Le mariage d'une princesse - Le piège de l'amour

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Le mariage d’une princesse, Jessica Hart

Lotty a beau être une princesse et avoir pleinement conscience de ses devoirs, pas question pour elle de se laisser dicter sa vie : elle n’épousera pas ce cousin qu’on lui destine ! Pour couper court à toute pression de sa famille, elle décide de s’éclipser incognito en voyage… Mais très vite, suite à une mésaventure, elle se retrouve sans un sou. Que faire, si elle veut continuer son périple, sinon trouver coûte que coûte un travail ? Par chance, elle vient de faire la connaissance du séduisant Corran McKenna, propriétaire d’un domaine bien mal en point ; il a sûrement besoin d’aide ! Ne reste plus qu’à le convaincre de l’embaucher…

Le piège de l’amour, Patricia Thayer

Jade est sous le choc. Elle a été adoptée ? Son père biologique serait le sénateur Merrick ? Pour en avoir le cœur net, elle décide de se faire embaucher comme infirmière auprès de la famille Merrick… et découvre une famille aimante, avec laquelle elle tisse rapidement des liens très forts. Notamment avec Sloan, le fils adoptif des Merrick. Sloan, dont elle tombe peu à peu amoureuse… Ce qui la plonge bientôt dans le désarroi: avec le secret qu’elle garde, comment envisager le moindre avenir avec lui ?
Publié le : samedi 15 juin 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280295338
Nombre de pages : 288
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Lotty It une pause au sommet de la butte. Agitant les mains dans le vain espoir de chasser les moucherons, elle observa, en contrebas, l’austère maison de granit qui s’élevait entre une colline et un vaste plan d’eau. Celui-ci était si calme que les nuages et les arbres s’y reétaient sans que rien ne troublât leur image. La maison du Loch Mhoraigh. Du fait de son isole-ment, certains habitants du petit bourg la jugeaient inhospitalière, et aussi inamicale que son propriétaire. — C’est le patron le plus exécrable auquel j’aie jamais eu affaire ! lui avait dit Gary, un habitué du bar de l’hôtel Mhoraigh. Jamaisbonjour, jamaisau revoiret encore moinsmerci… Pour lui, les gens ne sont bons qu’à bosser ! Un jour, il a été particulièrement désa-gréable et je lui ai fait remarquer que, si j’avais voulu Inir dans un camp de travail, je ne me serais pas fait embaucher par un particulier ! Si encore il payait bien, mais penses-tu ! Bref, je lui ai fait comprendre que, son poste, il pouvait se le… Elsie, qui essuyait les verres, avait jeté un regard lourd de sens à Lotty, et poursuivi : — Bien dit ! Nous ne voulons pas de Corran McKenna par ici ! D’ailleurs, au village, tout le monde sait que le domaine de Mhoraigh aurait dû revenir à son frère ! Alors pas question de travailler pour lui ! Montez plutôt
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jusqu’à Fort William, on vous proposera sûrement des postes plus intéressants ! Mais elle ne pouvait pas aller plus loin. Son porte-feuille avait disparu une heure plus tôt et, avec lui, tout son argent. Trouver du travail était sa seule chance de s’en sortir. D’après ce qu’elle avait cru comprendre, du moins : car, avant de perdre tout son liquide et ses cartes de paiement, Sa Majesté impériale la princesse Charlotte de Montluce ne savait même pas ce que manquer d’argent voulait dire. Mais, à présent qu’elle se trouvait coupée de son existence de luxe et de privilèges, elle était bien décidée à relever ce premier déI. De quoi était-elle capable ? Avait-elle sufIsamment de force et de courage ? C’était ce que cette expérience allait lui permettre de découvrir. Pour commencer, puisqu’elle n’avait pas d’argent, elle allait en gagner ! C’était aussi simple que cela ! Elle remit son sac à dos sur ses épaules. Si tout le monde le faisait, elle le ferait aussi ! Cinq kilomètres plus loin, elle s’arrêtait, fatiguée et tourmentée par les moucherons. N’était-elle pas en train de commettre une énorme erreur ? La maison du Loch Mhoraigh était très isolée et Corran McKenna y vivait seul. Etait-il prudent de sonner à sa porte pour lui demander du travail ? Et si Elsie avait raison ? Si on ne pouvait pas faire conIance à cet homme ? En même temps, l’antipathie de la barmaid semblait principale-ment due au fait que McKenna n’était pas écossais à cent pour cent et qu’il avait acquis le domaine dans des circonstances oues. Elle resta de longues secondes à s’interroger. Elle avait le choix… Sur un simple coup de Il, sa garde rappro-chée arriverait en hélicoptère et la ramènerait jusqu’au palais de Montluce. Là-bas, plus de moucherons ni de problèmes d’argent, juste le sentiment de son inutilité
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et sa grand-mère à affronter. Elle serait la princesse qui avait voulu partir mais n’avait pas tenu une semaine. Quelle humiliation ! Trois mois, voilà ce dont elle était convenue avec Philippe et Caro. Trois mois pour se fondre dans l’anonymat. Pas question, donc, de renoncer à la première difIculté et de rentrer chez elle l’oreille basse. Elle releva le menton. Sa famille ne régnait pas sur le pays depuis l’époque de Charlemagne pour qu’elle abandonne au premier obstacle. Du reste, n’avait-elle pas été élevée dans les idéaux de courage et de Ierté grâce auxquels Montluce avait préservé son indépendance ? Des vertus incarnées par Léopold Longsword, la princesse Agathe et, bien sûr, le légendaire Raoul le Loup. Oui, tous avaient remporté des combats autrement plus difIciles que celui qu’elle s’apprêtait à mener. Serait-elle la première à tolérer une défaite ? Sûrement pas ! Ajustant les bandoulières de son sac à dos, elle reprit le chemin escarpé menant à la maison du Loch Mhoraigh.
La demeure en granit apparut, massive. Lotty s’avança prudemment vers la porte d’entrée. Un air de laisser-aller ottait dans l’atmosphère. Les mauvaises herbes envahissaient ce qui avait dû être autrefois un beau gravier. Même les fenêtres semblaient hostiles. Pas de lumière, pas de musique, pas un signe de vie. Seulement quelques cris d’oiseaux. Elle hésita devant le vieux bouton de porte. Et si Corran McKenna n’était pas là ? Jamais elle n’aurait le courage de remonter la colline qu’elle venait de descendre. Et s’il était là… ? A peine le temps de se mordre la lèvre qu’elle se reprit. Assez tergiversé. Elle sonna.
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Des aboiements furieux lui répondirent. Elle recula d’un pas. Combien McKenna avait-il de chiens ? Des ordres fusèrent et tous les animaux se turent, sauf un qui continua à japper jusqu’à ce qu’un sifement impérieux le fasse déInitivement taire. Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrait sans douceur. Un homme grand à l’aspect austère et aussi raide que les collines qui l’entouraient apparut sur le seuil. Plus jeune qu’elle aurait cru, il avait un visage décidé, une bouche au pli sévère et des yeux d’un vert excessivement pâle, comme délavé. — Oui ? — Je s… suis v… enue pour le poste, répondit-elle en maudissant le léger bégaiement qui réapparaissait chaque fois qu’elle était émue. Raoul le Loup ne bégayait pas, lui. L’homme fronça les sourcils. — Le poste ? Quel poste ? — J’ai entendu dire à l’hôtel que vous aviez besoin d’aide pour restaurer des cottages que vous vouliez louer. — Les nouvelles circulent vite… A moins que ce soit Gary qui ait fait son rapport. Une vraie pipelette, celui-là. Elle essaya de chasser les moucherons qui voletaient autour de ses oreilles. Raoul le Loup n’aurait pas toléré d’être laissé sur le perron, mais elle ne voyait pas comment obliger McKenna à la faire entrer chez lui. — îl a juste dit que vous étiez seul et que, sans un coup de main, vous ne pourriez pas aller très loin. — Sans préciser que c’était le travail le plus atroce, la rémunération la plus misérable et le patron le plus effroyable que l’on puisse imaginer ? — Quelque chose comme ça. — Et vous voulez tout de même travailler pour moi ?
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— Je suis désespérée. Les yeux pâles l’inspectèrent en silence. C’était la première fois qu’elle était l’objet d’un tel examen. Personne à Montluce ne se serait permis de la détailler de la sorte. — Pardonnez-moi, dit-il, mais vous ne semblez pas le moins du monde désespérée. Vos vêtements sont impeccables, ils ne semblent pas sortir d’une braderie. De toute façon, vous ne faites pas l’affaire. — Pourquoi ? — Parce que vous n’êtes pas un homme. — Raison nulle et non advenue, répondit-elle senten-cieusement. Votre remarque frôle la discrimination. — Ce n’est pas ma faute si j’ai besoin d’une personne véritablement costaude, qui ne tombe pas d’épuisement en ôtant son mascara le soir avant de se coucher. Les yeux gris de Lotty virèrent au noir. Tout à coup, ses ancêtres se rangèrent derrière elle pour la soutenir. — Primo, je ne mets pas de mascara, secundo, je suis plus forte qu’il y parat. En guise de réponse, il lui saisit les mains, les examina, les retourna, en éprouva la texture du bout de ses pouces. Et les lâcha. — Vous n’avez jamais fait le moindre travail manuel de toute votre existence. — Ce qui ne signiIe pas que je ne peux pas commencer aujourd’hui, It-elle en tentant d’oublier son trouble quand les mains de McKenna s’étaient attardées sur les siennes. J’ai vraiment besoin de ce travail ! — Et moi j’ai vraiment besoin de quelqu’un sur qui compter. Alors, sincèrement désolé, mais ma réponse est non. Et inutile de me regarder comme ça. Je suis immunisé. Elle resta bouche bée de stupéfaction.
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— Je ne vous regarde pas comme ça… D’ailleurs, je ne vous regarde comme rien du tout !
Bien qu’elle jouât très bien son rôle, Corran avait du mal à croire qu’elle fût vraiment inconsciente du pouvoir de ses grands yeux gris. Car ils étaient extraordinaire-ment beaux, évoquant la brume d’été, frangés de cils dont la noirceur et l’épaisseur semblaient effectivement ne rien devoir au mascara. Des yeux capables de jeter le trouble chez un homme. Et la confusion. D’autant qu’ils appartenaient à une très jolie femme, merveilleusement Ine, qui portait son lourd équipement de marche avec une classe surprenante. Autour de son cou, une écharpe probablement en cachemire ajoutait une subtile sophistication au portrait. Seuls ses cheveux courts, d’un orange éclatant, surprenaient. Les sourcils froncés, il chercha où elle avait garé sa voiture et ne la vit pas. — Comment êtes-vous arrivée jusqu’ici ? — A pied, répondit-elle, sur ses gardes. îl eut l’air exaspéré. — Et il ne vous est pas venu à l’esprit de téléphoner avant ! Cela vous aurait évité de vous déplacer pour rien. — Mon téléphone ne fonctionne plus depuis quelques heures. — Normal. Les mobiles ne passent pas à Mhoraigh. C’est d’ailleurs pourquoi vous voyez autant de lignes à haute tension dans le coin. — Oh. Elle semblait totalement déconcertée. Elle n’avait probablement jamais utilisé de téléphone Ixe de sa vie. Chaque courbe de son visage portait la trace de privilèges dont elle avait dû jouir depuis sa plus tendre enfance. Désespérée, elle ? Alors tout le monde l’était.
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— Pas grave, dit-elle soudain. J’aime bien la marche. — Peut-être, mais vous paraissez épuisée. Combien de kilomètres avez-vous parcourus aujourd’hui ? — Vingt-six. îl retint un juron. Vingt-six kilomètres et il la renver-rait à pied au bourg ? Pas question. — Comment vous appelez-vous ? — Lotty. Elle eut un moment d’hésitation. — Lotty Mount. Pourquoi ne la croyait-il pas ? — Très bien,Lotty, attendez ici, je vais chercher mes clés. Son visage s’illumina. — Vous me gardez ? — Non, répondit-il en ignorant l’énervante accélération de son cœur. Je vous reconduis à l’Hhôtel Mhoraigh. Elle l’observa, consternée, tout en continuant à chasser les moucherons. — Je ne veux pas retourner là-bas ! — Franchement, c’est le cadet de mes soucis. Ce que je veux,moi, c’est que vous quittiez ma propriété et retourniez à l’hôtel. Ma réputation est déjà assez mauvaise pour que l’on ne vous retrouve pas évanouie sur le chemin du retour. — Je ne m’évanouirai pas. Pas plus que je n’ai l’in-tention de monter dans votre voiture. — Un peu tard pour les précautions, me semble-t-il. îci, de toute façon, il n’y a que moi et les chiens. Sans sembler entendre, elle reprit, butée : — Je préfère rentrer à pied. La soirée est belle. îl leva les yeux vers le ciel. Comme souvent en Ecosse, le jour s’était levé, maussade, entre deux voiles de brume, avant de s’éclaircir à mesure que la journée avançait. A présent, il ne restait dans le ciel que quelques ravissants
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petits nuages blancs mettant en valeur le bleu du ciel et le vert brun des collines. L’eau était d’argent et le soleil de bronze. Elle avait raison. C’était une belle soirée… à ce détail près qu’il n’y avait pas un soufe d’air pour rider la surface du loch. — Les moucherons vont vous dévorer. — Je préfère tout de même rentrer à pied. Elle se baissa pour récupérer son sac et le hissa sur ses épaules. îl la vit échir légèrement sous le poids. — Ne soyez pas ridicule, vous avez sufIsamment marché pour aujourd’hui. Restez là, je vais chercher la clé de ma voiture. îl mit à peine deux minutes. Mais, lorsqu’il revint, elle avait déjà rejoint la piste. — D’accord ! lança-t-il dans sa direction. Entêtez-vous, mais ne vous évanouissez pas sur mes terres ! — Aucun risque ! répondit-elle par-dessus son épaule. Frustré, il resta sur le pas de sa porte et regarda la mince silhouette s’éloigner. Elle gardait la tête haute, mais l’effort lui faisait serrer les dents. Parcourir huit kilomètres à pied jusqu’à une maison quasi abandonnée, habitée seulement par un homme et ses chiens, rien que pour demander du travail ! Qu’avait-elle donc dans la tête ? îl haussa les épaules. Après tout, il avait assez de problèmes pour ne pas y ajouter ceux de Mlle Lotty Mount — si c’était bien son nom — ni s’inquiéter pour elle. îl la suivit néanmoins des yeux, le front plissé, jusqu’à ce qu’elle ait tourné dans le virage. Dans une demi-heure, il irait jeter un œil pour voir où elle en était. Sans doute qu’alors, Ière d’avoir prouvé sa force de caractère, elle ne refuserait pas de faire le reste du trajet dans la Land-Rover. Mais, lorsqu’il la chercha plus tard à bord de son
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véhicule, il ne retrouva pas sa trace, même en pénétrant dans Mhoraigh. L’épisode Lotty était terminé.
Pourquoi Corran dormit-il si mal cette nuit-là ? îl se réveilla de fort méchante humeur. Après avoir pris sa douche et avalé un café, il alla, comme chaque matin, inspecter ses cottages. Les chiens partirent devant, dépassèrent l’ancienne étable et le jardin privé, puis longèrent le hangar à bateaux en ruine avant de s’en-gager sur la piste menant aux bâtisses. Elles avaient été construites par son arrière-arrière-grand-père pour y loger ses ouvriers, à l’époque où Loch Mhoraigh était un domaine prospère. îl avait plu pendant la nuit et l’air était humide, imprégné de l’odeur des fougères. îl aurait adoré aller se promener dans les collines, mais la moindre pause était hors de question. Sans raison, il songea soudain à la femme qui s’était présentée la veille. Lotty… Comment avait-elle pu espérer une seule seconde se faire embau-cher pour rénover des cottages, elle qui ployait sous le simple poids de son sac à dos ? Passer une petite annonce. Ce serait le seul moyen de trouver un homme qui… La chienne pila brusquement devant lui, le déran-geant dans ses pensées. La porte du premier cottage était entrouverte. îl fronça les sourcils. îl se souvenait parfaitement de l’avoir fermée la veille. Ordonnant à Meg de rester tranquille, il pénétra à l’intérieur et resta stupéfait. Endormie sur une couche à même le sol, près de la cheminée, la femme de la veille dormait à poings fermés. îl resta de longues secondes à la regarder, incapable de proférer un son.
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Elle avait abandonné son sac à dos quelque part et portait toujours les mêmes vêtements. L’écharpe qu’elle avait la veille autour du cou lui enserrait maintenant le front et ses manches étaient retroussées sur ses avant-bras. Elle avait visiblement commencé à nettoyer le cottage et avait dû s’écrouler de fatigue sans même s’en rendre compte. Comme si elle avait senti son regard posé sur elle, elle s’éveilla et balbutia unbonjourmal réveillé, avec le léger bégaiement qu’il avait remarqué la veille. — Qu’est-ce que vous Ichez ici ? — Eh bien, en passant hier devant ce cottage, j’ai remarqué que vous aviez commencé à pousser les meubles, et j’ai voulu vous montrer ce que je pouvais faire. C’est d’ailleurs tout ce que je veux : vous prouver ce dont je suis capable. — Moi, après votre départ, je suis allé en voiture jusqu’à Mhoraigh, au cas où vous vous seriez évanouie sur le chemin, mais je ne vous ai trouvée nulle part. Où étiez-vous ? — îl y avait de la paille dans l’une des granges. Je m’y suis reposée un peu avant de revenir ici pour nettoyer. Elle n’ajouta pas qu’elle y avait passé la nuit la plus inconfortable de sa vie et que, en dépit de sa fatigue, elle avait à peine fermé l’œil. Pour un début de juin, la nuit avait été frache et elle avait tremblé de froid, regrettant de ne pas avoir insisté à l’hôtel pour qu’ils lui trouvent un poste. N’importe lequel… Mais, à présent qu’elle était là, il allait falloir faire avec ce diable de McKenna. Tout comme avec les moucherons qui, impitoyables, l’avaient dévorée sans aucun égard pour son titre de princesse… Elle était bien comme tout le monde. D’ailleurs, pour l’heure, la seule chose dont elle avait envie n’était-elle pas une bonne tasse de café ?
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