Le bébé du Boss

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Enceinte de son patron, Barbara McMahon
Revoir Tanner Forsythe, alors qu'il l'a quittée peu de temps auparavant sans un mot d'explication, est un choc pour Anna... D'autant qu'il vient d'être nommé directeur de l'entreprise où elle travaille ! Si Anna espère que la situation lui permettra de renouer le fil de leur histoire, elle redoute également de ne pas pouvoir lui taire plus longtemps le secret qu'elle s'était jusque-là efforcée de lui cacher...

Une surprenante proposition, Raye Morgan
Lorsque Grant Carver, son patron, lui demande de l’épouser et de porter son enfant, Callie, surprise, ne sait que répondre. Certes, elle rêve depuis toujours de fonder une famille. Et Grant, qu’elle trouve aussi brillant que séduisant, lui paraît être l’homme idéal pour réaliser ce rêve. Mais peut-elle pour autant accepter son offre sachant que l’amour ne fait pas partie du contrat ?

Un merveilleux cadeau, Barbara Hannay
Alice est désemparée. Elle vient d’apprendre que l’homme avec qui elle a partagé une nuit de passion – bouleversante, mais sans lendemain – la veille, n’est autre que Liam Conway, son nouveau patron ! Embarrassée et troublée malgré elle par la proximité de cet homme, elle décide alors de l’éviter autant qu’elle le peut et de prétendre qu’il ne s’est rien passé. Jusqu’au jour où, elle se découvre enceinte...
Publié le : lundi 15 juillet 2013
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280295017
Nombre de pages : 416
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Anna sortit du métro sous la pluie battante. Le vent qui soufait en rafales rendait l’utilisation de son pa rapluie aussi impossible qu’inutile. Elle remonta Montgomer y Street, tête baissée contre la tempête. Ses bottines en caoutchouc étaient trempées mais c’était sans importance du moment que ses chaussures à talons restaient au sec dans son sac. Quant à ses cheveux, ils seraient bientôt dans un état si épouvantable qu’il lui faudrait les sécher en arrivant. Octobre était généralement un mois magniîque à San Francisco, mais quand il se mettait à pleuvoir… Drôle de lundi, décidément. Les bonnes nouvelles avaient commencé au début du week-end avec le coup de téléphone de sa sœur lui annonçant îèrement qu’elle attendait un nouveau bébé. Anna avait essayé de partager sa liesse mais se réjouir sans arrière-pensée lui avait été difîcile. Comment oublier en effet que, de son côté, elle ne pouvait devenir mam an ? Ensuite, elle s’était réveillée courbatue et fébrile. Quelle idée de tomber malade dès l’automne, elle qui traversait les hivers les plus rudes sans même attraper un rhume ! Pour înir, il lui fallait à présent braver une mini-tempête, tout cela parce que le nouveau P.-D.G. de la Drysda le Electronics entrait en fonction ce matin. Enjambant une aque, elle songea qu’elle aurait donné cher pour retrouver son lit, se pelotonner sous sa couette et dormir ! En pénétrant dans la tour qui abritait la Drysdale Electronics, elle ébouriffa ses cheveux pour les débarrasser
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de la pluie qui les plaquait sur son crâne et passa une main désespérément mouillée sur son imperméable trempé. — Mon Dieu, quelle tête ! s’exclama son amie et collègue Teresa lorsqu’elle la vit arriver à l’étage. L’empoignant par le bras, elle l’entraïna vers les lavabos. Anna se regarda dans le miroir et comprit la conster-nation de Teresa. Avec ses joues pâles, ses boucles frisottant autour de ses oreilles et ses yeux agrandis par la îèvre, elle avait l’air encore plus misérable qu’elle l’aurait cru. — J’espère que tu n’as pas oublié la réunion générale, rappela son amie. Dans quelques minutes, nous allons tous faire connaissance avec le nouveau grand chef. Elle pouffa de rire. — Si tu te présentes dans un état pareil, tu vas lui faire une impression… inoubliable. Dépêche-toi, la réunion commence à 9 heures. — Je ne me sens pas très bien, répondit Anna en se débarrassant de ses bottines de marche. Ce doit être la grippe. Je me suis traïnée pendant tout le week-end et je ne serais pas venue ce matin s’il n’y avait pas eu cette prise de fonction. Avoue que cela tombe mal. — Tu penses à ta promotion, je suppose. — Bien sûr. J’aimerais faire une bonne première impression au nouveau P.-D.G. Teresa fouilla dans le sac d’Anna et lui tendit ses chaussures à talons. — Je croyais que M. Taylor avait dit que ta promotion « était dans la poche ». — Tant que ce n’est pas signé…, répondit prudemment Anna en sortant sa brosse de son sac pour essayer d e réparer les dégâts causés par la pluie. Faute de temps, elle rabattit ses cheveux en arrière. Ce n’était pas ainsi qu’elle se coiffait d’habitude, ma is tant pis. Puisque le nouveau P.-D.G. ne la connaissait pas, il ne ferait pas la différence. Teresa regarda sa montre. — Il nous reste cinq minutes. Dépêche-toi, je n’ai pas envie d’arriver en retard.
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Anna hocha la tête en signe d’assentiment et se regarda une dernière fois dans le miroir. Le résultat n’était pas à la hauteur, mais compte tenu des circonstances, ce n’était pas si mal. Elle se pinça les pommettes pour raviver ses couleurs, étala une bonne couche de gloss sur ses lèvres et se tourna vers son amie. — Je suis prête. Dans le couloir, les employés se rendaient en petit s groupes à la réunion. Après des années de bons et loyaux services, Allen Taylor partait en retraite et le comité direc-teur avait choisi un nouveau chef exécutif dont il gardait le nom secret jusqu’à la passation de pouvoirs ofîcielle. Même aux plus hauts échelons de la hiérarchie, personne ne connaissait le nom du nouveau P.-D.G. Cela n’avait pas empêché une rumeur de se répandre très vite selon laquelle le mystérieux patron aurait décidé de faire le ménage parmi les directeurs et les responsables de département pour installer sa propre équipe. Mai s Anna ne s’inquiétait pas trop. Ce bruit circulait imman-quablement chaque fois qu’une nouvelle tête dirigea nte se proîlait à l’horizon. Elle s’arrêta en passant devant la machine à boissons. — Pars devant et garde-moi une place à côté de toi, demanda-t-elle à Teresa. J’étais si fatiguée ce matin que je n’ai pas eu le courage de me préparer un petit déjeuner. Résultat, ma dose de caféine me manque. Tandis que son amie s’éloignait, elle se demanda si elle pourrait s’éclipser discrètement après la réunion pour rentrer se mettre au lit. Elle ne s’était pas sentie aussi faible depuis des années. En entrant dans la salle de conférence, elle chercha Allen Taylor des yeux. Le P.-D.G. démissionnaire était en train de discuter avec un homme tournant le dos à l’assistance. Son successeur, sans doute. Grand, br un, athlétique, il semblait jeune pour la fonction, beaucoup plus, en tout cas, que M. Taylor. L’espace d’une seconde, elle eut l’impression que sa silhouette lui était fam ilière. Non, elle devait se tromper. Personne ne connaissai t
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cet homme. Le secret concernant son identité avait été parfaitement gardé. Sur l’aile droite de la pièce, le comité de direction se trouvait réuni au grand complet. S’asseyant sur la chaise à côté de Teresa, Anna por ta son gobelet à ses lèvres et en vida le contenu à pet ites lampées en imaginant qu’elle se trouvait dans son l it. Combien de temps tout cela durerait-il ? Elle jeta un coup d’œil autour d’elle et perçut la tension qui régnait dans la pièce. Les regards ne quittaient pas l’homme au dos tourné, des noms s’échangeaient sous cape et les rires se faisaient nerveux. Grâce à l’entretien que lui avait accordé M. Taylor juste avant le week-end, elle ne se sentait personnellement pas inquiète. De l’aveu même d’Allen, sa promotion était « dans la poche ». Dès janvier prochain, elle partirait s’installer à Bruxelles en tant que « directrice du marché européen ». Sa hâte d’investir ses nouvelles fonctions était telle qu’elle se serait envolée sur-le-champ pour la Belgique si on le lui avait proposé. Quittant son interlocuteur, Allen Taylor se dirigea vers les membres du comité directeur. Celui qui, dans quelques instants, allait devenir son successeur se retourna enîn vers l’auditoire. Anna le considéra d’un air abasourdi. Ce n’était pa s possible, elle avait la berlue ! Pourtant si, c’étaient bien les mêmes larges épaules sur lesquelles elle avait posé les mains pour en éprouver la force. Et si un pli sévère tendait aujourd’hui ses lèvres, elle se souvenait encore combien elles savaient se faire douces dans les baisers. Pendant trois semaines ext ra-ordinaires, elle et Tanner ne s’étaient pratiquement pas quittés. Et puis, deux jours après lui avoir fait l’amour, il s’était évaporé dans la nature sans plus jamais lui donner de nouvelles ni répondre à ses messages. Reprenant conscience de l’endroit où elle se trouvait, elle jeta un coup d’œil discret autour d’elle puis à Teresa. Personne ne la regardait. Personne n’avait remarqué sa
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stupéfaction. Donc, personne ne savait rien de sa romance de l’été. C’était d’ailleurs assez normal car elle avait pris soin de ne pas l’ébruiter et se félicitait aujourd’hui de sa réserve. Et Tanner ? S’était-il montré aussi discret qu’elle ? Il fallait absolument qu’elle trouve le moyen de le voir après la réunion. Elle se tassa sur son siège en déglutissant avec peine. Si elle l’avait pu, elle aurait disparu sous la table. Elle avait remarqué un jour Tanner au club de gymnas-tique où elle se rendait plusieurs fois par semaine et senti qu’elle ne le laissait pas non plus indifférent. A la în du cours, il lui avait proposé de prendre un café. A compter de ce jour, ils s’étaient revus non seulement penda nt la semaine mais aussi le week-end. Elle essaya de se remémorer leurs rendez-vous, mais ses souvenirs semblaient se dissoudre dans les brumes de son esprit affaibli par la îèvre. Comment établir une relation professionnelle après ce qui s’était passé entre eux ? S’il décidait de la renvoyer, quels moyens aurait-elle de contrer sa décision ? M. Taylor adressa un petit signe de tête à l’assemblée et prit la parole. — Bonjour à tous. Comme vous le savez, j’avais l’in-tention de prendre ma retraite depuis longtemps mais c’est Mme Taylor qui m’a înalement décidé à passer à l’acte juste avant l’été. Des rires fusèrent dans l’assistance. — J’ai donc rassemblé le comité directeur qui, après avoir planché pendant des semaines, s’est înalement réuni il y a quinze jours pour înaliser les négociations entreprises avec mon successeur. Dans le but d’assu rer la transition la plus douce possible, je me suis entretenu avec tous les responsables vendredi dernier. Aujourd’hui, je peux enîn vous présenter M. Tanner Forsythe, not re nouveau président-directeur général, élu à l’unanimité. Son expérience au sein de îrmes spécialisées dans l’élec-tronique est impressionnante et il a plus d’une fois sauvé des établissements en difîculté, ce qui, je vous rassure,
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est loin d’être le cas de la Drysdale Electronics. A l’issue de notre réunion, Ellie remettra à chacun un document résumant la très brillante carrière de M. Forsythe. Le comité directeur et moi-même espérons que vous saurez mener la Drysdale vers de nouveaux succès sous la direc-tion de Tanner Forsythe en l’assurant de votre soutien et de votre coopération. Allen Taylor attendit que les applaudissements retom-bent et reprit : — Je propose à présent de faire un tour de table pour que vous vous présentiez à M. Forsythe. En tout état de cause, il vous recevra un par un dans son bureau d’ici à la în de la semaine. Il jeta un coup d’œil à sa montre. — Je vous demanderai seulement de faire vite car j’ai encore pas mal de choses à faire avant d’embarquer avec ma femme pour les Bahamas… Un nouveau rire amusé parcourut l’assistance, puis Hank Brownson commença à se présenter. Un par un, chacun déclina son nom et la nature de ses responsabilités. Le tour de Teresa arriva. Anna se sentait dans un é tat terrible. Après Teresa, ce serait à elle. Elle entendit son amie expliquer qu’elle était la directrice des ressources humaines et perçut le silence qui suivit sa déclaration. Anna se lança en choisissant de regarder M. Taylor plutôt que les yeux sombres et familiers de Tanner Forsythe. — Mon nom est Anna Larkin. Je suis, depuis dix ans, sous-directrice du marché européen. Elle s’arrêta, incapable de poursuivre. D’ailleurs, qu’aurait-elle pu ajouter ? Les autres avaient-ils étoffé leur présentation ? Elle n’avait rien entendu, terrorisée à l’idée du pouvoir qu’avait Tanner de l’empêcher d’accéder au poste de directrice devant la mener à Bruxelles. Cela faisait plus de dix ans qu’elle œuvrait pour obtenir cette promotion et cinq qu’elle étudiait assidûment le fran-çais, passant toutes ses vacances d’été en Europe pour se familiariser avec les différents pays qui la constituaient. En tout, elle avait consacré quinze ans de sa vie à devenir
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la meilleure représentante du marché européen que la Drysdale Electronicsn’ait jamais eue. L’espace d’un battement de cœur, elle espéra que tous ses efforts n’aient pas servi à rien. Non, cela serait trop injuste. Pourquoi ne pas plutôt imaginer que Tanner allait lui proposer le poste tant convoité avec, en bonus, une augmentation mirobolante ? Elle se mordilla la lèvre inférieure. Ce jour-là, les poules auraient des dents… Sur sa gauche, Neil Patterson prit la parole. Anna se laissa aller contre le dossier de sa chaise, trop fatiguée pour y voir clair. Tout ce qu’elle voulait, c’était rentrer chez elle avant de se trouver mal. Lorsque le tour de table fut terminé, Tanner prononça quelques mots. Direct et déterminé, il exhorta chaq ue membre de l’entreprise à dépasser ses limites et à relever le niveau de ses ambitions. Son discours passa au-dessus de la tête d’Anna. Tanner l’avait trop remuée durant l’été, lorsqu’ils passaient des soirées sans în à déambuler dans San Francisco et à se perdre dans les petites rues désertes, pour l’impressionner aujourd’hui par un discours circonstancié et sans surprise. A l’époque, du reste, ils discutaient ensemble de tout sauf de leur travail. Sauf le lendemain de la nuit où ils avaient fait l’amour. Ce jour-là, Anna avait incidemment appris à Tanner qu’elle travaillait pour la Drysdale Electronics. Elle se redressa, comprenant enîn ce qui avait provoqué le silence subit et incompréhensible de Tanner. Déjà pres-senti, à l’époque, pour remplacer Allen Taylor, il avait préféré cesser de fréquenter celle qui risquait de devenir sa future employée. Bien que son attitude fût compréhensible, elle aurait préféré, à tout prendre, ne jamais avoir fait l’amour avec lui. Elle n’aurait pas commencé à tomber amoureuse et serait aujourd’hui moins assaillie de regrets. Car Tanner lui avait offert la nuit la plus extraordinaire qu’elle eût jamais passée avec un homme.
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Elle ferma brièvement les yeux. Au moins, elle possé-dait maintenant la clé de l’énigme qui la minait depuis que Tanner Forsythe était volontairement sorti de sa vie.
Tanner considéra le visage des hommes et des femmes rassemblés devant lui. Il savait depuis longtemps qu’Anna en ferait partie et le savait même si bien qu’il avait dû la quitter deux mois plus tôt alors que tout le poussait à prolonger une relation qui l’enchantait. En la revoyant et en retrouvant le son de sa voix quelques minutes plus tôt, il avait ressenti une émotion à laquelle il n’était pas préparé. Sa relation avec Anna avait duré plusieurs semaines mais il avait dû y mettre un terme en apprenant qu’elle travaillait pour la Drysdale Electronics. Les négociations préliminaires concernant sa nomination avaient commencé et ne lui permettaient pas de fréquenter une cadre supérieure avec laquelle il serait quotidiennement en relation directe. Aurait-il dû demander à Anna sa profession exacte dès le début de leur rencontre ? Cela ne lui était pas venu à l’esprit tant ils avaient d’autres choses bien plus intéres-santes à partager. Depuis Cindy, Anna était la première femme avec laquelle il se fût impliqué de manière durable. Leur relation s’était d’ailleurs établie d’elle-même, à la fois parce qu’ils avaient beaucoup de points communs et parce qu’Anna n’avait formulé aucune exigence sur le long terme. Pour couronner le tout, ils avaient passé ensemble une nu it inoubliable. Etait-ce à cause de cela qu’il n’avait pas remplacé Anna depuis presque deux mois ? Peut-être. Et puis, sa préparation à ses nouvelles responsabilités l’avait vraiment accaparé. Le déî à relever était de taille. Il allait devoir parachever l’extraordinaire travail amorcé par Taylor depuis quelques années pour hisser la Drysdale au niveau des plus grandes îrmes d’électronique du pays. Il se força à reporter son attention sur les employés qui
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se présentaient et se demanda brièvement si Anna risquait de poser un problème. Non, sûrement pas. Elle était trop professionnelle pour faire une scène devant tout le monde. Il devrait tout de même s’assurer de son état d’esprit avant de commencer à collaborer avec elle. Sa tâche allait être assez ardue pour ne pas se la compliquer davantage avec un problème de vie privée. Lorsque le tour de table fut terminé, il reprit la parole. — Ellie Snodgrass, l’assistante d’Allen Taylor, devient la mienne à compter de ce jour. A l’issue de la réunion, elle remettra aux responsables de service une enveloppe contenant des documents dans lesquels j’expose mes nouvelles stratégies. Elles doivent devenir une priorité absolue au sein de la Drysdale. Merci de les consulter le plus rapidement et le plus attentivement possible. Ellie contactera ensuite par téléphone celles et ceux avec lesquels je désire m’entretenir dès aujourd’hui. Se tournant vers Allen, il lui tendit la main. — Comptez sur moi pour m’occuper au mieux de votre entreprise, monsieur Taylor. Une salve d’applaudissements salua sa sympathique conclusion.
Au supplice, Anna dut se retenir pour ne pas se boucher les oreilles. Il lui semblait que sa tête allait éclater. Si, dans une semaine, la moitié de la Drysdale n’avait pas attrapé la grippe, ce ne serait pas grâce à elle… Tanner quitta la salle, donnant ainsi le signal du départ. Les employés rassemblèrent leurs affaires et se dirigèrent vers la sortie en échangeant leurs premières impressions. Sauf Anna. Rentrer chez elle et dormir, c’était tout ce que la situation lui inspirait. — Tu viens ? lui demanda Teresa en arrivant devant la porte tandis qu’Ellie lui remettait la grosse enveloppe kraft annoncée par Tanner. — Vas-y, je te rejoins tout de suite.
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Elle se retrouva seule, bénissant le silence bienfaisant qui succédait au brouhaha. Se trouvait-elle sur la liste du personnel que Tanner voulait voir aujourd’hui ? Si oui, elle espérait que ce serait de bonne heure. Ensuite, elle rentrerait se soigner. Effectuer dix minutes de marche jusqu’au métro sous la pluie qui n’avait pas cessé, et une demi-heure de trajet pour regagner son appartement lui semblait soudain au-dessus de ses forces. Elle enfouit sa tête dans ses mains. Au moins, une fois rentrée, elle pourrait se coucher sans avoir de comptes à rendre à personne, son chat grimperait sur le lit et elle dormirait jusqu’à… jusqu’à ce qu’elle se réveille. Si elle se réveillait un jour… Tanner Forsythe était son nouveau patron… Quelle catastrophe ! Il n’aurait rien pu lui arriver de pire. Fermant à moitié les paupières, elle le revit, au club de gymnastique, lorsqu’il s’était dirigé vers elle pour l’inviter à boire un café… Non, ce n’était pas le moment de cultiver la nostalgie ! Mettant brusquement un terme à sa rêverie, elle se leva et quitta la salle, son enveloppe à la main. Dans son bureau, une note était posée en évidence sur le clavier de son ordinateur. M. Forsythe voulait la voir à 13 heures. Elle regarda sa montre. Même pas dix heures. Peu solide sur ses jambes, elle s’assit dans son fauteu il et appela Teresa. — Ressources humaines…, annonça la secrétaire en décrochant. — Passez-moi Teresa, s’il vous plaït. — Elle se trouve dans le bureau de M. Forsythe. — Dites-lui de rappeler Anna dès qu’elle pourra. Merci. Elle raccrocha. Ainsi, son amie avait été l’une des premières à êtr e reçue par Tanner. Que penserait-elle de lui à l’issue de leur entretien ? Anna avait hâte de le savoir. Quoi qu’il en soit, elle avait décidé de ne pas lui rapporter son aventure avec Tanner.
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