Le bonheur en partage - Une danse avec le Dr MacDowell

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Le bonheur en partage, Lucy Clark
Stacey est enfin de retour à Newcastle, après plus de quinze ans d’absence, pour réaliser son rêve d’enfant : reprendre l’ancien cabinet médical de son père. Elle sait que la tâche n’a rien de facile, d’autant qu’elle doit également veiller sur ses trois petits frère et sœurs, dont elle a la garde depuis la disparition de son père et de sa belle-mère, un an plus tôt. Aussi est-ce avec soulagement que Stacey accepte l’aide du Dr Pierce Brolin au cabinet – un soulagement mêlé d’appréhension car, dès leur première rencontre, Pierce a troublé son cœur. Mais Stacey s’est juré de toujours faire passer le bonheur de sa famille avant toute chose. Quitte à mettre de côté ses sentiments…

Une danse avec le Dr MacDowell, Caro Carson
Lorsqu’elle reçoit une invitation pour le prestigieux gala de charité du West Central Hospital, Dianna est folle de joie. Elégance, romantisme, passion… L’atmosphère raffinée et envoûtante du bal est le cadre idéal pour vivre les plus belles histoires d’amour ! Aussi, quand elle remarque que le ténébreux Dr Quinn MacDowell, assis seul près de la piste de danse, est l’unique personne qui ne semble pas profiter pleinement de la soirée, Dianna décide de prendre les choses en main et de l’aborder…

Publié le : lundi 1 décembre 2014
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EAN13 : 9782280321440
Nombre de pages : 288
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1.

Stacey Wilton ralentit pour se garer sur le bas-côté.

Nostalgique, elle coupa le moteur et descendit, les yeux rivés sur la belle maison qu’elle apercevait de l’autre côté de la rue. Les rayons du soleil couchant baignaient le jardin d’une douce clarté et Stacey eut un sourire ému.

Sa maison. Son jardin. Elle les revoyait enfin !

L’endroit n’avait pas changé, ou presque. La demeure était conforme à ses souvenirs — sauf qu’elle la croyait plus grande. En revanche, un élément essentiel avait disparu : l’immense arbre où elle avait coutume de grimper, autrefois.

Il avait été abattu, remplacé par un parterre de fleurs multicolores. Stacey dut admettre que le massif était superbe. Son père aurait adoré voir sa propriété si bien entretenue.

Adossée à sa petite voiture, elle contempla le cadre enchanteur où elle avait passé les quatorze premières années de son existence. Jamais elle n’aurait imaginé partir, mais, après tout, ce déménagement n’avait été qu’une épreuve supplémentaire.

Elle avait compris, avant même d’entrer à l’école, que la vie n’était pas un long fleuve tranquille. Elle en avait eu la révélation brutale le jour du départ de sa mère.

Lasse de vivre avec un médecin généraliste débordé et peu disponible, celle-ci avait abandonné le domicile conjugal. Son père, qui s’était alors retrouvé seul avec trois fillettes en bas âge, avait engagé une nourrice, Letisha, afin de veiller sur elles. Quelques années plus tard, il avait épousé la jeune femme, pour leur plus grande joie.

Néanmoins, ce bonheur avait été terni par le déménagement consécutif au mariage. Ayant reçu une proposition de travail à Perth, « ce brave Arn » — comme l’appelaient ses patients — avait accepté sans prendre l’avis de ses filles.

En pleine adolescence, elles l’avaient très mal vécu.

— Pourquoi faut-il partir ? avait demandé Stacey, en larmes, un soir qu’il vidait son bureau.

— Parce que l’hôpital de Perth m’a fait une offre exceptionnelle, mon cœur, avait-il répondu. Imagine : je vais diriger la première unité de soins palliatifs entièrement consacrée aux enfants. Je ne pouvais pas refuser.

— Mais… et tes malades ? Et nous ? Moi, je veux devenir médecin ! Je pensais reprendre ton cabinet…

Son père lui avait posé une main sur l’épaule en soupirant.

— Je le sais bien. Mais il est temps de passer à autre chose.

— Pour une question de travail ? C’est ridicule !

— Ce n’est pas seulement pour le travail. Essaie de te mettre à la place de Letisha. Tes sœurs et toi, vous l’adorez et elle vous le rend bien, mais elle a consenti beaucoup de sacrifices pour notre famille, alors ne crois-tu pas qu’elle a le droit de commencer sa vie d’épouse dans une nouvelle maison ? Là-bas, nous n’aurons plus tous ces souvenirs tristes.

Stacey avait ouvert la bouche pour argumenter, mais son père l’avait fait taire du regard. Pour lui, le débat était clos.

La mort dans l’âme, ses sœurs et elle avaient donc fait leurs valises. Puis il avait fallu se résoudre aux adieux. Stacey avait versé des torrents de larmes en prenant congé d’Edna et Mike, leurs voisins. Elle considérait Edna comme sa seconde mère et n’avait jamais imaginé vivre loin d’elle.

— Je ne peux pas habiter près de quelqu’un d’autre, avait-elle sangloté. C’est impossible !

— Tu t’y feras, ma chérie, avait répondu Edna d’un ton apaisant. Quand on est jeune, cela fait du bien de voir de nouvelles têtes. Et puis, nous resterons en contact. Je t’ai acheté un stock de papier à lettres pour au moins deux ans !

Stacey avait souri à travers ses larmes.

— C’est vrai. Je t’écrirai souvent, Edna. Mais jure-moi qu’on se reverra un jour…

— C’est promis, ma belle. Tu peux en être sûre.

Le lendemain, la famille Wilton avait quitté Newcastle, petite ville située sur la côte Est de l’Australie, pour rejoindre Perth, à l’autre bout du pays.

Peu à peu, Stacey et ses sœurs avaient pris leurs marques. Elles s’étaient créé de nouveaux liens, avaient bâti de nouveaux repères. Leur famille avait connu d’immenses joies puisque trois autres enfants étaient venus agrandir la fratrie. Mais, la vie suivant son cours, ils n’avaient jamais eu l’occasion de retourner à Newcastle.

Stacey avait dû attendre dix-sept ans pour voir son rêve se réaliser. Aujourd’hui, enfin, elle rentrait chez elle. Néanmoins, elle aurait préféré que ce retour s’effectue dans des circonstances plus gaies…

— Vous cherchez quelque chose, mademoiselle ?

Elle émergea de ses pensées en entendant une voix masculine l’interpeller, de l’autre côté de la rue. Stupéfaite, elle découvrit un homme de très haute taille — il devait mesurer un bon mètre quatre-vingt-dix — qui la regardait depuis l’allée centrale du jardin. Il portait un bermuda de coton, des sabots en caoutchouc vert et un T-shirt maculé de peinture, une tenue « spéciale travaux » ! D’ailleurs, un gros tas de mauvaises herbes s’amoncelait à ses pieds.

Comment avait-elle pu ne pas voir cet homme ? Imposant comme il l’était, cela relevait de l’exploit !

— Puis-je vous aider ? ajouta-t-il.

Mal à l’aise, elle secoua la tête.

— Non, merci.

— Sûre ? Je vous observe depuis un moment, vous avez l’air toute chose. Y a-t-il un problème ?

— Non, non… C’est juste que… J’ai habité ici, quand j’étais petite.

A peine avait-elle fini sa phrase que deux voitures s’engagèrent dans la rue. L’homme attendit qu’elles soient passées, puis lui fit signe d’approcher. Elle traversa, comme s’il était normal d’aller discuter avec un parfait inconnu alors qu’elle venait à peine d’arriver…

— Vous avez coupé l’arbre ! dit-elle sans réfléchir.

— Je n’ai pas eu le choix. Il était malade.

— Ah, d’accord. C’est dommage… J’en garde beaucoup de souvenirs. Je grimpais dedans, et puis il y avait un gros pneu qui nous servait de balançoire… Mais vous avez très bien réaménagé l’espace, ajouta-t-elle, se reprenant. Quelles jolies fleurs !

— Merci, répondit l’homme en souriant. Je suis un adepte du jardinage. Cela me détend.

— Et vous aimez peindre, aussi ? Autrefois, la façade était beige. Je trouve ce vert menthe particulièrement original. C’est un excellent choix.

— Oui, je l’ai repeinte. Une activité très… thérapeutique, croyez-moi. Maintenant, je peux l’enlever de ma liste de choses à faire avant de mourir.

Stacey le fixa, interloquée. La conversation était en train de prendre une bien curieuse tournure !

— On ne m’avait encore jamais dit ça. C’est un peu morbide, non ?

Cette fois, son interlocuteur éclata de rire, découvrant une dentition irréprochable. Deux fossettes s’étaient creusées au coin de sa bouche et ses yeux bleu azur pétillaient de malice. « Avec ce regard, il n’a sûrement qu’à claquer des doigts pour avoir toutes les filles à ses pieds », aurait dit Molly, sa sœur. D’ailleurs, même si Stacey était devenue allergique aux hommes, elle devait reconnaître que celui-là ne manquait pas de charme…

Mais non, merci ! Quelques mois après avoir été abandonnée au pied de l’autel, les relations amoureuses ne l’intéressaient plus. On ne l’y reprendrait pas de sitôt.

— Morbide, moi ? Jamais ! dit-il, sur le ton de la plaisanterie. Je suis juste bien organisé… Maintenant, je vais aussi pouvoir barrer de ma liste « avoir une discussion philosophique avec une inconnue ». C’est une très bonne journée.

Se moquait-il d’elle ? En tout cas, il ne manquait pas d’humour !

— Je m’appelle Pierce, enchaîna-t-il, tendant la main.

Elle la prit machinalement… et réprima de justesse un petit cri lorsqu’un courant électrique la parcourut de la tête aux pieds. Pour une réaction imprévisible, c’en était une !

Molly se serait emballée, mais Stacey avait davantage de bon sens. Elle savait que ce genre de « flashes », pour agréables qu’ils soient, ne voulaient rien dire.

— Moi, c’est Stacey, répliqua-t-elle d’un ton neutre.

— Enchanté ! Aimeriez-vous visiter la maison ? Nous avons changé pas mal de choses à l’intérieur.

« Nous » ? Etait-il marié ? Avait-il des enfants ? C’était probable puisqu’il avait acheté cette grande demeure.

Stacey hésita. Il avait beau être sympathique, elle ne le connaissait pas. Mieux valait se méfier.

— Plus tard, peut-être, répondit-elle poliment. En fait, j’étais venue voir les Edelstein, vos voisins.

Ayant toujours gardé le contact, elle était folle de joie à la perspective de retrouver Edna et Mike. Un bonheur néanmoins teinté d’inquiétude car, d’après son épouse, Mike était souffrant.

« Il est trop têtu pour aller consulter. Je me fais un souci monstre, lui avait dit Edna au téléphone, le matin même. Dès que tu seras là, je t’en prie, viens l’ausculter. Avec toi, il n’osera pas refuser. Il t’écoutera. »

Pierce hocha la tête.

— Cette Edna, quelle bavarde ! Hier, elle a passé une heure accoudée à la grille, pendant que je jardinais, à parler de tout et de rien. Je lui ai proposé plusieurs fois d’entrer, de venir prendre quelque chose, mais non. Elle était bien là, debout, à me faire la causette !

Pierce avait parlé d’un ton indulgent. Il semblait s’être pris d’amitié pour les Edelstein et Stacey ne pouvait que s’en réjouir.

— Apparemment, Edna n’a pas changé, dit-elle. Et Mike ? Comment va-t-il ?

Pierce se rembrunit.

— Alors là, c’est une autre histoire. Il n’est pas très en forme. Hier soir, Edna m’a demandé de passer chez eux car il avait des vertiges dès qu’il se mettait debout. Il était aussi en pleine crise d’asthme, sans doute à cause des pollens.

Stacey hocha la tête en soupirant. Loin de l’étonner, ces informations confirmaient ses craintes.

— Mike s’obstine à nier l’évidence, comme d’habitude, ajouta Pierce. Néanmoins, s’il ne se soigne pas correctement, il risque la pneumonie. Son état général se dégrade.

— Vous avez l’air soucieux… Et plutôt bien informé.

— Evidemment que je suis informé ! Sinon, je ne serais pas allé lui faire cette visite de courtoisie. Remarquez, cela n’a pas servi à grand-chose. Il a refusé que je l’ausculte.

— Vous… êtes médecin ?

— Oui, je suis généraliste. Sans poste fixe actuellement. Je fais des vacations aux urgences de l’hôpital. J’avais besoin de temps libre pour aménager la maison.

— Ah, d’accord…, murmura-t-elle, de plus en plus étonnée. Dans ce cas, pourriez-vous m’en dire un peu plus au sujet de Mike ? Quels sont les signes cliniques ?

— Les signes cliniques ? répéta-t-il.

Cette fois, c’était son tour de paraître surpris. Puis son visage s’éclaira.

— Mais, bien sûr, vous devez être cette fille de médecin dont Edna m’a parlé ! La famille Wilton, c’est bien ça ?

— Tout à fait, répondit-elle en souriant.

— Edna ne jure que par votre père. D’après elle, il n’y avait que lui pour ramener Mike à la raison.

— C’est vrai. Ils étaient très proches, ces deux-là.

— « Etaient » ? N’ont-ils pas gardé contact ?

Stacey baissa les yeux, submergée par une tristesse incommensurable.

— Si, murmura-t-elle. Ils sont restés amis jusqu’au bout, mais… mon père et ma belle-mère… sont décédés dans un accident de voiture il y a dix-huit mois.

— Oh ! Stacey, je suis désolé !

La voix de Pierce, douce et compatissante, lui fit relever la tête. Il la regardait avec une telle gentillesse qu’elle sentit des larmes brûlantes lui piquer les yeux. Elle les refoula, se maudissant pour sa faiblesse.

On n’avait pas idée de raconter sa vie à un étranger ! Le fait de revoir la maison, de remuer tous ces souvenirs, avaient dû la rendre plus émotive que de coutume.

— C’est terrible, reprit Pierce d’un ton grave. Je suis bien placé pour le savoir. Il y a presque dix ans que mes parents sont décédés, mais ils me manquent toujours.

— Oui…, murmura-t-elle. C’est normal.

Elle eut l’impression qu’un fil invisible venait de les rapprocher. Même s’ils ne se connaissaient pas, ils avaient traversé la même épreuve. Cela créait des liens.

Mais quel lien au juste pensait-elle tisser avec cet homme ? Aucun, voyons ! Elle s’égarait !

Certes, elle était sensible à son regard plein de sympathie. Certes, elle le trouvait agréable et, depuis qu’il lui avait dit être médecin, il l’intriguait. Néanmoins, elle n’était pas venue à Newcastle pour se préoccuper d’un bel inconnu.

— Je suis désolé d’avoir réveillé des souvenirs pénibles, dit-il, rompant le silence. A la base, vous m’aviez posé une question sur Mike… Alors voilà, pour être franc, il m’inquiète. Son traitement contre l’asthme n’a pas l’air de bien fonctionner, et je suis certain qu’il minimise ses douleurs dans la poitrine. Comme Edna disait qu’il avait des vertiges, j’ai voulu regarder ses oreilles, mais il s’est énervé. Il a fait un raffut de tous les diables et m’a prié de « débarrasser le plancher » !

Stacey eut un petit rire attendri.

— Mike a toujours su donner de la voix. Mais, d’après Edna, il n’est plus le même ces temps-ci.

— Vous avez l’intention de l’examiner ?

— Absolument. Et il n’a pas intérêt à refuser, croyez-moi ! Sauf que… je ne vois pas leur voiture dehors.

— Edna est partie il y a environ un quart d’heure. Je crois qu’elle voulait faire des courses.

— Hmm… Je préfère attendre son retour pour affronter Mike.

— Maintenant que j’ai réussi le « test du voisinage », puis-je, de nouveau, vous proposer de visiter ma maison ? demanda Pierce, taquin.

Il se moquait d’elle, mais elle l’avait bien cherché ! Elle lui sourit.

— Vous pouvez. J’accepte avec plaisir.

Elle le suivit, envahie d’une soudaine excitation. La joie de retourner « chez elle » en était la cause, assurément. Cela n’avait rien à voir avec la perspective de passer un moment en tête à tête avec ce séduisant confrère…

— Où exercez-vous ? demanda Pierce, la précédant à l’intérieur.

— J’ai repris l’ancien cabinet de mon père, en ville.

— Celui qui se trouve en haut de la rue principale ?

— Exactement. Il y a seize ans, quand nous sommes partis, c’est le Dr Morcombe qui l’a racheté. Lorsque Edna m’a appris qu’il ne trouvait pas de successeur, j’ai sauté sur l’occasion. J’ai toujours voulu… Oh !

En parlant, ils avaient traversé le hall, et Stacey venait de recevoir un choc en arrivant sur le seuil de la salle à manger.

— Votre télévision est à la même place que la nôtre, à l’époque ! s’exclama-t-elle. Mes sœurs et moi avions le droit de la regarder pendant une demi-heure, après nos devoirs. Ensuite, nous nous installions dans la bow-window, là-bas. C’était notre coin secret. On s’y racontait nos petites histoires. Cora et moi, nous lisions. Molly, elle, ne tenait pas en place… Elle est toujours aussi énergique, d’ailleurs !

— Quel âge ont vos sœurs ? demanda Pierce, l’air amusé. Vous semblez très proches.

Les commentaires (1)
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ratoky

merci bcp pour cette histoire, je l`adore vraiment, et grand merci a cette site youscribe.com, merci merci 1000 fois

vendredi 16 janvier 2015 - 10:13

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