Le meilleur des pères

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Se retrouver brusquement seul pour élever son fils de deux ans, ça, Sam Catalano n’y était pas préparé. Mais il s’est juré de tout faire pour offrir à Casey la meilleure vie possible. Et devenir propriétaire du camp de vacances de son enfance semble être le parfait point de départ pour cette nouvelle vie… jusqu’à ce qu’il découvre que sa nouvelle assistante n’est autre que Libby Kovak, son premier amour. Dès l’instant où leurs regards se croisent, Sam est bouleversé. La passion qui les a unis autrefois est loin, très loin d’être évanouie. Une révélation qui le rendrait incroyablement heureux si elle n’arrivait justement au moment où, il le sait, il doit se consacrer entièrement à son petit garçon…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280326452
Nombre de pages : 288
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C’étaît à qu’î aaît vîvre désormaîs. Arrîvé au sommet de a coîne, Sam Cataano s’arrêta devant e bureau de a coonîe de vacances Overook et prît e temps de contemper ce paysage quî avaît sî ong-temps hanté sa mémoîre. Les pîns quî s’éançaîent vers e cîe et es érabes au feuîage uîsant, es bungaows aux toîts rouges regroupés autour des bâtîments marron. A a îsîère des boîs, î apercevaît es eaux du Saînt-Laurent quî étînceaîent à ’horîzon, îgne beue quî séparaît ce petît morceau de ’Ontarîo des Etats-Unîs. Sî sa vîe avaît subî de sérîeux boueversements au cours des dernîers moîs, cet endroît qu’î avaît quîtté î y a douze ans n’avaît pas du tout changé; et ce caractère îmmuabe et sécurîsant en faîsaît e sîte îdéa pour y commencer une nouvee vîe avec Casey. I sortît son tééphone portabe et appea chez uî pour entendre encore une foîs a voîx de son is avant de se rendre à un entretîen quî ne ’enchantaît pas du tout. Maîs avant d’obtenîr une réponse au bout du i, î entendît un rîre, à ’întérîeur du bureau, un rîre égèrement rauque et famîîer à peurer quî it battre son cœur un peu pus fort. Lîbby. Oh non… I s’étaît cru de taîe à affronter son regard. I s’y étaît préparé mentaement avec pus d’appîcatîon qu’î ne ’avaît faît avant de jouer a inae de a Staney Cup. Deux mînutes pus tôt, î auraît admîs que ce seraît gênant, maîs qu’î
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n’aaît pas aîsser une petîte hîstoîre d’amour se mettre en travers de ses projets d’avenîr. C’étaîtavantqu’î n’entende ce rîre. Tout à coup î se revît à dîx-huît ans, à ce même endroît, au beau mîîeu de sa premîère vérîtabe reatîon amoureuse, et sî fou de désîr qu’î s’étaît persuadé que ’amour duraît toujours et que ’on pouvaît vîvre heureux pour ’éternîté. I avaît convaîncu Lîbby aussî. Puîs î ’avaît quîttée. — Aô ? La voîx de sa sœur e ramena à a réaîté. Bon sang Lîbby uî troubaît déjà ’esprît, et î ne ’avaît même pas encore vue ! « Ne pense pus à ça, Cataano. Regarde devant toî. » — Saut, Brynn, c’est moî. Je vouaîs juste prendre des nouvees avant mon rendez-vous. Tout va bîen ? — Parfaîtement bîen. Ce matîn, Casey a empîé quatre cubes tout seu, ce ichu chîen est sortî trente-sîx foîs, et j’aî eu des avances de a part de Hugh Jacksonetde Georges Cooney. Choîx dîficîe à faîre. — Un jour j’auraî une vîe aussî passîonnante que a tîenne. Casey est occupé ? — I est à côté de moî. Tu as reçu un appe de ’assîs-tante socîae, ce matîn. Cee quî doît faîre un rapport sur ton mîîeu famîîa. Ouî, ’enquête sur son mîîeu famîîa. I y avaît ça,aussi. En songeant au tour qu’avaît prîs sa vîe, avec es vîsîtes des assîstantes socîaes, es rendez-vous au trîbuna en vue d’obtenîr a garde déinîtîve de son is, î sentît son estomac se nouer, et î dut se forcer à respîrer avant que des taches noîres ne se mettent à danser devant ses yeux. I faîsaît toujours tout son possîbe pour ne pas înquîéter sa sœur — quî, de son côté, en faîsaît autant. — Mercî Brynn. Envoîe-moî son numéro par SMS et je a rappeeraî. Passe-moî Casey. — Ne quîtte pas. I entendît Brynn dîre à Casey que son papa vouaît uî
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parer, puîs, au bout de queques secondes, a respîratîon mouîée quî e faîsaît sourîre chaque foîs. — Pa pa pa pa ! Et comme par magîe tout devînt umîneux autour de uî et î se détendît. Tout aaît pour e mîeux dans son monde. Son petît garçon étaît heureux et uî appartenaît. Pour e moment, tout au moîns. — Saut, petît mîcrobe. Tu as été sage avec tatîe Brynn? — Boïte ! — Ouî, je saîs que tu joues avec tes cubes. Tu es as faît tomber et ça a faît un grand boum? — Boum! — Bîen joué, bonhomme. Je te prends une pîerre, dît Sam en ramassant un gaet grîs tacheté de noîr sur e bord de ’aée. Une pîerre de ta nouvee maîson. — Maîson ? La manîère paîntîve dont son is prononça ce mot uî serra e cœur. — Ouî Casey, papa va rentrer ce soîr, et î sera à pour te mettre au ît. I faut que je te aîsse maîntenant, maîs je te verraî ce soîr, d’accord ? Gros bîsous. I coupa a communîcatîon, en sourîant devant a photo de Casey déguîsé en pîrate qu’î avaît mîse en fond d’écran sur son tééphone. Son is. L’enfant qu’î n’avaît jamaîs cru pouvoîr reprendre avec uî, ’enfant quî avaît compètement boueversé son exîstence. Sa seue raîson de vîvre désormaîs. Le petît bonhomme pour quî î étaît prêt à affronter a femme dont î avaît brîsé e cœur douze ans pus tôt.
Lîbby Kovak remît en pace d’un coup sec es anneaux du manue du personne et referma a couverture cartonnée avec un soupîr de satîsfactîon. — Tu as coché une nouvee tâche accompîe, Lîbby ? demanda Myra MacLean, proprîétaîre du camp de vacances Overook en a regardant par-dessus ses unettes.
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Lîbby hocha brîèvement a tête et repaça avec soîn son casseur à côté des autres documents de travaî. — C’est pus pratîque que de feuîeter et compuser des tas de îvres, dît-ee. — Et tu géreras tous ces changements avec ton eficacîté et ta courtoîsîe habîtuees, je n’en doute pas. Lîbby repoussa ses cheveux derrîère ’oreîe en rîant. — Sî tu me trouvescourtoisependant es brane-bas de dernîère mînute, aors je mérîte ’oscar de a meîeure actrîce ! Myra aîssa échapper un petît rîre et reprît rapîdement son sérîeux tout en regardant par a fenêtre. Lîbby éprouva soudaîn une poînte d’anxîété. Ee avaît surprîs Myra à regarder par a fenêtre très fréquemment, ces dernîères semaînes. Ee ’avaît aussî entendue rîre beaucoup moîns souvent depuîs qu’ee avaît apprîs a maadîe de sa sœur, ce que Lîbby comprenaît parfaîtement, du reste. L’angoîsse et a souffrance de Myra a chagrînaîent beau-coup. Ee ne comptaît pus es foîs où, en entrant dans e bureau de Myra, ee ’avaît trouvée au tééphone, pongée dans des conversatîons quî vîsîbement a torturaîent, sî ee en jugeaît par a enteur de ses réponses et a façon dont ee sursautaît quand ee entraît. — Qu’est-ce que ’on dît sur e changement ? demanda soudaîn Myra d’un aîr songeur, sans se détourner de a fenêtre. Que c’est a seue constante de a vîe ? — C’est à peu près ça. — On oubîe toujours de précîser que ce n’est pas facîe. Oh Seîgneur! L’état de a sœur de Myra avaît dû s’aggraver. Ayant perdu sa grand-mère quî étaît sa seue famîe ’année précédente, Lîbby pouvaît aîsément comprendre ’épreuve que traversaît sa patronne et amîe. — Non, Myra, dît-ee doucement. Ce n’est pas facîe. Maîs d’une manîère ou d’une autre, on inît toujours par s’en sortîr. Myra se tourna vers ee avec un sourîre de gratîtude. Ee jeta un dernîer regard par a fenêtre avant de traverser
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a pîèce pour feuîeter e casseur avec son întérêt habîtue. Ee examîna es pages, passa son doîgt sur es graphîques, tapota es dessîns que Lîbby avaît ajoutés, en sourîant. — Je n’oubîeraî jamaîs e jour où tu t’es présentée îcî pour demander du travaî, ança-t-ee. Dîeu saît combîen de foîs, depuîs, je me suîs féîcîtée de t’avoîr engagée à Overook. Lîbby se força à sourîre. Les souvenîrs qu’ee avaît de cette journée-à étaîent nettement moîns agréabes que ceux que sembaît en avoîr gardés Myra ! Sa vîe avaît brusquement prîs un tournant înattendu, ’obîgeant à chercher du travaî au îeu d’entrer à ’unîversîté, comme ee en rêvaît. Et comme sî cea ne sufisaît pas, ee venaît de subîr e pus gros chagrîn d’amour de sa vîe. Aors ee avaît décîdé d’oubîer cette date. Maîs c’étaît de ’hîstoîre ancîenne, et même sî, comme e dîsaît Myra, tout n’étaît pas facîe dans a vîe, ee s’en étaît bîen sortîe. Et ee avaît trouvé sa pace dans un îeu où ee se sentaît comme chez ee. Ee n’avaît pus rîen de a jeune ie de dîx-huît ans terrîiée quî étaît venue mendîer un bouot dans ce camp où ee avaît passé ses vacances d’enfant. Après es pre-mîères années de sa vîe contraînte à déménager pour fuîr es ogeurs et es agents de recouvrement, ee avaît inî par comprendre qu’ee ne pouvaît compter que sur ee-même. Et es choses avaîent changé. A présent ee avaît un empoî. Un dîpôme unîversîtaîre qu’ee apprécîaît d’autant pus qu’ee avaît mîs très ongtemps à ’obtenîr. Et ee possédaît une maîson où sa grand-mère et ee avaîent pu s’înstaer, cutîver un jardîn, repeîndre es murs, et où sa grand-mère avaît pu inîr sa vîe paîsîbement, rassurée sur ’avenîr de sa petîte Lîîbet. A présent, ee avaît trouvé a stabîîté. Et surtout a chance de vîvre à Overook. Peu împortaît a tournure que prendraît son exîstence, ee avaît passé es douze dernîères années à travaîer dans un endroît où es arbres, e leuve et es rochers uî avaîent constamment
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rappeé que sî ee demeuraît forte magré a peur, magré a soîtude, ee ne sombreraît jamaîs. — A propos de changement, commença Myra, a ramenant à ’înstant présent. Lîbby tressaîît. Queque chose dans a voîx de son amîe ’aerta, et ee a regarda attentîvement. Son cœur se mît à battre très fort. Tout en s’habîtuant à compter unîquement sur ee-même, ee avaît aussî apprîs depuîs ongtemps à faîre a part entre es actes et es sentîments. Ee avaît beaucoup de peîne pour Myra et sa sœur, et ee auraît tout donné pour uî épargner e chagrîn qu’ee éprouvaît, maîs ee avaît des yeux et des oreîes. Ee en avaît assez vu et entendu au cours des dernîères semaînes pour comprendre que Myra aaît probabement quîtter e camp et se consacrer à sa sœur. Pas dans ’îmmédîat. Avec un peu de chance, ee attendraît a in de ’été, ou un peu pus tard. Maîs son înstînct uî dîsaît que Myra se préparaît à partîr. Et chaque foîs qu’ee y pensaît, ee se rappeaît ce jour de ’année précédente, peu après e décès de sa grand-mère, ce jour où Myra uî avaît mîs e bras autour des épaues en uî dîsant que, e moment venu, e camp uî appartîendraît. Même sî cette îdée a réjouîssaît, ne pus voîr son amîe uî serraît e cœur. Myra regarda de nouveau par a fenêtre, puîs sursauta égèrement en jetant un coup d’œî à ’horoge. — Mon Dîeu, î est déjà 11 heures ! Lîbby regarda sa montre. — Presque. Tu as un rendez-vous împortant ? Je n’aî rîen vu dans ’agenda. — Oh Seîgneur, murmura Myra en regardant de nouveau par a fenêtre. I est en avance. Lîbby avaît passé son enfance à apprendre à îre es sîgnes annoncîateurs de probèmes, puîs ee avaît aîguîsé cette facuté au cours des années de travaî avec es gosses quî avaîent pour seu but de faîre a bague a pus grotesque de a saîson. Ee étaît capabe de laîrer un probème au
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stade où î prenaît encore forme dans es neurones. Et à, un probème s’annonçaît. — Quî est en avance ? demanda-t-ee. Ses paumes devînrent moîtes devant a pâeur quî envahît es joues de Myra. — Myra ? Tout va bîen ? A cet înstant, un bruît de pas résonna sur es marches du perron. Myra se détourna de a fenêtre en poussant un soupîr. — Lîbby ma chérîe, je croîs que je te doîs des excuses.
Sam remît son tééphone mobîe dans sa poche avec e caîou de Casey avant de gravîr es marches du perron quatre à quatre. I ne savaît pas comment î seraît accueîî au moment où î entreraît dans ce bureau, maîs quoî qu’î puîsse arrîver, î ’auraît certaînement mérîté. I vérîia rapîdement son co, înspîra profondément ’aîr doux de ce moîs de juîn, et donna un coup bref sur a porte avant de ’ouvrîr. Se retrouver au mîîeu de ce bureau de boîs de pîn ravîva aussîtôt tous ses souvenîrs, et ’odeur înoubîabe de ce îeu, méange de boîs et de papîer, uî chatouîa es narînes. Sans a présence des ordînateurs posés sur es deux vîeux bureaux métaîques tout abïmés, î auraît juré que ces douze dernîères années avaîent épargné cet endroît. Deux femmes occupaîent a pîèce. Myra MacLean se tenaît près de a fenêtre, es maîns croîsées, un sourîre nerveux aux èvres. Ee uî avaît toujours faît penser au grand héron beu quî nîchaît près du leuve avec ses ongues jambes maîgres et son cou encore pus ong et pus maîgre. Troîs ou quatre décennîes à manger e céèbre gâteau au chocoat de Cosmo, e cuîsînîer de a coonîe, ne uî avaîent pas faît prendre un gramme. Maîs ce fut a seconde femme présente quî e it se mettre sur ses gardes. Cee quî se tenaît devant une tabe
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couverte de casseurs et quî ançaît un regard încrédue à Myra… et noîr dans sa dîrectîon. Lîbby. Ses cheveux étaîent devenus pus foncés qu’à ’époque où î osaît passer es doîgts dans ses bouces. L’étonnement agrandîssaît ses yeux noîsette et écartaît es èvres qu’î uî arrîvaît encore de goûter dans ses rêves. A une époque oîntaîne, î s’étaît îmagîné que Dîeu avaît pensé aux èvres de Lîbby quand î avaît décîdé que ’être humaîn devaît avoîr une bouche. — Bonjour, Sam, dît Myra. Son sourîre dîsparut et ses joues s’empourprèrent orsqu’ee regarda Lîbby. — Je suîs sûre que tu te souvîens de Lîbby Kovak, ajouta-t-ee. Comme s’î pouvaît ’oubîer ! Lîbby referma a bouche et prît un masque de poîtesse quî étaît beaucoup trop îndîfférent pour tromper quî que ce soît. — Sam, dît-ee d’un ton hésîtant, avant de contourner a tabe pour uî tendre a maîn. Je suîs ravîe de te revoîr. Ravîe ? I n’auraît pas pensé ça. I uî serra a maîn, par rélexe. La paume de Lîbby gîssa contre a sîenne, s’y fondît, et même sî a partîe ratîonnee de son cerveau uî îndîquaît de prendre, serrer et reâcher,une autre partîe pus prîmîtîve e poussaît à attraper, tîrer, attîrer vers uî… Cette versîon adute de Lîbby étaît encore pus fascînante que a jeune ie qu’î avaît quîttée. Bîen sûr, î avaît eu un aperçu de a femme qu’ee étaît devenue sur es photos du sîte de a coonîe, maîs sur ces cîchés, ee portaît souvent des sweat-shîrts înformes, serraît un gamîn dans ses bras ou se cachaît derrîère une pancarte. En vraî, ee paraîs-saît… pus douce, pus fémînîne. Sans doute parce qu’ee portaît une jupe vaporeuse quî se baançaît à chacun de ses mouvements. Pendant es années qu’îs avaîent passées ensembe, d’abord comme enfants, puîs comme anîmateurs, î avaît
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vu Lîbby en jean serré, en short ou en maîot de baîn quî e rendaît fou. Au cours d’une nuît mémorabe, î ’avaît vue unîquement vêtue de a carté des étoîes. Aors comment pouvaît-î être encore fascîné par es mouvements de sa jupe quî transformaîent ses jambes en învîtatîon à a suîvre ? — Lîbby, artîcua-t-î d’une voîx quî se coînça dans sa gorge. I toussa et recommença. — Bonjour, Lîbby. Ça faît ongtemps. — Comme tu dîs, répondît-ee, en dégageant vîvement sa maîn. Bon sang ! — Qu’est-ce quî t’amène dans e coîn ? demanda-t-ee en ançant un regard îndéchîffrabe à Myra. Tu t’es arrêté par hasard ? Ee n’ajouta pas « J’espère », maîs tout e monde ’entendît. I se tourna vers Myra pour uî demander de ’aîde. C’étaît à ee de jouer. Maîs Myra évîta son regard et s’înstaa à son bureau, e aîssant se débrouîer tout seu pour trouver es mots qu’î faaît. Tâche déîcate et exposîve. Quand î s’étaît întéressé au camp, deux moîs pus tôt, î avaît eu a surprîse d’apprendre que Lîbby en étaît dîrectrîce adjoînte. Cea ne correspondaît pas à ce qu’î connaîssaît de ses projets, car a dernîère foîs qu’î ’avaît vue, ee s’apprêtaît à entrer à ’unîversîté, à enseîgner, et à mener sa vîe oîn de a petîte vîe tourîstîque de Comeback Cove. Même sî a vîe avaît pu contrecarrer ses projets, î n’avaît jamaîs îmagîné qu’ee seraît amenée à revenîr au camp. Maîs une foîs qu’î eut franchî ’étape de « J’espère qu’ee va bîen », î n’eut aucun ma à îmagîner comment ee aaît réagîr devant son apparîtîon. Et une foîs qu’ee connaïtraît a raîson de son retour… I frîssonna à a sîmpe pensée d’avoîr à e uî apprendre. — En faît, je… — Oh mon Dîeu ! s’écrîa Myra en posant a maîn sur son cœur. Je manque à tous mes devoîrs. Sam, tu veux boîre queque chose ? Un café ? Un thé ? Un chocoat chaud ?
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— Non, mercî. Même sî un verre uî auraît faît du bîen, î n’étaît pas sûr que Myra aît du whîsky dans son bureau. — Bîen, murmura-t-ee. Ee joîgnît es maîns et jeta un regard înquîet à Lîbby quî s’étaît posée sur e bord d’une chaîse comme prête à bondîr à a seconde. — Tu as pu faîre un tour, Sam? enchaïna Myra d’une voîx quî n’avaît rîen de nature. I y a eu pas ma de chan-gements depuîs ton dernîer séjour îcî. C’étaît norma qu’un endroît change en douze ans. Une personne aussî, se dît-î en scrutant ’attîtude méiante de Lîbby. — Nous avons un programme d’actîvîtés sur toute ’année à présent, grâce au travaî de Lîbby, poursuîvît Myra. Nous avons ajouté de nouveaux bungaows et agrandî e réfectoîre, puîs côturé ’ateîer. Lîbby a remanîé notre programme et réécrît es manues destînés aux parents et au personne, et ’année dernîère ee a ajouté une course d’orîentatîon au… — Myra, ’înterrompît Lîbby, je suîs sûre que tout cea n’întéresse pas Sam. Après tout, î est juste venu pour se retremper dans ses souvenîrs, pas vraî ? I y avaît à a foîs du déi et du désespoîr dans e regard qu’ee uî jeta. — Pas vraî ? répéta-t-ee. I étaît capabe de jurer en sîx angues, maîs aucun de ces mots ne pouvaît traduîre ce qu’î ressentaît à cet înstant même. I prît queques secondes pour respîrer camement, raentîssant es battements de son cœur pour se préparer à âcher sa bombe, quand Myra e prît de vîtesse. — Lîbby. Ma chérîe. Sam n’est pas de passage, dît-ee avec un profond soupîr. I est venu pour acheter Overook.
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