Le meilleur de la Romance Tendresse

De
Publié par

Alison Roberts vit à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, entourée de sa famille et des nombreux animaux qu’elle a recueillis.
Si elle peut passer des heures à écrire en solitaire des histoires d’amour, Alison aime également l’existence trépidante qu’elle mène…. en tant qu’ambulancière ! Une vie faite de passions et d’émotions fortes, qu’elle sait si bien partager avec ses lectrices à travers les pages de ses romans…


Découvrez dans ce volume collector ses trois meilleures romances tendresse.

Pour le sourire d’Ella
Dès qu’elle rencontre Paul Romano et Ella, son adorable bébé dont elle va être la nounou, Jenna Freeman est sous le charme. Seulement voilà, le célèbre chirurgien ne semble pas très à l’aise en tant que père. Et, si Jenna est résolue à tout faire pour rapprocher le père et la fille, elle doute que Paul accepte de lui laisser une place dans leur vie…

Retrouvailles à Christchurch
Lorsqu’il retrouve Anne, deux ans après leur douloureuse rupture, David est sous le choc. Car la jeune femme qu’il a tant aimée est enceinte ! Comment a-t-elle pu le remplacer aussi vite, et accepter de donner à un autre ce qu’elle lui a toujours refusé : un enfant ? Blessé d’avoir été trahi une seconde fois par celle qu’il n’a jamais réussi à oublier, David se promet d’éviter désormais tout contact avec elle. Jusqu’à ce qu’elle lui fasse une stupéfiante révélation…

Une famille de rêve
Quand Nick retrouve par hasard Fiona, la femme de son frère disparu, tous les sentiments inavoués enfouis dans son cœur depuis dix ans se libèrent. Et faire la connaissance du fils de cette dernière, qu’il se sent prêt à aimer comme le sien, achève d’abattre ses défenses érigées avec soin. Comment, dès lors, pourrait-il se contenter de leur amitié d’autrefois ?
Publié le : lundi 1 juin 2015
Lecture(s) : 0
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280282154
Nombre de pages : 400
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
couverture
pagetitre

1

Où donc avait-elle mis les pieds ?

Jenna Freeman ne s’attendait guère à une situation aussi étrange pour un entretien d’embauche lorsqu’elle était entrée dans cette superbe demeure ancienne, située dans le quartier le plus chic de Christchurch.

Installée dans le salon, elle faisait face à deux femmes, l’une d’environ soixante-dix ans qui la gratifiait d’un sourire approbateur, tandis que l’autre, plus jeune d’une vingtaine d’années, la fixait d’un regard sans indulgence. Toutes deux étaient manifestement dotées d’une forte personnalité.

— Je ne suis pas sûre de bien comprendre. La petite a-t-elle un problème ? demanda Jenna.

— Danielle ? Grand Dieu, non ! Elle est parfaite.

Les trois femmes tournèrent la tête de concert vers la petite, et Jenna sourit.

Oui, c’était un adorable bébé.

Au cours de sa carrière d’infirmière en pédiatrie, elle avait toujours trouvé de l’attrait aux nourrissons dont elle s’était occupée. Certains auraient pu tourner dans des publicités pour petits pots, d’autres avaient des sourires à vous faire fondre, d’autres encore étaient calmes, câlins et faciles à soigner, contrairement à ceux, plus bruyants, qui étaient fascinés par le monde qui les entourait.

Danielle Romano, à neuf mois, était inclassable.

Avec sa jolie robe rose à smocks et ses chaussettes blanches, on l’eût dit prête à être immortalisée par l’objectif d’un photographe. Ses boucles noires et soyeuses étaient retenues par un nœud assorti à sa robe et à ceux qui décoraient ses minuscules chaussures blanches.

Elle jouait justement avec l’un d’eux, prenant le temps d’explorer la forme et la texture de l’objet, qui semblait bien plus intéressant à ses yeux que les multiples jouets jonchant son parc.

Sans doute consciente d’être regardée, elle leva la tête et scruta Jenna de ses grands yeux noirs confiants.

Cette dernière se tourna vers les deux grands-mères de Danielle.

— Votre annonce disait que vous recherchiez une infirmière qualifiée, ayant l’habitude des enfants.

— En effet.

— Mais Danielle est en parfaite santé. Elle a besoin seulement d’une nounou.

La plus âgée des deux femmes, Maria Romano, détourna le regard avec une gêne manifeste. Louise Gibbs, quant à elle, afficha un air suffisant.

— Je vous l’avais bien dit, Maria. Elle ne convient pas pour ce poste.

Jenna contint son agacement à grand-peine. C’était plutôt à elle d’en décider, étant donné qu’elle était trop qualifiée pour la fonction proposée. Si elle acceptait, elle n’utiliserait qu’une infime partie des compétences qu’elle avait acquises après des années d’études et d’expérience.

— Mlle Freeman est bien plus qualifiée qu’une nurse diplômée, Louise. Nous voulons le meilleur pour Ella, n’est-ce pas ?

— Danielle…, corrigea Mme Gibbs en baissant les yeux sur le CV de Jenna, qui était posé sur la table basse située entre elles. Je vous imaginais moins jeune.

— J’ai trente et un ans.

Et elle vieillissait trop vite. Alors que toutes ses amies étaient déjà mariées, elle était la seule à rester célibataire. Etait-elle destinée à s’occuper des enfants des autres ?

Elle repoussa cette pensée dérangeante pour se concentrer sur le problème en cours. N’avait-elle pas eu tort de se présenter à cet entretien ? Non, elle ne dédaignerait pas d’exercer comme infirmière privée dans une ville vierge de tout souvenir douloureux, où elle rencontrerait de nouveaux visages et surmonterait peu à peu l’épreuve qu’elle venait de subir.

C’était une vieille amie, qu’elle avait rencontrée en faculté, qui l’avait encouragée à s’installer à Christchurch, arguant qu’elles pourraient enfin se revoir.

— De plus, vous êtes célibataire, déclara Louise Gibbs, comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse.

Jenna se redressa. Si son dernier petit ami avait tout fait pour la dénigrer, il n’était pas question qu’elle laisse cette femme mettre à mal la fragile assurance qu’elle avait enfin recouvrée.

— En effet. Sinon, je ne rechercherais pas à être logée et nourrie.

— Bien sûr, intervint Mme Romano. D’ailleurs, à votre âge, vous avez déjà acquis de l’expérience. Combien de temps avez-vous exercé en tant qu’infirmière en pédiatrie ?

— Six ans. Auparavant, je travaillais dans un service d’urgence.

— Vous voyez, Louise, il serait merveilleux d’avoir une personne capable de faire face à n’importe quelle urgence ou maladie d’Ell… de Danielle.

Maria Romano, une Italienne un peu enrobée à la chevelure argentée et à l’anglais teinté d’un accent prononcé, lui sourit avec bienveillance. Encouragée par son attitude et son apparence qui lui rappelaient sa mère, Jenna lui rendit son sourire.

Le regard froid et dubitatif de Louise Gibbs, en contraste frappant avec celui de la vieille dame, se baissa sur la jupe droite noire et le chemisier blanc qu’elle avait choisis pour cet entretien ; il détailla aussi sa queue-de-cheval sage, son absence de bijoux et ses ongles courts sans aucun vernis.

Jenna s’en voulut de se sentir rougir sous cet examen inquisiteur. Après tout, elle n’était pas laide, même si elle n’avait rien d’un mannequin, contrairement à cette magnifique blonde dont les nombreuses photographies trônaient sur le dessus de la cheminée.

La plus grande représentait un mariage de conte de fées. Grand, brun et maître de lui, l’homme couvrait d’une main possessive la main de la princesse vêtue d’un nuage de soie et de tulle. Elle ressemblait à la plus jeune des grands-mères assises en face de Jenna, par sa sophistication, mais aussi par une certaine dureté dans les traits.

Trouvant Louise Gibbs de plus en plus antipathique, Jenna décida que cet emploi ne correspondait pas à ce qu’elle recherchait.

— Je crains de vous faire perdre votre temps, dit-elle en se préparant à se lever.

L’Italienne leva la main pour l’en empêcher.

— Non, non ! Je vous en prie, restez.

L’espace d’un instant, Jenna crut percevoir de la peur sur son visage, ce qui aiguisa sa curiosité. Après tout, il serait frustrant de quitter les lieux sans avoir éclairci certains points sur cette maisonnée.

— Le père de Danielle est Paul Romano, annonça Louise. Il est chirurgien pédiatrique à Christchurch. Je suppose que vous avez entendu parler de lui ?

Le célèbre Paul Romano ? songea Jenna, admirative. Il était spécialisé dans l’ablation des tumeurs malignes chez les enfants, et sa réputation n’était plus à faire, au point qu’on lui adressait les cas les plus compliqués des quatre coins du pays.

— Bien sûr. Il est très respecté dans sa profession.

— Oui.

Les deux femmes prononcèrent ce mot de concert, avec une fierté égale.

— Paolo est mon fils unique, ma seule famille dans ce pays, ajouta Maria Romano. Son père est décédé depuis trois ans. Nous…

— Paul était marié à ma fille unique, Gwendolyn, coupa Louise Gibbs. Elle est morte d’une embolie consécutive à la naissance par césarienne de Danielle… à peine trois heures après l’avoir mise au monde.

Elle détourna le regard et l’autre grand-mère lui murmura des mots apaisants en italien en lui tapotant le bras. Jenna ne put s’empêcher de ressentir de la compassion pour elles deux.

— Je suis vraiment désolée… Cette épreuve a dû être terrible pour vous.

Mme Gibbs sembla se reprendre.

— Paul était désespéré, bien sûr. Il n’a pas encore surmonté la perte de Gwen, et la présence de Danielle ne l’y aide pas.

— Ah bon ?

Jenna aurait cru qu’au contraire l’enfant de l’être cher que l’on avait perdu serait d’un grand réconfort. Un homme assez intelligent pour devenir un chirurgien renommé ne pouvait pas rendre responsable un bébé de la mort de sa mère. Sauf si l’amour qu’il portait à son épouse était tel que la moindre allusion à elle le plongeait dans le chagrin.

— Paolo est revenu à la maison afin que je l’aide à élever Ella, expliqua Maria.

Si cette demeure appartenait à la famille Romano, elle avait peut-être surestimé le pouvoir de Louise Gibbs.

— Quant à moi, j’ai déménagé à Christchurch…, dit cette dernière, comme s’il s’agissait d’un sacrifice. J’aurais pourtant été ravie d’assumer l’entière responsabilité de son éducation.

Ces deux grands-mères se disputaient-elles la garde de la petite ? Les doutes de Jenna resurgirent et ils durent se lire sur son visage.

— Ce n’est pas qu’il n’aime pas Ella, ajouta Maria Romano précipitamment, mais la situation est difficile pour lui. Très consciencieux depuis toujours, il s’est jeté à corps perdu dans le travail et passe peu de temps ici.

— Il occupe un poste très prenant, répondit Jenna. Il a de la chance que vous puissiez le seconder toutes deux.

— Comment pourrais-je ne pas le faire ? répondit Louise Gibbs d’un air offensé. Danielle est tout ce qui me reste de ma chère fille, ma fille unique.

— Paolo aussi est fils unique…, dit Maria Romano. Louise et moi sommes toutes deux veuves, mademoiselle Freeman.

La fillette étant la seule représentante de la génération suivante, il était compréhensible qu’elle soit très importante pour chacune des grands-mères. Les familles italiennes ayant la réputation d’être très unies, Louise devait être résolue à conserver son influence dans l’éducation de Danielle.

Cette rivalité évidente, la situation familiale tragique et les différences culturelles étaient propres à rendre l’atmosphère invivable, songea Jenna, de plus en plus sur ses gardes.

Un cri de Danielle interrompit ses pensées. La grand-mère italienne se leva aussitôt pour gagner le parc et se pencher vers le bébé, qu’elle souleva avec peine.

— Ma puce, tu es toute mouillée. Tu as besoin d’une couche propre.

— Je vais le faire, dit Louise en se levant pour prendre sa petite-fille. Profitez-en pour montrer l’appartement à Jennifer, Maria.

— Bien sûr ! Suivez-moi, Jenna.

Son hôtesse la guida jusqu’à une vaste cuisine rutilante, où une femme d’âge mûr s’affairait au-dessus de l’évier. Elle leva les yeux pour l’examiner avec curiosité.

— Shirley, je vous présente Jenna. Je vais lui montrer l’appartement ; j’espère qu’elle acceptera de venir s’occuper d’Ella. Jenna, voici Shirley, qui m’aide dans l’entretien de la maison. Vous n’aurez pas à faire de ménage ni à cuisiner. J’adore cette activité. A dire vrai, je donne des cours de gastronomie italienne, le soir.

La gouvernante l’examina des pieds à la tête et sembla l’apprécier.

— L’appartement vous plaira. Voudriez-vous une tasse de café quand vous aurez terminé ?

— Plus tard, peut-être, quand Paolo sera rentré, intervint la maîtresse de maison.

Elle semblait impatiente d’ouvrir la porte qui avait dû, à l’origine, mener aux quartiers des domestiques, manifestement rénovés depuis.

Dans le salon minuscule mais décoré avec goût, Jenna découvrit une télévision, une chaîne hi-fi et une bibliothèque bien fournie ; dans la kitchenette attenante, un micro-ondes et une bouilloire électrique permettaient de préparer des repas sommaires. Une salle de bains étincelante était attenante à la chambre.

— Bien sûr, vous pourrez utiliser notre cuisine à votre guise, ainsi que la buanderie. Et voici le… Quel est le terme exact, déjà ? La radio pour le bébé…

— L’Interphone pour bébé ?

— Oui, je vous remercie. Ella a parfois du mal à s’endormir, mais une fois qu’elle y parvient, elle fait en général ses nuits. Alors, qu’en pensez-vous ?

— C’est un charmant deux pièces.

— Le poste vous intéresse-t-il ?

Jenna préféra ne pas déguiser ses réticences.

— Puis-je vous demander comment vous vous êtes organisées jusqu’ici ?

images
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi