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Le désir du cheikh

De
160 pages
Secrets d'Orient
 
Au cœur du désert naissent les histoires d'amour les plus brûlantes
 
Il a juré de se venger d'elle. Elle s'est promis de lui résister. Sous le regard perçant d'Arkim al-Sahid, chargé de haine tout autant que de désir, Sylvie frémit. Les deux semaines qu'elle doit passer à Al-Hibiz, dans le palais du cheikh, pourraient bien la conduire à sa perte. Car alors qu’elle ne devrait songer qu’à fuir ce désert où elle est retenue captive, elle perd le contrôle de ses émotions. Mais aussi – et surtout – de son corps, qui brûle de désir pour son ennemi…

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Couverture : Abby Green, Le désir du cheikh, Harlequin
Page de titre : Abby Green, Le désir du cheikh, Harlequin

Prologue

Le prêtre tressaillit en avisant la silhouette qui remontait l’allée, mais continua néanmoins la messe.

Entièrement vêtu d’une combinaison de cuir noir, l’inconnu s’arrêta à quelques mètres du couple, et ôta le casque de motard dissimulant son visage.

Une cascade de cheveux roux retomba sur les épaules d’une magnifique jeune femme.

Elle glissa le casque sous son bras comme le prêtre prononçait la formule d’usage :

— Si quelqu’un s’oppose à l’union de cette femme et de cet homme, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.

La mystérieuse beauté releva la tête d’un geste déterminé.

— Je m’y oppose, déclara-t-elle d’une voix forte qui résonna dans l’église. Cet homme a passé la nuit dernière avec moi.

1.

Six mois plus tôt…

Sylvie Devereux inspira profondément pour se donner du courage. En vain. La perspective d’une énième dispute avec son père et sa belle-mère suffit presque à lui faire tourner les talons. Presque. Car si elle se trouvait ici, c’était pour Sophie. Pour sa demi-sœur, elle était prête à tous les sacrifices… Y compris à assister à la fête donnée par les Lewis.

Chaque été, le gratin londonien se donnait rendez-vous à la réception organisée par son père, et présidée par sa belle-mère, Catherine Lewis.

Depuis le perron de l’imposante demeure familiale lui parvenaient les accords de jazz joués par l’orchestre. Elle pouvait également apercevoir le toit de la grande tente installée dans le jardin pour l’occasion.

Sylvie s’apprêtait à sonner quand la porte s’ouvrit sur une petite blonde qui lui sauta dans les bras. Laissant tomber son sac, elle enlaça sa sœur en éclatant de rire.

— Dois-je en conclure que tu es contente de me voir, Soph ?

— Tu n’as pas idée, répondit cette dernière avec un sourire. C’est encore pire que d’habitude. Maman me jette littéralement dans les bras de tous les célibataires présents. Quant à papa, ajouta-t-elle avec un soupir, il s’est enfermé dans son bureau avec un cheikh qui vient de je ne sais où. C’est l’homme le plus sérieux et le plus sombre que j’aie rencontré. Ce qui est dommage, car il est très séduisant et…

— Te voilà enfin, Sophie, les interrompit une voix féminine.

Catherine Lewis les rejoignit avec un sourire qui se transforma en grimace quand elle aperçut sa belle-fille.

— Ah, c’est toi, constata-t-elle froidement. Je ne pensais pas que tu viendrais.

Dis plutôt que tu espérais que je ne viendrais pas, manqua rétorquer Sylvie, mais elle réussit à se contenir.

Elle avait vingt-huit ans à présent. Vraiment, elle ne devait pas laisser les remarques perfides de sa belle-mère la blesser.

Se forçant à sourire, elle lui adressa un petit salut de la tête.

— Je suis contente de te voir, Catherine.

Sophie avait sans doute perçu son trouble, car elle lui serra doucement le bras comme pour lui insuffler du courage.

— Ton père s’entretient avec l’un de nos invités, l’informa Catherine en s’effaçant pour la laisser entrer. Il n’en a pas pour longtemps.

Elle fronça les sourcils en avisant sa tenue, et Sylvie ne put s’empêcher de jubiler. C’était exactement la réaction qu’elle espérait.

Malgré elle, elle se sentit pourtant gagner par la lassitude. Cette lutte constante était épuisante…

— À ce que je vois, tu as pris l’avion directement après l’un de tes… shows à Paris. Tu peux te changer dans la chambre de Sophie si tu veux.

À ces mots, la fatigue de Sylvie s’envola. Elle avait quitté son travail en jean et en T-shirt, mais s’était changée dans le train.

Posant une main sur ses hanches, elle prit une pose lascive.

— C’est un cadeau de l’un de mes admirateurs, chuchota-t-elle. Je l’ai choisie spécialement pour l’occasion. Je sais combien tu apprécies que tes invités se mettent sur leur trente et un.

C’était un mensonge, évidemment. La robe appartenait à sa colocataire, Giselle. Celle-ci aimait les tenues sexy et voyantes. L’effet était d’autant plus réussi que la poitrine de Sylvie était plus voluptueuse que celle de son amie.

Ce besoin de choquer était sans doute ridicule, mais c’était plus fort qu’elle. Elle ne pouvait pas s’en empêcher.

Un mouvement attira son attention, son père sortait de son bureau. À ses côtés se tenait l’homme le plus fascinant qu’elle ait rencontré.

L’inconnu était grand, et doté de larges épaules. Son visage aux traits rudes était incroyablement séduisant, et il émanait de lui une aura de sensualité et de virilité qui lui coupa le souffle.

Il portait un costume noir et une chemise blanche qui offrait un contraste saisissant avec sa peau hâlée. Sa chevelure ébène, et ses yeux sombres lui donnaient un air sauvage qui la fit frissonner.

La voix de son père la tira brusquement de sa rêverie.

— Ah, Sylvie, je suis heureux que tu sois venue.

Comme elle s’y attendait, il l’observait avec un mélange de chagrin, de déception et d’inquiétude.

— Papa, je suis contente de te voir, dit-elle avec un sourire forcé.

Sa façon de lui donner un baiser léger sans même la serrer dans ses bras la blessa, mais elle n’en laissa rien paraître. Il ne fallait surtout pas lui montrer à quel point sa froideur l’attristait.

— Et qui est ton ami ? demanda-t-elle d’une voix enjôleuse en souriant effrontément à l’inconnu.

Son père sembla gêné, mais il répondit néanmoins.

— Je te présente Arkim al-Sahid. Nous discutions d’un projet commun.

Ce nom lui dit vaguement quelque chose, mais impossible de se souvenir de l’endroit où elle l’avait entendu.

— Je suis ravie de vous rencontrer, déclara-t-elle en lui tendant la main. J’ai toujours trouvé ce genre de discussions assommantes, ajouta-t-elle en plongeant ses yeux dans les siens. Vous n’êtes pas de mon avis ?

Son père lui adressa un regard de reproche, mais elle l’ignora comme elle ignora l’éclat de rire étranglé de Sophie. Seul comptait l’homme qui se tenait devant elle.

Après ce qui lui sembla une éternité, il prit sa main dans la sienne, et la respiration de Sylvie se bloqua dans sa poitrine. Une vague de chaleur se répandit en elle, tandis que ses jambes se mettaient à trembler.

Soudain, elle n’eut plus qu’une envie : se jeter dans ses bras et l’embrasser. En même temps, son instinct lui hurlait de prendre la fuite, mais elle en était incapable. Son corps ne lui obéissait plus. Mais que lui arrivait-il ?

Il la relâcha alors, et elle manqua perdre l’équilibre.

— C’est un plaisir, affirma-t-il d’un ton froid et dur.

Sylvie se sentit aussitôt ridicule. Sa robe dorée était bien trop courte. Quant à sa veste légère, elle n’arrivait pas à cacher sa poitrine voluptueuse. Même sa chevelure lui sembla soudain trop voyante.

Elle gagnait sa vie en dévoilant son corps, mais elle ne s’était jamais sentie aussi mal à l’aise qu’en cet instant. En quelques secondes, un parfait étranger avait réussi à fissurer la carapace qu’elle avait mis des années à construire.

Déstabilisée par les émotions qui se bousculaient en elle, elle s’écarta. Heureusement, Sophie en profita pour venir à son secours.

— Viens, papa, lança-t-elle d’un ton enjoué, tes invités doivent se demander où tu es.

Elle entraîna ses parents avec elle, et l’inconnu leur emboîta le pas sans un regard en arrière.

Sylvie mit plusieurs minutes pour retrouver son calme, et lorsqu’elle rejoignit les autres invités, elle s’efforça de rester près de sa sœur et loin de l’ami de son père.

* * *

Quelques heures plus tard, Sylvie regrettait d’être venue. Son père la surveillait en permanence d’un air inquiet. Quant à sa belle-mère, elle lui adressait des regards de reproche dès qu’elle en avait l’occasion.

Épuisée, elle se réfugia au bord de la rivière au fond du jardin. Enlevant ses chaussures, elle se coucha dans l’herbe avant de glisser ses pieds dans l’eau.

Comme elle observait la pleine lune, elle avisa soudain qu’elle n’était pas seule. Une silhouette sombre se déplaçait sous les arbres.

— Qui est là ? demanda-t-elle en se redressant, le cœur battant.

— Vous le savez très bien, rétorqua une voix masculine.

Sylvie manqua aussitôt défaillir. Ce n’était pas uniquement pour échapper à ses parents ou à leurs invités qu’elle s’était installée ici. C’était également pour comprendre pourquoi sa rencontre avec Arkim al-Sahid l’avait troublée à ce point. Et il était là…

Elle se leva d’un bond, et remit ses chaussures. Malheureusement, son talon s’enfonça dans l’herbe, et elle tituba.

— Qu’est-ce que vous avez bu ? demanda-t-il d’un ton dégoûté.

Sa question la mit en colère. Comment osait-il ?

— Toute une bouteille de champagne, répondit-elle sèchement. C’est la réponse que vous attendiez, n’est-ce pas ?

C’était un mensonge, évidemment. Elle n’avait pas bu une goutte d’alcool, car elle était sous antibiotiques, mais il était hors de question de lui donner des détails sur sa vie privée.

— Je suis venue ici parce que j’avais envie d’être seule, reprit-elle. Je vais donc vous laisser en compagnie de vos préjugés idiots et sans fondement.

Sylvie s’élança d’un pas décidé, mais son talon s’enfonça de nouveau dans l’herbe, la faisant trébucher. Elle poussa un cri, et serait tombée s’il ne l’avait pas rattrapée. Entraînée par son élan, elle se retrouva plaquée contre son torse musclé.

— Dites-moi, chuchota-t-elle, vous détestez tout le monde ou seulement moi ?

Elle ignorait pourquoi elle lui avait posé la question, mais elle avait envie, besoin même de le savoir.

— Je vous connais, déclara-t-il. Je vous ai vue sur des affiches partout dans Paris.

Sylvie fronça les sourcils. Ces photos la montraient dans des poses lascives et suggestives.

— C’était il y a un an, pour le lancement du nouveau spectacle.

Et ce n’était pas vraiment moi, faillit-elle ajouter.

Elle attendit qu’il réagisse, en vain. Il se contenta de la tenir contre lui. Pourquoi ne la repoussait-il pas ? De toute évidence, il désapprouvait sa conduite. Il faisait sans doute partie de ces puritains qui ne supportent pas qu’une femme se déshabille en public…

Elle devait impérativement mettre de la distance entre eux, mais elle en était incapable. C’était comme si ses forces l’avaient abandonnée.

— Vous n’avez plus rien à dire ? demanda-t-elle à la fois en colère contre lui de la juger ainsi et contre elle-même de ne pouvoir lui résister. Laissez-moi deviner, il vous a suffi d’un regard pour vous convaincre que vos craintes étaient justifiées.

Il baissa les yeux sur sa poitrine pressée contre son torse, et les joues de Sylvie s’embrasèrent.

— Il faut dire qu’il y a beaucoup à voir, dit-il d’une voix sensuelle. Mais pas autant que sur scène, ajouta-t-il en plongeant son regard dans le sien.

Ivre de rage, elle s’écarta pour le repousser avec force.

— Les gens comme vous me rendent malade. Vous n’hésitez pas à juger et à condamner les autres sans savoir de quoi vous parlez.

Elle frappa son torse, s’efforçant d’ignorer la fermeté de ses muscles.

— L’Amour est l’un des cabarets les plus réputés au monde, reprit-elle froidement. Nous sommes des danseuses de classe mondiale. Ce n’est pas un vulgaire club de strip-tease.

— Vous vous déshabillez sur scène, n’est-ce pas ? insista-t-il d’un air glacial.

— Eh bien…

En fait, elle ne se déshabillait jamais entièrement. Le metteur en scène réservait les numéros de nus aux danseuses à petite poitrine. C’était plus esthétique.

Il avait sans doute pris son hésitation pour un aveu, car il lui adressa un regard dégoûté.

— Je me moque éperdument que vous dansiez nue accrochée à un trapèze. Cette conversation est terminée.

Sylvie faillit lui expliquer qu’il la confondait avec Giselle, mais renonça. Ça ne servirait à rien.

Sans doute ravi de l’avoir mouchée, il s’éloigna rapidement, la laissant furieuse… et blessée. Pour une raison inconnue, elle ne supportait pas qu’il ait une si mauvaise image d’elle.

Incapable de se contenir plus longtemps, elle l’insulta copieusement, mais plaqua une main sur sa bouche quand il s’arrêta brutalement. Une fois de plus, son tempérament lui jouait des tours. Oh ! Pourquoi fallait-il qu’elle soit aussi impulsive ?