Le fiancé d'une autre (Harlequin Azur)

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Le fiancé d'une autre, Michelle Reid

Depuis leur rencontre, Lizzie fait tout pour combattre l'attirance qu'elle éprouve malgré elle pour le fiancé de sa meilleure amie, le beau et ténébreux Luciano de Santis. Comment pourrait-elle trahir Bianca, qui fut sa seule confidente au cours d'une enfance dénuée d'affection et de sécurité ? Mais alors qu'elle paraissait follement amoureuse, celle-ci s'enfuit avec le propre frère de Lizzie à quelques jours de la cérémonie ! D'abord décontenancée, et honteuse du rôle joué par son frère, Lizzie sent bientôt la panique la gagner quand Luciano exige froidement qu'elle prenne la place de Bianca devant l'autel...

Publié le : lundi 1 juin 2009
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280272087
Nombre de pages : 160
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1.

Le mariage de Bianca serait célébré d’ici une semaine. Ce soir, une réception aurait lieu pour les proches amis et les membres de la famille. Suite au cocktail, les invités iraient à la Scala écouter un opéra. Rien que cela ! Pourtant, Lizzie n’avait jamais eu aussi peu envie de s’amuser.

Dans sa luxueuse suite d’hôtel, elle s’apprêtait à enfiler une robe de haute couture dont le prix… Non, il ne valait mieux pas songer à sa valeur. Ainsi parée, elle irait parader à l’opéra tandis que chez elle, en Angleterre, la faillite de l’affaire familiale menaçait d’engloutir toutes leurs possessions.

Dans un premier temps, elle avait refusé de se rendre en Italie pour assister aux noces de sa meilleure amie. Mais son père avait insisté et Matthew, le frère de Lizzie, avait même fini par se mettre en colère.

— Ne sois pas stupide ! Tu veux que papa culpabilise encore plus ou quoi ? Il a déjà bien assez sur les bras avec cette banqueroute. Va au mariage comme prévu, et par la même occasion, transmets mes meilleurs vœux de bonheur à Bianca et à son millionnaire de mari. Elle a eu bien raison de le harponner, celui-là !

Lizzie se souvenait encore du ton plein de hargne que son frère avait employé. Une chose était sûre, Matthew ne pardonnerait jamais à Bianca d’être tombée amoureuse d’un autre homme que lui…

Suite à cette discussion, son père était revenu à la charge, tant et tant qu’elle avait fini par capituler. De guerre lasse, elle avait accepté de s’envoler pour Milan alors qu’elle n’avait qu’une envie : demeurer auprès de son père pour le soutenir dans l’épreuve qu’il traversait.

Voilà pourquoi elle allait maintenant devoir se pavaner dans cette robe scintillante !

Elle souffla sur une boucle de cheveux qui lui retombait sur le front, ajusta une bretelle, puis se tourna vers le miroir. Seigneur ! Elle aurait beau faire, rien n’empêcherait que cette toilette ultra moulante ne souligne chaque courbe de son corps d’une manière provocante. Et cette couleur argentée ne la mettait pas du tout en valeur. Elle lui donnait un teint trop pâle ! Pourquoi donc n’avait-elle pas une peau dorée et des cheveux bruns comme Bianca ? Et que ne possédait-elle sa silhouette menue et délicate…

En vingt-deux ans d’existence, ce n’était certes pas la première fois que Lizzie soupirait après une apparence qui ne lui convenait guère. Plutôt grande, elle avait des seins et des hanches épanouis, et une cascade de boucles auburn qui, quels que soient ses efforts, refusaient de se laisser discipliner par le peigne ou les barrettes. Quant à sa peau laiteuse, la robe de soie gris argent la faisait paraître plus claire encore qu’à l’accoutumée.

« On dirait un fantôme », soupira-t-elle intérieurement.

De fait, la robe appartenait à Bianca qui l’avait portée deux mois plus tôt, lors de sa fête de fiançailles. Et sur elle, la toilette avait rendu un tout autre effet. En un mot, elle était fabuleuse. Ce qui n’avait pas empêché Bianca, la veille, de la jeter dans les mains de Lizzie d’un air dégoûté :

— Tiens, prends-la. Je ne sais pas pourquoi je l’ai achetée, je déteste cette couleur. Et puis, elle est trop longue et je n’ai pas assez de poitrine pour remplir le décolleté.

Lizzie n’avait pas ce genre de problème. Ses seins, heureusement contenus par le corset baleiné, pigeonnaient audacieusement entre les pans du petit boléro à manches courtes assorti à la toilette. L’ensemble était néanmoins acceptable. D’ailleurs, quand on empruntait quelque chose, on ne pouvait pas se permettre d’être difficile, se dit-elle avec philosophie.

Quelques coups frappés à la porte de la chambre l’arrachèrent à ses pensées. La voix de la mère de Bianca retentit derrière le battant :

— Elizabeth, êtes-vous prête ? On ne peut pas se permettre d’arriver en retard à la Scala !

« Oh non, Dieu nous en préserve ! » ironisa Lizzie in petto, avant de répondre à voix haute :

— J’en ai pour un instant !

A l’opéra de Milan, les portes fermaient à l’heure dite, et l’on ne faisait aucune exception, pas même pour les membres les plus importants de cette société italienne huppée qu’elle côtoyait depuis une semaine.

Rapidement, elle enfila une paire d’escarpins argentés à hauts talons, avant d’appliquer un peu de gloss rosé sur ses lèvres. Elle avait refusé tout net d’utiliser le bâton de rouge carmin que Bianca avait voulu lui donner en même temps que la robe.

Un dernier coup d’œil au miroir lui rendit son sens de l’humour. Pour la première fois depuis des semaines, elle osa rire. Il ne manquerait plus que sa meilleure amie lui abandonne également la bague en diamant que son fiancé lui avait offerte, et adieu les soucis pécuniaires ! Le temps de passer au mont-de-piété, et toutes les dettes de la famille Hadley serait épongées en un clin d’œil.

Mais il ne fallait pas rêver, Bianca n’était pas généreuse à ce point. Pour autant, Lizzie ne lui en tenait nullement rigueur. Bianca Moreno était sa plus proche amie depuis le jour où toutes deux s’étaient retrouvées enfermées derrière les murs de ce pensionnat anglais aux règles très strictes, et où elles s’étaient senties tels des extraterrestres tombés de l’espace.

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