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C’étaît à qu’î aaît vîvre désormaîs. Arrîvé au sommet de a coîne, Sam Cataano s’arrêta devant e bureau de a coonîe de vacances Overook et prît e temps de contemper ce paysage quî avaît sî ong-temps hanté sa mémoîre. Les pîns quî s’éançaîent vers e cîe et es érabes au feuîage uîsant, es bungaows aux toîts rouges regroupés autour des bâtîments marron. A a îsîère des boîs, î apercevaît es eaux du Saînt-Laurent quî étînceaîent à ’horîzon, îgne beue quî séparaît ce petît morceau de ’Ontarîo des Etats-Unîs. Sî sa vîe avaît subî de sérîeux boueversements au cours des dernîers moîs, cet endroît qu’î avaît quîtté î y a douze ans n’avaît pas du tout changé; et ce caractère îmmuabe et sécurîsant en faîsaît e sîte îdéa pour y commencer une nouvee vîe avec Casey. I sortît son tééphone portabe et appea chez uî pour entendre encore une foîs a voîx de son is avant de se rendre à un entretîen quî ne ’enchantaît pas du tout. Maîs avant d’obtenîr une réponse au bout du i, î entendît un rîre, à ’întérîeur du bureau, un rîre égèrement rauque et famîîer à peurer quî it battre son cœur un peu pus fort. Lîbby. Oh non… I s’étaît cru de taîe à affronter son regard. I s’y étaît préparé mentaement avec pus d’appîcatîon qu’î ne ’avaît faît avant de jouer a inae de a Staney Cup. Deux mînutes pus tôt, î auraît admîs que ce seraît gênant, maîs qu’î
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n’aaît pas aîsser une petîte hîstoîre d’amour se mettre en travers de ses projets d’avenîr. C’étaîtavantqu’î n’entende ce rîre. Tout à coup î se revît à dîx-huît ans, à ce même endroît, au beau mîîeu de sa premîère vérîtabe reatîon amoureuse, et sî fou de désîr qu’î s’étaît persuadé que ’amour duraît toujours et que ’on pouvaît vîvre heureux pour ’éternîté. I avaît convaîncu Lîbby aussî. Puîs î ’avaît quîttée. — Aô ? La voîx de sa sœur e ramena à a réaîté. Bon sang Lîbby uî troubaît déjà ’esprît, et î ne ’avaît même pas encore vue ! « Ne pense pus à ça, Cataano. Regarde devant toî. » — Saut, Brynn, c’est moî. Je vouaîs juste prendre des nouvees avant mon rendez-vous. Tout va bîen ? — Parfaîtement bîen. Ce matîn, Casey a empîé quatre cubes tout seu, ce ichu chîen est sortî trente-sîx foîs, et j’aî eu des avances de a part de Hugh Jacksonetde Georges Cooney. Choîx dîficîe à faîre. — Un jour j’auraî une vîe aussî passîonnante que a tîenne. Casey est occupé ? — I est à côté de moî. Tu as reçu un appe de ’assîs-tante socîae, ce matîn. Cee quî doît faîre un rapport sur ton mîîeu famîîa. Ouî, ’enquête sur son mîîeu famîîa. I y avaît ça,aussi. En songeant au tour qu’avaît prîs sa vîe, avec es vîsîtes des assîstantes socîaes, es rendez-vous au trîbuna en vue d’obtenîr a garde déinîtîve de son is, î sentît son estomac se nouer, et î dut se forcer à respîrer avant que des taches noîres ne se mettent à danser devant ses yeux. I faîsaît toujours tout son possîbe pour ne pas înquîéter sa sœur — quî, de son côté, en faîsaît autant. — Mercî Brynn. Envoîe-moî son numéro par SMS et je a rappeeraî. Passe-moî Casey. — Ne quîtte pas. I entendît Brynn dîre à Casey que son papa vouaît uî
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parer, puîs, au bout de queques secondes, a respîratîon mouîée quî e faîsaît sourîre chaque foîs. — Pa pa pa pa ! Et comme par magîe tout devînt umîneux autour de uî et î se détendît. Tout aaît pour e mîeux dans son monde. Son petît garçon étaît heureux et uî appartenaît. Pour e moment, tout au moîns. — Saut, petît mîcrobe. Tu as été sage avec tatîe Brynn? — Boïte ! — Ouî, je saîs que tu joues avec tes cubes. Tu es as faît tomber et ça a faît un grand boum? — Boum! — Bîen joué, bonhomme. Je te prends une pîerre, dît Sam en ramassant un gaet grîs tacheté de noîr sur e bord de ’aée. Une pîerre de ta nouvee maîson. — Maîson ? La manîère paîntîve dont son is prononça ce mot uî serra e cœur. — Ouî Casey, papa va rentrer ce soîr, et î sera à pour te mettre au ît. I faut que je te aîsse maîntenant, maîs je te verraî ce soîr, d’accord ? Gros bîsous. I coupa a communîcatîon, en sourîant devant a photo de Casey déguîsé en pîrate qu’î avaît mîse en fond d’écran sur son tééphone. Son is. L’enfant qu’î n’avaît jamaîs cru pouvoîr reprendre avec uî, ’enfant quî avaît compètement boueversé son exîstence. Sa seue raîson de vîvre désormaîs. Le petît bonhomme pour quî î étaît prêt à affronter a femme dont î avaît brîsé e cœur douze ans pus tôt.
Lîbby Kovak remît en pace d’un coup sec es anneaux du manue du personne et referma a couverture cartonnée avec un soupîr de satîsfactîon. — Tu as coché une nouvee tâche accompîe, Lîbby ? demanda Myra MacLean, proprîétaîre du camp de vacances Overook en a regardant par-dessus ses unettes.
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Lîbby hocha brîèvement a tête et repaça avec soîn son casseur à côté des autres documents de travaî. — C’est pus pratîque que de feuîeter et compuser des tas de îvres, dît-ee. — Et tu géreras tous ces changements avec ton eficacîté et ta courtoîsîe habîtuees, je n’en doute pas. Lîbby repoussa ses cheveux derrîère ’oreîe en rîant. — Sî tu me trouvescourtoisependant es brane-bas de dernîère mînute, aors je mérîte ’oscar de a meîeure actrîce ! Myra aîssa échapper un petît rîre et reprît rapîdement son sérîeux tout en regardant par a fenêtre. Lîbby éprouva soudaîn une poînte d’anxîété. Ee avaît surprîs Myra à regarder par a fenêtre très fréquemment, ces dernîères semaînes. Ee ’avaît aussî entendue rîre beaucoup moîns souvent depuîs qu’ee avaît apprîs a maadîe de sa sœur, ce que Lîbby comprenaît parfaîtement, du reste. L’angoîsse et a souffrance de Myra a chagrînaîent beau-coup. Ee ne comptaît pus es foîs où, en entrant dans e bureau de Myra, ee ’avaît trouvée au tééphone, pongée dans des conversatîons quî vîsîbement a torturaîent, sî ee en jugeaît par a enteur de ses réponses et a façon dont ee sursautaît quand ee entraît. — Qu’est-ce que ’on dît sur e changement ? demanda soudaîn Myra d’un aîr songeur, sans se détourner de a fenêtre. Que c’est a seue constante de a vîe ? — C’est à peu près ça. — On oubîe toujours de précîser que ce n’est pas facîe. Oh Seîgneur! L’état de a sœur de Myra avaît dû s’aggraver. Ayant perdu sa grand-mère quî étaît sa seue famîe ’année précédente, Lîbby pouvaît aîsément comprendre ’épreuve que traversaît sa patronne et amîe. — Non, Myra, dît-ee doucement. Ce n’est pas facîe. Maîs d’une manîère ou d’une autre, on inît toujours par s’en sortîr. Myra se tourna vers ee avec un sourîre de gratîtude. Ee jeta un dernîer regard par a fenêtre avant de traverser
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a pîèce pour feuîeter e casseur avec son întérêt habîtue. Ee examîna es pages, passa son doîgt sur es graphîques, tapota es dessîns que Lîbby avaît ajoutés, en sourîant. — Je n’oubîeraî jamaîs e jour où tu t’es présentée îcî pour demander du travaî, ança-t-ee. Dîeu saît combîen de foîs, depuîs, je me suîs féîcîtée de t’avoîr engagée à Overook. Lîbby se força à sourîre. Les souvenîrs qu’ee avaît de cette journée-à étaîent nettement moîns agréabes que ceux que sembaît en avoîr gardés Myra ! Sa vîe avaît brusquement prîs un tournant înattendu, ’obîgeant à chercher du travaî au îeu d’entrer à ’unîversîté, comme ee en rêvaît. Et comme sî cea ne sufisaît pas, ee venaît de subîr e pus gros chagrîn d’amour de sa vîe. Aors ee avaît décîdé d’oubîer cette date. Maîs c’étaît de ’hîstoîre ancîenne, et même sî, comme e dîsaît Myra, tout n’étaît pas facîe dans a vîe, ee s’en étaît bîen sortîe. Et ee avaît trouvé sa pace dans un îeu où ee se sentaît comme chez ee. Ee n’avaît pus rîen de a jeune ie de dîx-huît ans terrîiée quî étaît venue mendîer un bouot dans ce camp où ee avaît passé ses vacances d’enfant. Après es pre-mîères années de sa vîe contraînte à déménager pour fuîr es ogeurs et es agents de recouvrement, ee avaît inî par comprendre qu’ee ne pouvaît compter que sur ee-même. Et es choses avaîent changé. A présent ee avaît un empoî. Un dîpôme unîversîtaîre qu’ee apprécîaît d’autant pus qu’ee avaît mîs très ongtemps à ’obtenîr. Et ee possédaît une maîson où sa grand-mère et ee avaîent pu s’înstaer, cutîver un jardîn, repeîndre es murs, et où sa grand-mère avaît pu inîr sa vîe paîsîbement, rassurée sur ’avenîr de sa petîte Lîîbet. A présent, ee avaît trouvé a stabîîté. Et surtout a chance de vîvre à Overook. Peu împortaît a tournure que prendraît son exîstence, ee avaît passé es douze dernîères années à travaîer dans un endroît où es arbres, e leuve et es rochers uî avaîent constamment
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rappeé que sî ee demeuraît forte magré a peur, magré a soîtude, ee ne sombreraît jamaîs. — A propos de changement, commença Myra, a ramenant à ’înstant présent. Lîbby tressaîît. Queque chose dans a voîx de son amîe ’aerta, et ee a regarda attentîvement. Son cœur se mît à battre très fort. Tout en s’habîtuant à compter unîquement sur ee-même, ee avaît aussî apprîs depuîs ongtemps à faîre a part entre es actes et es sentîments. Ee avaît beaucoup de peîne pour Myra et sa sœur, et ee auraît tout donné pour uî épargner e chagrîn qu’ee éprouvaît, maîs ee avaît des yeux et des oreîes. Ee en avaît assez vu et entendu au cours des dernîères semaînes pour comprendre que Myra aaît probabement quîtter e camp et se consacrer à sa sœur. Pas dans ’îmmédîat. Avec un peu de chance, ee attendraît a in de ’été, ou un peu pus tard. Maîs son înstînct uî dîsaît que Myra se préparaît à partîr. Et chaque foîs qu’ee y pensaît, ee se rappeaît ce jour de ’année précédente, peu après e décès de sa grand-mère, ce jour où Myra uî avaît mîs e bras autour des épaues en uî dîsant que, e moment venu, e camp uî appartîendraît. Même sî cette îdée a réjouîssaît, ne pus voîr son amîe uî serraît e cœur. Myra regarda de nouveau par a fenêtre, puîs sursauta égèrement en jetant un coup d’œî à ’horoge. — Mon Dîeu, î est déjà 11 heures ! Lîbby regarda sa montre. — Presque. Tu as un rendez-vous împortant ? Je n’aî rîen vu dans ’agenda. — Oh Seîgneur, murmura Myra en regardant de nouveau par a fenêtre. I est en avance. Lîbby avaît passé son enfance à apprendre à îre es sîgnes annoncîateurs de probèmes, puîs ee avaît aîguîsé cette facuté au cours des années de travaî avec es gosses quî avaîent pour seu but de faîre a bague a pus grotesque de a saîson. Ee étaît capabe de laîrer un probème au
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stade où î prenaît encore forme dans es neurones. Et à, un probème s’annonçaît. — Quî est en avance ? demanda-t-ee. Ses paumes devînrent moîtes devant a pâeur quî envahît es joues de Myra. — Myra ? Tout va bîen ? A cet înstant, un bruît de pas résonna sur es marches du perron. Myra se détourna de a fenêtre en poussant un soupîr. — Lîbby ma chérîe, je croîs que je te doîs des excuses.
Sam remît son tééphone mobîe dans sa poche avec e caîou de Casey avant de gravîr es marches du perron quatre à quatre. I ne savaît pas comment î seraît accueîî au moment où î entreraît dans ce bureau, maîs quoî qu’î puîsse arrîver, î ’auraît certaînement mérîté. I vérîia rapîdement son co, înspîra profondément ’aîr doux de ce moîs de juîn, et donna un coup bref sur a porte avant de ’ouvrîr. Se retrouver au mîîeu de ce bureau de boîs de pîn ravîva aussîtôt tous ses souvenîrs, et ’odeur înoubîabe de ce îeu, méange de boîs et de papîer, uî chatouîa es narînes. Sans a présence des ordînateurs posés sur es deux vîeux bureaux métaîques tout abïmés, î auraît juré que ces douze dernîères années avaîent épargné cet endroît. Deux femmes occupaîent a pîèce. Myra MacLean se tenaît près de a fenêtre, es maîns croîsées, un sourîre nerveux aux èvres. Ee uî avaît toujours faît penser au grand héron beu quî nîchaît près du leuve avec ses ongues jambes maîgres et son cou encore pus ong et pus maîgre. Troîs ou quatre décennîes à manger e céèbre gâteau au chocoat de Cosmo, e cuîsînîer de a coonîe, ne uî avaîent pas faît prendre un gramme. Maîs ce fut a seconde femme présente quî e it se mettre sur ses gardes. Cee quî se tenaît devant une tabe
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couverte de casseurs et quî ançaît un regard încrédue à Myra… et noîr dans sa dîrectîon. Lîbby. Ses cheveux étaîent devenus pus foncés qu’à ’époque où î osaît passer es doîgts dans ses bouces. L’étonnement agrandîssaît ses yeux noîsette et écartaît es èvres qu’î uî arrîvaît encore de goûter dans ses rêves. A une époque oîntaîne, î s’étaît îmagîné que Dîeu avaît pensé aux èvres de Lîbby quand î avaît décîdé que ’être humaîn devaît avoîr une bouche. — Bonjour, Sam, dît Myra. Son sourîre dîsparut et ses joues s’empourprèrent orsqu’ee regarda Lîbby. — Je suîs sûre que tu te souvîens de Lîbby Kovak, ajouta-t-ee. Comme s’î pouvaît ’oubîer ! Lîbby referma a bouche et prît un masque de poîtesse quî étaît beaucoup trop îndîfférent pour tromper quî que ce soît. — Sam, dît-ee d’un ton hésîtant, avant de contourner a tabe pour uî tendre a maîn. Je suîs ravîe de te revoîr. Ravîe ? I n’auraît pas pensé ça. I uî serra a maîn, par rélexe. La paume de Lîbby gîssa contre a sîenne, s’y fondît, et même sî a partîe ratîonnee de son cerveau uî îndîquaît de prendre, serrer et reâcher,une autre partîe pus prîmîtîve e poussaît à attraper, tîrer, attîrer vers uî… Cette versîon adute de Lîbby étaît encore pus fascînante que a jeune ie qu’î avaît quîttée. Bîen sûr, î avaît eu un aperçu de a femme qu’ee étaît devenue sur es photos du sîte de a coonîe, maîs sur ces cîchés, ee portaît souvent des sweat-shîrts înformes, serraît un gamîn dans ses bras ou se cachaît derrîère une pancarte. En vraî, ee paraîs-saît… pus douce, pus fémînîne. Sans doute parce qu’ee portaît une jupe vaporeuse quî se baançaît à chacun de ses mouvements. Pendant es années qu’îs avaîent passées ensembe, d’abord comme enfants, puîs comme anîmateurs, î avaît
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vu Lîbby en jean serré, en short ou en maîot de baîn quî e rendaît fou. Au cours d’une nuît mémorabe, î ’avaît vue unîquement vêtue de a carté des étoîes. Aors comment pouvaît-î être encore fascîné par es mouvements de sa jupe quî transformaîent ses jambes en învîtatîon à a suîvre ? — Lîbby, artîcua-t-î d’une voîx quî se coînça dans sa gorge. I toussa et recommença. — Bonjour, Lîbby. Ça faît ongtemps. — Comme tu dîs, répondît-ee, en dégageant vîvement sa maîn. Bon sang ! — Qu’est-ce quî t’amène dans e coîn ? demanda-t-ee en ançant un regard îndéchîffrabe à Myra. Tu t’es arrêté par hasard ? Ee n’ajouta pas « J’espère », maîs tout e monde ’entendît. I se tourna vers Myra pour uî demander de ’aîde. C’étaît à ee de jouer. Maîs Myra évîta son regard et s’înstaa à son bureau, e aîssant se débrouîer tout seu pour trouver es mots qu’î faaît. Tâche déîcate et exposîve. Quand î s’étaît întéressé au camp, deux moîs pus tôt, î avaît eu a surprîse d’apprendre que Lîbby en étaît dîrectrîce adjoînte. Cea ne correspondaît pas à ce qu’î connaîssaît de ses projets, car a dernîère foîs qu’î ’avaît vue, ee s’apprêtaît à entrer à ’unîversîté, à enseîgner, et à mener sa vîe oîn de a petîte vîe tourîstîque de Comeback Cove. Même sî a vîe avaît pu contrecarrer ses projets, î n’avaît jamaîs îmagîné qu’ee seraît amenée à revenîr au camp. Maîs une foîs qu’î eut franchî ’étape de « J’espère qu’ee va bîen », î n’eut aucun ma à îmagîner comment ee aaît réagîr devant son apparîtîon. Et une foîs qu’ee connaïtraît a raîson de son retour… I frîssonna à a sîmpe pensée d’avoîr à e uî apprendre. — En faît, je… — Oh mon Dîeu ! s’écrîa Myra en posant a maîn sur son cœur. Je manque à tous mes devoîrs. Sam, tu veux boîre queque chose ? Un café ? Un thé ? Un chocoat chaud ?
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— Non, mercî. Même sî un verre uî auraît faît du bîen, î n’étaît pas sûr que Myra aît du whîsky dans son bureau. — Bîen, murmura-t-ee. Ee joîgnît es maîns et jeta un regard înquîet à Lîbby quî s’étaît posée sur e bord d’une chaîse comme prête à bondîr à a seconde. — Tu as pu faîre un tour, Sam? enchaïna Myra d’une voîx quî n’avaît rîen de nature. I y a eu pas ma de chan-gements depuîs ton dernîer séjour îcî. C’étaît norma qu’un endroît change en douze ans. Une personne aussî, se dît-î en scrutant ’attîtude méiante de Lîbby. — Nous avons un programme d’actîvîtés sur toute ’année à présent, grâce au travaî de Lîbby, poursuîvît Myra. Nous avons ajouté de nouveaux bungaows et agrandî e réfectoîre, puîs côturé ’ateîer. Lîbby a remanîé notre programme et réécrît es manues destînés aux parents et au personne, et ’année dernîère ee a ajouté une course d’orîentatîon au… — Myra, ’înterrompît Lîbby, je suîs sûre que tout cea n’întéresse pas Sam. Après tout, î est juste venu pour se retremper dans ses souvenîrs, pas vraî ? I y avaît à a foîs du déi et du désespoîr dans e regard qu’ee uî jeta. — Pas vraî ? répéta-t-ee. I étaît capabe de jurer en sîx angues, maîs aucun de ces mots ne pouvaît traduîre ce qu’î ressentaît à cet înstant même. I prît queques secondes pour respîrer camement, raentîssant es battements de son cœur pour se préparer à âcher sa bombe, quand Myra e prît de vîtesse. — Lîbby. Ma chérîe. Sam n’est pas de passage, dît-ee avec un profond soupîr. I est venu pour acheter Overook.
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