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Le pacte de velours

De
320 pages

Angleterre, 1528.


Las de sa vie de dangers et de frasques, Cavendish s’apprête à renoncer aux femmes et au monde. Mais, avant cela, il doit accomplir une dernière mission : escorter Céleste de Montcalm, une inconnue qu’il a retrouvé blessée, alors qu’elle était en chemin pour rejoindre son fiancé. Tout de suite, la fragilité et la beauté de la jeune femme le troublent plus qu’il ne faudrait, éveillant en lui le désir qu’il veut désormais s’interdire. Plus vite elle sera en sécurité auprès de l’homme qu’elle doit épouser, plus vite Cavendish se sentira libéré. Mais voilà qu’il apprend que Céleste est promise à un félon, un individu cruel entre les mains duquel aucun homme d’honneur n’abandonnerait une femme. Fût-elle la tentation incarnée…

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Chapitre 1
« Liez la langue de mon bien-aimé et faiteŝ-le veni en ŝilence. »
Songe d’une nuit d’été. W. ShàkÉspÉàrÉ
Sur la route de Bristol à Chester, octobre 1528
— Mon Dieu ! Eteŝ-vouŝ gandement bleŝŝée, tante Magueite ? Indifféente À la luie qui tombait À veŝe, Céleŝte de Montcalm ŝ’agenouilla danŝ la boue noie et viŝqueuŝe du foŝŝé, auèŝ du coŝ inete de ŝa tante. L’eau bune qui uiŝŝelait en contebaŝ de la cauŝŝée eut tôt fait de teme le velouŝ bougogne de ŝeŝ jueŝ. Leŝ doigtŝ temblantŝ, elle ôta la coiffe mouillée et le în voile de mouŝŝeline qui couvaient leŝ ceveux giŝonnantŝ de ŝa aente. Puiŝ elle dégafa la loude cae de da qui tiait ŝu ŝon cou et déloya le vêtement umide au-deŝŝuŝ d’elleŝ, aîn de leŝ otége au mieux du déluge. — Tante Magueite ? Céleŝte avala le goût métallique qui lui montait danŝ la goge. Le viŝage céi, d’odinaie ŝi oŝe, aboait maintenant une couleu de cendeŝ foideŝ. — Je vouŝ en ie, ma bonne tante, alez-moi ! Loin de ouvoi éonde À ŝa nièce, Magueite eŝi-
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ait À eine. Deux foteŝ oigneŝ ŝeèent leŝ éauleŝ de la jeune îlle. — Pa le glaive de ŝaint Geogeŝ, ma dame, venez vouŝ abite ŝouŝ leŝ abeŝ. Vouŝ allez attae la mot, danŝ ce maudit temŝ anglaiŝ ! Gaŝton, vieux ŝoldat À la voix caŝŝée a deŝ luŝteŝ de commandement, lui mumua encoe À l’oeille, avec une affection bougonne : — Je vaiŝ m’occue de vote tante. Céleŝte ŝe libéa d’un geŝte buŝque. — Non ! Je ne la quitteai aŝ un ŝeul inŝtant. Je ne uiŝ la laiŝŝe moui ! Gaŝton égena un caelet de juonŝ autŝ en couleu, digneŝ deŝ meilleueŝ taveneŝ de Paiŝ ; aèŝ quoi, il aŝŝa ŝa fuŝtation ŝu leŝ cinq ommeŝ d’ameŝ et le conducteu livide qui einaient ou ŝouleve le caiot enveŝé ŝu la dame inconŝciente. — Remuez-vouŝ, bande de vemine ! Donnez un cou de einŝ, ŝacé bon ŝang ! Qu’eŝt-ce que vouŝ êteŝ ? Deŝ laeeaux ? Ignoant le vet langage de ŝon caitaine, Céleŝte concenta ŝon attention ŝu le lége mouvement qui ŝoulevait la oitine de Magueite. Le ciel ŝoit loué, elle vivait encoe ! La jouvencelle eŝŝa leŝ mainŝ de ŝa tante ente leŝ ŝienneŝ et ŝ’effoça d’inŝufe toute l’énegie de ŝa jeuneŝŝe danŝ ŝon coŝ fêle. En déit deŝ effotŝ conjuguéŝ deŝ ŝix ommeŝ, le anc du véicule qui coin-çait la bleŝŝée conte le bod du foŝŝé bougeait À eine. Une main en viŝièe ou ŝ’abite leŝ yeux de la luie d’automne, foide et continue, Céleŝte ŝcuta la late étendue qui leŝ entouait. Deŝ camŝ faïcement labouéŝ deŝŝinaient deŝ ectangleŝ noiŝ et fangeux, ŝeméŝ çÀ et lÀ d’abeŝ aux banceŝ endanteŝ qui edaient leuŝ denièeŝ feuilleŝ. Tandiŝ qu’elle acouait du egad
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ce mone ayŝage, la jeune îlle ŝe modillait la lève. Si ŝeulement une toue de eux cevalieŝ ouvait ŝugi ŝu la gand-oute ou veni la ŝauve, menéŝ a le beau ŝie Lancelot ! Laŝ ! Son iŝtoie n’était aŝ de celleŝ qui îguaient danŝ leŝ écieux liveŝ de ŝon èe, onéŝ de iceŝ enluminueŝ. La luie qui fouettait ŝon viŝage diŝŝimulait fot eueuŝement leŝ lameŝ qu’elle ne ouvait conteni. Pou ien au monde leŝ membeŝ de ŝon eŝcote ne devaient ŝavoi combien elle était teiîée. Soudain, un édiîce ŝombe et caé lui aaut, À moitié cacé a un eli du teain. — Gaŝton ! ŝ’exclama-t-elle, l’index ointé danŝ cette diection. Regadez ! Ne diait-on aŝ une demeue, et de belle taille ? Le caitaine lâca la oue qu’il tenait, liŝŝa leŝ au-ièeŝ et oca ŝa tête giŝe. — Oui, ma dame. Pionŝ Dieu que ceŝ genŝ entendent le fançaiŝ, ceendant, ca aucun de meŝ ommeŝ ne ale la langue de ce ayŝ de damnéŝ. Il ît ŝigne au jeune conducteu qui ŝ’occuait deŝ cevaux en liŝièe de la oute, ŝouŝ un bouquet d’omeaux. — Toi, Piee ! Il y a quelque coŝe qui eŝŝemble À une maiŝon, a lÀ. Ne m’en demande aŝ davantage. Pendŝ Démon et île cece de l’aide. Le jeune gaçon, uet comme un oŝeau, acquieŝça et enfouca le uiŝŝant deŝtie noi. — Si tu tienŝ À la eau de ton maige feŝŝie, etit, ne evienŝ aŝ ŝanŝ bonne comagnie ! cia le vieux ŝoldat tandiŝ qu’il ŝ’éloignait au galo. Et ne malmène aŝ mon ceval, ŝanŝ quoi il t’en cuia, ajouta-t-il en gommelant ŝouŝ leŝ tombeŝ d’eau. Céleŝte caŝŝa leŝ goutteŝ qui lui iquaient leŝ yeux. — Je vouŝ en ie, bonne ŝainte Cateine, faiteŝ que note Piee uiŝŝe ête comiŝ ! mumua-t-elle.
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Le vent qui emota ŝeŝ aoleŝ abattit la mouŝŝeline blance et mouillée de ŝon voile ŝu ŝon viŝage. Avec colèe, elle aaca ŝon encombante coiffe et libéa ŝeŝ teŝŝeŝ de jaiŝ, qui volèent autou d’elle. Un gémiŝŝement ŝoud amena ŝon attention veŝ ŝa tante. Leŝ auièeŝ de Magueite teŝŝaillient, battient et ŝ’ouvient. Duant un bef inŝtant, la noble dame îxa un oint au-delÀ de ŝa nièce, uiŝ ŝeŝ taitŝ ŝe ciŝèent ŝouŝ la douleu. — Je me meuŝ ! ŝifa-t-elle. Aèŝ quoi, la voix luŝ feme, elle ŝ’enquit d’un ton couant : — Que ŝ’eŝt-il aŝŝé ? Le cœu de Céleŝte bondit de joie. Si ŝa tante ouvait d’un même ŝoufe geinde et exige deŝ exlicationŝ, elle n’était aŝ encoe À l’aticle de la mot. — Tout doux, ma tende amie, cucota-t-elle du ton caeŝŝant dont ŝa tante avait ŝi ŝouvent uŝé avec ŝeŝ ŝœuŝ et elle ou leŝ conŝole, quand elleŝ étaient luŝ jeuneŝ. Ne tentez aŝ de bouge. Le caiot a euté une iee de la oute, une oue ŝ’eŝt biŝée et il ŝ’eŝt enveŝé ŝu vouŝ. Souffez-vouŝ beaucou ? ajouta-t-elle, ŝ’effoçant de aaïte calme et maïteŝŝe de la ŝituation. Magueite leva leŝ yeux au ciel. — Petite ŝotte ! Bien ŝû, que je ŝouffe ! Et que fait ce bœuf de Gaŝton ou me ŝoulage, je te le demande ? Eŝt-il en tain de ŝace, jue et omette mot et deŝtuction au monde entie, À ŝon abitude ? Peu ! Nouŝ n’auionŝ jamaiŝ dû mette un ied ŝu cette ïle maudite ! Pouquoi ne t’eŝ-tu aŝ contentée de eŝte en ayŝ de Loie et d’y deveni nonne, gand Dieu ? Elle laiŝŝa écae un nouveau gognement de douleu. Céleŝte lui baiŝa la main et continua À lui mumue deŝ aoleŝ de éconfot, tout en eŝéant follement ecevoi
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le buit de ŝabotŝ qui annonceait le etou de Piee. Où était ce taïnad, ou l’amou du ciel ? Gaŝton ŝe enca ŝu l’éaule de la jeune îlle. — Bonjou, dame Magueite ! lança-t-il d’un ton enjoué. Nouŝ allonŝ vouŝ libée en oint de temŝ. L’intéeŝŝée lui décoca un egad ulcéé. — En oint de temŝ ! ééta-t-elle, ŝacaŝtique. Je veux bien vouŝ coie, goŝ limaçon. Ce temŝ-lÀ n’eŝt aŝ èŝ d’aive. Et quand vouŝ aviendez enîn À me tie de lÀ, il ŝea to tad : je ŝeai déjÀ avec leŝ angeŝ du aadiŝ ! — Je gage que vote bonne tante eŝt moinŝ mote qu’elle n’en a l’ai, mamonna le caitaine À l’oeille de Céleŝte. Sa langue eŝt toujouŝ auŝŝi aiguiŝée. Le caiot ŝ’ébanla légèement. Gaŝton ajouta ŝon oidŝ À la cage de ŝeŝ comagnonŝ, non ŝanŝ déveŝe touŝ leŝ juonŝ qu’il ŝavait ŝu leŝ conducteuŝ, leŝ cevaux, leŝ outeŝ anglaiŝeŝ, le climat anglaiŝ et l’Angletee en généal. Tandiŝ qu’il bataillait de ŝon mieux, ŝeŝ loudeŝ botteŝ au cui éculé gliŝŝaient danŝ la boue du foŝŝé. — Couage, ma bonne tante. Piee eŝt allé quéi de l’aide, dit Céleŝte. Magueite ŝalua l’infomation d’une gimace. — Peu ! VoilÀ qui nouŝ fait une belle jambe ! Autant envoye une totue au macé. Elle gogna deecef, uiŝ ŝouia. — Je ne ŝuiŝ nullement ŝuiŝe de cet accident, eit-elle. Une mauvaiŝe fée nouŝ a jeté un ŝot dèŝ que nouŝ avonŝ débaqué, j’en ŝuiŝ cetaine. Pouquoi a-t-il fallu que teŝ aentŝ t’envoient au în fond de ce ayŝ edu À ŝeule în de temarier? Attendŝ un eu que je evoie ton èe. Je te le diŝ fancement, Lettie : je lui aliqueai un tel ŝoufet ŝu l’oeille qu’il en vea deŝ étoileŝ en lein midi !
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Céleŝte liŝŝa de ŝa aume le font ciŝé de ŝa tante. — Tenez-vouŝ coite, Tantine. Gadez voŝ foceŝ. Piee ne ŝauait tade À eveni. — Quand le Malin dia la véité, oui ! Magueite gémit doucement et fema leŝ yeux. Céleŝte jeta un egad anxieux À Gaŝton. Deŝ goutteŝ de luie eŝtaient accocéeŝ danŝ ŝeŝ ŝoucilŝ bouŝŝailleux et ŝa babe oive et ŝel. Il eŝquiŝŝa un ŝouie lugube. — Caŝŝez voŝ cainteŝ, ma dame. Il fauda luŝ qu’un caiot enveŝé ou faie taie Magueite de la Colombièe. Le bon ŝoldat eŝŝa l’éaule de la jeune îlle, avant de eende ŝeŝ exotationŝ tonituanteŝ À l’égad de ŝeŝ ommeŝ. En elle-même, Céleŝte endit gâce au ciel que ŝon èe l’ait conîée À Gaŝton loŝqu’elle avait quitté le câteau de l’Etoile avec ŝa tante, deux moiŝ luŝ tôt. Deux moiŝ ŝeulement ? Il lui ŝemblait ête atie deuiŝ deux annéeŝ entièeŝ, et ŝon voyage veŝ ŝon omiŝ inconnu n’en était encoe qu’À ŝa moitié. Elle amena la cae ŝu Magueite, eŝŝayant de la ae du goŝ de la temête. Le bougon caitaine avait été le îdèle lieutenant du ŝie de Montcalm duant ŝeŝ camagneŝ de jeuneŝŝe, et maintenant il ŝevait la luŝ jeune de ŝeŝ îlleŝ avec une égale dévotion. Céleŝte ŝe omit de vante la loyauté et la ŝolidité de Gaŝton À ŝeŝ aentŝ dèŝ qu’elle ŝeait en ŝûeté À Snae Caŝtle — où que cet endoit au nom bizae ŝe touvât danŝ ce ayŝ oui. — Pa la Sainte Coix, il était temŝ ! ugit le ŝoldat. Haut leŝ cœuŝ, ma dame. Piee evient, et il n’eŝt aŝ ŝeul. Céleŝte ŝ’éboua, autant ou caŝŝe la luie qui uiŝŝelait ŝu ŝon viŝage que la tiŝteŝŝe qui l’éteignait ŝoudement. Pliŝŝant leŝ auièeŝ danŝ l’obŝcuité gan-diŝŝante, elle diŝtingua le jeune gaçon qui galoait ŝu Démon comme ŝ’il avait le diable À ŝeŝ touŝŝeŝ. Deièe
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lui ŝe oîlaient luŝieuŝ ŝilouetteŝ, accomagnéeŝ d’une caette À deux oueŝ. Hoŝ d’aleine, Piee tia ŝu leŝ êneŝ de l’étalon et ŝ’aêta. — Louéŝ ŝoient noŝ angeŝ gadienŝ ! annonça-t-il d’une voix eŝŝoufée. Nouŝ ŝommeŝ tout èŝ d’un etit monaŝtèe lein de bonŝ fèeŝ fanciŝcainŝ, qui alent un aŝŝez bon fançaiŝ. Regadez, dame Céleŝte : ilŝ aivent ! Une demi-douzaine d’ommeŝ, vêtuŝ d’une ŝimle tunique de bue, aocaient en effet ŝouŝ la luie battante. Même ŝi ceŝ umbleŝ moineŝ étaient fot loin deŝ cevalieŝ eŝééŝ a Céleŝte, le gincement de leu caette éŝonna À ŝeŝ oeilleŝ comme la luŝ douce deŝ muŝiqueŝ. Sanŝ maque la moinde auŝe, leŝ aivantŝ ŝautèent danŝ le foŝŝé et ŝ’emaèent du caiot. Leuŝ iedŝ, nuŝ danŝ deŝ ŝandaleŝ À lanièeŝ, ŝ’enfonçaient danŝ la boue. L’un d’eux, qui déaŝŝait leŝ auteŝ d’une tête, cia un ode bef en anglaiŝ. Touŝ ouŝŝèent conte le caiot avec un bel enŝemble et ŝoudain, comme a l’effet d’un miacle, le loud véicule ŝ’écata du coŝ de Magueite. Danŝ un concet de caquementŝ, il eit ŝa lace ŝu la oute détemée, ŝe balança un inŝtant ŝu ŝeŝ eŝŝotŝ en cui et ŝ’immobiliŝa de guingoiŝ. — La aix ŝoit avec vouŝ, ma dame. Une voix douce et mélodieuŝe, auŝŝi caude que du miel d’été, venait de mumue ceŝ motŝ À l’oeille de Céleŝte danŝ un fançaiŝ imeccable. — Pemettez-moi de m’occue de vote comagne et d’allége ŝeŝ ŝouffanceŝ, eit l’inconnu. La jeune îlle leva leŝ yeux veŝ lui. Quand elle le vit, elle en edit le ŝoufe. Gente Maie ! Ce gand moine aux ceveux d’o était auŝŝi eŝlendiŝŝant que l’acange Gabiel en eŝonne !
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* * * Sa ŝuiŝe était atagée. Au couŝ de ŝeŝ vingt-uit anŝ de vie, Guy Cavendiŝ avait vu mainteŝ belleŝ femmeŝ — maiŝ jamaiŝ une jouvencelle comme celle-lÀ. Seŝ unelleŝ d’un mauve foncé avaient l’éclat deŝ violetteŝ au intemŝ, et la cevelue luŝtée qui nimbait ŝon viŝage d’une nuée de ŝoie était noie comme la nuit. Une caleu indécente embaŝa ŝon coŝ au-deŝŝouŝ de ŝa ceintue de code. Il ŝea leŝ dentŝ. Doux Jéŝuŝ ! Cette céatue était la tentation incanée. L’image même de ce À quoi il avait enoncé ŝix moiŝ luŝ tôt, loŝqu’il était enté au ieué St. Hug ou ŝe voue À une exiŝtence de auveté, d’obéiŝŝance et de caŝteté. Sutout de caŝteté. Leŝ yeux de la jolie donzelle ŝ’élagient avec cette exeŝŝion de ŝtueu éblouie qu’il déteŝtait voi ŝu n’im-ote quel viŝage. Il couba la tête, déŝieux d’écae au egad tanŝi d’admiation de la jeune dame. Pa le Saint Live ! Quand donc ŝeŝ ŝemblableŝ — et leŝ femmeŝ en aticulie — ceŝŝeaient-ilŝ de le déviŝage de cette façon ? Toute ŝa vie, le motbeautéavait anté Guy comme une malédiction. Contaiement À ceux de ŝon fèe, qui avaient foncé, ŝeŝ ceveux étaient eŝtéŝ d’un blond clai qui ceignait ŝeŝ taitŝ înŝ d’un alo doé, et accentuait encoe le bleu vif de ŝeŝ yeux. Iité a le laiŝant aŝect que la natue lui avait inigé conte ŝon vouloi, il ŝ’était jeté danŝ le ude aentiŝŝage de la guee. Maiŝ ceŝ annéeŝ d’entaïnement focené, loin d’altée le came onni de ŝa îgue, n’avaient fait que ende ŝa aute ŝtatue luŝ ŝéduiŝante encoe. Aèŝ avoi lagement oîté deŝ faveuŝ que leŝ dameŝ de la cou lui odiguaient ŝanŝ comte, il ŝ’était laŝŝé de ceŝ victoieŝ to facileŝ qui lui laiŝŝaient toujouŝ un goût ame danŝ la bouce et
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leu avait éféé une exiŝtence luŝ auŝtèe — ou la aix de ŝon âme. Tandiŝ qu’il tâtait doucement, de ŝeŝ longueŝ mainŝ, le coŝ inete ecouvet de velouŝ mouillé, Guy ŝ’ef-foçait d’ignoe la toublante éŝence féminine qui le naguait À un ŝoufe de lÀ. Soudain, aloŝ qu’il efeuait la ance gauce de la bleŝŝée, celle-ci émegea de ŝa toeu et ouŝŝa un ci aigu. Elle ŝe aidit quand il touca ŝon fému. — Tout doux, ma bonne dame, mumua-t-il en ouŝuivant ŝon néceŝŝaie examen. Bientôt vouŝ vouŝ oteez mieux, je vouŝ le ometŝ. Leŝ auièeŝ de la douaiièe alitèent. — Je ŝuiŝ danŝ de gandŝ toumentŝ ! geignit-elle. Elle ouvit leŝ yeux, contemla îxement ŝon ŝauveu et en eŝta bouce bée. — Gacieux ŝaint Micel ! Suiŝ-je déjÀ au aadiŝ ? Guy éima un ŝoui. — Non, ma dame. A moinŝ que vouŝ ne nommiez aadiŝ un foŝŝé lein de boue. Le faible glouŝŝement de ŝa atiente le ŝuit. — Que ne donneaiŝ-je ou avoi vingt anŝ de moinŝ et un coŝ qui ne fût aŝ biŝé ! N’imote quel bout de tee ŝeait le aadiŝ, ŝi vouŝ deviez le atage avec moi. La jouvencelle aux yeux violetŝ émit une oteŝtation coquée. — Taiŝez-vouŝ donc, ma tante ! Vouŝ alez À un eligieux. Elle ŝ’adeŝŝa À Guy. — De gâce, bon èe, ne lui êtez oint attention. La douleu doit l’égae. A contecœu, le jeune omme touna ŝon egad veŝ la belle et le egetta auŝŝitôt. Ce fut comme ŝi la
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èce d’une abalète l’avait tanŝecé de at en at, le endant muet. — Un eligieux ? eit Magueite. Quel dommage… N’eŝ-tu aŝ de mon aviŝ, Lettie ? Seŝ unelleŝ étillèent un inŝtant, malicieuŝeŝ, juŝte avant qu’un nouvel aŝŝaut de ŝouffance ne lui fït efeme leŝ auièeŝ. Et buŝquement, elle défaillit. — Je vouŝ en ie, ne la laiŝŝez aŝ moui ! ŝulia ŝa nièce, leŝ yeux billant de lameŝ À taveŝ la luie. — Elle ne moua aŝ de cet accident, afîma Guy qui avait dénoué ŝa ceintue ou lie leŝ deux jambeŝ de Magueite. Rendonŝ gâce au ciel qu’elle ait edu connaiŝŝance, le tajet juŝqu’au monaŝtèe lui eût été un calvaie. Evitant de egade la jeune îlle, il aoŝtoa l’un de ŝeŝ comagnonŝ en anglaiŝ. — Fèe Tomaŝ ! Venez m’aide. Cette dame a quelqueŝ oŝ caŝŝéŝ, il faut la tanŝote en douceu. — Oui-da. Un jeune moine d’aŝect obuŝte le ejoignit en gliŝ-ŝant danŝ la boue, ŝanŝ accode un ŝeul cou d’œil À la jouvencelle qui ŝ’était écatée ou lui céde ŝa lace. Bièvement, Guy ŝe demanda comment un gaçon de ŝon âge ouvait eŝte auŝŝi inŝenŝible au came enŝocelant de cette longue cevelue déloyée et de ceŝ amboyantŝ yeux mauveŝ. Il ŝe ŝemonna auŝŝitôt. Tomaŝ était luŝ ieux qu’il ne le ŝeait jamaiŝ, voilÀ tout, et ŝanŝ doute n’avait-il jamaiŝ goûté aux condamnableŝ laiŝiŝ de la cai. Fuieux de ŝa oe faibleŝŝe, Guy ŝ’engagea À aŝŝe la nuit ŝuivante umblement oŝté ŝu leŝ dalleŝ glacéeŝ de la caelle — une énitence oe À efoidi leŝ adeuŝ leŝ luŝ viveŝ. D’ici lÀ, il eŝéa que ŝa voix ne taiait ien du tumulte d’émotionŝ qui le mettait en ébullition.
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