Le prix de la séduction - Fiancée pour un mois

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Série Les secrets de Waverly’s, tome 3

Même dans la plus prestigieuse salle des ventes, l’amour est un trésor qui ne s’achète pas.

Le prix de la séduction, Yvonne Lindsay
Pour convaincre Avery Cullen de lui vendre les toiles impressionnistes en sa possession, Marcus Price, marchand d’art chez Waverly’s, est prêt à tout. Y compris à séduire la riche héritière, ce qui ne devrait pas s’avérer trop difficile, s’il en croit la lueur d’intérêt qu’il voit briller dans le regard de la jeune femme. Mais s’il veut parvenir à ses fins, Marcus doit aussi et avant tout faire face à un obstacle inattendu – en domptant le désir qui s’empare de lui chaque fois qu’il se trouve en présence de l’époustouflante Avery…

Fiancée pour un mois, Linda Winstead Jones
Bien des fois, Daisy a imaginé ses retrouvailles avec Jacob Tasker – il la dévorerait des yeux tout en regrettant amèrement de l’avoir abandonnée autrefois, elle l’éconduirait avec fierté... Mais pas une seule fois elle n’a pensé qu’il reviendrait dans leur petite ville de Bell Grove, plus beau encore qu’à l’époque de leur liaison, avec l’intention de lui demander l’impossible : jouer, auprès de sa famille, et pour un mois seulement, le rôle de sa fiancée…

Publié le : dimanche 1 septembre 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280297639
Nombre de pages : 432
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— Mlle Cullen ne reçoit pas de visiteurs ! En entendant la voix indignée de son employée de maison, Avery sursauta, tachant malgré elle sa toile du bout de son pinceau. Derrière elle, sur les pavés anciens de l’allée, des pas rapides résonnèrent. Elle posa son pinceau en soupirant. En ce jour nuageux et subitement automnal, la lumière se faisait rare, et sa séance de travail ne se passait pas comme elle le souhaitait.Si seulement la passion pour un sujet compensait tous les autres défauts,songea-t-elle. Elle saisit le chiffon de lin sur le plateau de son chevalet et s’essuya les mains avant de se retourner pour voir d’où provenait toute cette agitation. D’habitude, son employée de maison n’avait aucun problème à éconduire les visiteurs dès le seuil de la porte. C’était une femme qui avait à cœur de la protéger et qui respectait totalement son besoin d’intimité. Mais il semblait que quelqu’un avait réussi à passer le barrage habituellement efîcace de Mme Jackson. L’intrus marchait un bon mètre devant la corpulente employée, le regard rivé sur un point précis : elle. Avec ses cheveux blond foncé courts en désordre et sa barbe naissante, c’était un homme séduisant. Quelque chose chez lui lui paraissait vaguement familier. Non, impossible. Si elle l’avait déjà rencontré, elle s’en serait souvenue. Elle ne le connaissait pas.Bien sûr que si,murmura une petite voix en elle.N’est-ce pas l’homme
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que Macy t’a montré lors de la vente aux enchères Tarlington ? Avery ît taire la petite voix, tandis qu’un frisson la parcourut. Ce n’était pas de la peur. Ni même de l’appréhension face à cet étranger qui se dirigeait vers elle d’un pas si déterminé. Non, c’était une sensation qu’elle avait du mal à nommer, mais qui la ît rougir et accéléra son pouls. L’agacement, se dit-elle, sachant pertinemment qu’elle se mentait à elle-même. — Je suis navré, mademoiselle Cullen, j’ai informé M. Price que vous ne receviez personne, mais il n’a rien voulu entendre, déplora Mme Jackson avec un accent cockney renforcé par son indignation. Il prétendqu’il a rendez-vous. — Ce n’est rien, madame Jackson. Maintenant qu’il est ici, je vais le recevoir, dit Avery d’une voix aussi douce que possible. Faisant appel au sens de l’hospitalité qui lui avait été inculqué dès son plus jeune âge, elle suggéra : — Notre invité voudrait peut-être prendre un thé sur la terrasse avant de partir ? — Café, s’il vous plaït, si vous en avez, répondit l’intrus. Son accent était bostonien, mais c’était son nom qui l’avait interpellée et avait attiré son attention. Tandis que Mme Jackson s’éloignait pour aller préparer le café, en marmonnant sous cape, Avery accorda toute son attention à son visiteur impromptu. — Price ? Vous êtes donc Marcus Price, de chez Waverly’s à New York ? Waverly’s était l’hôtel des ventes qui s’était chargé des biens de la mère de son amie Macy. Face aux épreuves que celle-ci avait traversées avant et après la vente, Avery était plus que jamais déterminée à conserver les trésors qui constituaient son passé, qu’elle les aime ou non. Au
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moins, elle avait le luxe de ne pas être obligée de vendre ses souvenirs, comme son amie Macy avait dû s’y résoudre. — Je suis atté que vous vous souveniez de mon nom, déclara-t-il avec un sourire charmant. — Ne le soyez pas, rétorqua-t-elle d’un ton qu’elle voulait calme en dépit de l’étrange sensation qui se diffusait dans son corps. La première fois que vous m’avez contactée au sujet de la collection impressionniste de mon père, je croyais avoir été très claire. Je refuse de la vendre. Vous avez fait tout ce voyage pour rien. Lorsqu’il sourit en guise de réponse, la sensation en elle s’ampliîa, se répandit dans tout son corps. Elle s’ef-força de la chasser. Si séduisant soit-il, et Marcus Price l’était indéniablement, elle connaissait trop les hommes dans son genre. Audacieux, sûrs d’eux, impertinents. S’il comptait jouer de son charme pour la convaincre de céder la collection de son défunt père, il allait être déçu. — Maintenant que j’ai enîn eu la chance de vous rencontrer, je sais que je n’ai pas entièrement perdu mon temps. Le sous-entendu ne lui échappa pas. — Inutile de me atter, monsieur Price. D’autres ont essayé avant vous avec plus de talent… et ont échoué. — Appelez-moi Marcus. Elle hocha la tête. — Marcus, si vous voulez. Cela ne change rien. Je refuse de vendre, et je ne comprends vraiment pas pour-quoi vous êtes ici. — Votre assistant, David Hurley, a organisé notre rendez-vous il y a deux semaines. Je croyais qu’il vous en avait parlé, mais… (il plissa les yeux en voyant l’expres-sion irritée sur le visage d’Avery) je vois qu’il a omis de le faire. Je suis navré, mademoiselle Cullen. Je croyais que vous étiez ouverte au dialogue. Il était doué. Charmant, l’air sincère… elle aurait
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presque pu le croire. Combien avait-il payé David pour mettre ce plan à exécution ? Elle avait cru que l’assistant de son père était incorruptible. A dire vrai, elle ne voyait pas comment Marcus avait réussi à obtenir le rendez-vous pour lequel il la harcelait depuis un mois autrement que par l’entremise de David. Elle contacterait ce dernier au plus vite. En dépit des années de bons et loyaux services assurés auprès de son père, s’il n’avait pas d’explication valable à lui fournir, elle n’hésiterait pas à le renvoyer. — Votre café est sans doute prêt, dit-elle, refusant de prendre position sur le rôle de David dans cette histoire. Si nous allions sur la terrasse ? — Merci. Il lui ît signe de passer devant lui. Elle sentit son regard sur elle, tandis qu’elle suivait le chemin de pierre qui longeait la maison et menait à la terrasse. Elle regretta alors de ne pas porter une tenue plus… enîn, n’importe quoi d’autre que le vieux jean et le T-shirt qu’elle avait enîlés pour peindre. A l’instant où elle eut cette pensée, elle la chassa de son esprit. C’était si futile ! Elle n’avait pas à impressionner Marcus Price, ou les autres gens de son espèce. Elle avait appris à ses dépens à reconnaïtre ceux qui ne cherchaient qu’à se servir d’elle, et elle était sûre que s’il obtenait la collec-tion Cullen, les tableaux impressionnistes dont son père avait fait l’acquisition ces vingt-cinq dernières années, M. Price verrait probablement sa carrière faire un bond. Ils arrivèrent sur la terrasse au moment où Mme Jackson apportait une desserte avec le café. Elle posa les tasses et les soucoupes sur une petite table de fer forgé. Avery invita Marcus à s’asseoir et prit la cafetière en argent qui portait le sceau de la famille anglaise de sa mère. Elle versa une tasse à son invité. — Crème ou lait ? demanda-t-elle. — Café noir, merci.
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— Sucre ? ajouta-t-elle, en s’efforçant de se conduire en parfaite maïtresse de maison. — Deux, s’il vous plaït. Elle haussa un sourcil. — Deux ? Ah, oui, je vois pourquoi. — Vous pensez que j’ai besoin d’être adouci ? Il y avait une note d’amusement dans sa voix. — C’est vous qui l’avez dit, pas moi. Avec une pince en argent, elle plongea deux morceaux de sucre dans son café et lui tendit sa tasse. — Merci, dit-il. Il la prit d’une main et, de l’autre, saisit la cuillère posée sur la soucoupe pour remuer son café. Elle se surprit à l’observer avec un intérêt marqué. Longues et néanmoins puissantes, ses mains étaient à la fois celles d’un artiste et d’un homme habitué à travailler dur pour gagner sa vie. De nouveau, elle se sentit gagnée par une étrange chaleur. Elle avait vraiment besoin de sortir davantage, songea-t-elle en tentant de réprimer cette sensation. Elle avait vécu en recluse dans sa maison londonienne depuis la mort de son père et, hormis un bref voyage à New York pour soutenir sa meilleure amie Macy durant la vente des biens de sa célèbre mère, elle n’avait eu que très peu de contacts sociaux. Peut-être était-il temps de remédier à la situation. D’ailleurs, Macy ne lui avait-elle pas suggéré de rencontrer Marcus, ne serait-ce que parce qu’il était charmant ? Mais Marcus Price était trop séduisant pour elle. — A propos de la collection Cullen…, dit-il après avoir pris une gorgée de café. — Je refuse de la vendre. Je ne vois pas comment je pourrais être plus claire, coupa-t-elle. Elle commençait à perdre patience. Elle était décidée à conserver ces tableaux, même s’ils prenaient la poussière dans la maison de Los Angeles qui avait appartenu à son
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père. Au fond d’elle, elle savait bien qu’elle devrait en faire quelque chose, par exemple les prêter à un musée ou à une galerie, à quiconque les apprécierait plus qu’elle. Mais elle ne pouvait se résoudre à s’en séparer tout de suite. Son père avait amassé ces travaux impressionnistes pendant toute la vie d’Avery et, même enfant, elle avait perçu sa satisfaction à chaque nouvelle acquisition. Forrest Cullen avait adoré chaque toile avec une dévotion qu’Avery avait souvent enviée. Bien sûr, elle savait que son père l’avait aimée, à sa manière, avec distance, mais même après la mort de sa mère, lorsqu’elle avait cinq ans, il s’était avéré peu présent. Elle avait toujours senti que son père avait eu deux grands amours dans sa vie : sa femme et sa collection. Elle refusait de se séparer du seul lien qui l’unissait encore à l’homme qu’elle avait idolâtré toute sa vie. La collection, ainsi que le jardin de cette maison qu’il avait entretenu si patiemment, lui donnait l’impression d’être plus proche de lui et atténuait sa peine. Marcus interrompit le cours de ses pensées. — Vous savez sans doute ce que la collection pourrait vous rapporter, avec les bons acheteurs. Elle eut un petit sourire cynique. — Regardez autour de vous, Marcus. Je ne suis pas à proprement parler dans le besoin. — Alors voyez les choses sous un autre angle : ces toiles méritent d’être possédées et vues par des gens qui les apprécient vraiment. Elle se raidit. David lui avait-il dit qu’elle n’aimait pas la collection ? Non, il ne pouvait être au courant. — Etes-vous en train de sous-entendre que je n’apprécie pas la collection de mon père ? C’est plutôt présomptueux, ne trouvez-vous pas ? Il plissa ses yeux verts et posa sur elle un regard scrutateur. Elle réprima l’envie de replacer les mèches blondes et înes qui s’échappaient de sa queue-de-cheval
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et fouettaient ses joues, portées par la brise légère de l’après-midi. — Je suis sûr que vous avez vos raisons, mais je crois qu’avec le bon argument, tout le monde peut changer d’avis. Elle rit. Cet homme était d’une audace incroyable. — Je ne suis pas intéressée par votre argument, monsieur Price, assena-t-elle, en revenant délibérément à son nom de famille. A présent, si vous avez îni votre café, je vais demander à Mme Jackson de vous raccompagner. — Vous allez retourner à votre peinture ? demanda-t-il, sans bouger. Elle se raidit davantage. — Je crois vous avoir demandé de partir, monsieur Price. — Marcus. Et vous l’avez fait. Très gentiment, mais… — il se pencha et posa le doigt sur une tache de peinture, sur l’index de sa main droite — je me surprends à vouloir continuer à discuter de l’art et de ses nombreuses formes avec vous. Pendant un court instant, elle fut comme hypnotisée par sa caresse. Une caresse légère, qui provoqua pourtant en elle une réaction si intense qu’elle en eut le soufe coupé. Si les circonstances avaient été différentes, elle aurait cédé à son attirance. Le cri d’un oiseau qui se posait sur un arbre brisa le charme de cet instant. Elle n’était pas portée sur les plai-sirs éphémères, or un irt avec Marcus Price ne serait rien d’autre. Une aventure. La vie valait tellement mieux — rectiîcatif,ellevalait tellement mieux que cela. Elle îxa la main de Marcus avec un regard appuyé, avant de retirer la sienne. — Malheureusement, je ne peux en dire autant. Il esquissa un sourire. — Allons, je parie que vous vous demandez ce qui
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ne va pas dans ce que vous peignez, pourquoi ça ne fonctionne pas. Piquée, elle marqua un temps avant de répondre. — Ce qui ne va pas ? répéta-t-elle en haussant les sourcils. — Je suis un expert en art renommé, vous savez. — Expert pour le vendre, peut-être. — Pour identiîer ce qui vaut la peine d’être vendu, rectiîa-t-il d’un ton léger, mais avec une pointe de fermeté, qui prouvait qu’elle l’avait peut-être touché dans sa îerté. — Dans ce cas, dites-moi, où est le problème ? riposta-t-elle d’un ton de déî. Elle ne croyait pas une minute qu’il serait capable de la diriger mieux qu’elle ne le pouvait elle-même. — C’est la façon dont vous avez capturé la lumière. — La lumière ? Elle devait avoir l’air d’une idiote, à répéter ses mots comme un perroquet. — Venez, je vais vous montrer. Avant qu’elle puisse répondre, il s’était levé de sa chaise et avait pris sa main dans la sienne. La chaleur de ses doigts autour des siens lui était agréable. Elle voulut protester, mais n’y parvint pas, tandis qu’il la conduisait vers son chevalet et sa toile à moitié terminée. — En fait, c’est plutôt la façon dont vous n’avez pas capturé la lumière, reprit-il. Il lui montra des points précis sur la toile aux nuances automnales et chaudes. — Vous voyez ? Ici, et là. Où est la lumière, le soleil, la chaleur ? D’où vient-elle ? Où est la dernière caresse de l’été ? En un instant, elle sut exactement ce dont il parlait. Elle mélangea de la peinture sur sa palette et, avec un pinceau propre, appliqua rapidement quelques touches sur une zone du tableau.
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— Comme ceci ? demanda-t-elle en reculant. — Oui, exactement. Vous savez ce que vous faites. Comment avez-vous pu la manquer ? — Je crois que la lumière manque dans ma vie depuis un certain temps, dit-elle sans rééchir. Alors, j’ai cessé de la chercher.
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