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Le défi de Noël - Un coeur à reconquérir

De
384 pages
Le défi de Noël, Andrea Laurence
 
Les mariées de Nashville TOME 4
 
Associées, amies pour la vie, organisatrices de mariage... et débutantes en amour.
 
Rien n’effraie Natalie en matière d’organisation de mariage. C’est son métier, et elle y excelle ! Mais cette fois-ci tout est différent : sa vieille amie de lycée, Lily, lui a demandé de préparer son mariage en urgence pour les fêtes de Noël, qui tombent dans un mois seulement... Pire encore, elle devra s’associer avec le frère de Lily, Colin, pour s’assurer que tout sera prêt dans les temps. Colin, dont elle était secrètement amoureuse à l’adolescence. Ce seul nom suffit à éveiller en elle des sentiments inavoués. A tel point qu’elle se demande si elle parviendra à ne pas succomber à la pression…
 
Un cœur à reconquérir, Michelle Major
 
Natalie est bouleversée par la générosité de Ruth. Sans l’aide de la vieille dame, elle n’aurait jamais pu offrir à son fils le confort et la sécurité dont tous les jeunes enfants ont besoin. Malheureusement, la situation prend un tournant amer lorsque Liam Donovan, l’homme qu’elle a aimé autrefois, revient à Crimson. Liam est convaincu qu’elle profite du grand âge de Ruth pour lui dérober son argent. Mensonge ! Furieuse, Natalie est bien décidée à le remettre à sa place. Mais elle ignore si elle saura rester de marbre face à Liam, le seul homme qu’elle ait jamais aimé…
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Couverture : ANDREA LAURENCE, Le défi de Noël, Harlequin
Page de titre : ANDREA LAURENCE, Le défi de Noël, Harlequin

Prologue

Natalie n’en revenait pas. Que de changements s’étaient produits, en quatorze ans !

A cette époque, elle était inséparable de Lily, sa meilleure amie, et fantasmait sur le frère aîné de cette dernière, le charmant Colin. Mais est-on sérieux quand on a quinze ans ?

Et voici qu’aujourd’hui Lily était sur le point de se marier ! Ses fiançailles se tenaient en ce moment même sur l’imposante propriété de Colin.

Pas de doute, celui-ci avait fait du chemin…

Il avait quitté l’adolescence pour faire de brillantes études à l’université. A la mort subite de leurs parents, il était devenu le tuteur de sa jeune sœur et avait pris du même coup la tête de l’entreprise familiale. A partir de là, il avait été plus inaccessible que jamais.

A vrai dire, ces dernières années, Natalie n’avait pas beaucoup fréquenté Lily. Elle s’était inscrite à l’université du Tennessee tandis que son amie s’était laissé porter par la vie, tout simplement. Elles avaient échangé des e-mails de temps à autre, étaient devenues « amies » sur Facebook, mais n’avaient pas discuté depuis fort longtemps.

Elle avait donc été d’autant plus surprise que Lily l’appelle pour lui demander une petite faveur — celle de lui organiser un mariage éclair, juste avant Noël !

On était alors début novembre. D’habitude, les réservations s’effectuaient généralement quatorze mois à l’avance auprès de From This Moment, l’agence de mariage qu’elle détenait avec ses trois associées et amies. Mais, comme les vacances de fin d’année approchaient, elle avait accepté, en souvenir de la vieille amitié qui la liait à Lily et en accord avec ses consœurs, d’organiser un mariage de dernière minute. L’agence serait ensuite fermée pour les fêtes, ce qui permettrait à tout le monde de se reposer.

Le lendemain de cette décision, Natalie avait reçu une invitation aux fiançailles. Et désormais, vêtue d’une robe de cocktail, elle tournait en rond dans l’immense demeure de Colin remplie de gens qu’elle n’avait jamais rencontrés.

Enfin, ce n’était pas tout à fait exact puisqu’elle connaissait la fiancée. Et quand elle avait croisé les grands yeux clairs de Lily, ces yeux qu’elle avait tant enviés dans son adolescence, elle s’était rappelée qu’une autre de ses connaissances assistait à la réception…

— Natalie ?

Elle se retourna vivement en entendant cette voix familière. C’était Colin. Il se frayait un chemin parmi les convives pour arriver jusqu’à elle.

Comme il avait changé ! Ce n’était plus le garçon de sa jeunesse, mais un homme aux épaules larges, au teint bronzé et aux yeux rieurs. Et il était superbe dans son costume qui semblait hors de prix !

— Oui, c’est bien toi, ajouta-t-il avec un beau sourire avant de la prendre dans ses bras.

Au prix d’un effort surhumain, Natalie s’efforça de se ressaisir. Rien n’avait changé, en somme : Colin avait toujours adoré serrer ses amis contre lui. Plus jeune, elle avait à la fois attendu et redouté ces étreintes car, chaque fois, elle sentait un frisson parcourir tout son corps. Elle n’avait alors qu’une peur : qu’il la démasque.

Pourtant, comme autrefois, par réflexe sans doute, Natalie ferma les yeux et huma à pleins poumons l’odeur enivrante de Colin. Elle était même encore plus troublante qu’avant…

— Comment vas-tu ? parvint-elle à demander lorsqu’il s’écarta d’elle.

Elle avait l’impression que ses joues la brûlaient. Seigneur, pourvu que Colin ne le remarque pas trop !

— Très bien ! répondit aussitôt celui-ci. Et plus que jamais pris par mon métier de paysagiste.

— Ah oui, c’est vrai ! Tu gères toujours l’entreprise de ton père, c’est bien ça ?

Il hocha la tête, et une ombre de tristesse sembla passer dans ses yeux.

Bien joué, Nat, tu lui rappelles d’emblée le décès de ses parents !

— Je suis heureux que ton agence ait pu finalement s’occuper du mariage de Lily, reprit-il. Elle tenait absolument à ce que tu t’en charges.

— Elle a raison, notre agence est la meilleure.

Sans exagérer, From This Moment offrait le nec plus ultra sur le marché en termes d’organisation de mariage : l’agence prenait la cérémonie en charge de A à Z. Il y avait même une chapelle dans les locaux !

— C’est parfait, car je veux justement le meilleur pour Lily, s’exclama alors Colin. Soit dit en passant, tu es merveilleuse, Natalie. Je ne connaissais pas l’adulte que tu étais devenue.

Au même instant, Natalie vit Colin jeter un regard manifestement approbateur à sa robe moulante bleue que son amie Amelia l’avait quasiment forcée à porter. Heureusement qu’elle avait écouté ses précieux conseils !

Elle lança alors un coup d’œil furtif vers la main de Colin… pour constater qu’il ne portait pas d’alliance. Tiens, n’avait-elle pas entendu dire qu’il était marié ? Ça n’avait sans doute pas marché avec son épouse. Du coup, voilà qui ouvrait pour cette soirée des perspectives fort intéressantes…

— J’aurai bientôt trente ans, enchaîna-t-elle, je ne suis donc plus une adolescente.

Il releva alors le regard pour croiser le sien.

— Heureusement ! Sans quoi, je me ferais l’effet d’un vieux dégoûtant, dit-il d’une voix légèrement troublée.

Natalie haussa les sourcils. Une minute… Colin, le fantasme inaccessible de son adolescence, était-il à portée de main ? Peut-être l’heure était-elle venue de franchir le pas que sa timidité l’avait retenue de faire, plus jeune… Allez, courage

— Tu sais, déclara-t-elle alors, je te dois un aveu.

Tout en se penchant vers lui, Natalie ajouta, une main posée sur son épaule :

— J’étais folle de toi, quand nous étions plus jeunes.

Un grand sourire éclaira soudain le visage de Colin.

— C’est vrai ?

— Absolument !

Et c’était la pure vérité. D’ailleurs, cela ne lui aurait pas déplu de réaliser, le temps d’une nuit, ce vieux fantasme. Loin de là !

— D’ailleurs, enchaîna-t-elle, la réception semble sur le point de se terminer. Tu ne voudrais pas qu’on aille boire un verre quelque part, après, pour discuter et rattraper le temps perdu ?

Natalie avait prononcé ces paroles d’un ton dégagé, mais elle se sentait tendue comme jamais. Elle vit soudain Colin déglutir avec difficulté. Sans doute réfléchissait-il à la proposition qu’elle venait de lui faire. C’était osé de sa part, certes, mais l’occasion de vivre un grand moment de passion avec Colin Russell ne se représenterait peut-être jamais.

Hélas, elle l’entendit alors répondre :

— J’adorerais rattraper le temps perdu, Natalie, mais malheureusement je ne peux pas.

Natalie faillit reculer d’un pas. Cette réponse avait douché d’un coup tous ses espoirs. Aussitôt, elle vida d’un coup son verre de vin puis hocha la tête en s’efforçant de masquer sa déception. Bon sang, Colin venait de la renvoyer à ses seize ans, lorsqu’elle était incapable de susciter son intérêt !

— Dommage ! On se revoit bientôt, finit-elle par dire presque froidement.

Pas question de lui montrer qu’elle était affectée.

Là-dessus, un sourire narquois aux lèvres, Natalie tourna les talons et se fondit dans la foule… pour foncer droit vers la sortie.

Autant éviter une nouvelle situation gênante.

- 1 -

Même avec des personnes qualifiées aux commandes, organiser un mariage convenable en un mois relevait du défi. Certaines affaires requéraient du temps, comme l’impression des invitations, la livraison de la robe de mariée, la coordination entre les différents fournisseurs… Encore heureux que From This Moment était rompu à cet exercice !

Natalie put ainsi lancer à ses associées lors de leur traditionnelle réunion du lundi :

— Merci à vous d’avoir accepté ce mariage de dernière minute. Je sais que vous auriez toutes préféré avoir un peu de temps pour préparer les fêtes de Noël.

— Ce n’est pas grave, affirma Bree Harper, la photographe de l’agence. Ian et moi, nous ne partons pour Aspen qu’au moment de la deuxième semaine des vacances.

— Et moi ça m’occupera jusqu’à ce que Julian rentre de Hollywood, précisa Gretchen McAlister. Nous allons passer les fêtes à Louisville, chez sa famille. Du coup, ça m’évitera de penser à ce voyage.

— Pourquoi es-tu inquiète, Gretchen ? Tu as déjà rencontré sa famille, objecta Amelia.

— Exact, mais entre-temps je suis devenue la fiancée de Julian, répondit-elle en regardant d’un air rêveur la bague qu’il lui avait offerte la semaine précédente.

Natalie retint un soupir. Inutile de s’appesantir sur le fait que toutes ses amies étaient à présent en couple et pas elle : Gretchen et Bree étaient en effet fiancées tandis qu’Amelia était mariée et enceinte. Il fut un temps où elles s’apitoyaient toutes sur leur sort de célibataires. Mais désormais elle était la seule chaque soir à la maison. En réalité, cela ne la dérangeait pas du tout et c’était d’ailleurs ainsi qu’elle envisageait le reste de son existence. Seulement, tout avait si vite changé autour d’elle qu’elle en était encore tout étourdie ! L’année qui venait de s’écouler avait vu souffler un tourbillon de romances sur les dames de From This Moment.

Or Natalie avait beau organiser des mariages, elle ne croyait absolument pas en cette institution. Et, si elle s’était lancée dans le domaine, c’était tout d’abord à la demande de ses amies — et aussi parce que l’activité était lucrative. En dépit des statistiques, de nombreuses personnes paraissaient ravies de sauter le pas, de dépenser des milliers de dollars pour la cérémonie… et d’en donner davantage encore à leurs avocats après un certain temps de vie commune.

Elle retint un soupir. Tous les couples qui franchissaient la porte de l’agence n’étaient-ils pas condamnés à l’échec ? Par conséquent, le moindre service à leur rendre était de leur organiser une journée mémorable. Après quoi, tout risquait fort de voler en éclats.

— Les invitations numériques seront prêtes ce matin, déclara alors Gretchen. Est-ce que tu as la liste des adresses e-mail des invités pour que je les envoie ?

Natalie faillit sursauter. Cette question avait eu le mérite de la ramener à la réalité, et elle regarda alors son inséparable tablette.

— Oui, je l’ai.

Normalement, les invitations par e-mail étaient exclues. Seulement, dans le cas qui les occupait, il n’était pas possible de concevoir des cartons, les imprimer, les envoyer et attendre les réponses en l’espace d’un mois. Il fallait donc procéder autrement.

— Tu nous as dit que le thème était un pays des merveilles hivernal, n’est-ce pas ? demanda Amelia.

— C’est ce que Lily a suggéré, mais elle est restée un peu vague, expliqua Natalie. J’ai rendez-vous avec elle cet après-midi, nous allons donc préciser les différents points. Bree, tu feras les photos des mariés vendredi matin, n’est-ce pas ?

— Exact, répondit celle-ci. Ils veulent que la séance se passe en ville, dans le magasin de motos du marié.

A vrai dire, Natalie avait été fort surprise en découvrant le futur mari de Lily. Frankie était en effet concessionnaire de motos ; il portait des chemises à carreaux, une barbe touffue et des tatouages. Bref, c’était un vrai « hipster » qui ressemblait davantage à un motard élevé par des bûcherons qu’à un homme d’affaires en pleine réussite. Ce n’était définitivement pas le genre d’homme qu’elle aurait imaginé pour son amie. D’ailleurs, Colin n’aurait pas pensé spontanément à un partenaire comme lui pour sa sœur, c’était une certitude.

Cela dit, Frankie semblait plutôt sympathique. En dépit de son look assez particulier, il était clair que Lily et lui s’entendaient très bien ! La preuve : lors de la cérémonie de fiançailles, ils avaient été tout le temps collés l’un à l’autre.

— Bon, reprit Bree, si nous nous sommes tout dit pour ce matin, je file au labo développer les photos du mariage de samedi dernier.

Natalie regarda sa liste des points à aborder.

— Effectivement, nous avons fait le tour des questions, affirma-t-elle.

Bree et Amelia se levèrent aussitôt et sortirent de la salle de réunion, mais Gretchen s’attarda autour de la table.

— Qu’est-ce que tu as ? finit par demander celle-ci. Tu as l’air distraite et encore plus grognon que d’habitude.

Natalie haussa les sourcils. Comme c’était sympathique de se l’entendre dire ! Certes, elle n’était pas particulièrement détendue à cette période de l’année, mais ce n’était pas une raison pour qu’on le lui rappelle.

— Je n’ai rien ! se défendit-elle vivement.

Gretchen croisa les bras, l’air bien décidé à insister. Pas de doute : elle n’allait pas lâcher l’affaire tant qu’elle n’aurait pas obtenu une réponse.

— Noël arrive, marmonna alors Natalie.

Cela suffisait à expliquer son humeur, non ?

— Arrête un peu, on dirait un personnage de Game of Thrones  ! rétorqua Gretchen. Bien sûr que Noël arrive, nous sommes bientôt en décembre, ma chérie, ce sont les vacances les plus prévisibles qui soient.

Natalie reposa sa tablette et fronça les sourcils. Seigneur… Tous les ans, les fêtes de fin d’année s’apparentaient à une épreuve pour elle. Normalement, elle partait en voyage pour y échapper. Seulement, à cause de ce mariage de dernière minute, elle n’aurait pas le temps de s’absenter, cette fois. Résultat : elle devrait rester cloîtrée chez elle. Hors de question qu’elle passe les fêtes en famille. Depuis qu’elle avait appelé le troisième mari de sa mère par le prénom du deuxième et que sa bourde avait jeté un froid pendant tout le dîner, elle fuyait plus que jamais ce genre de réunions.

Natalie s’adossa alors à son siège et poussa un soupir.

— Cette année, Noël m’est encore plus insupportable que d’habitude, déclara-t-elle.

Impossible de dire pourquoi, d’ailleurs. Peut-être que le fait que ses meilleures amies soient toutes amoureuses et heureuses renforçait le sentiment de malaise qu’elle éprouvait toujours à cette période de l’année.

— Tu ne pars pas en voyage ? demanda Gretchen.

— Non, je reste à la maison. Je voulais aller à Buenos Aires, mais je n’aurai pas le temps avec le mariage de Lily programmé à la dernière minute. Je devrai faire la compta pendant les vacances.

— Quoi ? Tu ne vas quand même pas travailler à Noël ? se révolta Gretchen. Personne ne te demande de faire la fête, mais tu dois absolument te reposer. Tu travailles bien trop !

Natalie haussa les épaules. Pour tout dire, elle préférait le travail à l’oisiveté. Elle n’avait pas un foyer à gérer en rentrant chez elle. Du coup, elle n’avait pas à préparer à manger pour trois ou quatre personnes ou à faire des lessives toutes les cinq minutes. Et puis elle aimait son métier.

— Je ne reste jamais jusqu’à minuit à l’agence, contrairement à toi ou Amelia, fit-elle remarquer.

— Encore heureux, vu toutes les heures que tu fais ! Tu ne voudrais pas t’envoler pour une île tropicale où tu te divertirais dans les bras d’un bel inconnu ?

— Désolée, mais un homme n’est pas la solution à mes problèmes. Au contraire, cela ne ferait que les renforcer.

— Je ne te parle pas d’amour ni de mariage ! s’exclama Gretchen. Juste de prendre du bon temps avec un homme. Ça ne fait jamais de mal, tu sais.

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4eme couverture