaules paraissaient plus larges, ses bras plus forts, comme s’il avait passé les quatre derniers mois à affronter d’intraitables adversaires sur un ring de boxe. Ses pommettes saillaient, comme taillées à coups de serpe, ses muscles tendaient l’étoffe de ses vêtements pourtant impeccablement coupés et son regard sombre était plus glaçant que jamais.

Elle l’avait aimé à la folie… mais elle le haïssait désormais. Comment ne pas haïr un homme qui l’avait trompée, un homme qui, à force de baisers et de mots tendres chuchotés la nuit à son oreille, l’avait poussée à trahir ses sentiments les plus intimes ?

— Bonjour, Anna.

La voix chaude et profonde de Dimitri ne re?était aucune émotion. Anna se jeta sur lui et tira de toutes ses forces sur les revers de son manteau en cachemire.

— Qu’as-tu fait de mon bébé ? cria-t-elle en tentant de le secouer puis en martelant son torse de ses poings serrés. Où est-il ?

Il la saisit par les poignets.

— Ne te fais pas de souci pour lui, il est entre de bonnes mains.

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