La Vie rêvée d’Elisa, ou presque - Tome 2

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La rencontre inattendue entre ces deux écorchés vifs va bouleverser leur quotidien et leur manière de voir la vie. Elisa va devoir faire preuve d’un courage et d’une détermination sans faille pour résister face à ce Don Giovanni aux accents british et au charisme peu commun, mais y parviendra-t-elle réellement ? Lequel de ces deux-là cèdera le premier ?


Elisa réussira à transformer David en prince charmant ? Et que cache ce fameux David Oconnor ? David et Elisa n’ont pas fini de se tourner autour et ce n’est pas l’arrivée de Luca qui va améliorer les choses.


Réussiront-ils à surmonter toutes les épreuves qui les attendent ? Elisa trouvera sa place au milieu de ces deux-là ? Elisa et David seront enfin heureux ? Parviendront-ils à connaître ce sentiment si complexe qu’est le bonheur ?


Publié le : vendredi 6 mai 2016
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EAN13 : 9782334155762
Nombre de pages : 170
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-15574-8

 

© Edilivre, 2016

Chapitre 17
L’espoir

Comme le disait Simone de Beauvoir : « Dans toutes les larmes s’attarde un espoir. »1

La vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais vivre c’est aussi affronter la réalité et relever la tête même lorsque nous n’avons plus d’espoir. C’est ce que se disait Elisa depuis ces derniers mois. Elle qui n’avait jamais baissé les bras malgré les difficultés, se trouvait désormais dans une situation délicate et indépendante de sa volonté.

Vivre ou mourir telle était la question.

*
*       *

Point de vue de David :

Je venais d’entendre de la part de l’infirmière ce dont je redoutais le plus. Elisa était en train de faire un arrêt cardiaque. J’ai cru devenir fou, et la pièce tournait autour de moi. Mais poussé dans un élan de pure folie, je la serrai contre moi ma tête appuyée contre sa poitrine. Je me comportais comme un enfant en mal d’amour sauf que là, la situation était dramatique. Le médecin ainsi que les infirmières me crièrent de m’éloigner de la patiente, mais je n’en fis rien. Il était inconcevable que je l’abandonne ! Je voulais crier la rage, la colère et la tristesse qui m’habitaient à ce moment-là. Mon cerveau était déconnecté, seules mes émotions me contrôlaient. Le médecin me hurla dessus et m’intima de me pousser car il devait poser le défibrillateur sur le cœur d’Elisa. J’obéis sans toutefois trop m’éloigner d’elle, puisque je me mis sur le côté en attrapant sa main gauche. J’observais le médecin qui essayait de repousser les frontières de la mort. Ce dernier transpirait énormément et je vis plusieurs goutes descendre le long de son visage. Je resserrai au même moment mon emprise sur la main d’Elisa. Le monitoring n’arrêtait pas de sonner et je priai intérieurement pour qu’Elisa me revienne. Le médecin n’arrêtait pas de se démener pour la ramener à la vie et l’équipe soignante l’aidait du mieux possible, tout en regardant la scène qui se déroulait sous leurs yeux avec horreur. Je fixais la scène et j’avais l’impression d’assister à quelque chose de surréel. Celle qui venait de redonner un sens à ma vie se trouvait entre la vie et la mort et je ne pouvais rien faire pour l’aider. Je voulais crier, hurler, frapper quelqu’un, pourtant je n’en fis rien et aucun mot ne sortit de ma bouche. Je sentais néanmoins mon cœur tambouriner dans ma poitrine et mon corps fut submergé par de violents spasmes. Les larmes ne cessèrent de perler le long de mon visage et ma vue s’embua en même temps. Je me sentis si impuissant à cet instant. Tout mon espoir reposait entre les mains du médecin qui ne cessait de poser ce maudit appareil sur le corps de ma douce Elisa. Puis soudain, et alors que j’étais perdu dans mes pensées, j’entendis ce dernier dire à l’infermière :

– Veuillez noter l’heure de la mort, s’il vous plaît. Nous ne pouvons plus rien faire pour elle malheureusement. Je vous prierai de bien vouloir appeler l’équipe chargée du nettoyage et de contacter la famille, bien sûr. A présent, je vous laisse car j’ai d’autres patients dans un état critique qui m’attendent.

Immédiatement, je me jetai sur lui et lui assénai un coup au visage avant de me plonger dans les bras d’Elisa en pleurant toutes les larmes de mon corps. Le médecin en question fut dans un premier temps choqué par mon geste, puis je l’entendis me dire à voix basse :

– Monsieur, je comprends votre réaction, mais j’ai fait tout ce que j’ai pu. Cela ne sert plus à rien de réagir ainsi. Je vous conseillerai de lui faire vos adieux et de vous calmer.

– Me calmer ! Vous plaisantez, j’espère ! Je viens de perdre la femme que j’aime bon Dieu ! Comment voulez-vous que je me calme, alors que je suis incapable de vivre sans elle…

Je me mis à sangloter et j’ordonnai au médecin et à toute son équipe de quitter les lieux sans plus attendre. Je ne leur laissais même pas le temps de récupérer leurs affaires et je les mis dehors avec perte et fracas. Je pleurais ensuite dans les bras de mon amour et quelques instants plus tard, je lui chuchotai tout ce que j’avais sur le cœur et que je n’avais pas eu le temps de lui dire :

– Ma chérie, mon amour ne me quitte pas. Je t’aime si tu savais. Je suis fou de toi. Ne m’abandonne pas ! Je viens à peine de retrouver l’envie de vivre, de me battre pour quelqu’un. Je sais que tu m’entends, reviens-moi mon amour, je t’en prie. Je ne pourrai pas supporter de te perdre mon amour…

Je ne pouvais pas imaginer ma vie sans elle. Je continuais à pleurer toutes les larmes que mon pauvre corps pouvait encore contenir jusqu’à ce que j’entende le bip du monitoring suivi d’un petit bruit.

Je levai immédiatement la tête pour voir un cœur qui clignotait sur le monitoring.

Mais mon visage reprit des couleurs lorsque j’entendis la voix douce et mélodieuse de ma merveilleuse Elisa me souffler péniblement :

– David, Dav…

– Non, mon amour, je t’en prie économise-toi, je vais appeler une infirmière. Tout va bien se passer, ma chérie. Tu ne sais pas combien je suis heureux en ce moment. Je suis certainement l’homme le plus heureux de la terre. J’ai cru mourir…

Ma voix défaillit à cet instant et je continuais malgré tout à la fixer et à accrocher mon regard à ses pupilles azur. Mon ange venait de me revenir et j’étais comblé. La joie me submergea à ce moment-là et je me mis à l’embrasser sur la bouche avant de sortir en toute hâte pour avertir le corps médical de cette merveilleuse nouvelle. Je me mis à sourire comme un imbécile et une infirmière se mit aussitôt à me dévisager. Je lui expliquai rapidement la situation et elle appela un de ses collègues avant de me gratifier d’un grand sourire et de me donner une tape sur l’épaule.

J’avais failli perdre l’amour de ma vie et je réalisai à ce moment-là que rien n’avait jamais autant compté dans ma vie. Parfois les situations les plus horribles peuvent prendre une tournure inattendue. La vie peut parfois nous surprendre. Je n’étais peut-être pas maudit finalement.

Et si la vie nous infligeait des épreuves pour nous pousser à avancer, à nous dépasser ? Ne dit-on pas « que les plus grands destins sont toujours les plus difficiles à atteindre ? Et que le bonheur se mérite » ?

Je n’étais pas croyant, je ne l’avais jamais été. Toute ma vie j’avais méprisé la religion qui était à mes yeux l’opium du peuple2. Et pourtant, je crois qu’à cet instant précis, je venais de réaliser qu’il était parfois bon de croire en quelque chose dans la vie pour éviter de sombrer et que si cet espoir était dû à une quelconque croyance, alors la religion pouvait finalement se révélait plus utile que ce que je pensais. Au fond, c’était toujours l’amour qui nous sauverait, que ce soit l’amour qu’on éprouve pour quelqu’un ou l’amour du prochain comme le prône l’Eglise.

Décidément, je crois qu’Elisa était en train de faire de moi un homme meilleur. Mais est-ce que l’amour suffirait à effacer tout le mal que j’avais fait dans ma vie ? Honnêtement je n’en savais rien. J’avais surtout une peur bleue de révéler toutes les choses dont j’étais coupable : l’accident, la mort de cette jeune mère de famille et de son bébé. Je sais que je devrai le faire tôt ou tard, mais je me dis à cet instant que le plus tard serait le mieux. Je ne voulais même pas envisager de la perdre une seconde fois. A la seule idée qu’elle puisse s’éloigner de moi, mon cœur se serra dans ma poitrine et ma tête ne cessa de me faire souffrir. Tout mon être était malade à cette idée. L’infirmière revint quelques instants plus tard en me sortant de ma torpeur et m’invita à m’asseoir dans le couloir, pendant qu’elle vérifierait les fonctions vitales d’Elisa, accompagnée d’un de ses collègues. Je me mis à regarder mon amour et à resserrer mon emprise sur sa main. Je voulais m’imprégner de son visage, encore et encore. Je crois que je ne me lasserai jamais de la regarder. Elle était la lumière que j’avais attendue toutes ces années et je voulais qu’elle continue à être à mes côtés. Elle faisait de moi un homme meilleur et elle me rendait heureux. Je n’aurais jamais pensé trouver une telle personne ! Mon destin avait déjà été scellé toutes ses années et le bonheur ne faisait pas partie de la liste. Un médecin entra dans la chambre et me sourit gentiment avant de m’inviter lui aussi à sortir pour se « plonger sur son cas », selon ses propres mots. Dubitatif, mais obéissant, je me contentai d’embrasser une dernière fois Elisa sur la bouche avant de m’éclipser dans ce grand couloir froid.

Je faisais les cent pas la tête baissée et alors que mon esprit était encore en train de penser à ma tendre Elisa, je ressentis une forte douleur sur ma joue droite.

Lorsque je relevais la tête, je me retrouvais face à une femme et elle semblait complètement enragée…


1. http://evene.lefigaro.fr

2. http://chevet.unblog.fr

Chapitre 18
L’enfer (partie 1)

Point de vue de David :

Alors que ma joue me piquait de plus en plus, mon regard s’attarda un instant sur celle qui se trouvait en face de moi et avant que je ne puisse prononcer le moindre mot, elle me dit très sèchement :

– Alors, mon cher David, on a oublié le visage de sa chère belle-maman ! Je vais te rafraîchir la mémoire, mon beau ! Je suis Céline, la mère d’Hélène et je suis heureuse de t’avoir enfin trouvé ! Je crois que nous avons des choses à nous dire ! Je pense que tu sais de quoi je parle, n’est-ce-pas ?

– Céline, ce n’est pas le bon moment pour en parler ! Je suis occupé au cas où vous ne vous en seriez pas aperçu ! Maintenant sortez d’ici, et je tâcherai de vous parler plus tard. Venez me voir à mon bureau demain matin et nous discuterons si vous y tenez tellement !

– Comment ça, si j’y tiens vraiment. Tu plaisantes, j’espère ! Ma fille m’a appelée en pleurant ! Elle était en larmes, oui en larmes ! Et tu sais mieux que personne que ma fille ne pleure jamais !

Qu’est-ce que tu as fait pour la mettre dans un état pareil. Je ne comprends pas ce qui a pu la secouer à ce point-là. J’espère que ce n’est qu’une dispute d’amoureux. Car dans le cas contraire, je me verrai dans l’obligation d’avertir ton père et tu sais combien ton père tient à ce mariage, n’est-ce-pas ?

– Céline, je vous en prie, sortez ! Je ne suis pas d’humeur à supporter vos reproches.

– Bon je crois que je vais te laisser, puisque ma présence t’incommode à ce point. Mais nous n’en avons pas fini, mon beau ! A demain.

Céline s’avança vers moi et me fit la bise sur les deux joues avant de tourner les talons et de se diriger vers la sortie.

Cette journée s’annonçait plus difficile que prévu et alors que je pensais que tous mes problèmes venaient de fondre comme neige au soleil, je réalisais amèrement que le vieux dicton selon lequel les problèmes nous rattrapent toujours était vrai. La vie sait aussi nous rappeler que rien n’est jamais acquis ! Je me dirigeai alors à nouveau devant la chambre d’Elisa et je vis que le médecin était toujours en train de s’occuper d’elle. Je décidai alors d’aller prendre un café, pour essayer de tenir encore debout après tous les derniers événements.

Pendant que je marchais le long des couloirs, j’étais frappé par le calme qui régnait dans cet hôpital. Le silence y régnait en maître et pourtant je percevais quelques éclats de rire ici et là. Le personnel riait parfois aux éclats, ce qui rendait l’atmosphère moins pesante.

Tout en marchant je réalisais combien ma vie avait changé. Je n’étais plus le même homme et j’avais enfin un but dans la vie.

Je fus interrompu dans mes pensées par la vision d’un enfant d’une dizaine d’années qui me percuta de plein fouet. Ce charmant bambin n’était pas plus haut que trois pommes. Il avait le visage angélique, les traits fins, les yeux bleus et les cheveux blonds. Je l’aidai à se relever et ce dernier attrapa timidement mon bras pour se maintenir. Je me sentais si fragile et impuissant face à ce petit bonhomme.

Comment un homme comme moi, qui avait passé une bonne partie de sa vie à intimider les autres et à les faire fuir à cause de ma froideur pouvait se laisser impressionner par un jeune enfant ? Je crois qu’inconsciemment cet enfant me rappelait moi à son âge. J’étais maladroit et timide.

Eh oui, vous allez vous dire comment cela est possible et pourtant c’était bien le cas. Mon père était tyrannique et ma mère absente. Je me recroquevillais dans ma coquille et je rêvais d’un monde imaginaire dans lequel je m’amusais et j’avais beaucoup d’amis. J’étais malheureux et je n’avais jamais osé le dire, car pour mon père la fragilité et la sensibilité étaient une preuve de faiblesse. Le jeune bambin me sortit de ma torpeur en me disant très doucement :

– Pourquoi tu pleures, monsieur ? Tu es triste ?

Attendri par les mots de cet enfant, je le pris dans mes bras et lui chuchotai à l’oreille :

– Non, je suis heureux, je pleure de joie. Ne le répète à personne, mais sache qu’un homme a le droit et même le devoir de pleurer. Et ne laisse jamais personne te dire le contraire. Maintenant, dis-moi si tu as soif et si tu veux boire quelque chose ?

Ce dernier me regarda avec ses deux yeux ronds et magnifiques tels des billes de cristal avant de me répondre timidement :

– Oui, monsieur, j’aimerais bien un chocolat chaud, s’il vous plaît.

– Avec plaisir, mon grand.

Quelques instants plus tard, je lui achetai son chocolat et je pris un café noir parfumé à la noisette pour moi.

Vous devez certainement vous dire pourquoi à la noisette ? Eh bien tout simplement parce que je suis un fan inconditionnel des cafés parfumés et que mon amour en la matière n’a pas de limites.

Je m’assis à côté de l’enfant tout en buvant mon café fumant. Les délicieux effluves calmèrent mon corps et mon esprit l’espace d’un instant. Je regardais ensuite l’enfant qui buvait son chocolat d’une traite et qui avait de la mousse sur tout le visage. Cet enfant était une pure merveille, rien qu’en le regardant, j’avais le sourire aux lèvres. Il était si innocent. C’était tellement beau de voir ça. Cela faisait des années que je n’avais pas vu l’innocence dans les yeux de quelqu’un, hormis chez ma tendre Elisa, bien sûr. Alors que je continuai de fixer l’enfant, une femme arriva en courant dans le couloir tout en hurlant :

– David, mon amour, ou es-tu ? Mon amour, David !

Avant que je ne puisse dire quoi ce soit, cette dernière se jeta sur le bambin et le serra de toutes ses forces dans ses bras avant de l’embrasser tendrement. Cette scène me retourna l’estomac. C’était tellement attendrissant de voir une mère et son enfant en train de se retrouver et de se rendre compte de l’amour sincère qui les unissait. Je n’avais jamais connu ça. Je décidai alors de chasser ces pensées douloureuses de ma mémoire et de revenir à la réalité. La mère de famille me regarda intensément et me serra la main énergiquement avant de me dire d’une voix douce :

– Bonjour, monsieur, je suis heureuse d’avoir enfin trouvé mon fils et qu’il soit en bonne compagnie. Vous savez, il est ce que j’ai de plus précieux au monde et je n’aurais pas supporté de le perdre. Je vous remercie d’être resté avec lui le temps que je le retrouve. Vous êtes une belle personne, je le lis dans vos yeux. N’ayez pas peur d’assumer vos sentiments, vous savez la vie est courte.

– Merci du conseil, je tâcherai de m’en souvenir. Mais je crois que vous vous méprenez sur mon compte, je ne suis pas quelqu’un de bien, c’est même tout le contraire.

– Non je regrette, je sais ce que je dis. Et je suis médium, je vois dans vos yeux que vous avez souffert, mais sachez que tout le monde a droit au bonheur et le vôtre est à la portée de votre main, il faut juste le saisir. Méfiez-vous également de votre entourage et de vos amis car je vois que plein d’épreuves vous attendent et que vous serez trahi par quelqu’un de très proche. Faites attention à vous et protégez les gens que vous aimez.

Sur ces paroles, elle partit aussi vite qu’elle était venue et j’eus à peine le temps de dire au revoir au jeune enfant qui me fit un grand sourire avant d’enfouir sa tête dans le cou de sa mère.

Cette rencontre m’avait troublé et je me dis que même si je n’avais jamais cru aux voyants, je ferai attention à moi et je redoublerai de prudence. Sachant que j’étais déjà méfiant de nature, cela ne changerait pas grand-chose. Par contre, je comptais bien veiller à ce qu’Elisa ne soit pas en danger, et pour ça tous les moyens seraient bons.

Alors que j’arpentais les couloirs de l’hôpital, ou plutôt l’aile réservée à ma douce Elisa, mon portable se mit à vibrer deux fois d’affilée.

Au début, je ne voulais pas regarder qui était l’auteur de ces messages, mais une désagréable sensation s’insinua dans tout mon être. J’avais l’impression que mon état de plénitude ne durerait pas longtemps et que les problèmes arriveraient en masse.

Mon état de grâce avait pris fin au moment où j’avais revu cette chère Céline. Tout en marchant, je jetai un coup d’œil rapide à mon portable et ce qui je vis me laissa songeur. Des gouttes de sueur perlèrent le long de mon visage et l’anxiété se manifesta. Je crois que l’expression selon laquelle la vie est un long fleuve tranquille3 n’était pas valable pour moi. Je n’arrêtais pas de relire le premier message. Il venait de l’ami de mon père. Ce dernier m’indiqua que la procédure était en marche et qu’Elisa recevrait son cœur dans deux jours. Je me sentais à la fois soulagé mais aussi stressé à l’idée que l’opération que je redoute le plus se produise. Je savais que cette opération était on ne peut plus banale de nos jours, mais cela ne m’empêchait pas de m’inquiéter. J’avais eu le malheur de connaître le cas de personnes qui étaient décédées peu de temps après avoir subi une greffe du cœur. Ce qui expliquait aujourd’hui ma réticence, voire ma crainte à voir Elisa subir ce genre d’interventions. Je réalisai alors que je n’avais pas prêté attention au second message. Et ce n’est que lorsque j’ouvris ce dernier que mon sang ne fit qu’un tour dans mon corps. La garce avait osé m’envoyer un message et quel message ! : « Bonsoir mon cher et tendre David. J’espère que tu auras apprécié d’avoir revu maman. Tu sais, elle t’adore, n’en doute jamais. Mais malheureusement pour toi, elle adore encore plus sa fille. Je ne t’explique même pas sa réaction quand elle a vu sa chère petite pleurer de tout son soûl. Elle était dans un de ces états, tu aurais dû voir ça. Quoi qu’il en soit, je ne suis pas là pour épiloguer. J’ai une requête, ou plutôt j’exige que tu viennes me voir ce soir car j’ai quelque chose d’important à te dire. Je sais ce que tu dois te dire, tu ne veux plus me revoir et rester auprès de ta bien-aimée Elisa, mais je pense que ce que j’ai à t’annoncer est d’une importance capitale. Mets de côté ta rancœur à mon égard et viens me voir ce soir, il faut vraiment que nous parlions. Rejoins-moi à l’hôtel Charme dans le 9e arrondissement et attends-moi dans le hall. Je t’y attendrai pour 20 H 00, tâche d’être ponctuel. Si tu viens, je jure de ne plus jamais te contacter. Je t’attends, à ce soir. Tendrement, Hélène. »

Ô mon Dieu ! Que me voulait-elle encore ? Pourquoi fallait-il qu’elle veuille me voir ?

Je croyais pourtant avoir été suffisamment clair ! Je ne savais plus quoi faire. Je ne voulais pas la revoir mais d’un autre côté, j’avais peur de ce qu’elle pourrait me dire. Je savais que je ne devais certainement pas lui faire confiance, après tout ce qu’elle m’avait fait, mais une partie de moi était effrayée à l’idée de ce qu’elle pourrait me dire. Avait-elle des preuves de l’accident ? Voulait-elle me menacer ? J’étais complètement perdu. Mon esprit était chamboulé et avec tout ce qui venait de se produire en moins d’une semaine, je ne savais plus où donner de la tête. Je voulais l’étrangler pour ce qu’elle avait osé dire sur Elisa, mais je ne pouvais pas nier que je connaissais Hélène malgré tout et le fait qu’elle insiste autant pour me parler et sa manière de me parler vers la fin du message cachaient quelque chose de louche. Je craignais que ce soit une manipulation de sa part, mais je devais en avoir le cœur net. Je ne pouvais pas me permettre de l’ignorer, car cette folle aurait été capable d’appeler la famille d’Elisa et de tout leur raconter. Il était hors de question qu’elle essaie de me discréditer auprès de son entourage que je ne connaissais toujours pas, d’ailleurs. Je regardai ma montre et vis qu’il était presque 19 H 00. Que le temps était passé rapidement ! Je me précipitai auprès d’Elisa et je décidai d’avertir également le médecin de l’arrivée du cœur. J’embrassais une dernière fois mon amour sur la bouche avant de descendre les escaliers. Une fois dans le hall, j’avertis les secrétaires de m’informer de toute urgence s’il y avait le moindre changement, de s’occuper d’avertir sa famille et de les mettre au courant au sujet de la future intervention d’Elisa. Je savais que j’aurais dû m’en charger, mais j’étais lâche. Je savais également que je devrais affronter sa famille, mais le plus tard serait le mieux. Je me dirigeai alors vers mon Audi TT, et ce n’est qu’une fois dehors que je pus enfin respirer un peu d’air frais. Cela faisait si longtemps que je n’avais pas pris le temps de me poser un bon moment. Je pris le temps de respirer encore et encore tout en regardant la vie s’agiter autour de moi. Le bruit des sirènes et des ambulances ne cessait de résonner à mes oreilles comme une douce mélodie et j’admirais le ciel étoilé. Le ciel était tellement clair ce soir-là que j’avais l’impression de pouvoir distinguer les étoiles. C’était tellement beau et impressionnant à la fois, cette sensation d’être un tout petit point dans l’univers. Je me laissais submerger par l’ivresse du soir et je m’imaginais à rêver à un avenir meilleur tout en contemplant ce merveilleux ciel étoilé. Je n’avais jamais été quelqu’un de particulièrement romantique, mais je dois avouer que ce soir-là, j’avais comme un vague à l’âme et une irrésistible envie de partager ce moment avec ma douce Elisa. Je me dis alors que lorsque toute cette histoire sera derrière nous, j’amènerai Elisa à la tombée de la nuit au bord des quais de Seine pour que nous partagions un beau moment ensemble. Mais mon romantisme prit fin au moment où je me souvins du rendez-vous avec la peste.

Il fallait que je lui fasse entendre raison et que j’emploie la manière forte si c’était nécessaire. Je ne pouvais vivre toute ma vie dans l’angoisse qu’elle se manifeste ou qu’elle me menace. Il faudrait que je redouble de prudence face à ce monstre machiavélique tout en mettant les points sur les « i » une bonne fois pour toutes. Je ne regrettais absolument pas la manière dont je m’étais comporté avec elle la dernière fois, mais je me dis surtout que si la manière forte n’avait pas eu l’effet escompté sur elle, je devrai trouver un quelconque moyen pour me débarrasser définitivement d’elle. Je voulais qu’elle sorte de ma vie ! J’aimais Elisa et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour que cette garce le comprenne ! Je soufflais un bon coup et je montais dans ma voiture en direction de ce fameux hôtel. Tout en conduisant, une vague d’angoisse s’empara de moi, mais j’essayais de la chasser en écoutant la radio et en pensant aux délicieux baisers d’Elisa. Il n’y avait qu’en songeant à mon amour que je pouvais retrouver le sourire, ne serait-ce qu’un court instant. Je sentis mes lèvres frémir à cette pensée peu orthodoxe et se tendre dès que j’aperçus l’hôtel en question. Je voulais que ce cauchemar prenne fin le plus vite possible. Je me garai rapidement et sortis tout aussi vite de la voiture.

Cet hôtel était assez glauque. Ce qui me surprit énormément connaissant les standards de miss Hélène. Cette dernière aimait le luxe et sous ses airs de sainte-nitouche tolérante se cachait une vieille conservatrice, qui classait les gens en castes et qui méprisait les classes inférieures à la sienne et tout particulièrement les ouvriers. Je m’attardais un instant sur le décor et ce que je vis me laissa sans voix. Cet hôtel était une vieille réplique des années folles. Le style était ringard et les couleurs criardes. Cela conférait une atmosphère étouffante à l’ensemble et tout cela sous une...

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