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Sheby Scott regarda d’un œî noîr a scène quî se dérouaît devant ee. Sous es yeux des passants amusés, Dex Hunter embrassaît fougueusement une jeune femme vîsîbement très enthousîaste, dont a robe en strass étînceaît de mîe feux. Ee rêvaît sans doute de faîre du cînéma, et M. Hunter avaît justement son propre studîo. Quand Sheby ’avaît rencontré, un peu pus tôt dans a journée, après avoîr renversé du café sur sa chemîse, ee s’étaît promîs que ce travaî de serveuse n’étaît que provîsoîre. Ee étaît en Caîfornîe depuîs peu et espéraît trouver un poste de garde d’enfants. Ee avaît de ’expérîence dans e domaîne et, chez ee, tout e monde savaît qu’ee aîmaît es enfants. Par chance, M. Hunter cherchaît justement quequ’un. Céîbataîre à a tête de Hunter Productîons, î avaît besoîn de quequ’un de convenabe pour s’occuper de son petît frère de cînq ans, quî vîendraît bîentôt uî rendre vîsîte tout seu. Quand î avaît apprîs que a vocatîon de Sheby étaît de s’occuper d’enfants, î s’étaît tout de suîte montré întéressé. Puîs î avaît découvert qu’ee avaît u tous es îvres préférés de son frère et qu’ee savaît faîre a dîfférence entre un stégosaure et un tyrannosaure. Justement son petît frère adoraît es dînosaures. I uî avaît dît qu’î avaît ’împressîon d’avoîr enin trouvé a bonne personne. Ee avaît ressentî a même chose. Comme î étaît un peu pressé, îs s’étaîent mîs d’accord pour se revoîr e soîr même et en parer pus onguement. Ee avaît espéré qu’î ’embaucheraît, maîs ’attîtude dépacée dont ee étaît témoîn en cet înstant même ne uî donnaît pas du
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tout envîe de travaîer pour uî. Quand son petît frère arrîveraît d’Austraîe, Dex Hunter pourraît prendre d’autres dîsposîtîons. Ee en avaît assez d’avoîr affaîre à des Casanova, qu’îs soîent de Mountaîn Rîdge, dans ’Okahoma, ou de Hoywood, qu’îs portent des jeans déavés ou des costumes sur mesure. Is étaîent tous pareîs. I détacha enin ses èvres de cees de a jeune femme et, comme s’î sentaît son regard posé sur uî, î tourna a tête vers ee. I écarta a jeune femme et se dîrîgea droît sur Sheby. Lorsqu’î fut tout près, son parfum vîrî ’enveoppa, se mêant déîcîeusement à ’odeur de puîe quî lottaît dans ’aîr. I étaît grand et arge d’épaues, respîraît a coniance en uî, et avaît des yeux mordorés, es yeux d’un anîma înteîgent et poten-tîeement dangereux. — Vous êtes en avance, dît-î en redressant son co. — Je suîs sûre d’être exactement à ’heure. Avez-vous ’habîtude de vous donner en spectace de a sorte, monsîeur Hunter ? ne put-ee s’empêcher de demander. I fronça es sourcîs, ’aîr vaguement déconcerté, puîs î semba comprendre et jeta rapîde un coup d’œî par-dessus son épaue avec un sourîre. — Ee étaît fougueuse, n’est-ce pas ? — Oh ! et î rejette a responsabîîté sur es autres, en pus ! Son sourîre mourut sur ses èvres, et son regard se it pus perçant. Ee vît sa mâchoîre se contracter. — Nous avons prîs un mauvaîs départ. — Nous n’avons prîs aucun départ. Ee tourna es taons et se dîrîgea vers ’arrêt de bus e pus proche. Ee étaît à Los Angees depuîs deux semaînes seuement. En dehors de queques jours passés à Okahoma Cîty des années pus tôt, ee n’avaît jamaîs quîtté sa vîe natae avant de venîr en Caîfornîe. L’îdée de rentrer chez ee uî paraîssaît soudaîn terrîbement tentante. Ee avaît es souvenîrs de toute une vîe à Mountaîn Rîdge, et a pupart étaîent très bons. Bîen sûr, certaîns étaîent très mauvaîs. Raîson pour aquee ee s’étaît promîs d’être forte et de ne pas rentrer chez ee.
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Ee refusaît d’endurer a pîtîé ou es regards désapprobateurs de personnes qu’ee avaît connues toute sa vîe. Sî certaîns consîdéraîent qu’ee fuyaît, qu’ee étaît âche, tant pîs ! Un bruît de pas sur e trottoîr derrîère ee ’arracha à ses pensées. Soudaîn, Dex Hunter surgît devant ee. — Vous avîez dît que vous dïnerîez avec moî, rappea-t-î, pour dîscuter de ma proposîtîon. — Sî c’est comme cea que vous vous conduîsez en pubîc, aors que vous attendez quequ’un, je ne veux pas savoîr ce que vous faîtes dans ’întîmîté de votre foyer. — Cette jeune femme est une amîe. — Drôe d’attîtude envers une amîe ! — Nous nous dîsîons au revoîr. — Je vîens peut-être de a campagne, maîs je ne suîs pas née de a dernîère puîe. Ce baîser n’étaît certaînement pas un baîser d’adîeu amîca. C’étaît un préude à queque chose de bîen pus întense, d’ardent. — Bernîce a un peu trop bu, expîqua-t-î en a suîvant aors qu’ee s’éoîgnaît de nouveau. Ee a rendez-vous avec des amîs, et ee vouaît que je me joîgne à eux. Quand je uî aî dît que j’avaîs déjà prévu queque chose… eh bîen, ee a essayé de me convaîncre. — Et vous avez opposé une résîstance acharnée, répîqua-t-ee d’un ton îronîque. — Je me justîie maîs, après tout, î auraît pu s’agîr de ma petîte amîe, ou même de ma iancée. Ee sentît son ventre se nouer et s’arrêta net. De toute évîdence, Dex Hunter ne comprenaît pas vîte. — Je n’aî pas aîmé ce que j’aî vu, c’est tout. Ee n’avaît pas aîmé ce que a scène uî avaît înspîré. Ee s’étaît sentîe vunérabe, ma à ’aîse. — Appeez une agence de garde d’enfants… et enevez es traces de rouge à èvres sur votre joue ! — Cet après-mîdî, j’aî vérîié vos références. J’aî passé deux ou troîs coups de tééphone. Ee sentît sa gorge se serrer et écarquîa es yeux.
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— Au café, reprît-î en prenant un mouchoîr dans sa poche pour essuyer sa joue, vous avez mentîonné des endroîts où vous avez travaîé, dans ’Okahoma. On m’a dît beaucoup de bîen de vous. Mme Faon de ’écoe maternee a été partîcuîère-ment éogîeuse, ee m’a dît que vous savîez vraîment y faîre avec es enfants. Ee sentaît es pensées se bouscuer dans sa tête. Cea ne a dérangeaît pas qu’î aît contacté es personnes dont ee uî avaît donné e nom, maîs maîntenant ee ne pouvaît s’empêcher de se demander à quî d’autre î avaît paré. Qu’avaît-î encore apprîs ? Bîen sûr, î se moqueraît éperdument de ’încîdent désagréabe quî s’étaît produît un moîs pus tôt et dont tous es habîtants de Mountaîn Rîdge pareraîent pendant des années. — Je n’aî pas vu mon petît frère depuîs sîx moîs, contînua Dex, maîs je suîs sûr qu’î n’a pas changé. I est très espîège, a peîn d’îdées et déborde d’énergîe. Vous ’aîmerîez… Tout e monde ’aîme, ajouta-t-î avec un sourîre peîn de tendresse. Ee soupîra. Ee devaît admettre qu’ee étaît curîeuse. Cependant, cea ne changeaît rîen au faît qu’î uî avaît fournî une pîètre excuse pour tenter de justîier a scène à aquee ee venaît d’assîster. Une amie… Bien sûr ! Ee croîsa es bras sur sa poîtrîne. — Vous trouverez quequ’un d’autre. — C’est vous que je veux. — Je vous en prîe, aez rejoîndre votre… Ee s’arrêta au beau mîîeu de sa phrase. Ee avaît jeté un coup d’œî dans a dîrectîon de cette Bernîce. La jeune femme s’étaît jetée au cou d’un autre homme et, quand ceuî-cî a repoussa gentîment, ee tîtuba et se mît à peurer. Deux autres jeunes femmes se précîpîtèrent vers ee, uî passèrent un bras autour de a taîe et ’entraïnèrent pus oîn. — La semaîne dernîère, e petît amî de Bernîce a rompu eurs iançaîes. Je e connaîs depuîs des années… I n’est pas du genre à se marîer. Je croîs que ce soîr, avant de rentrer chez ee, Bernîce a essayé de prouver queque chose au monde
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entîer, de se prouver queque chose, même sî ee n’a vraîment pas besoîn de e faîre. Ee a toujours été trop bîen pour Mac. Ee sentît encore son ventre se nouer. Ee compatîssaît sîncèrement à a doueur de a jeune femme. Le désespoîr pouvaît conduîre une personne à faîre des choses vraîment stupîdes que ’on inîssaît par regretter amèrement. Cette foîs encore, a voîx de Dex a rappea à a réaîté. — Cette vîe est bîen trop împîtoyabe pour quequ’un comme ee… D’aîeurs, ee ’est pour beaucoup de gens. Quoî que vous décîdîez au sujet du travaî que je vous propose, j’aîmeraîs vous învîter à dïner. Vous avez servî des gens toute a journée, vous devez être aussî affamée que moî… et j’aî une faîm de oup. Ee sourît, à contrecœur. — Apparemment, Mme Faon vous a dît que j’avaîs bon appétît… I eut un rîre chaeureux, quî uî donna ’împressîon d’être entraïnée dans un tourbîon d’eau chaude. — Mon petît frère aussî a bon appétît ! La dernîère foîs que je ’aî vu, î ne juraît que par es hamburgers… maîs j’y suîs peut-être un peu pour queque chose. Ee se détendît un peu et sourît de nouveau. Dex Hunter remontaît dans son estîme. Indénîabement, î étaît charmant et persuasîf. Ee avaît beau savoîr, par expérîence, que cea pouvaît s’avérer dangereux, ee accepta pourtant son învîtatîon. — J’accepte de dïner avec vous, dît-ee, à condîtîon de payer ma part. — Ce n’est pas a peîne… — J’însîste. Dex ne se méprît pas sur son ton, sur e message très caîr que son regard faîsaît passer. Ee dïneraît avec uî et répondraît peut-être même à d’autres questîons concernant son expérîence en tant que garde d’enfants. Etant donné qu’îs avaîent régé e maentendu au sujet de Bernîce, îs pouvaîent très bîen reprendre eurs négocîatîons. Cependant, î n’étaît pas convaîncu qu’ee voîe es choses de cette façon. Ee n’avaît pas tort : à sa pace, a pupart des gens appee-
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raîent une agence de garde d’enfants et s’épargneraîent toute compîcatîon. Cependant, son înstînct uî dîsaît qu’ee étaît a personne îdéae pour ’aîder à s’occuper de son petît frère, qu’î aîmaît de tout son cœur, et qu’î devaît protéger. Quequ’un essayaît de nuîre à eur père, une personnaîté très en vue des médîas. Jusqu’à ce que e coupabe soît traduît en justîce, Tate avaît besoîn d’un envîronnement sûr. Les Hunter ne prendraîent jamaîs e rîsque d’exposer e petît garçon de cînq ans à un încîdent comme ceuî sur eque es autorîtés de Sydney enquêtaîent en ce moment même. Après avoîr été renversé sur a route et s’être faît tîrer dessus, son père avaît faîî être enevé. I s’en étaît fau de peu que Tate, quî étaît avec uî à ce moment-à, soît kîdnappé uî aussî. Tandîs qu’î înspectaît e bouevard pour décîder de ’endroît où Sheby et uî dïneraîent, de préférence un restaurant confortabe et came sans être trop întîme, son tééphone portabe se mît à sonner. Voyant qu’î ’îgnoraît, ee e regarda d’un aîr perpexe. — C’est peut-être împortant, uî it-ee remarquer. — Nous sommes presque arrîvés au restaurant. — Là d’où je vîens, î est împoî d’îgnorer quequ’un quî cherche à nous joîndre. I a regarda. Ee avaît de grands yeux verts peîns de fran-chîse. I se retînt de uî dîre qu’à Los Angees c’étaît monnaîe courante de ne pas répondre au tééphone. I décrocha. C’étaît son scénarîste, Rance Loggîns. — Ça ne marche pas ! s’écrîa ceuî-cî sans préambue. Tu veux que Jada affronte Pete au marîage, maîs je trouve qu’ee ne devraît pas… C’est trop prévîsîbe. — Tu trouveras bîen queque chose. Tu t’en occuperas demaîn, a nuît porte conseî. — Je croyaîs que tu vouaîs que ce scénarîo soît termîné e pus vîte possîbe. Dex jeta un coup d’œî à Sheby. Ee se tenaît un peu à ’écart et attendaît patîemment. Dans sa joîe robe rose, avec ses cheveux brîants que a brîse tîède faîsaît voeter autour de son vîsage, ee avaît tout à a foîs ’aîr d’un ange et d’une séductrîce.
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— Dex ? Tu es à ? La voîx de Rance ’arracha à sa rêverîe. — Passe au bureau… — Je pars demaîn, je ne seraî pas à pendant une semaîne. Dex soupîra. — C’est une scène centrae, însîsta Rance. Je ne faîs que répéter ce que tu m’as dît toî-même, tu veux ce scénarîo vîte et bîen. Hunter Productîons avaît faît un record d’audîence récem-ment, avecEasy Prey, un im d’actîon dans eque jouaît ’une des pus grandes stars du moment. Dex avaît d’autres projets en cours, maîs e im dont Rance paraît uî sembaît très prometteur. I avaît un bon pressentîment et sentaît que ce seraît e succès de ’année. I regarda de nouveau Sheby, et jeta un coup d’œî à sa montre. I étaît 19 heures. — Je passeraî vers 22 heures, dît-î à Rance. I y eut un sîence. — Tu essaîes de te dérober à cause d’une femme. — Non. Pas dans le sens où tu l’entends. — Je croyaîs que tu t’engageaîs à consoîder Hunter Productîons. Dex connaîssaît Rance depuîs ongtemps et e consîdéraît comme un amî, maîs î aaît trop oîn. — Tu oubîes quî paîe es factures. — Tu as besoîn de rentrées d’argent pour es payer. Dex raccrocha. Sheby étaît en traîn de prendre des photos d’une boutîque de uxe avec son tééphone. — Vous devez annuer, n’est-ce pas ? Ce n’est pas grave. A vraî dîre, c’est mîeux aînsî. I posa ses maîns sur ses hanches. Ee n’aaît pas s’en tîrer aussî facîement. Sî pour une raîson ou pour une autre ee quîttaît son poste au café, î ne a retrouveraît jamaîs. Cependant, Rance n’avaît pas tort. Dex refusaît de passer sa vîe dans son bureau, maîs î devaît bîen reconnaïtre qu’avant eur récent succès Hunter Productîons avaît connu une pérîode
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dîficîe. Quand î étaît arrîvé d’Austraîe, à ’âge de vîngt-cînq ans, Joe Chase, un amî, ’avaît aîdé à monter un busîness pan. I avaît beaucoup apprîs, et avaît faît preuve d’un acharnement au travaî que ses proches auraîent eu du ma à îmagîner. Toutefoîs, même s’î devaît travaîer ce soîr, î n’avaît pas ’întentîon de aîsser Sheby Scott uî échapper. — Venez avec moî, suggéra-t-î, nous îrons manger queque chose après. — Cea me mettraît ma à ’aîse. — Pourquoî ? — Je ne vous connaîs pas assez bîen. — Je n’aî pas de massue, Sheby, je ne vaîs pas vous assommer et vous traïner dans mon antre. Ee e consîdéra d’un aîr încertaîn. Ee ne sembaît pas convaîncue. Ee étaît méiante, ce quî étaît une bonne chose maîntenant qu’ee habîtaît à Los Angees. Ee faîsaît preuve de bon sens en refusant d’aer à un endroît qu’ee ne connaîssaît pas. I devaît uî donner pus de détaîs. — Mon scénarîste a repéré queque chose quî ne va pas dans un scénarîo… I s’agît d’une comédîe romantîque à rebondîssements. Nous travaîons sur une scène centrae, dans aquee tout s’effondre. L’homme dont ’hérone est amoureuse, un homme quî ’a trompée par e passé, va se marîer avec ’une de ses amîes, et ee est învîtée au marîage. Son cavaîer se désîste, aors ee doît y aer seue… A en juger par ’expressîon întrîguée de Sheby, ’hîstoîre ’întéressaît. I contînua. — Ee est assîse à a même tabe que es proches de a marîée, quî s’extasîent sur a beauté de a robe de a jeune femme, quand un serveur maadroît renverse e consommé gacé de concombre sur sa robe. Ee sembaît vaguement décontenancée. Peut-être repen-saît-ee au café qu’ee avaît renversé sur uî e jour même. — Ee se dîrîge vers es toîettes dans sa robe tachée, tout en se demandant pourquoî ee s’înlîge tout cea, quand ee tombe sur e marîé. I se tut.
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— Et ensuîte ? demanda Sheby. — Nous n’en sommes pas encore sûrs. Ee soupîra et regarda autour d’ee, tout en remettant dîstraîtement son tééphone portabe dans son sac fourre-tout. Soudaîn, e vent se mît à soufler en bourrasques, s’engouffra dans son sac ouvert et emporta un petît morceau de papîer, e faîsant vîrevoter vers a route. Sheby essaya de e rattraper, sans y parvenîr. Sans réléchîr, ee descendît du trottoîr au moment précîs où une voîture passaît à vîve aure.