Le fugitif que j'aimais - De troublantes visions

De
Publié par

Le fugitif que j’aimais, Linda Winstead Jones

Nick Taggert est-il un assassin ? Pour Lynn, rien n’est moins sûr. Elle aurait pourtant toutes les raisons d’avoir peur de lui : Nick l’a prise en otage, alors qu’elle tournait un reportage sur son procès… Mais, sans qu’elle puisse s’expliquer pourquoi, son instinct lui crie que cet homme taciturne, mais aussi attentionné et extrêmement séduisant, est victime d’une erreur judiciaire. Alors quand il lui rend sa liberté, Lynn prend la décision la plus folle de sa vie : rester à ses côtés. Prouver l’innocence d’un coupable trop parfait. Et peut-être, même si elle hésite à se l’avouer, laisser parler son cœur en faveur de Nick qui l’attire irrésistiblement…

De troublantes visions, Gayle Wilson

Retrouver la petite Raine. Et vite. Ce sentiment d’urgence, l’agent Eden Reddick l’éprouve depuis la minute où on lui a confié l’enquête sur la disparition de la fillette, enlevée dans son sommeil quarante-huit heures plus tôt. Qui est l’ordure qui a osé s’en prendre à une enfant ? Et comment a-t-il fait pour ne laisser aucun indice derrière lui ? Révoltée mais démunie, Eden explore absolument toutes les pistes. Pourtant, quand un certain Jacob Underwood vient la trouver et prétend avoir des visions de la fillette kidnappée, elle hésite à le croire. Cherche-t-il seulement à attirer l’attention sur lui ? Détient-il réellement le pouvoir de l’aider ? Il se montre si convaincant qu’Eden sent le doute la gagner : s’il dit la vérité, commettra-t-elle une terrible erreur en ne l’écoutant pas ?
Publié le : jeudi 1 novembre 2012
Lecture(s) : 18
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280235457
Nombre de pages : 448
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
1
Lynn s’engagea dans l’escalier extérieur du palais de justice. Arrivée au milieu, elle s’arrêta, écarta de son visage une mèche de ses cheveux mi-longs et se retourna. — Je suis comment ? demanda-t-elle à son cameraman. Vêtu comme d’habitude d’un jean, d’un vieux T-shirt et d’une casquette de base-ball posée à l’envers sur son abondante chevelure rousse, Mark pencha la tête sur le côté et lui sourit. Il avait vingt-cinq ans, comme elle, mais en faisait à peine seize. Et comme il ne mesurait pas plus d’un mètre soixante-huit, la caméra qu’il portait sur l’épaule semblait deux fois trop grosse pour lui. — Tu es superbe, lui répondit-il. Ce n’était pas l’impression qu’elle avait, songea Lynn. La chaleur humide de cette journée d’août l’oppressait… La transpiration allait plaquer ses cheveux sur son crâne et faire couler son maquillage alors qu’elle avait absolument besoin de paraïtre à son avantage… Si elle avait eu plus de temps, en outre, c’était son tailleur bleu roi, et non le rouge, qu’elle aurait choisi, mais le coup de téléphone de la chaïne l’avait prise par surprise : elle avait eu moins d’un quart d’heure pour se maquiller et se changer. L’expérience lui avait heureuse-ment appris la réactivité et une évaluation rapide de ses priorités : sachant que seul son buste apparaïtrait à l’écran, elle ne s’était pas donné la peine de mettre un collant et
10
Le fugitif que j’aimais
de troquer ses mocassins contre les chaussures à talons hauts assorties à son tailleur. — Qu’est-ce que tu as fait manger à Astrid pour la rendre malade ? demanda Mark avec un sourire goguenard. — Rien, je te le jure ! Lynn serra plus fort son micro. Elle avait les mains moites, et ce n’était pas à cause de la chaleur, mais de la nervosité. Car jamais encore elle ne s’était vu conîer un reportage de cette importance. Astrid Stanton travaillait à Channel 43 depuis sept ans, et le procès de Nicholas Taggert était sonaffaire. Sans une gastro-entérite foudroyante — dont Lynn n’était en rien responsable —, c’était Astrid, avec ses grands yeux bleus, ses cheveux blonds et son sourire ravageur, qui serait là en ce moment. — Drôle d’histoire ! observa Mark. Taggert a assas-siné son voisin parce que ce type avait peint sa maison en vert pomme ? — Il y a forcément autre chose, déclara Lynn. Les gens ne tuent pas pour un motif aussi futile ! Du moins l’espérait-elle… La seule idée que le contraire soit possible était affreusement déprimante. Quoi qu’il en soit, l’absence d’Astrid pouvait marquer un tournant décisif dans sa carrière de journaliste. Elle en avait assez de présenter la météo le week-end, assez de faire des reportages bouche-trous sur la ressemblance entre les chiens et leurs propriétaires, ou sur le concours annuel de cerfs-volants organisé par une école du comté pour fêter l’arrivée du printemps. Elle avait choisi ce métier pour couvrir l’actualité, et l’occasion lui était aujourd’hui donnée de prouver sa valeur en traitant avec rigueur et professionnalisme un sujet qui intéressait vraiment les gens. Et ce procès en était un, même si tout le monde s’atten-dait à un verdict de culpabilité. Car bien que Taggert ait toujours clamé son innocence,
Le fugitif que j’aimais
11
la police avait réuni contre lui des preuves accablantes : des cheveux et du sang de la victime, ainsi que de la peinture verte, retrouvés sur un T-shirt appartenant à Taggert, des traces du même sang et de la même peinture découvertes dans sa cuisine, l’arme du crime — une batte de base-ball —, avec ses empreintes digitales dessus, cachée avec le T-shirt dans le collecteur d’eau de pluie le plus proche de son domicile… Et plusieurs personnes l’avaient entendu se disputer violemment avec Gary Winkler, la victime. Pendant le procès, Taggert n’en avait pas moins crié son innocence avec une belle force de conviction, et tout verdict conîé à un jury populaire était totalement imprévisible. Celui-ci allait décider d’acquitter Taggert ou de le renvoyer pour de longues années dans la prison où il venait déjà de passer dix mois… Elle était peut-être nerveuse, se dit Lynn, mais ce n’était sûrement rien comparé à ce que l’inculpé lui-même devait ressentir ! La porte automatique du palais de justice s’ouvrit soudain, et Kimberly Lane, la productrice de Lynn, surgit sur le perron. — Coupable ! annonça-t-elle, hors d’haleine. Sa quête du scoop lui ayant visiblement fait franchir en courant la distance entre la salle d’audience et l’extérieur, elle était trop essoufée pour en dire plus, mais c’était tout ce dont Lynn avait besoin dans un premier temps. Elle inspira à fond… et eut l’heureuse surprise de constater qu’elle n’avait plus les mains moites. « J’y arriverai ! C’est ce que je veux faire, et une telle occasion ne se représentera peut-être jamais. » Mark lui adressa un signe de tête. Elle redressa le buste et leva son micro. — Ici Lynn Sinclair, en direct du palais de justice de Huntsville, où le jury chargé de juger Nicholas Taggert
12
Le fugitif que j’aimais
vient de rendre un verdict de culpabilité. Il y a dix mois, cet entrepreneur a été mis en examen pour le meurtre de son voisin, Gary Winkler. M. Winkler… Un bruit inattendu, ressemblant à l’explosion d’un pétard, troubla sa concentration. Elle s’interrompit et tourna la tête vers l’entrée du bâtiment avant de reprendre : — Je crois qu’un coup de feu a été tiré. Des cris étouffés, puis une deuxième détonation, retentirent. Les yeux îxés sur la porte, Lynn gravit une marche. — Redescends ! grommela Mark. Elle lui jeta un coup d’œil pour s’assurer qu’il l’avait suivie, et enchaïna d’une voix posée : — Il se passe manifestement quelque chose à l’intérieur du palais de justice, mais sans que je puisse encore dire de quoi il s’agit. Un homme franchit alors la porte. C’était Nicholas Taggert, vêtu d’un élégant costume gris… et armé d’un pistolet. Lynn l’aurait immédiatement reconnu, car c’était un très bel homme, aux traits énergiques, aux yeux d’un bleu lumineux, aux cheveux noirs souples et brillants… Plus d’une femme, devant sa photo, avait regretté qu’il ait mal tourné… « Quel gâchis ! » s’était écriée Astrid Stanton elle-même à plusieurs reprises. — Redescends ! répéta Mark — sur un ton péremp-toire, cette fois. Lynn lui jeta un nouveau coup d’œil et vit qu’il avait braqué sa caméra sur Taggert. Alors, au lieu de lui obéir, elle gravit une autre marche dans l’espoir d’arriver à se rapprocher sufîsamment de l’assassin pour capter un mot de lui dans son micro. Il boitait de la jambe droite, remarqua-t-elle, et laissait une mince traïnée de sang dans son sillage tandis qu’il se dirigeait vers l’escalier.
Le fugitif que j’aimais
13
La porte du bâtiment se rouvrit, et plusieurs policiers la franchirent, arme au poing. C’était sûrement l’un d’eux qui avait blessé Taggert à la jambe, mais là, ils ne pouvaient pas tirer : il y avait trop de monde aux alentours. — Tu îlmes ? murmura Lynn après avoir écarté son micro de sa bouche. — Oui, répondit Mark. D’autres équipes de télévision couvraient l’événement, mais aucune n’était aussi près qu’eux du cœur de l’action, songea Lynn en souriant. La vidéo qu’ils allaient rapporter pour diffusion au journal du soir serait de loin la plus spectaculaire. Taggert s’était engagé dans l’escalier. Il était mainte-nant à quelques mètres seulement d’elle, et elle se rendit alors compte qu’il était beaucoup plus athlétique que ne le laissaient supposer les images de lui vues à la télé-vision et dans la presse : il devait mesurer au moins un mètre quatre-vingt-cinq, et sous un costume visiblement fait sur mesure se devinaient des épaules d’une largeur impressionnante ainsi que de longues jambes musclées. Le sourire de Lynn s’effaça et un frisson la parcourut. Pour être blessé, l’homme qui se dirigeait vers elle n’en était pas moins vigoureux — et armé. Le fait qu’il soit aux abois le rendait même spécialement dangereux. Elle décida donc de suivre le conseil de Mark, mais il était trop tard : Taggert l’avait rejointe. Il lui prit son micro et le jeta par terre, la saisit par la taille et la ît pivoter de cent quatre-vingts degrés. Elle était maintenant face aux policiers… et à leurs pistolets. La plaquant contre lui, Taggert commença à descendre les marches à reculons. — Arrêtez-vous et baissez vos armes ! ordonna-t-il aux policiers.
14
Le fugitif que j’aimais
Ils lui obéirent, mais le plus âgé entreprit alors de le raisonner : — Lâchez la journaliste et rendez-vous, Taggert ! On vous emmènera à l’hôpital, pour que votre jambe soit soignée, et on attribuera votre tentative d’évasion à un bref moment d’égarement. — Oui, c’est ça…, grommela l’interpellé — si bas que Lynn fut certaine d’être la seule à l’avoir entendu. Un homme grand et mince vêtu d’un costume sombre contourna les policiers et s’avança sur le perron. C’était Norman Smith, l’avocat de Taggert ; les médias l’avaient interviewé assez souvent, ces derniers temps, pour que Lynn le reconnaisse. — N’aggrave pas ton cas, Nick ! déclara-t-il. Libère cette femme, pose ton arme et rentre avec moi à l’intérieur ! Ce n’est pas terminé : nous allons faire appel. — A quoi bon ? Personne ne me croit…, marmonna Taggert entre ses dents, comme s’il se parlait à lui-même. Accentuant la pression du bras qu’il avait passé autour de la taille de Lynn, il continua à descendre les marches. L’un des policiers leva alors son pistolet, et la jeune femme vit ses lèvres former les mots : « Je peux l’avoir. » Celui qui avait tenté de raisonner Taggert poussa un juron et l’obligea sans douceur à baisser de nouveau son arme. Ce devait être son supérieur, et il avait compris, lui, que le risque de toucher une innocente citoyenne en tirant sur le fugitif était trop élevé. Aucun service de police ne pouvait se permettre de commettre ce genre de bavure sous l’œil d’une demi-douzaine de caméras. Une fois en bas de l’escalier, Taggert se retourna, sans lâcher la jeune femme. Ils étaient maintenant face à la rue, et il lui murmura à l’oreille : — L’une des voitures qui sont garées à proximité est à vous ?
Le fugitif que j’aimais
15
— Oui, la Saturn rouge, répondit-elle. — C’est une automatique ? — Oui, et les clés sont dans la poche droite de ma veste. Prenez-les et laissez-moi partir ! L’idée que Taggert l’oblige à monter dans la voiture avec lui la terriîait, car elle ne se rappelait que trop bien les informations qu’Astrid avait réunies sur cet homme : c’était un ancien militaire, qui avait passé plusieurs années dans les Forces spéciales et qui, adolescent, s’était taillé une solide réputation de tête brûlée. Le ministère public avait fondé en grande partie son argumentation sur le fait qu’il était capable de tout. Ce fut malheureusement sans libérer Lynn qu’il se dirigea vers la Saturn. — Tu es en train de commettre une terrible erreur, Nick ! cria Norman Smith en dévalant l’escalier. Tu ajoutes le crime d’enlèvement à celui pour lequel tu viens d’être condamné ! Taggert l’ignora. — Vos clés ! dit-il à Lynn. Difîcile de désobéir à un ordre donné par un homme armé… Elle sortit de la poche de sa veste un anneau en argent auquel deux clés étaient attachées — celle de sa voiture et celle de son appartement. Elle songea à détacher cette dernière, mais y renonça vite ; le tremblement de ses mains rendrait l’opération trop longue, et il existait une autre solution : faire changer la serrure dès que toute cette histoire serait terminée. — Tenez ! déclara-t-elle en tendant l’anneau à Taggert. Les portières ne sont pas verrouillées. Il se saisit des clés, mais continua de la pousser vers la voiture. Une fois arrivé devant, il lui braqua son arme sur la tempe, se retourna et cria à la cantonade : — Si quelqu’un me suit, je la tue ! Si on me laisse
16
Le fugitif que j’aimais
tranquille, en revanche, je jure de la relâcher dans quelques heures. Passant son bras libre derrière lui, Taggert ouvrit la portière avant droite, puis il se glissa à l’intérieur du véhicule, entraïnant Lynn avec lui. Elle se retrouva à demi couchée sur ses genoux, le buste presque en contact avec le siège du conducteur. Un liquide chaud lui toucha l’arrière du mollet. Taggert saignait toujours… Avec un peu de chance, il allait s’évanouir… La fermeté du geste qu’il ît pour refermer la portière détruisit cependant cet espoir. Alors, et pour la première fois, Lynn tenta de se libérer : il n’était pas question qu’elle se laisse entraïner sans rien faire dans la cavale d’un meurtrier, armé ou non. Elle se redressa et enfonça ses coudes dans les côtes de Taggert. Il grogna mais ne desserra pas son étreinte. Un coup de pied lancé à l’aveuglette atteignit sa jambe blessée, et il poussa un cri de douleur. Lynn en proîta pour projeter sa tête en arrière. Elle percuta le nez de Taggert, qui lâcha une bordée de jurons, mais l’avantage qu’elle avait pris sur lui fut de courte durée : il l’attrapa par les cheveux, la força à tourner la tête vers lui, et la tint si solidement qu’elle ne pouvait plus du tout bouger. Taggert se pencha vers elle. Un mince îlet de sang coulait d’une de ses narines, et une lueur dure brillait dans ses yeux bleus. — Je n’ai aucune envie de vous faire du mal, déclara-t-il. Ne m’y obligez pas ! Pendant la courte lutte qui les avait opposés, les poli-ciers s’étaient approchés de la voiture, mais leur cible étant toujours armée, ils ne pouvaient pas prendre le risque d’intervenir. Taggert poussa Lynn sur le côté, s’installa au volant et coinça le pistolet entre ses cuisses avant de mettre la
Le fugitif que j’aimais
17
clé dans le contact et de démarrer. Mais il reprit ensuite son arme si vite que Lynn n’eut même pas le temps de tenter de s’en emparer. — N’essayez pas de vous échapper, dit-il quand la voiture eut tourné le coin de la rue. Ce serait aussi dangereux qu’inutile, car si vous vous tenez tranquille, je tiendrai ma promesse de vous libérer dans quelques heures. Lynn hocha la tête et se laissa aller contre le dossier de son siège. Elle en voulait à Taggert de l’avoir entraïnée de force dans cette aventure, mais, bizarrement, elle le croyait.
Il n’avait pas beaucoup de temps, songea Nick. Les médias n’allaient pas tarder à lancer leurs hélicoptères à sa recherche et, dès qu’ils l’auraient localisé, ils ne le lâcheraient plus. Il devait donc disparaïtre. Il jeta un coup d’œil dans le rétroviseur. Ce qui était de toute évidence une voiture de police banalisée le suivait de loin. Il fallait la semer. Un carrefour… Il tourna à droite, puis de nouveau à droite, et se retrouva dans une rue résidentielle. Un passage non goudronné s’ouvrait entre deux maisons. Nick s’y engouffra et le longea pied au plancher, sans se soucier des nids-de-poule qui faisaient cahoter la Saturn. Son cœur battait la chamade, et le verdict prononcé contre lui ne cessait de résonner dans sa tête. Sa jambe saignait encore un peu, et la journaliste assise à côté de lui avait la main crispée sur la poignée de sa portière, comme si elle était prête à sauter, comme si elle jugeait moins risqué de tomber d’une voiture en marche que de rester avec lui. C’était stupide, puisqu’il avait promis de la relâcher bientôt…
18
Le fugitif que j’aimais
Mais personne ne croyait plus rien de ce qu’il disait, depuis dix mois. Cette partie ancienne de la ville lui était heureusement familière : la restauration de plusieurs vieilles demeures lui avait été conîée peu de temps après la création de son entreprise. C’était des années plus tôt, dans une autre vie… Le passage l’amena dans une ruelle, qu’il suivit jusqu’à trouver un autre passage, une autre ruelle et, înalement, un quartier où tous les trottoirs étaient plantés d’arbres. Il avait semé la voiture de police, mais les hélicoptères des médias devaient maintenant avoir décollé, l’empê-chant de quitter la ville par les grands axes. Ces arbres au feuillage épais le dissimuleraient au moins pendant un certain temps. Il était loin de se sentir au mieux de sa forme, mais la colère et la peur de retourner en prison lui fournissaient l’énergie nécessaire pour tenir. Il avait été tellement sûr d’être acquitté… S’il y avait eu une justice, son innocence aurait été reconnue… Mais il n’y en avait pas, et il avait dû commettre des actes odieux, comme d’enlever une femme et de lui braquer un pistolet sur la tempe. Sa jambe droite l’élançait. La poussée d’adrénaline générée par l’action avait agi comme un anesthésiant sur la blessure jusqu’à ce que la journaliste donne un coup de pied dedans. La douleur irait certainement en augmentant et l’hémorragie, bien qu’elle se soit ralentie, devait être stoppée. Un bandage serré ferait l’affaire, mais il fallait pour cela s’arrêter, au risque d’être rattrapé… Un regard à sa passagère lui permit d’avoir un souci de moins : elle ne semblait plus songer à sauter de la voiture. Peut-être s’était-il trompé, tout à l’heure, et agrippait-elle alors la poignée à cause des cahots. Depuis qu’ils roulaient, il la trouvait d’ailleurs relativement calme ; ses yeux
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

Le festin des anges

de versilio-anne-carriere

Le chirurgien

de presses-de-la-cite

La Tristesse du Samouraï

de editions-actes-sud