Le bal des promesses

De
Publié par

Angleterre, 1815
De retour en Angleterre après plusieurs années passées sur le continent à combattre les troupes bonapartistes, lord Sandiford apprend que Sarah, son grand amour de jeunesse, a épousé un autre homme et lui a donné un enfant. N'osant croire en son infortune, il se rend chez elle et, devant l'évidence de son bonheur, prend une farouche résolution : puisque l'objet de sa passion est définitivement perdu pour lui, il contractera un simple mariage de raison, rien de plus. Et seulement afin d'assurer sa descendance, comme l'exige son rang, et de renflouer ses finances. Mais Sarah refuse de le laisser renoncer à l’amour : elle demande à sa meilleure amie Clarissa, une jeune et bouillonnante aristocrate, de lui trouver l’épouse qui saura le combler...

Publié le : vendredi 1 août 2014
Lecture(s) : 12
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280322614
Nombre de pages : 320
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Chapitre 1
Serrant fermement de ses maîns gantées a rambarde sous e vent, e coone ord St John Sandîford s’arc-bouta contre a rafae quî menaçaît de uî arracher son shako et scruta e rîdeau de puîe ine. Par une trouée passagère dans a bruîne, î reconnut e contour îndécîs de a côte toute proche. L’Angeterre ! Le sodat vaeureux enin de retour sur sa terre natae après ses conquêtes héroques ! Aors qu’un sourîre amer se dessînaît sur ses èvres, un « ohé » poussé à peîns poumons ’arracha à sa rélexîon. I se retourna pour voîr approcher e îeutenant Aexander Standîsh dont ’étrange caudîcatîon étaît encore accentuée par e tangage du navîre. Lorsqu’un brîsant arrêta net e bâtîment dont a coque tremba sous e choc, Sînjîn, a maîn tendue, se précîpîta vers e îeutenant. — Tenez-vous à moî, Aex ! crîa-t-î contre e vent. A son grand souagement, e îeutenant accepta son aîde sans hésîtatîon et îs trébuchèrent ensembe jusqu’à a rambarde. — Mercî, coone, dît e jeune homme, haetant. Sînjîn ’observa de près et constata avec bonheur que a ueur dans es yeux du îeutenant étaît îée, cette foîs, à ’émotîon et non à a ièvre. — J’aî ’împressîon que je ne suîs toujours pas très stabe sur mes jambes.
7
— Vous n’aurîez pas dû vous aventurer sur e pont au pus fort de a bourrasque. Je n’aîmeraîs pas vous voîr passer par-dessus bord en vue de nos côtes après vous avoîr sauvé a vîe sur un champ de bataîe et avoîr veîé sur vous pendant des moîs d’hôpîta. Le îeutenant esquîssa un sourîre. — J’aî été împrudent, sans doute, maîs je n’aî pas résîsté au désîr d’apercevoîr a vîeîe Angeterre ! J’avoue avoîr été surprîs de vous trouver îcî. Je croyaîs que vous avîez été assez souvent trempé et frîgorîié dans a pénînsue îbérîque pour ne pas avoîr e désîr de renouveer cette expérîence sans raîson. I faut que vous soyez aussî împa-tîent que moî-même. Habîtué à tempérer ses réactîons après pusîeurs moîs dans ’entourage du duc de Weîngton, Sînjîn se retînt de répondre que c’étaît précîsément pour échapper aux âpres dîscussîons quî avaîent îeu sous e pont qu’î s’étaît hasardé sur ce dernîer. — Sî vous ’êtes assez pour mettre votre vîe en pérî, répondît-î à son jeune amî, ady Barbara en personne doît vous attendre sur e quaî. Le îeutenant devînt cramoîsî. — Assurément non, maîs ce seraît e sîgne de bîen-venue e pus merveîeux que je puîsse îmagîner. Je me contente d’espérer qu’ee m’attende toujours à Londres. Nous n’avons faît aucune annonce oficîee avant que je ne rejoîgne e régîment… et maîntenant… je ne saîs à quoî je doîs m’attendre… I respîra à fond avant de reprendre : — Ses parents aîmeraîent sans doute un homme pus parfaît pour ee… un homme parfaîtement vaîde. Comme es cîrconstances de a vîe changeaîent quand es sodats aaîent mourîr au combat… Cette pensée, quî traversa ’esprît de Sînjîn, remua es braîses d’une coère que troîs années n’avaîent pas réussî à éteîndre et, une foîs
8
de pus, e coone dut ravaer es mots quî uî brûaîent es èvres. — Absurde, répondît-î en donnant une tape sur ’épaue du îeutenant. Que meîeur prétendant a famîe de ady Barbara pourraît-ee espérer pour ee sînon ’un des héros quî ont vaîncu, une foîs pour toutes, e tyran Napoéon ? Et quî pus est, un héros très fortuné sî es bruîts quî cîrcuent au sujet de votre père sont fondés. Vous pourrez, d’aîeurs, faîre remarquer à votre future bee-famîe que ’état de votre cheva étaît encore bîen pîre que e vôtre puîsque, uî, î a fau ’achever. Comme Sînjîn ’avaît espéré, e jeune homme sourît. — Grâce à Dîeu, j’arrîve encore à monter à cheva magré ma jambe. Indépendamment de ce que décîdera e père de ady Barbara, j’aî beaucoup pus de chance que a pupart de nos sodats. Is furent un moment sîencîeux, pensant au faîbe nombre de ceux quî étaîent revenus du champ de bataîe de Wateroo. — Et vous, coone ? Après une ongue année à ’étranger, une dame attend certaînement votre retour avec împatîence ? Un vîsage se présenta à ’esprît de Sînjîn, maîs î ’en chassa aussîtôt en faîsant a grîmace. — I y a beaucoup pus ongtemps que je suîs partî. — Vous êtes donc arrîvé à Bruxees avant e gros de ’armée ? — En faît, je n’aî jamaîs quîtté e contînent. Après a vîctoîre de Tououse, e duc a été nommé ambassadeur à a cour des Bourbons et, comme î avaît besoîn d’un oficîer dans sa suîte, je me suîs porté voontaîre. Les cîrconstances ont vouu que je reste à Parîs auprès de a duchesse et des membres de ’ambassade tandîs que e duc se rendaît au congrès de Vîenne. Le jeune homme eut un sîflement d’admîratîon. — Ça n’a pas dû être une tâche aîsée. J’aî entendu dîre
9
que es Françaîs se sont montrés de pus en pus hostîes aux partîsans des Bourbons, en généra, et aux Angaîs, en partîcuîer, aors que Bonaparte battaît e rappe depuîs ’ïe d’Ebe. — Heureusement, nous jouîssîons de a compagnîe de Mme de Staë et d’autres émîgrés de retour d’exî. Sînjîn n’ajouta pas que ’une des joîes jeunes femmes de a suîte de Mme de Staë uî avaît même faît perdre a tête queque temps. Le îeutenant eut un sourîre entendu. — Ah ! Voîcî a raîson pour aquee vous vous êtes éter-nîsé en France. En dépît du charme des jeunes Parîsîennes, vous n’en étîez pas moîns de race angaîse et, à ce tître, vous aurîez dû nourrîr une vîve nostagîe pour votre terre. — Une terre hypothéquée jusqu’au dernîer arpent, répondît e coone avec une îronîe désabusée. Dans ses ettres, en effet, Jeffers, ’ordonnance qu’î avaît renvoyée en Angeterre juste après Wateroo, se montraît de pus en pus însîstant sur a nécessîté de son retour pour tenter de remettre de ’ordre dans a confusîon de ses affaîres. A présent que a paîx étaît rétabîe et que son régîment revenaît en Angeterre, î ne pouvaît pus échapper à son devoîr. I auraît, pourtant, faît face à ses responsabîîtés avec joîe s’î avaît pu avoîr à son côté a femme qu’î aîmaît. Sarah… e nom de a jeune femme résonnaît à ses oreîes comme un soupîr. — C’est a sîtuatîon quî vous attend ? dît e îeutenant en remuant a tête d’un aîr încrédue. Que maheur… enin… sî aucune iancée ne compte sur votre retour, vous êtes îbre de trouver une rîche hérîtîère ! I observa e coone avec ostentatîon des pîeds à a tête. — N’împorte que père devraît être honoré de donner sa ie à un oficîer d’aussî bee mîne, portant un tître
10
aussî éevé et ayant servî dans e pus prestîgîeux de tous e es régîments de hussards, e égendaîre 10 . La pensée de faîre un marîage d’întérêt étaît sî étrangère à Sînjîn qu’î ne put s’empêcher de faîre grîncer ses dents. — Je doute qu’un vîeux sodat comme moî, couvert de cîcatrîces, puîsse suscîter ’întérêt d’une rîche hérîtîère, maîs je feraî de mon mîeux pour qu’î en soît aînsî. — Aors je vous verraî aux bas de a rentrée. J’en seraî très heureux. Et sî vous rencontrez queque dîficuté en attendant votre hérîtîère… Le îeutenant semba gêné par ’expressîon qu’î ut dans e regard de son înterocuteur. — … N’hésîtez pas à soîcîter mon père. On ne vous a pas ma renseîgné au sujet de a fortune des Eardom… et vous savez combîen je vous suîs redevabe… rîen ne sauraît compenser ce que je vous doîs… — Baîvernes ! Maîs sachez que j’apprécîe votre offre. J’espère seuement n’être jamaîs réduît à cet état. — N’ayez craînte… Regardez ! Voyez-vous ce que je voîs ? Là-bas, par cette trouée dans e brouîard ? Sînjîn tourna es yeux dans a dîrectîon îndîquée par e îeutenant et vît de hautes faaîses banches dresser eur sîhouette fantomatîque au-dessus de a brume changeante. Les faaîses de Douvres. I se aîssa fascîner par a vue. La pîerre geée, quî occu-paît e côté gauche de sa poîtrîne, se mît à battre pour a premîère foîs depuîs ongtemps. I aaît retrouver un domaîne ruîné et une mère quî étaît un vérîtabe panîer percé ; î seraît confronté à une terrîbe réaîté quî e condamneraît à troquer sa personne et son tître contre a fortune d’une femme dont î ne vouaît pas. Et pourtant, à ce moment précîs, î se sentaît des capa-cîtés sans îmîtes. Sans doute étaît-î bîen pus fou qu’î ne e pensaît ? Une semaîne pus tard, chevauchant dans a fraïcheur
11
du petît matîn a seue monture qu’î uî restaît, Sînjîn se rendaît de a Cîty, où î venaît de s’entretenîr avec son notaîre, à Wesmînster. Comme s’î y avaît été contraînt, î tîra sur es rênes devant des cavaîers de a Garde dont es respendîssants unîformes rouge et or pongeaîent dans ’ombre sa tenue dîscrète se composant d’une jaquette brune et d’une cuotte de cheva usées. Aucun des factîonnaîres, à son poste à ’entrée du quar-tîer généra de ’armée et regardant dîstraîtement dans sa dîrectîon, ne parut se douter que ses vêtements éîmés, qu’î avaît portés dans ses întermînabes chevauchées en quaîté d’oficîer de renseîgnements, cachaîent un brîant e oficîer du 10 hussards. «Ancienoficîer », corrîgea-t-î en uî-même, et, au même moment, î fut saîsî d’un profond regret comme ç’avaît été e cas, a veîe, orsqu’î avaît retîré pour a dernîère foîs sa tunîque beue et sa peîsse. I avaît cessé de faîre partîe de ’armée à aquee î avaît consacré sa vîe depuîs sîx ans. I ne regretteraît pas es combats, cependant, pensa-t-î en remettant son cheva au trot. Le goût de a goîre ’avaît abandonné depuîs ongtemps, orsqu’î avaît vu, pour a premîère foîs, un homme mourîr dans a bataîe. Et, au cours des cînq dernîères années, a guerre avaît été une épreuve brutae et sangante… maîs ce quî uî manqueraît, c’étaît ’amîtîé, es îens forgés entre es hommes unîs en face du danger, soumîs aux mêmes prîvatîons et conjuguant eurs efforts dans a utte pour une même cause. « Pauvre îdîot de sentîmenta », se reprocha-t-î, cédant soudaîn à ’îrrîtatîon. I n’étaît guère récompensé de ses sacrîices. La sîtuatîon inancîère étaît pus grave encore que ne a uî avaît présentée Jeffers, et î avaît certaînement eu raîson de suîvre e conseî de son notaîre en vendant a pus grande partîe de ses bîens. La somme qu’î en tîreraît, même faîbe, seraît a bîenvenue.
12
Le cœur brîsé, presque comme de a perte d’un amî, î avaît déjà dû conduîre ses chevaux à Tattersa’s pour a prochaîne vente aux enchères, et n’avaît conservé que Vaîant, sa soîde monture avec aquee î avaît accompî pus d’une marche forcée. Maîs à moîns qu’î ne prït es mesures radîcaes suggérées par son notaîre, î savaît que, tôt ou tard, î seraît même obîgé de se séparer du pauvre anîma. e Quant à a dernîère recommandatîon de M Waters, ee ne ’avaît guère surprîs : « Trouvez une rîche hérîtîère ! » Le notaîre avaît précîsé avec un petît sourîre, comme Aex, a semaîne précédente, sur e navîre, que pour un homme d’une aussî haute naîssance, î ne seraît pas dîficîe de trouver une jeune ie convenabe. Aors qu’î posaît es yeux sur es vêtements éîmés de ord Sandîford, ’homme de oî avaît concu avec une expressîon attrîstée qu’en dépît des nombreuses hypothèques grevant son domaîne, î pouvaît uî accorder une petîte avance quî uî permettraît de renouveer sa garde-robe en vue de a saîson festîve. Tîré à quatre épînges, î arrîveraît peut-être à ses ins, pensa Sînjîn avec mécontentement en prenant conscîence qu’en dépît de ses nombreuses rumînatîons sur e sujet, a cruee vérîté ne s’étaît împosée à uî que e matîn même : î devaît épouser une hérîtîère, et rapîdement. En faît, î avaît envîsagé cette soutîon à pusîeurs reprîses depuîs a mort de son père, sîx ans pus tôt, orsque ’énor-mîté des dettes aîssées par feu ord Sandîford avaît été mîse au jour. Maîs chaque foîs qu’î avaît progressé dans cette résoutîon, î avaît battu en retraîte avec horreur, convaîncu qu’un jour ou ’autre, î trouveraît une îssue à ses dîficutés inancîères quî uî permettraît de rejeter, une foîs pour toutes, ’odîeux projet. e M Waters venaît, maheureusement, de uî exposer caîrement qu’î n’étaît pus temps de rêver d’une autre
13
soutîon. A moîns qu’î ne vouût voîr es dernîères terres de ses ancêtres vendues aux enchères, î devaît, uî, e vîcomte St. John Mîchae Peter Sandîford, partîcîper aux événements socîaux de a rentrée ondonîenne où se prépa-raîent es futurs marîages. Autrement dît, î seraît conduît à vendre sa personne, son tître et sa race avec a même effronterîe qu’une ie de joîe négocîant ses charmes dans es rues de Londres. I it non de a tête d’un aîr désespéré. I étaît norma qu’î n’eût aucune envîe de retourner en Angeterre. Assez, pensa-t-î en uî-même. I n’étaît pus temps de se amenter à a premîère canonnade comme une nouvee recrue ; î faaît prendre son destîn en maîns. En chemîn vers e modeste appartement qu’î ouaît à North Audey Street, î pouvaît s’arrêter à St. James ou rendre vîsîte à Aex. Le jeune îeutenant sauraît certaînement uî conseîer queque bonne boutîque de taîeur. I étaît urgent qu’î se reconstîtuât une garde-robe car, dans cette tenue, î ne pouvaît guère passer que pour un domestîque. I étaît évîdent qu’aucune jeune ie de a bonne socîété ne sauraît s’întéresser à uî s’î se présentaît à ee dans cet accoutrement. Un sourîre îronîque aux èvres, î îmagîna ’expressîon dédaîgneuse que ’une de ces jeunes personnes ne manqueraît pas de uî opposer s’î avaît ’audace de uî faîre a cour. I venaît d’arrîver à Pîccadîy, maîs î n’étaît pas sûr d’être d’humeur à supporter a compagnîe d’autruî. Un gaop rapîde remettraît peut-être de ’ordre dans sa tête ? L’accès à Hyde Park et sa pîste cavaîère étaît encore gratuît. Rîen ne uî înterdîsaît d’en proiter. Cependant, au îeu de poursuîvre son chemîn sur Pîccadîy, î s’engagea au mîîeu du brouhaha des marchands de Sheperd’s Market jusqu’à Curzon Street où régnaît un came e reatîf. En approchant d’un be hôte du XVIII , en retraît de a rue, î sentît battre son cœur et arrêta sa monture.
14
« Ce sont es boueversements de ces dernîers jours quî m’ont pongé dans cet état méancoîque », pensa-t-î en uî-même. I concevaît de s’abandonner encore queques înstants à cette humeur puîs î reprendraît son chemîn. Comme s’î avaît été dans un rêve, î mît pîed à terre, passa es rênes de Vaîant autour d’un poteau et s’approcha de a tranquîe demeure. Bîen qu’î fût encore tôt, î ne doutaît pas que Sarah fût evée et déjà actîve derrîère es murs împosants de a maîson. Sarah… a petîte voîsîne de son enfance quî avaît été sa compagne de jeu et quî, en grandîssant, avaît tenu e rôe de conidente auprès de uî ; a iette devenue avec e temps une très joîe jeune femme quî avaît ravî son cœur ; Sarah… marquîse d’Engemere depuîs troîs ans et troîs moîs ! I savaît qu’ee aaît bîen. Lorsqu’î avaît rejoînt son régîment, troîs ans pus tôt, î avaît résîsté à a tentatîon d’ouvrîr es deux premîères ettres qu’ee uî avaît envoyées et même envîsagé de es détruîre, maîs î avaît inî par es îre pour préserver entre a jeune femme et uî ne seraît-ce qu’un faîbe îen d’amîtîé. La réceptîon d’une ettre de Sarah, où ee contaît es dernîers potîns de a capîtae, étaît rapîdement devenue un événement au mîîeu de a trîste routîne de a vîe mîîtaîre. I avaît conservé tous ses courrîers, y comprîs e dernîer, reçu troîs semaînes pus tôt. Rassembées en îasse, ces ettres étaîent posées sur sa tabe de chevet à ’exceptîon de ’une d’entre ees. Un éger bruît derrîère a porte d’entrée de ’hôte attîra son attentîon. I étaît temps de se retîrer avant qu’on ne e remarquât, posté comme un mendîant devant a grîe de ady Engemere. Avant même qu’î n’eût détaché Vaîant quî broutaît queques herbes entre es pavés dîsjoînts, un cavaîer parut au coîn de a rue et vînt dans sa dîrectîon au grand gaop.
15
Un marchand ambuant it un bond de côté, es casseroes dont î étaît chargé résonnant sur es pavés ; des femmes de chambre, eur pumeau à a maîn, s’écartèrent avec des crîs affoés ; et ord Sandîford uî-même dut recuer de queques pas devant ’étaon que e cavaîer arrêta brutaement en tîrant sur es rênes. Un cavaîer quî montaît en amazone… Le coone eva es yeux sur un proi fémînîn dont a beauté cassîque suscîtaît certaînement ’admîratîon des hommes et a jaousîe des femmes. De ongs cîs sombres souîgnaîent e regard de a cavaîère quî, de sa maîn gantée, caressaît e cou du cheva. Une moue désapprobatrîce aux èvres, Sînjîn remarqua dans a tenue de a jeune femme pusîeurs artîces dont î connaîssaît e coût, ayant eu à réger es notes aîssées îcî et à par sa mère. La aîne très ine de son habît, de confectîon îtaîenne assurément ; e bonnet de veours orné de pumes d’autruche ; es bottes de cuîr in dans es étrîers d’argent ; e manteau orné d’or, îmîtant, î e réaîsaît seuement maîntenant, a tenue des hussards ; tout cet équîpement, quî avaît dû coûter une fortune, auraît pu nourrîr son régîment pendant un an. Quant à ’étaon, quî pîaffaît et abouraît e so de ses sabots, î ’évauaît au premîer coup d’œî à envîron cînq cents îvres grâce à ’estîmatîon qu’î venaît de faîre de ses propres chevaux pour es vendre aux enchères. I s’agîssaît d’une monture ne convenant nuement à une femme ; a cavacade încontrôée quî venaît d’avoîr îeu e prouvaît ampement. En voyant e marchand de casseroes récupérer une poêe quî avaît roué dans e ruîsseau, Sînjîn céda à a coère. A quoî pensaît e père de cette jeune ie orsqu’î uî avaît offert un te cheva ? Et cette jeune personne, sî fragîe d’apparence, assurément frîvoe et gâtée à ’extrême, comment osaît-ee arborer une tenue quî étaît nî pus nî
16
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi