Le choix du coeur - Les flammes du passé (Harlequin Passions)

De
Publié par

Le choix du cœur, Barbara McCauley

Lorsqu'elle pénètre dans l'église, vêtue de sa somptueuse robe blanche, Claire s'efforce de dissimuler ses larmes derrière son voile de dentelle. Depuis que Jacob Carver lui a révélé qu'elle est une enfant adoptée, toutes ses certitudes ont volé en éclats, y compris les sentiments qu'elle croyait porter à son fiancé. Aussi, quand elle aperçoit Jacob parmi les invités et frissonne sous son regard intense, comprend-elle qu'elle a rendez-vous avec son destin...

Les flammes du passé, Shirley Rogers

Mary Beth leva les yeux vers Deke Me Call et retint un frisson. Comment pourrait-elle faire confiance à cet homme qui l'avait déjà trahie une première fois, deux ans plus tôt, quand elle s'était donnée à lui, persuadée que l'amour qu'elle éprouvait pour lui depuis si longtemps était réciproque, et qu'il avait disparu au petit matin, sans un mot ? Pourtant, avait-elle vraiment le choix ? Car accepter l'aide de Deke Me Call était peut-être sa seule chance de sauver son haras, qui était tout ce qui lui restait de son père...

Publié le : jeudi 1 mars 2007
Lecture(s) : 4
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280261067
Nombre de pages : 480
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
- 1 -
— Claire, enfin ! Comment veux-tu qu’Evelyn y arrive si tu n’arrêtes pas de gigoter ? s’exclama Josephine Dupre-Beauchamp en consultant sa montre en or avant de soupirer et de regarder sa fille avec impatience. Maintenant, ma chérie, redresse-toi et relève le menton, pour l’amour du ciel ! Le mariage n’est que dans trois jours et ta robe doit être parfaite.
Josephine, une magnifique brune à la silhouette élancée, était elle-même l’image de la perfection. Selon certains, sa fille était son portrait — même si elle mesurait dix centimètres de plus que sa mère et avait les yeux bleus. « Elle tient cela de nos ancêtres français », répétait Josephine à ceux qui remarquaient la couleur exceptionnelle des yeux de Claire.
Pendant que sa mère tournait autour d’elle, Claire rentra le ventre, serra les dents pour ne pas crier quand les aiguilles de la couturière lui piquèrent la taille et le buste, redressa les épaules et releva le menton.
Elle ne pouvait plus respirer ni bouger et ressentait une démangeaison persistante au milieu du dos.
Trois jours.
Comme si elle avait besoin que sa mère — ou quiconque, d’ailleurs — lui rappelle qu’elle se mariait dans trois jours.
Ou pour être plus précise : soixante-dix-huit heures, quarante-deux minutes et… et trente-sept secondes, conclut-elle intérieurement en regardant l’horloge de la boutique de robes de mariée.
La gorge nouée, elle avala sa salive avec difficulté. Les trois miroirs devant elle lui renvoyaient le reflet en triple exemplaire d’une jeune femme vêtue de satin blanc et de dentelle italienne qui la regardait dans les yeux. Ce qui était étrange, songea-t-elle, c’était que cette jeune femme ne lui ressemblait en rien.
Elle n’avait pas l’impression que c’était elle.
— Elle a perdu du poids, annonça Evelyn Goodmyer, la couturière la plus à la mode et la plus demandée de toute la Caroline-du-Sud en pinçant la couture sous le bras de Claire et en fronçant les sourcils. Elle faisait un trente-huit parfait il y a quatre semaines quand j’ai pris ses mesures, et un 90 B de tour de poitrine. Comment voulez-vous que je…
— Oh, mon Dieu ! Jo ! s’exclama Victoria Hollingsworth en faisant irruption dans la salle d’essayage en brandissant un journal. Regarde ça !
Distraite un instant par son triple reflet dans les miroirs, Victoria s’interrompit le temps de remettre une de ses courtes boucles rousses derrière son oreille et de lisser de la main son pantalon de soie sauvage écru.
— , fit Josephine en croisant les bras et en haussant un sourcil agacé.Vickie
Victoria se détourna du miroir, ouvrit le journal et le fourra sous le nez de Josephine.
— C’est le Charleston Times de ce matin, annonça-t-elle avec un sourire radieux. Le carnet mondain. Page centrale.
Victoria avait été la camarade de chambre de Josephine à l’université de Vassar. C’était également la marraine de Claire. Et, songea cette dernière en jetant un autre coup d’œil à l’horloge, dans soixante-dix-huit heures, trente-neuf minutes et vingt-cinq secondes, Victoria serait en outre sa belle-mère.
Elle tourna légèrement la tête pour apercevoir le journal, sans succès. Victoria le récupéra aussi vite qu’elle l’avait tendu et se mit à lire :
— « Oliver Hollingsworth et sa fiancée, Claire Beauchamp, photographiés la semaine dernière alors qu’ils assistaient à un bal de charité destiné à recueillir des fonds pour l’hôpital pour enfants St Evastine, vont se marier samedi à la cathédrale Chilton. »
Josephine chassa d’un revers de main une peluche imaginaire de sa veste de lin beige.
— C’est tout ? demanda-t-elle.
— Bien sûr que non, que tu es bête ! répliqua Victoria. « Mlle Beauchamp, poursuivit-elle après s’être raclé la gorge, vingt-cinq ans, est la fille de l’armateur Charles Beauchamp et de son épouse, Josephine Dupre-Beauchamp, qui habitent Rolling Estates, à Hillgrove. Elle est diplômée avec mention de l’université de Radcliffe. Oliver, vingt-six ans, est le fils de Nevin et Victoria Hollingsworth qui habitent également Rolling Estates. Il a récemment obtenu un mastère de gestion à Harvard après avoir été diplômé de Princeton. Il est actuellement expert-comptable au cabinet Hollingsworth et associés, à Blossomville ».
Les yeux de Victoria s’emplirent de larmes et sa voix s’étrangla.
— Mon petit garçon est devenu un homme, Jo. Et Claire, notre belle Claire chérie…
Victoria et Josephine la regardèrent en soupirant.
Arrêtez ! avait-elle envie de hurler. Arrêtez, arrêtez, arrêtez ! Depuis quelques semaines, sa mère et sa marraine avaient la larme à l’œil pour un oui ou pour un non.
Lorsque Evelyn enfonça une autre épingle dans le corsage garni de perles de sa robe de mariée et lui piqua la peau, elle sentit ses yeux la brûler à son tour.
— Tu n’as pas honte, Vicky ? Tu la fais pleurer elle aussi !
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.