Le rêve américain

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Younes Douiri est un jeune Marocain, qui tout au long de sa vie, n’eut qu'un seul et unique rêve, celui de vivre aux États-Unis. Un rêve ô combien important pour lui, mais qui lui était malheureusement depuis toujours inaccessible. Du moins jusqu’au soir où un incident inattendu survint et bouleversa sa vie ! À la suite de ce dernier, Younes put enfin se rendre au pays de ses fantasmes, dans lequel il vécut l’aventure la plus exaltante, mais aussi la plus éprouvante de sa vie. Lui, qui de par son existence dans ce si beau pays, découvrit pour la première fois ce qu’est véritablement l’amour, avec toutes les joies, mais aussi toutes les peines qu’il a à lui offrir...




Publié le : mercredi 16 mars 2016
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EAN13 : 9782334080606
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ISBN numérique : 978-2-334-08058-3

 

© Edilivre, 2016

Le rêve américain

 

 

Adrénaline, l’une des plus belles et des plus intenses sensations qu’un être humain a la chance de ressentir durant toute sa vie. Un court moment de joie, de bonheur et d’extase qui se distingue de tous les autres. Une sensation incomparable et inégalable que toute personne voudrait et surtout devrait vivre chaque jour. Mais pour pouvoir la vivre pleinement, il faut mener une vie épanouissante et heureuse, pleine de divertissements, de changements et de rebondissements. Le genre de vie extraordinaire où chaque jour diffère du précédent et dont la plupart n’ont aucune similitude. Voilà, c’est de cette façon-là que l’on pourra dire que l’on aura vécu une existence mémorable, celle dont on aura toujours rêvé et qu’on aura assouvie pleinement.

Mais contrairement à tout cela, ma vie n’avait rien de palpitant, elle était même ennuyeuse et monotone, sans goût et sans saveur. J’habitais à Fès, la capitale culturelle et spirituelle du Maroc. Une jolie ville, composée essentiellement de petites habitations et de nombreux espaces arborés, et habitée par une population globalement âgée, qui y vivait juste pour pouvoir y mener une vie calme et sereine. Je n’avais aucun souci avec ces personnes ni avec leur style de vie, c’est juste qu’il ne me correspondait pas et que cette vie-là ne m’allait pas ! Je rêvais de quelque chose de plus grand, de plus beau et de tellement plus impressionnant. L’Amérique, par exemple ! À mes yeux, le plus beau pays au monde, le plus magnifique et le plus magique ! Je pourrais le complimenter, l’encenser et en faire l’éloge pendant des journées entières, jamais je ne pourrais rendre hommage à ce si beau pays. Que ce soit la beauté, la grandeur, la pluie, le beau temps, la neige, tout s’y trouvait ! On avait l’embarras du choix dans sa cinquantaine d’Etats. Donc, oui, j’ai toujours voulu y vivre, mais pour cela, il me fallait de gros moyens financiers et une liberté totale, que je ne pouvais acquérir, car mes études m’en empêchaient. Et il fallait aussi que je quitte ma maison et que j’aille vivre à des milliers de kilomètres des personnes les plus importantes à mes yeux et les plus chères à mon cœur, ma mère et ma sœur en premier. Ce qui était au-delà de mes capacités et surtout au-delà de mes possibilités, car je n’avais aucunement le droit de les abandonner depuis le récent décès de mon père. Mon père, cet homme incroyable et formidable. Cette personnalité si magnifique et si fantastique, connue et aimée de tous, tant pour sa bonté que pour sa joie de vivre ! Je n’arrivais toujours pas à croire qu’il était parti.

Depuis sa mort, tout ce que je méprisais et tout ce que je haïssais dans la ville dans laquelle je vivais, et aussi dans la vie que j’étais en train d’y mener, ne faisait que s’accentuer ! À tel point que je n’arrivais plus à y vivre. L’air devenait irrespirable et l’atmosphère m’était insupportable ! Si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais déjà tout quitté et abandonné depuis longtemps ! Mais malheureusement, mes obligations et mes responsabilités familiales, mais aussi, et surtout, ma situation financière, m’empêchaient de réaliser mes rêves et me contraignaient à rester là sans que je ne puisse rien y faire. Cela ne risquait malheureusement pas de changer, du moins jusqu’au vingt-neuf août, le jour qui changea ma vie et qui la bouleversa à jamais.

Si ce jour-là, ou pour être plus précis, ce soir-là, eut un tel impact sur ma vie, c’est parce qu’il inaugura ma première soirée de beuverie, la première où je pus boire, crier et m’amuser comme je ne l’avais encore jamais fait dans toute ma vie. Ce fut une soirée tout bonnement incroyable et mémorable ! Moi qui, ce soir-là, profitais que ma mère et ma sœur étaient parties en voyage pour pouvoir enfin jouir pleinement de ma liberté. J’avais sans aucun doute bien réussi mon coup, puisque je venais vraisemblablement de passer la plus belle soirée de toute mon existence. Du moins, c’est ce que je croyais, car une fois passés les douze coups de minuit, tout bascula. Au moment où je quittais le bar et que je rejoignais le boulevard qui était quasiment vide à cette heure-là pour chercher un taxi, le pire se produisit ! Alors que j’étais en train de traverser tranquillement la rue, durant un bref instant, quelque chose se passa en moi ! J’eus tout à coup l’impression que le temps s’arrêtait et me figeait sur place, quand brusquement j’entendis un bruit, un terrible bruit, celui d’un moteur qui fonçait directement sur moi ! Puis soudain, une immense lumière jaune m’éclaira, c’était une voiture ! J’eus à peine le temps de tourner la tête sur ma gauche pour l’apercevoir, qu’elle me percuta violemment ! Elle me frappa si fort et si brusquement qu’elle projeta littéralement mon corps à deux, peut-être même trois mètres au-dessus du sol avant que celui-ci n’y retombe lourdement, me laissant agonisant, en train de me vider de mon sang.

Un an ! C’est le temps qu’il me fallut pour me réveiller. Je passai presque toute une année plongé dans un sommeil profond, dans le coma. Ah ! je me souviens encore de mon réveil, de ce que j’éprouvais et de ce que je ressentais en voyant l’immense chambre blanche où l’on m’avait endormi vraisemblablement depuis si longtemps. Toutes ces incertitudes, ces doutes et peurs me laissèrent totalement perdu et désorienté à mon réveil. Heureusement pour moi, après m’être réveillé dans ce qui avait tout l’air d’être une chambre d’hôpital, alors que je baignais dans cet univers de confusion, une infirmière passa. N’en croyant pas ses yeux, dès qu’elle me vit conscient, elle se précipita vers les médecins afin de leur annoncer la nouvelle. Lorsqu’ils apprirent que je m’étais réveillé, ils se dépêchèrent à leur tour de l’annoncer à ma mère, qui, dès qu’elle le sut, accourut le plus vite possible vers ma chambre pour voir de ses propres yeux que j’avais survécu à cet accident. Après avoir réalisé que j’étais conscient et bien en vie, elle me prit dans ses bras pour me montrer à quel point elle était heureuse que je sois bien là, auprès d’elle.

Après d’émouvantes scènes de retrouvailles, lorsque ma mère, ma sœur, ma grand-mère, ainsi qu’une multitude de personnes faisant partie de ma famille et de son cercle d’amis eurent enfin fini de me témoigner la joie qu’ils éprouvaient de me voir, je demandai à ma mère, lorsque je pus enfin me retrouver seul avec elle, de me raconter ce qui avait bien pu m’arriver pour que je me retrouve allongé sur ce lit d’hôpital depuis si longtemps. Quand elle me répondit, elle me dit :

« Si tu es là dans cet état, c’est parce que tu t’es fait renverser par une voiture.

– Une voiture, tu dis ?

– Oui, par un conducteur, ou un chauffard si tu préfères. C’est arrivé la nuit où j’étais à Casablanca avec ta sœur.

– Quoi ? Depuis si longtemps ! Mais en fait, dis-moi, ça fait combien de temps que ça s’est produit ? Car j’ai l’impression que ça fait une éternité que je suis allongé sur ce lit.

– Ça fait à peu près un an. Un an que tu es plongé dans un coma profond dans cet hôpital.

– Mais enfin, je ne comprends pas, je suis ici depuis si longtemps ? Explique-moi comment c’est possible.

– Eh bien, ce soir-là, un homme d’à peu près vingt-sept ans t’a renversé violemment avec sa voiture. D’après le rapport de police, tout était de sa faute, puisqu’il avait pris le volant alors qu’il était saoul et totalement drogué. Ce même rapport dit aussi que juste après t’avoir renversé, il a pris ses jambes à son cou en fuyant le plus rapidement possible.

– Comme si ça ne lui suffisait pas de m’avoir renversé, il a fallu qu’il me laisse pour mort sur la route, quel lâche ! Si seulement il se trouvait devant moi, là maintenant, et que je pouvais l’attraper, je le tuerais sans aucun doute. Je te jure que je le tuerais ! De mes propres mains s’il le faut. »

Elle me vit si furieux, énervé et enragé qu’elle essaya de me calmer en me disant :

« Tu sais, malgré tout ce qui vient de t’arriver et tout ce que tu as subi, tu devrais quand même t’estimer heureux ! Car tu ne le sais peut-être pas encore, mais ici, les médecins t’appellent le Miraculé.

– Le Miraculé, tu dis ?

– Oui, c’est ça, le Miraculé. Ils t’appellent comme ça, car d’après eux, lorsque le soir de l’accident, l’ambulance t’a amené ici aux urgences, tu étais pour ainsi dire mort ! Ton corps était en piteux état et ton opération était si délicate que durant celle-ci, pendant une fraction de seconde, ton cœur s’est arrêté de battre ! Avant qu’ils ne puissent miraculeusement et fort heureusement le relancer bien sûr. Il faut aussi que tu remercies Dieu de t’avoir réveillé, car si tu étais resté ne serait-ce que quelques jours de plus dans le coma, les médecins t’auraient sans aucun doute débranché sans que je ne puisse rien y faire. Il m’a fallu énormément d’interventions d’un certain nombre de personnes influentes de la famille pour pouvoir te maintenir en vie si longtemps. »

Au moment où j’entendis cela, je fus tellement choqué que je ne sus quoi répondre à ma mère ! Quand soudain, une infirmière entra dans ma chambre pour me dire qu’un homme voulait absolument me voir et que bien qu’elle lui ait dit que les heures de visite étaient terminées, il insistait lourdement. Donc, je lui demandai de le faire entrer, et lorsque ce fut fait, il vint vers moi et me dit :

« Vous êtes bien monsieur Douiri Younes, c’est bien ça ?

– Oui, c’est bien moi.

– D’accord. Alors bonsoir, monsieur. Je me présente, mon nom est Mohamed Cohen, je suis l’avocat de monsieur Mehdi Boubrika, l’homme qui vous a renversé.

– Enchanté de faire votre connaissance. Je vous en prie, asseyez-vous pour que l’on puisse parler à notre aise.

– Merci. Alors, monsieur Douiri, avant toute chose, je tiens à m’excuser de vous déranger à une heure aussi tardive, mais je viens tout juste d’apprendre que vous vous êtes réveillé. Donc, vous comprendrez bien sûr que vu toute l’importance de l’affaire qui vous oppose à mon client, je ne pouvais faire autrement que de venir vous voir le plus rapidement possible.

– Je comprends, maître. Vous faites votre travail, c’est tout à fait normal.

– Merci de votre compréhension. Bien, alors maintenant, avant de commencer, je tiens à vous apporter une petite précision concernant mon client. Ce n’est pas exactement monsieur Mehdi Boubrika, l’homme qui vous a renversé avec sa voiture, qui m’a engagé, mais c’est son père, monsieur Mohamed Boubrika. Ce dernier, dès qu’il a appris votre réveil, m’a demandé de venir vous voir le plus rapidement possible pour vous expliquer la situation judiciaire pour le moins délicate dans laquelle vous vous trouvez avec son fils. Le but de ma venue est de pouvoir vous parler longuement et précisément de ce qui est arrivé, pour que nous puissions trouver un compromis qui pourrait satisfaire nos deux parties.

– Je vous écoute.

– Si vous le voulez bien, commençons par résumer les faits. Mon client, monsieur Mehdi Boubrika, a été victime de plusieurs accusations juridiques de votre part, qui lui ont valu d’être incarcéré depuis maintenant plusieurs mois. Plus précisément, depuis que la police a su que c’était lui le conducteur qui vous avait renversé avec sa voiture et qui avait pris la fuite. Ils ont découvert son identité environ trois ou quatre mois après votre accident, notamment grâce à la caméra de vidéosurveillance d’une banque qui se trouvait sur le boulevard sur lequel s’est produit l’accident. Grâce à cet enregistrement, la police a pu relever la plaque d’immatriculation de la voiture de mon client, ce qui leur a permis d’obtenir un mandat contre lui et donc de l’incarcérer au plus vite.

– Mais enfin, je ne comprends pas ! Contrairement à ce que vous venez de me dire, je n’ai adressé aucune plainte envers votre client, puisque, ne l’oubliez pas, j’étais plongé dans un coma très profond.

– Je sais très bien que ce n’est pas vous qui avez porté plainte contre lui, du moins pas personnellement, car, comme vous venez de le dire, vous étiez inconscient. Mais cela n’a pas empêché votre avocat, celui commis d’office que la cour vous a désigné, d’alourdir les charges contre mon client.

– D’accord, au moins je comprends mieux la situation maintenant.

– Puisque c’est le cas, on va enfin pouvoir passer aux choses sérieuses. Mon client, monsieur Mehdi Boubrika, fils de monsieur Mohamed Boubrika, un homme d’affaires franco-marocain ô combien important, est accusé par vous, par l’intermédiaire de votre avocat, ainsi que par le rapport de police, de conduite en état d’ivresse de niveau supérieur, de consommation de stupéfiants et de matières illégales au Maroc, ainsi que d’excès de vitesse en pleine ville, d’endommagement de plusieurs véhicules qui étaient garés sur le bord de la route lorsqu’il a perdu le contrôle de la voiture, et d’avoir renversé un piéton, qui n’est autre que vous ! Et pour finir, il est aussi accusé de délit de fuite suite à votre accident. Donc, pour résumer et pour bien clarifier la situation, on peut dire que mon client est dans une situation judiciaire des plus graves et des plus déplorables possible, peut-être la pire que j’ai eue à défendre au cours de toute ma carrière juridique.

– D’accord, mais sincèrement, que voulez-vous que je vous dise alors ? Que je suis désolé pour votre protégé ? Que j’ai pitié de lui ? Parce que si c’est le cas, alors avec tout mon respect, maître, vous vous mettez le doigt dans l’œil ! Je trouve franchement que ce qu’il lui arrive n’est que justice, surtout si l’on tient compte du fait qu’il a causé énormément de mal et de peine à ma famille et à moi.

– Peut-être, oui ! Mais ce mal et cette peine qu’il vous a causés peuvent être réparés.

– Réparés, vous dites ? Sincèrement, je ne vois pas comment cela pourrait être possible.

– Pourtant, c’est simple ! Comme je vous l’ai dit, mon client a plusieurs accusations sur le dos. Quelques-unes d’entre elles proviennent de votre avocat, mais il y en a d’autres issues du rapport de police, qui révèle certaines violations de la loi, par exemple, la consommation de drogues et d’alcool au volant. Ces violations, normalement aussi graves et aussi sévèrement punies par la loi, ne représentent pas la moindre menace pour mon client. Grâce à son rang social, mais aussi, et surtout, grâce aux moyens financiers dantesques que possède son père, il devrait pouvoir y échapper en payant d’une part une exorbitante caution que lui aura fixée le tribunal, et d’autre part en intégrant dès sa sortie de prison et pendant quelques mois, un centre de désintoxication digne de ce nom.

– D’accord ! Mais pourrais-je savoir où vous voulez en venir ? Parce que là, je ne vois vraiment pas en quoi tout ce que vous venez de me dire pourrait réparer tout le mal qu’il m’a causé.

– Comme je vous l’ai dit, au vu de l’immense fortune que possède sa famille, sur le long terme, les poursuites pénales ne sont pas vraiment une menace pour lui, pour sa vie et pour son avenir. La seule menace qui est vraiment à prendre en compte, c’est vous ! Vous, qu’il a renversé avec sa voiture en pleine nuit, vous, qu’il a abandonné au milieu de la route, vous laissant pour mort et vous vider de votre sang après vous avoir percuté ! Et enfin, pour finir, n’oublions pas qu’il vous a envoyé sur ce lit d’hôpital pendant près d’un an. Vous êtes la seule menace judiciaire qui puisse l’inquiéter ! C’est pour cela que, je vous le dis clairement, je suis venu ici ce soir pour vous soumettre une offre de la part de mon client, à savoir monsieur Mohamed Boubrika, le père de mon protégé. Ce dernier est prêt à vous offrir pour la liberté totale et définitive de son fils, et ce dans les plus brefs délais, la somme de vingt millions de dirhams, soit l’équivalent d’à peu près deux millions d’euros. »

Après que l’avocat m’eut proposé cette somme si ahurissante pour que je retire mes plaintes et mes accusations adressées à l’encontre de son client, je lui demandai sur le coup de s’en aller, mais de revenir le lendemain pour lui donner ma réponse. Je n’arrivais pas à réaliser qu’il m’avait soumis une offre pareille, dont l’ampleur pouvait changer ma vie.

Après avoir pris le temps cette nuit-là de réaliser à quel point la somme que l’on m’offrait pour abandonner les poursuites pouvait changer ma vie, je me suis dit en toute franchise, après y avoir réfléchi, que je commettrais la pire bêtise de ma vie si je ne l’acceptais pas. Deux millions d’euros ! Grâce à cette somme, je pouvais non seulement rembourser les dettes monstrueuses que ma mère avait accumulées pour me maintenir en vie lors de mon coma, mais je pouvais aussi, grâce à cet argent, réaliser mes rêves les plus fous et les expériences extrêmes les plus palpitantes et les plus exaltantes de toute ma vie ! Mais aussi, et surtout, s’il y avait bien un rêve, un objectif ou même un aboutissement que je n’aurais jamais cru pouvoir atteindre dans ma vie et que je pouvais et allais enfin réaliser grâce à cet argent, c’était bien celui d’aller vivre aux États-Unis ! Le plus exaltant et le plus divin pays au monde.

Trois mois passèrent depuis que j’avais accepté l’offre de la famille Boubrika. Je m’activais nuit et jour à rembourser mes dettes et à construire une agréable vie à ma famille, grâce notamment à l’immense fortune que je venais d’acquérir, et qui, durant ces quelques mois, m’avait ouvert tellement de portes. Dans ce monde, certaines personnes disent que l’argent ne fait pas le bonheur, elles ne peuvent pas savoir à quel point elles ont tort, car grâce à lui tout bascula dans ma vie ! Le monde était à mes pieds, mes rêves les plus fous à ma portée, plus rien ne me résistait ! Grâce à cette somme, ou plutôt grâce à cette immense fortune que je venais contre toute attente d’acquérir, je pus enfin gérer ma vie et surtout celle de ma famille comme je le souhaitais ! J’offris à ma mère et à ma sœur tout ce dont elles avaient besoin pour être heureuses, sauf bien sûr une chose, une seule et unique, mais que je ne pouvais leur apporter, même avec tout l’argent du monde. Cette chose ou plutôt cette personne n’était autre que mon père ! Même s’il n’était plus de ce monde, j’espérais quand même qu’il me suivrait et m’accompagnerait depuis l’au-delà dans l’immense voyage que je m’apprêtais à faire vers ce pays dans lequel j’avais toujours rêvé d’aller, et dans lequel je m’apprêtais à commencer ma nouvelle vie, les États-Unis.

New York, telle était ma nouvelle destination ! Ma nouvelle ville, celle où je pourrais construire ma nouvelle vie. La ville de l’art, de la culture et de l’aventure, plus connue sous le nom de « la grosse pomme », ou encore sous le si magnifique et si envoûtant nom de « New York, la ville qui ne dort jamais ». J’y arrivai difficilement et péniblement, en pleine nuit, avec même quelques heures de retard, mais au final, qu’importe, car le plus important était d’y être ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ma première impression là-bas, rien qu’en franchissant les portes de l’aéroport, fut des plus exaltante et des plus incroyables ! Sa grandeur, ou plutôt son immensité, sa beauté et son éclat à couper le souffle, me laissèrent totalement sans voix ! Elle n’avait absolument rien à voir avec Casablanca d’où j’étais parti. Après quelques minutes, lorsque je repris enfin mes esprits, moi qui étais exténué par ce si long vol, je décidai de sortir de cet aéroport hors norme pour prendre un taxi pour Brooklyn. Cet immense quartier new-yorkais où j’ai toujours voulu vivre et où j’avais réservé pour un mois une chambre dans un hôtel, afin d’avoir tout le temps nécessaire pour m’installer confortablement dans cette ville. Une fois le taxi trouvé, je demandai au chauffeur de m’emmener à mon hôtel, dont j’avais inscrit l’adresse exacte sur un bout de papier, que je lui donnai. Lorsque nous prîmes enfin la route, j’admirai l’incroyable beauté de la ville, quand soudain, le chauffeur se tourna vers moi et me dit :

« C’est votre première fois ici ?

– Je vous demande pardon ?

– Est-ce que c’est votre première fois ici ? Je veux dire, est-ce que c’est la première fois que vous venez à New York ?

– Oui, c’est la première fois ! Est-ce si évident ?

– Oh ! À mes yeux, je peux vous assurer que oui ! Vous savez, je suis chauffeur de taxi ici, et ce depuis près de dix ans, donc durant toutes ces années et grâce à mon travail, j’ai eu la chance de côtoyer chaque jour une multitude de personnes. Parmi elles, énormément de touristes venus des quatre coins du globe ! Et ce que je peux vous dire, c’est que d’après ce que j’ai vu, peu importe d’où venaient ces touristes et peu importe d’où vous-même vous venez, vous avez tous le même regard au moment où vous admirez la ville, celui de l’émerveillement.

– Mais vous savez, pour leur défense, je comprends très bien ces personnes, je me mets à leur place, car en fait j’y suis ! Mais enfin, c’est New York, la plus incroyable et la plus exaltante ville du monde.

– La plus incroyable et la plus exaltante ville du monde ! Vous savez à qui vous me faites penser en disant ça ? À moi lorsque j’avais votre âge et que, comme vous, je suis venu m’installer dans cette ville. Ah ! ces sentiments de joie, de bonheur et d’euphorie qui vous envahissent et qui vous submergent, je les ai déjà ressentis ! Après tout, quoi de plus normal ? Y a-t-il un meilleur endroit sur terre que New York pour se sentir vivant ?

– Me sentir vivant, c’est justement pour ça que je suis venu ici. Voyez-vous, la ville dans laquelle je suis né et où j’ai grandi et vécu la majeure partie de ma vie me donnait justement l’impression de ne pas l’être ! Car l’ennui et la monotonie auxquels je devais faire face chaque jour, en plus de la mentalité vieillissante des habitants, ainsi que leurs préjugés, ne faisaient que m’exaspérer chaque jour de plus en plus ! Donc c’est pour cela que je suis venu à New York, pour vivre ma vie et profiter de cette ville jusqu’à mon dernier souffle.

– Alors, je ne trouve rien d’autre à vous dire, mis à part le fait que vous avez fait le meilleur choix possible en emménageant ici ! Car, vous savez, New York est une ville incroyable, la plus magnifique et la plus extraordinaire au monde, ça ne fait aucun doute ! En y vivant, vous n’aurez pas le temps de vous y ennuyer, ça, je peux vous l’assurer ! Mais ce n’est pas tout, car malgré les nombreux avantages qu’a cette ville, elle possède également quelque chose d’autre qui pourrait vous donner envie d’y vivre jusqu’à la fin de vos jours. Cette chose n’est rien d’autre que les New-Yorkais, les gens les plus agréables, incroyables et les plus formidables au monde ! Ils m’ont accueilli à bras ouverts lorsque j’ai débarqué ici et ils m’ont traité d’égal à égal, sans jamais tenir compte de ma religion, de mes origines indiennes et de ma façon de vivre, aussi bizarre et aussi étrange fût-elle pour eux ! Vous verrez, vous vous plairez ici, ça ne fait aucun doute. »

À ce moment-là, alors que je m’apprêtais à lui répondre et à le remercier de m’avoir rassuré quant à mes inquiétudes sur le fait de devoir refaire ma vie, seul, dans un pays très lointain du mien, ce dernier m’interrompit pour me dire que nous venions d’arriver à mon hôtel. Je le saluai donc et le remerciai pour tout ce qu’il venait de me dire, et je lui donnai, en guise de gratitude, un généreux pourboire. Lorsque j’entrai dans l’hôtel et que j’allais enfin me reposer dans ma chambre, j’appelai la réception pour leur demander de ne pas me réveiller le lendemain, afin que je puisse me reposer pleinement pour découvrir au mieux de ma forme cette ville si exaltante.

Après une bonne nuit de sommeil, lorsque je me réveillai en fin de matinée, je déjeunai à l’hôtel, puis je me préparai à sortir pour aller, dans la plus grande joie et dans la plus grande excitation possible, réaliser un rêve d’enfance ! Celui de visiter la Cinquième avenue, qui était pour moi la plus magnifique et la plus féerique avenue du monde ! Moi qui, depuis le jour où j’y mis les pieds, en tombai éperdument amoureux. Ébahi, stupéfait, impressionné, époustouflé ! Et les mots me manquent pour décrire ce que j’ai ressenti au moment où je venais d’y arriver. Devant tant de lumières, d’affiches, d’écrans et surtout devant une si grande immensité, je restai littéralement sidéré devant la beauté et le charme fou qui se dégageaient de cet endroit.

Durant mon premier jour à New York, malgré toute sa beauté et son immensité, je ne me contentai pas de visiter seulement la Cinquième avenue, mais j’allai voir et découvrir d’autres endroits tout aussi connus ! Comme Central Park, l’Empire State Building, ou encore, lorsque vint enfin le soir, Broadway. Le lendemain, ainsi que pendant tous les jours qui suivirent, j’allai à nouveau découvrir d’autres endroits tout aussi incroyables et impressionnants. Après seulement quelques jours passés là-bas, dans mon esprit, tout devint très clair ! New York était la ville la plus exaltante et plus passionnante au monde, elle était si grande et si immense qu’il y avait toujours quelque chose à découvrir. Elle était si divine et si unique, que je me dis que pour la première fois de ma vie, je me trouvais à un endroit où j’étais réellement et totalement heureux, je comptais tout faire pour y rester.

Deux mois, c’est le temps qu’il me fallut pour visiter New York, la découvrir et l’explorer dans ses moindres détails. Que dire à l’issue de cette période ? Mis à part le fait qu’elle fut sans aucun doute la plus captivante et la plus passionnante de toute ma vie. New York était la ville où j’avais choisi de vivre et d’accomplir mes rêves lorsque j’emménageai aux États-Unis. Elle devint au bout de seulement deux mois, la ville dans laquelle je voulais vivre pour le restant de mes jours ! Mais avant d’en arriver là, je me rendis compte le soir de mon soixantième jour là-bas, alors que j’étais en train de me reposer dans ma chambre d’hôtel, qu’il fallait déjà que je pense au moment présent. Le moment présent qui fut marqué en plein milieu de cette nuit-là d’un terrible constat, qui me laissa totalement sans voix ! Ce constat ou plutôt cette révélation, je la découvris pendant que j’étais en train de faire pour la première fois de ma vie mes comptes, et que je m’aperçus tout à coup qu’en l’espace de seulement deux mois passés à New York, je venais de dépenser à peu près quarante mille dollars ! Une somme énorme, qui, aussi énorme fût-elle, ne représentait rien, ou du moins, pas grand-chose par rapport à la totalité de la fortune que je possédais.

Cette nuit-là, après avoir fait mes comptes, je n’arrêtai pas de penser aux dépenses sans intérêt que j’avais faites et à la manière futile avec laquelle j’avais géré mon nouveau statut financier. Bien que je puisse me permettre de vivre longtemps comme ça, à dépenser chaque jour d’immenses sommes d’argent pour bien vivre et pour assouvir mes désirs pendant encore des années, je décidai contre toute attente de relever la tête et de réagir en ne touchant plus à ma fortune pendant un an ! Une décision soudaine, mais juste, qui s’accompagnait aussi d’une autre qui consistait à chercher dès le lendemain du travail pour subvenir à mes besoins, tel un homme, un vrai ! Car c’est comme ça que mon père m’avait éduqué et c’est cet homme-là qu’il aurait voulu que je sois. Un homme capable de travailler et de s’assumer pleinement dans sa vie, et non pas un homme qui dilapide jour après jour toute la fortune qu’il possède jusqu’à ce qu’il ne lui reste plus rien.

Le lendemain, je parcourus de fond en comble la ville à la recherche d’un travail. Malheureusement, mes efforts restèrent vains. J’avais beau chercher et continuer à chercher, il n’en restait pas moins que je ne trouvais aucun employeur qui veuille bien m’embaucher ! Moi qui n’avais aucun diplôme ni même aucune expérience dans les domaines pour lesquels j’avais postulé, il était plus que normal que je ne sois accepté nulle part. Le jour suivant, je recommençai mes recherches et j’allai à nouveau parcourir la ville afin de trouver un travail, mais encore une fois en vain. Après cette nouvelle tentative, je fournis encore plus d’efforts dans mes recherches, en multipliant les pistes et les domaines jusqu’à ne plus savoir où aller. Mais, à mon grand désespoir, j’avais beau essayer de garder mon optimisme, après tant de journées passées à me faire rejeter, je commençais peu à peu à abandonner l’idée de me construire une véritable vie dans cette ville ! Du moins jusqu’au jour où la chance me sourit enfin. C’était le jour où j’allais, ou plutôt j’essayais d’aller, dans le New Jersey.

Lorsque ce jour-là arriva, alors que je me trouvais dans le taxi qui devait m’emmener dans le New Jersey, j’étais bien loin de me douter que les réponses aux questions que je me posais depuis si longtemps allaient enfin être amenées à moi ! Moi qui demandai ce jour-là au chauffeur de s’arrêter parce que j’avais soudain vu quelque chose qui me réjouissait au plus haut point ! Cette chose n’était rien d’autre qu’une annonce pour un emploi, écrite en gros caractères, accrochée sur la porte verte d’un immense local qui se trouvait en face de moi. En voyant cette dernière, je décidai d’y aller, afin de savoir de quel genre d’emploi il s’agissait, pour pouvoir tenter ma chance et postuler bien sûr. Alors que ce jour-là, je venais de décider de m’arrêter là, sur ce début d’autoroute où il n’y avait que deux ou trois immeubles de grande classe, jouxtant ce seul et unique local, je demandai au chauffeur de taxi de partir et de me laisser là, tout en lui donnant un pourboire et en m’excusant d’avoir changé mon trajet en cours de route. Moi qui avais l’étrange sentiment que derrière cette porte, le destin me réservait en quelque sorte une surprise, une magnifique surprise. Lorsque le taxi s’en alla enfin, je me précipitai vers ce local et frappai à la porte, mais j’avais beau insister, personne ne me répondit. Donc, pendant quelques minutes, je restai devant cette porte à attendre sagement que quelqu’un daigne enfin me répondre, quand soudain, je m’aperçus que cette dernière n’était pas totalement fermée ! Alors, sans même me poser de question, je rentrai dans ce mystérieux local et lorsque je vis l’intérieur, je pus constater de quel type de commerce il s’agissait, c’était un bar ! Un bar magnifique, élégant et très classe, qui était doté d’un très grand espace, mais aussi d’une architecture et d’un design très sobres, mais très chic, j’étais sous le charme ! Il faisait à peu près cent, voire deux cents mètres carrés, d’après mes estimations. Son décor, lui, était plus ou moins sombre, car il était peint pour la majorité en noir. À un moment donné, alors que j’étais en train de contempler le charme fou qui se dégageait de cet endroit grandiose, quelqu’un surgit derrière moi et me dit :

« Vous savez que je peux appeler la police ? Vous l’ignorez peut-être, mais entrer par effraction dans un endroit privé est puni d’une lourde peine de prison !

– Ah ! je suis désolé, je ne voulais pas entrer de cette manière ! Mais tout à l’heure, je n’ai pas arrêté de frapper à la porte et personne ne m’a répondu. C’est pour ça qu’en voyant la porte entrouverte, je suis entré. Je tiens à m’excuser et à me présenter, mon nom est Younes, Younes Douiri.

– Bon, d’accord, ce n’est pas grave, oublions ce fâcheux incident ! Moi, c’est Carlos Sanchez, je suis le gérant et le propriétaire de ce bar. Ce bar, qui comme vous le voyez à cette heure-ci est vide, car nous n’ouvrons que le soir. Donc, monsieur Douiri, c’est bien ça ? Sans vouloir paraître hostile ou encore désagréable à votre égard, je voudrais savoir ce qui a bien pu vous amener jusqu’à mon bar, en plein milieu de journée, alors que celui-ci est fermé.

– Je veux travailler !

– Travailler vous dites ?

– Oui, c’est ça, travailler ! Vous cherchez bien quelqu’un pour le faire, non ? C’est écrit en gros caractères sur l’annonce accrochée à votre porte.

– Ah ! Cette bonne vieille annonce ! Ça fait tellement longtemps qu’elle est accrochée là, que j’en oubliais même son existence ! Bon, ben, ce n’est pas grave, l’important est que vous soyez là. Alors, si ça vous convient, voilà ce que l’on va faire, je vous propose qu’on aille tous les deux nous asseoir au comptoir que vous voyez là-bas, nous préparer quelques cocktails afin de faire plus ample connaissance et pour que je me fasse ma propre opinion de vous ! Si celle-ci est positive et si mes recherches sur votre casier judiciaire...

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