Le retour du Dr Maguire - Un seul regard de lui

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Le retour du Dr Maguire, Judy Campbell

Mais pour qui se prend Lachlan Maguire ? Christa est ulcérée. Cela fait des années qu’elle travaille au cabinet médical Maguire et, sous prétexte que Lachlan vient d’en hériter après des années d’absence, elle devrait le laisser détruire tout ce qu’elle a mis en place ? Si ça ne tenait qu’à elle, elle aurait déjà démissionné ; mais elle doit rester à Erin Bridge, sa mère a trop besoin d’elle. Et puis, quitter ce village écossais où elle a grandi lui briserait le cœur. Tant pis : elle va tenir tête au Dr Maguire, quelles qu’en soient les conséquences…

Un seul regard de lui, Abigail Gordon

Après une rupture qui lui a brisé le cœur, Léonie a décidé que, l’amour, ce n’était plus pour elle, et elle s’est jetée à corps perdu dans son travail à l’hôpital. Soigner ses petits patients, les sauver, voilà tout ce qui lui importe. Jusqu’à l’arrivée de Callum Warrender, son nouveau et très charismatique patron, qui fait vaciller ses certitudes. Car, chaque fois que son regard rencontre celui de Callum, elle n’a plus qu’une seule envie : se blottir dans ses bras…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782280321235
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Jusque-à tranquîement înstaée à son bureau, Chrîsta Lennox bondît soudaîn de sa chaîse. I se passaît queque chose d’anorma, dehors ! Tîtan, son border terrîer, a suîvît des yeux d’un aîr înquîet, tandîs qu’ee s’approchaît de a fenêtre. — Je n’arrîve pas à y croîre ! marmonna-t-ee, nerveuse. Sur e poînt d’ouvrîr a fenêtre pour avoîr une meîeure vue sur e parkîng et es bâtîments, ee se tourna vers Tîtan quî a dévîsageaît toujours. — N’aboîe pas, surtout, ordonna-t-ee à voîx basse. Précautîonneusement, Chrîsta tourna a poîgnée de a fenêtre, avant de se pencher par-dessus a baustrade. Entre es branches mouvantes des arbres, ee aperçut a sîhouette d’un homme, perché au sommet d’une échee branante, sous e toît de a maîson d’en face. I s’agrîppaît d’une maîn à a gouttîère, et de ’autre, rempîssaît un sac accroché à sa ceînture, de résîdus arrachés au bord du toît. Ee secoua a tête, sentant a coère ’envahîr. Ce petît voeur en avaît, du cran, pour oser s’exposer aînsî, en peîn jour ! Eh bîen, ee n’aaît certaînement pas e aîsser s’en tîrer sî facîement : deux vos en quînze jours, cea faîsaît deux de trop ! Et tout cea, troîs semaînes à peîne après a mort tragîque de a pauvre Isobe. Là, c’étaît a goutte d’eau ! Brusquement, ee s’écarta de a fenêtre, et se précîpîta vers ’escaîer, Tîtan sur ses taons. Une foîs dehors, ee traversa e parkîng au pas de course en dîrectîon de ’échee. Appeer a poîce ne servîraît à rîen : c’étaît dîmanche, et a moîndre voîture mettraît pusîeurs heures à arrîver… Parvenue au pîed de ’échee, ee s’îmmobîîsa, îmmédîatement rejoînte par Tîtan.
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— Sî vous cherchez à récupérer du pomb sur ce toît, vous arrîvez trop tard, ança-t-ee, î a déjà été voé ! Maîntenant, descendez de à, ou j’appee a poîce ! Tîtan se mît aussîtôt à aboyer férocement pour faîre bonne mesure, maîs ’homme, orsqu’î se retourna, ne parut pas effrayé e moîns du monde. I dévîsagea un înstant Chrîsta en fronçant es sourcîs. Le bas de son vîsage étaît dîssîmué par un fouard, et seus ses yeux restaîent vîsîbes. Ee e toîsa. Sans doute espéraît-î aînsî ne pas être reconnu ! — Tîtan, soîs sage ! ordonna-t-ee soudaîn. Jamaîs ee ne persuaderaît e voeur de descendre de son échee, sî son chîen contînuaît à aboyer comme cea ! Obéîssant, Tîtan s’aongea, et posant a tête sur ses pattes avant, dévîsagea sa maïtresse avec un regard d’adoratîon. L’homme observa un înstant Chrîsta. Sans doute cherchaît-î à jauger ses chances de s’échapper… I ança enin, d’une voîx agacée : — Eh bîen… Que se passe-t-î ? — Je voudraîs savoîr ce que vous croyez faîre, perché à-haut ! répîqua-t-ee en paçant fermement es maîns sur ses hanches. Ee étaît bîen décîdée à ne pas se aîsser împressîonner. — Je vous demande pardon ? demanda ’homme, vîsî-bement surprîs. — Que faîtes-vous sur ce toît ? demanda-t-ee une nouvee foîs, de pus en pus exaspérée. L’homme s’appuya sur ’un des montants de ’échee et, de sa maîn îbre, se îbéra du fouard quî uî camoulaît e vîsage, révéant des traîts harmonîeux, assombrîs par un aîr agacé, et une peau joîment tannée. Son regard beu, împîde, fut traversé par un écaîr de coère. — Cea ne vous concerne en rîen, répîqua-t-î. Maîs sî vous tenez vraîment à e savoîr, j’examîne cette gouttîère : ee a ’aîr sur e poînt de se détacher. Ee e regarda, peu convaîncue. L’excuse étaît bîen pauvre… — Examîner a gouttîère ? Mon œî ! ança-t-ee rageu-sement. Descendez ! Je n’aî pas ’întentîon de me faîre un tortîcoîs pendant que vous bavardez !
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L’homme haussa es épaues avec un demî-sourîre, avant d’entreprendre de descendre de son échee. — Seîgneur… Vous êtes bîen tyrannîque ! Arrîvé aux troîs dernîers barreaux, î sauta égèrement sur e bîtume. Ses pîeds avaîent à peîne touché terre que Tîtan se redressa en grondant, et se seraît sans doute jeté sur es chevîes de ’homme, sî ee ne ’avaît pas attrapé. — Ne t’en faîs pas, Tîtan, murmura-t-ee. Je peux me charger de uî toute seue. Le petît chîen obtempéra de mauvaîse grâce. Enin, ee put se tourner vers ’înconnu. — Aors ? demanda-t-ee d’un ton péremptoîre. Qu’avez-vous à dîre pour votre défense ? L’homme ne répondît pas, se contentant de s’adosser tran-quîement au mur, es maîns enfoncées dans es poches. I prît de nouveau tout son temps pour examîner Chrîsta. — Est-ce que vous prenez toujours ce ton de vîeîe ie autorîtaîre, ou bîen aî-je de a chance ? demanda-t-î au bout d’un înstant. Que est e probème ? Ee détourna a tête, soudaîn prîse de doute. Cet homme étaît-î vraîment un voeur ? I avaît ’aîr sî assuré, sî… effronté. Un voeur se seraît sans doute déjà enfuî sans demander son reste, maîs uî restaît à, tranquîe. Ee aîssa échapper un soupîr, agacée maîntenant par ee-même. Non, î devaît essayer de a déstabîîser ! I espéraît uî faîre croîre qu’î n’étaît qu’un ouvrîer, et qu’î étaît monté sur e toît pour des raîsons parfaî-tement égîtîmes. Maîs ça ne prendraît pas ! Ee se redressa du haut de son mètre soîxante-cînq, pour ancer majestueusement : — J’exîge de savoîr comment vous comptez justîier ce cambrîoage en peîn jour. J’îmagîne que vous pensîez trouver es îeux déserts, un dîmanche ! Soudaîn, ’homme écata de rîre. Ee e dévîsagea, ahurîe : nî ses menaces nî ses accusatîons ne sembaîent ’înquîéter. Au contraîre, î paraîssaît totaement détendu, comme s’î étaît maître de a sîtuatîon. Ee e ixa droît dans es yeux. Sans paraïtre întîmîdé, e voeur soutînt son regard d’un aîr provocateur. I se moquaît d’ee !
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Ee réprîma soudaîn un frîsson : ee n’auraît jamaîs dû e regarder dans es yeux… D’un seu coup, ee sentaît toute son autorîté fondre face à eur beu profond encadré de ongs cîs d’un noîr d’encre. Ouî, ce regard a captîvaît : sî înhabîtue et sî…, sî sensue. Etaît-ee stupîde ! I faaît à tout prîx qu’ee se reprenne : ce n’étaît certaînement pas e moment de se aîsser aer comme cea ! Ee ’observa dîscrètement. L’homme étaît grand et mînce, vêtu d’un pantacourt déavé et d’une chemîse ouverte, quî révéaît a naîssance d’un torse muscé. S’î avaît été acteur, î auraît sans aucun doute trouvé sa pace dans e rôe de James Bond, ou dans une pubîcîté exotîque pour un après-rasage. Et brusquement, ee sentît son ventre se nouer étrangement… C’étaît bîen ee ! Comme sî ee pouvaît encore se permettre de se aîsser séduîre par un homme, après e désastre de son expérîence avec Coîn Maîtand ! A peîne eut-ee ravîvé ce souvenîr qu’une sensatîon de vîde et de soîtude s’empara d’ee. Aaît-ee contînuer à se sentîr aussî ma, chaque foîs qu’ee pensaît à ce mule ? Et puîs n’avaît-ee pas passé ’âge de s’excîter à a vue d’un be înconnu, comme une adoescente devant a photo d’une céébrîté ? Enin pus came, ee uî jeta un regard sévère : — Sî vous ne voîez pas de pomb, dît-ee, puîs-je savoîr quî vous a autorîsé à monter examîner cette gouttîère ? — Je n’aî pas besoîn qu’on m’y autorîse : je suîs e proprîétaîre. Ee e ixa un înstant, totaement désemparée. — Le proprîétaîre ? reprît-ee. C’est rîdîcue ! Comment est-ce que ce bâtîment pourraît vous appartenîr ? Le Dr Maguîre n’est morte qu’î y a troîs semaînes, et cea m’étonneraît bîen qu’une vente aît été déjà concue ! L’înconnu répondît aors, camement, et sans a moîndre trace d’émotîon : — Isobe Maguîre étaît ma mère. Ee m’a égué Ardeneîgh dans son testament. — Oh ! Mon Dîeu, murmura-t-ee, pus gênée qu’ee ne ’avaît jamaîs été. Je suîs désoée… Je ne pensaîs pas que… Et sa voîx s’éteîgnît dans sa gorge. Ee observa ongue-ment ’homme, stupéfaîte. Aînsî, c’étaît uî, e is mystérîeux,
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e Lachan, dont Isobe ne paraît presque jamaîs et quî, à a connaîssance de Chrîsta, n’avaît pas même prîs a peîne de rendre vîsîte à sa mère depuîs des années. — Peut-être devrîez-vous attendre d’avoîr des înformatîons iabes avant d’accuser es gens, reprît Lachan froîdement. Ee détourna e regard. I avaît prononcé ces mots, ee en auraît juré, avec une poînte de sarcasme. C’étaît trop fort ! Aaît-î ’accuser de ne pas avoîr devîné son îdentîté, aors qu’ee ne ’avaît jamaîs vu de sa vîe ? — Je ne savaîs pas quî vous étîez ! répîqua-t-ee vîvement. Sî vous avîez annoncé votre arrîvée, je n’auraîs pas eu de soup-çons en vous voyant à-haut, e vîsage caché par un fouard ! Nous avons eu une vague de cambrîoages, vous savez, et î est donc ogîque que je vous aîe prîs pour un voeur. I hocha a tête d’un aîr as, et ramena en arrîère es mèches éparses quî baayaîent son front. — Ce fouard me protégeaît du nuage de poussîère que je souevaîs en examînant e zînc, répondît-î. Maîs je suppose que vous avez raîson : j’auraîs dû prévenîr e cabînet de mon arrîvée. Je doîs avouer que tout s’est passé trop vîte, et que je n’y aî pas pensé. Ee se rendît aors compte qu’î avaît es traîts tîrés et e regard fatîgué. — Je savaîs qu’Isobe avaît un is, reprît-ee d’une voîx pus douce, maîs ee ne m’a jamaîs dît où vous vîvîez. — En Austraîe. J’aî prîs ’avîon vendredî, et suîs arrîvé hîer à Heathrow. J’aî passé a nuît dans un pub, maîs je préféreraîs dormîr îcî, ce soîr, s’î y a une chambre. — Pourquoî arrîver sî tard ? N’avez-vous pas réussî à venîr pour ses funéraîes ? — Non, répondît-î poîment. Lorsque son notaîre m’a contacté, î étaît déjà trop tard. Comprenez-moî : je n’aî apprîs son décès qu’î y a queques jours. A cet aveu, ee se mordît a èvre : c’étaît bîen ee, de se montrer aussî brutae ! Imagîner que personne ne savaît où retrouver e is d’Isobe ors du drame ! I devaît vraîment se sentîr ma d’avoîr eu sî peu de îens avec sa mère… — Je suîs sîncèrement désoée.
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Sans répondre, Lachan se tourna de nouveau vers e bâtîment. A présent que Chrîsta connaîssaît son nom, a ressembance entre e is et sa mère uî sauta aux yeux : ee aussî étaît partî-cuîèrement grande, et ee uî avaît de toute évîdence égué ses yeux d’un beu profond. Lachan étaît une îmage vîvante de a beauté de a famîe Maguîre. Sîencîeusement, î embrassa d’un regard un peu trîste e gazon ma entretenu et es herbes foes quî poussaîent sous es arbres, au fond du jardîn. — Tout îcî sembe bîen négîgé, murmura-t-î. Quand j’étaîs enfant, ce jardîn étaît toujours împeccabe, et es arbres étaîent bîen taîés. J’îmagîne que ma mère ne se soucîaît pas vraîment de cet endroît. — Ee étaît très occupée, répondît-ee aussîtôt. Isobe s’împîquaît énormément dans son travaî ! Et puîs, quand on est seue, î est dîficîe de s’occuper de tout, vous savez ? — Je ne dîs pas que c’est facîe, seuement, cette maîson est vraîment à ’abandon ! Je n’arrîve pas à croîre qu’ee aît aîssé es îeux se dégrader à ce poînt. — Tout ce que je saîs, c’est qu’ee avaît ’întentîon de s’en occuper, maîs ee ne trouvaît jamaîs e temps pour cea. — C’est vraîment dommage, dît encore Lachan d’un ton sec. Ee secoua égèrement a tête. Décîdément, î ne paraîssaît pas nourrîr une grande affectîon pour sa mère. Pourtant, Isobe avaît été une femme remarquabe : même seue, ee avaît toujours travaîé très dur — à te poînt que cea avaît sans doute contrîbué à son décès. En observant Lachan, ee ne pouvaît pas s’empêcher de penser que son attîtude trahîssaît une dureté et une sévérîté încompréhensîbes. — Je croîs, répîqua-t-ee froîdement, qu’ee étaît trop fatîguée, es dernîers temps, pour trouver ’énergîe de réger tous ces probèmes domestîques. I acquîesça. — Vous avez peut-être raîson, dît-î. Maîs, tout de même, regardez ’état des fenêtres et des boîserîes ! Quand j’étaîs enfant, j’avaîs ’habîtude de passer par ces fenêtres pour quîtter a maîson dîscrètement, orsque j’étaîs sur e poînt de me faîre
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punîr pour mes bêtîses. A présent, j’aî ’împressîon que es battants tomberaîent en poussîère, sî j’essayaîs de es ouvrîr ! Soudaîn, î parut se rappeer des conventîons, et tendît a maîn à Chrîsta. — Quoî qu’î en soît, reprît-î d’une voîx pus égère, î est peut-être temps de me présenter. Lachan Maguîre, enchanté. Et vous, quî êtes-vous ? — Chrîsta Lennox. Je suîs… Enin, j’étaîs a coègue de votre mère. Je travaîaîs avec ee dans ce cabînet. — Chrîsta Lennox ? demanda-t-î d’un aîr soudaîn méiant. Et vous travaîîez avec ma mère ? — Ouî, c’est cea, répondît-ee. I y a un probème ? I a dévîsagea un înstant, puîs sourît de nouveau. — Non, aucun probème ! ança-t-î avant d’ajouter d’un aîr détaché : J’aî connu un homme nommé Angus Lennox. Seraît-ce un parent à vous ? Ee ne put s’empêcher de sourîre, amusée. — Ah, murmura-t-ee, e mouton noîr de a famîe ! L’affreux once Angus. Comment ’avez-vous connu ? — Eh bîen, î venaît parfoîs à a maîson, quand j’étaîs jeune. Maîs, dîtes-moî, d’où uî vîent cette réputatîon d’« affreux once » ? Ee haussa es épaues. Chaque famîe a des cadavres cachés dans es pacards, î n’y avaît rîen de honteux à cea. — Je ne connaîs pas tous es détaîs, répondît-ee, maîs c’est une hîstoîre assez tragîque. Mon once a quîtté sa femme et ses enfants. Mon père en a été teement choqué qu’î a cessé déinîtîvement de uî adresser a paroe. Queques années pus tard, Angus a été tué dans un accîdent de voîture. Maîs ce sont de vîeîes hîstoîres. Tout en ’écoutant, î acquîesçaît d’un aîr sombre. — Je me souvîens de cette hîstoîre d’accîdent. En effet, c’étaît î y a bîen ongtemps. Quoî qu’î en soît, poursuîvît-î en sourîant de nouveau, ne nous soucîons pas de votre once. Dîtes-moî, Chrîsta, comment en êtes-vous venue à travaîer avec Isobe ? — Eh bîen, ma mère est tombée maade, î y a queques années et, comme j’avaîs déjà perdu mon père, j’aî cherché
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désespérément un travaî îcî, pour pouvoîr veîer sur ee. Isobe m’a aors offert une pace dans son cabînet. J’aîmaîs beaucoup votre mère, vous savez — c’étaît une femme très douce et je uî suîs redevabe de tant de choses… Soudaîn, ee sentît es armes uî monter aux yeux. Ce n’étaît pourtant pas e moment ! Ee s’efforça de chasser son émotîon, et poursuîvît : — Le décès sî soudaîn d’Isobe m’a profondément marquée. Quî auraît cru qu’une femme pareîe puîsse décîner sî rapî-dement ? Vous savez, ce sera sans doute très dîficîe de a rempacer. Ee va beaucoup nous manquer. Lachan tîra un mouchoîr de sa poche pour nettoyer ses maîns poussîéreuses. — Vous n’aurez pas à chercher bîen oîn, dît-î d’un aîr détaché, enin, pas sî je a rempace moî-même. — Je vous demande pardon ? L’espace d’un înstant, ee surprît de a trîstesse dans es yeux de Lachan. — Ma mère, reprît-î, m’a envoyé une ettre, î y a queque temps. Je suppose que ’autopsîe vous a apprîs que son cœur étaît fatîgué ; ee devaît savoîr que e temps uî étaît compté. Dans cette ettre, ee me demande de reprendre e cabînet — entre autres choses — et j’aî bîen ’întentîon de réléchîr très sérîeu-sement à a questîon. Après tout, c’est une décîsîon împortante. La maîson a besoîn de ourds travaux, et e cabînet est, quant à uî, dans un état amentabe. Tout cea va coûter beaucoup d’argent. Maîs ee n’écoutaît pus, trop occupée à e dévîsager pour s’assurer qu’î ne se moquaît pas d’ee, encore une foîs. — Vous avez ’întentîon de reprendre e cabînet ? — C’est ce que ma mère désîraît. Et, de toute manîère, à quoî me servîraît une maîson îcî, sî je n’aî pas de travaî ? — Dans cette ettre, reprît-ee froîdement, vous a-t-ee faît d’autres demandes, dont je devraîs être înformée ? I parut hésîter, puîs répondît : — Non, rîen d’împortant. Ee prît une profonde înspîratîon : ee devaît à tout prîx garder son came.
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— J’avoue être surprîse, murmura-t-ee. Comprenez-moî, j’aî toujours pensé que je devîendraîs e médecîn prîncîpa du cabînet à a retraîte d’Isobe, maîs en faît, nous n’avons jamaîs vraîment paré de tout cea. J’aî seuement supposé qu’après sîx ans de travaî îcî, je mérîtaîs cette pace. Lachan a dévîsagea onguement d’un aîr songeur. — Je vaîs peut-être vous paraïtre bruta, dît-î enin, maîs j’îmagîne qu’après avoîr ouvert ee-même ce cabînet, et uî avoîr donné une soîde réputatîon, ee avaît encore e droît de décîder de son successeur. — Isobe n’a pas faît tout cea seue, répîqua-t-ee sèchement. D’autres personnes ’ont aîdée, maîs certaînement pas un is quî vîent s’împoser îcî sans même consuter ceux quî étaîent à avant uî ! — Hoà ! s’excama Lachan. Camez-vous, mademoîsee Lennox ! Je n’aî encore rîen décîdé : je compte bîen réléchîr, avant de quîtter mon travaî en Austraîe. I s’înterrompît un înstant et ’observa. Ee se rendît aors compte que ses joues étaîent devenues brûantes sous ’effet de a coère : ee devaît être toute rouge… — Peut-être ferîons-nous mîeux de parer de tout cea autour d’un verre et non sur un parkîng, reprît Lachan. Ee acquîesça sans un sourîre. — Bonne îdée. A quee heure ? — Pourquoî pas ce soîr, vers 18 heures ? Vous n’aurez qu’à venîr à a maîson, et je verraî ce qu’î reste dans e bar. — Très bîen. Vîens, Tîtan, nous rentrons. Ee se pencha pour ébourîffer a tête du petît chîen, avant de faîre vote-face, et de se dîrîger vers sa petîte maîson, au vîage. Lachan suîvît des yeux a sîhouette ine de Chrîsta, avant de pousser un profond soupîr. Sa mère auraît pu engager n’împorte quî pour travaîer avec ee au cabînet, et î avaît fau qu’ee choîsîsse a nîèce d’Angus Lennox ! Quoî qu’î en soît, à présent, son pus gros soucî étaît a ettre poîgnante qu’î avaît reçue : es dernîères voontés de sa mère. Le cœur serré, î repassa dans son esprît e contenu de cette ettre, qu’î connaîssaît par cœur. Isobe însîstaît pour qu’î reprenne e cabînet, ce quî n’étaît pas un souhaît sî surprenant. Magré tout,
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Lachan regrettaît amèrement qu’îs n’aîent pu en parer avant sa mort. Maîs, surtout, î ressentaît un méange de ierté et de souagement à cette îdée : inaement, Isobe ’aîmaît encore assez pour souhaîter qu’î poursuîve son œuvre. Non, ce n’étaît pas cette demande quî ’avaît e pus surprîs, maîs sa seconde étrange requête : sî rîdîcue, et presque trop sentîmentae ! Peut-être n’étaît-ce qu’une bague ? Sans doute pas. I sentaît que chaque mot înscrît dans cette ettre avaît été onguement pesé et réléchî : en es îsant, î parvenaît presque à entendre a voîx de sa mère, et cette poînte de détermînatîon quî perçaît dans chacune de ses paroes. Fînaement, fatîgué, î chassa ce soucî de son esprît. Ce n’étaît pas e moment de réléchîr à tout cea, î étaît trop à vîf, tîraîé par des pensées contradîctoîres. Après un nouveau soupîr, î se dîrîgea vers a maîson, et caqua a porte derrîère uî d’un geste rageur.
Chrîsta secoua a tête, îrrîtée. Ee se sentaît déçue. Pus que cea. Bessée. Comment Isobe avaît pu uî faîre une chose pareîe ? La moîndre des choses eût été de a prévenîr qu’ee comptaît choîsîr Lachan pour reprendre e cabînet ! A peîne entrée, ee se dîrîgea droît vers sa petîte cuîsîne, et se prépara une tasse de thé. Cea a cameraît peut-être. Ee prît une ongue înspîratîon. Sur e chemîn depuîs e cabînet, un lot de sentîments contra-dîctoîres ’avaît envahîe. Ee restaît estomaquée à ’îdée qu’une amîe proche comme Isobe aît pu préférer éguer son cabînet à son is, qu’ee n’avaît pas revu depuîs des années, putôt qu’à ee, quî ’avaît soutenue depuîs sî ongtemps. Pourtant, Isobe avaît toujours exprîmé e souhaît de voîr Chrîsta conserver son travaî, orsqu’ee-même auraît prîs sa retraîte, et ee-même en avaît toujours déduît qu’ee se verraît conier a charge du cabînet entîer. Quee bêtîse ! Ee avaît été trop nave, vraîment ! Sa tasse de thé brûante entre es maîns, ee se posta à sa fenêtre, et observa queques groupes de personnes traverser e pré pour se rendre à ’égîse. Peu à peu, ee sentît sa sérénîté uî revenîr. Cet încîdent ne devaît pas atérer e souvenîr d’Isobe. Après tout, son amîe avaît toujours été d’une gentîesse
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