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Le Guerrier

De
480 pages

L’homme qui lui a brisé le cœur pourra-t-il la sauver du désespoir ?

De l’île de Skye aux champs de bataille français, Duncan n’a jamais oublié Moira, la femme à laquelle il a dû renoncer pour partir au combat. Il espère que ses exploits lui permettront un jour de l’épouser. Malheureusement la belle est mariée de force à une brute du clan rival. Elle se démène pour tenter de protéger son fils, et se croit enfin tirée d’affaire lorsqu’un vaillant guerrier vole à leur secours... Et ce sauveur n’est autre que Duncan, qui l’a abandonnée des années auparavant. Peut-elle vraiment se fier à lui ? Dans la tourmente, ils vont devoir se résoudre à l’idée que l’union fait la force...

« Une bouleversante histoire d’amour qui vous transportera à coup sûr. » Monica MacCarthy, auteure acclamée par le New York Times.


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Margaret Mallory
Le Guerrier
Le Retour des Highlanders – 3
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanny Adams
Milady Romance
À mon père, Norman J. Brown, qui, malgré mes supplications, n’a jamais su raconter une histoire deux fois de la même manière. Je lui dois tout ce que je sais sur l’univers des héros.
Bidh an t-ubhal as fheàrr air a’ mheangan as àirde. Les plus beaux fruits poussent au sommet de l’arbre.
Prologue
Île de Skye Écosse 1508 Duncan MacDonald pouvait soumettre n’importe quel guerrier du château, mais il était désarmé face à la fille de son chef de clan qui n’avait pourtant que dix-sept ans. — Dès que mon père sera sorti de table, chuchota Moira en se rapprochant un peu trop du galant, j’irai te retrouver sous le frêne. Le jeune homme savait qu’il aurait dû décliner l’invitation. Mais autant demander à son propre cœur de s’arrêter de battre. — Je t’ai déjà dit de ne pas m’adresser la parole en public, grommela-t-il en balayant du regard la vaste salle rectangulaire où étaient rassemblés les membres du clan et leurs invités venus d’Irlande. On pourrait nous voir ! Moira le dévisagea de son regard bleu nuit, et Duncan en fut très troublé. Ce n’était pas la première fois qu’elle le regardait avec autant d’insistance, mais l’émotion était toujours aussi vive. — Quoi de plus naturel que de parler avec le meilleur ami de mon frère Connor ? demanda-t-elle. L’intérêt qu’elle lui portait semblait aussi naturel qu’il était soudain. Duncan ne parvenait toujours pas à s’expliquer ce revirement. — Va, file ! Ragnall nous surveille, s’exclama-t-il. Contrairement à Moira et à Connor, l’aîné de la famille avait hérité de la blondeur de leur père, de sa carrure imposante et de son irritabilité. Il était également le seul guerrier du clan que Duncan n’était pas certain de pouvoir battre au combat. — Je partirai si tu promets de venir me rejoindre plus tard, négocia la jeune femme en croisant les bras, un sourire au coin des lèvres, signe que tout cela n’était qu’un jeu pour elle. Quoi qu’il en soit, s’il était venu aux oreilles du chef que Duncan retrouvait sa fille en cachette, il l’aurait tué sur-le-champ. Par conséquent, le jeune homme tourna les talons et disparut sans se donner la peine de répondre ; mais Moira savait qu’il serait au rendez-vous. Debout dans l’obscurité, il attendit la belle en écoutant le lointain ressac. Sans brouillard pour masquer l’île, le fief brillait de tous ses feux dans la nuit étoilée. Ayant grandi à l’intérieur des fortifications, Duncan était familier de ce genre de spectacle, mais s’en émerveillait toujours. Sa mère ayant servi de gouvernante aux enfants du chef, son amitié avec Connor durait depuis toujours. En compagnie d’Alex et de Ian – les cousins de Connor – les deux amis s’étaient initiés dès l’enfance à l’art de la guerre avec des épées en bois. Lorsqu’ils ne s’exerçaient pas au métier des armes, ils parcouraient les environs à la recherche de nouvelles aventures ou de nouveaux ennuis qu’ils ne manquaient jamais de trouver. Gâtée et parée comme une princesse, Moira ne se mêlait pas à leurs jeux. Duncan n’avait pas souvent l’occasion de croiser cette petite créature charmante dont le rire résonnait souvent dans les couloirs du château.
Un bruissement de soie ramena Duncan dans le présent. Il se tourna et aperçut Moira qui accourait à sa rencontre. Malgré l’obscurité et la capuche qui lui cachait le visage, il aurait pu la reconnaître entre mille. Aveuglée par la nuit, la jeune femme volait en faisant fi des obstacles. Les fées veillaient sur elle. Moira se jeta au cou de Duncan, et le garçon ferma les yeux pour mieux sentir sa douceur. La fragrance de ses cheveux lui rappela les fleurs des champs. — Deux jours entiers ! s’exclama-t-elle. Je n’en pouvais plus d’attendre. Le jeune homme s’émerveilla de la spontanéité de sa belle. Elle disait simplement ce qui lui traversait l’esprit, sans préambule ni crainte de se heurter à l’incompréhension. De toute façon, qui aurait pu lui résister ? Dans les Lowlands, où le chef du clan avait autrefois envoyé Duncan en compagnie de Connor et de ses cousins afin d’y étudier, le jeune homme avait fait la découverte de la célèbre Hélène de Troie. Moira lui ressemblait. À l’instar de la fille de Zeus, sa beauté aurait pu déclencher une guerre de clans. Principalement à cause de ses formes voluptueuses et de son naturel sensuel que tous les hommes convoitaient, ce qui ne laissait pas de rendre le galant très jaloux. Cependant, si les autres guerriers n’avaient d’yeux que pour sa beauté, Duncan voyait en elle la femme de sa vie. Moira le tira à elle pour lui donner un baiser qui fit tourner la tête du jeune homme. Instinctivement, il parcourut des mains les courbes de son corps, et elle gémit. Afin de ne pas se laisser entraîner à poursuivre leur étreinte sur l’herbe, où ils n’étaient pas à l’abri des regards indiscrets, Duncan s’écarta. Il ne pouvait compter sur Moira pour raison garder. — Non, pas ici, murmura-t-il, conscient de ce qu’ils feraient une fois rendus à la grotte où ils avaient l’habitude de se soustraire à la curiosité du monde. Cette seule pensée décupla son excitation. Durant les premières semaines, ils s’étaient contentés de se donner du plaisir sans commettre l’irréparable, lequel aurait pu coûter la vie à Duncan. Ce dernier se refusait à ravir la virginité de Moira à son futur mari. Cependant, seul un miracle avait pu l’aider à résister aussi longtemps à ses avances. Combien de temps encore pourrait-il tenir ? Il se consolait en songeant que son aimée n’aurait pas à pâtir de leurs incartades. Elle ne serait pas la première jeune fille astucieuse à déverser une fiole de sang de mouton dans son lit nuptial. Moira ne s’embarrassait pas de principes. Arrivés à la grotte, ils déplièrent la couverture qu’ils y gardaient, et Duncan prit Moira contre lui. — Le fils de l’Irlandais est vraiment amusant, fit remarquer la jeune femme pour titiller son amant. Le vieux MacDonald ne s’étant pas remarié après la mort de sa femme, il avait coutume de s’entourer de Moira et de Ragnall lors des banquets. L’une charmait les invités tandis que l’autre les intimidait. — Il a regardé ton corsage avec ton assentiment pendant toute la durée du dîner, répliqua Duncan avec une pointe de jalousie. J’aurais aimé lui broyer le crâne ! Il avait passé sa jeunesse à contrôler ses accès de colère. D’abord par égard pour les autres garçons qui étaient moins forts que lui, mais aussi parce que sa position au sein du clan était incertaine. Cependant, Moira avait le don de le rendre fou de rage. — Je suis touchée ! s’esclaffa-t-elle en le gratifiant d’un baiser sur la joue. C’était juste pour te rendre jaloux. — Était-ce vraiment nécessaire ? — Oui, car je voulais m’assurer que tu viendrais me rejoindre. Il faut qu’on parle, annonça-t-elle en reprenant soudain son sérieux. Duncan, épouse-moi ! Le galant ferma les yeux pour se persuader que c’était possible. Il s’imagina
dormant comme un bienheureux aux côtés de cette beauté pour s’éveiller au soleil de son sourire. — C’est impossible, déplora-t-il. — Bien sûr que si ! Moira ne souffrait pas la contradiction, car son père avait eu la faiblesse de la gâter. Néanmoins, ce dernier était encore à la veille de céder à une demande aussi importante. — Ton père ne laissera jamais son unique fille épouser le bâtard de la gouvernante, s’emporta-t-il. Ton mariage sera pour lui l’occasion d’une alliance politique. Duncan sortit sa gourde de whisky et but une grande rasade. Il ne connaissait pas d’autre antidote aux divagations de Moira. — Mon père finit toujours par me céder. Ce que je veux, Duncan Ruadh MacDonald, susurra-t-elle à son oreille en lui caressant le bas-ventre, c’est toi ! Au comble de l’excitation, il céda à une impulsion et la prit dans ses bras. Leurs corps se mêlèrent sur la couverture. — J’ai tellement envie de toi, lâcha-t-elle entre deux baisers passionnés. Il ne parvenait toujours pas à y croire. Cependant, Moira sut le convaincre en posant la main sur son sexe tendu. Duncan finit lui aussi par céder. Il serait à elle tant qu’elle voudrait de lui. Duncan passa la main dans les cheveux de Moira, dont la tête reposait sur le torse du guerrier. Il savourait chaque instant passé ensemble pour mieux en chérir le souvenir plus tard. — Je t’aime tant, déclara-t-elle. Une sensation rarissime de pure joie s’empara de Duncan. — Toi aussi, dis-moi que tu m’aimes, implora-t-elle. — Tu sais bien que je t’aime, dit-il tout en sachant que cela ne changeait rien à leur avenir. Je t’aimerai toujours. Duncan était sentimentalement plus constant que Moira qui, pendant une semaine, ne jurait que par son cheval bai, pour s’amouracher de son cheval pie la suivante, avant de les bouder tous les deux la troisième. Il l’avait toujours connue ainsi. Sur bien des points, leurs caractères étaient opposés. Le jeune homme se redressa pour examiner le ciel. — Eh ! Le jour va se lever, annonça-t-il en se maudissant. Il vaut mieux que je te ramène sans tarder au château. — Je saurai convaincre mon père, promit Moira en se rhabillant. Il a le sens de ses intérêts et sait qu’un jour tu seras un guerrier dont la renommée s’étendra jusqu’aux Hébrides. — Si tu parles de nous à ton père, prévint-il en lui prenant le visage, ce sera la fin de notre histoire. Moira, qui n’était pas aussi naïve qu’elle voulait bien le laisser croire, dit à mi-voix : — Il ne s’opposera pas à notre mariage si je porte un enfant de toi. Le sang de Duncan ne fit qu’un tour. — Rassure-moi, tu prends bien la potion, n’est-ce pas ? — Oui, dit-elle d’un ton agacé. D’ailleurs, j’ai eu mes règles. Il lui caressa la joue. Cela pourra sembler étrange, mais il aurait aimé faire un enfant à Moira, une petite fille qui aurait eu le regard rieur de sa mère. Il chassa d’un geste ces pensées inopportunes. Il ne pourrait subvenir aux besoins d’une famille avant des années. Quant à pourvoir aux désirs d’une épouse habituée à porter de beaux habits et à être servie, c’était hors de portée. Elle lui avait causé une belle frousse qui l’incita de nouveau à mettre fin à leur
relation. Moira n’aurait aucune difficulté à cacher son dépucelage, mais non un enfant. — Si mon père refuse, nous nous enfuirons, suggéra-t-elle. — Nous aurions immédiatement la moitié de sa flotte de guerre à nos trousses, rétorqua-t-il en boutonnant le manteau de son aimée. Même si nous réussissions à lui échapper – ce qui est impossible – nous serions condamnés à vivre proscrits dans une misérable chaumière. Je t’aime trop pour t’infliger une telle vie. — Ne mets pas ma détermination en doute. Je vivrais n’importe où, pourvu que ce soit avec toi. Elle parvenait à s’illusionner parce qu’elle n’avait jamais été dans le besoin. Dès le début, Duncan avait su qu’il ne pourrait pas la garder. Moira ressemblait à ces papillons colorés qui se posent pendant un court moment sur votre main avant de s’envoler à jamais. Le ciel blêmissait à l’orient lorsqu’ils atteignirent la porte des cuisines à l’arrière du donjon. — Je t’aime, s’exclama Moira, et te promets que, d’une manière ou d’une autre, tu seras mon mari. Duncan était conscient de sa chance, même si elle était éphémère. Indifférent à tout le reste, il l’embrassa une dernière fois en se demandant comment il tiendrait jusqu’à leur prochaine rencontre. Il vivait sur la corde raide, ne sachant pas s’ils seraient démasqués avant que Moira le quitte. Pourtant, il n’avait jamais été aussi heureux et dut s’interdire de siffloter en traversant la haute cour pour regagner la masure de sa mère. Mince !Elle m’attend. À près de vingt ans, Duncan n’avait pas à se justifier de ses sorties. Néanmoins, il aurait préféré que sa mère n’assiste pas à son retour au point du jour. Elle lui demanderait où il était allé, et il serait obligé de lui mentir, ce dont il avait horreur. Il poussa la porte et se figea. Attablés face à face, le chef du clan et son fils Ragnall l’attendaient, la claymore posée sur les genoux. Ils étaient visiblement furieux. Leur blonde chevelure et leur regard fauve leur donnaient l’aspect de lions farouches. Le jeune homme espérait qu’ils ne le tueraient pas devant sa propre mère et sa sœur. Sans quitter un seul instant des yeux les deux guerriers qui trônaient dans la minuscule chaumière, il distingua la première qui pleurait, prostrée dans un coin, tandis que la seconde – âgée de onze ans – la consolait en lui caressant l’épaule. — La vieille voyante a dit qu’un jour tu sauverais la vie de mon fils Connor, fulmina le chef. C’est pourquoi je ne t’ai pas tué quand tu as franchi ce seuil. Duncan s’attendait à présent à être fouetté jusqu’au sang. Cependant, une telle punition, si douloureuse soit-elle, n’était rien. Il était assez vigoureux pour s’en remettre. Le plus cruel serait de ne plus pouvoir serrer Moira dans ses bras. Le chef avait repris la parole, et Duncan dut s’imposer un effort d’attention tant le chagrin l’accablait. — J’imagine que Connor et mes neveux savaient que tu violais ma fille ! s’exclama le colosse en se redressant. Ragnall le retint par le bras et annonça : — Aujourd’hui, nous prendrons Knock Castle aux MacKinnon. Va chercher ton épée et ton bouclier. Après la bataille, tu t’embarqueras pour la France avec Alex, Ian et Connor. — Quand tu rentreras, déclara le chef d’un ton haineux, Moira sera loin d’ici avec son mari et ses enfants. Duncan s’était attendu à perdre un jour son aimée. Néanmoins, il souffrit comme un marié à qui l’on enlève sa future épouse le jour de ses noces.
Il venait de perdre la femme de sa vie.