Le rêve d'une infirmière - Une si troublante rencontre (Harlequin Blanche)

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Le rêve d'une infirmière, Meredith Webber
Grace O'Riordan avait rencontré Harry BLake au cours des mois qui avaient suivi la mort de sa femme et, peu à peu, elle était tombée amoureuse... Un amour sans espoir, hélas, car cet homme amer ne croyait plus en rien, et surtout pas en cette famille qu'elle rêvait de fonder. Mais en le retrouvant, aujourd'hui, au mariage de leurs amis, à Crocodile Creek, Grace découvrait soudain un autre homme dont le regard exprimait une promesse à laquelle elle n'osait plus croire.

Une si troublante rencontre, Abigaill Gordon
Lorsque sa sœur, qui part pour quelques mois à l'étranger, lui propose de venir s'installer chez elle, dans le Cheshire, afin de garder ses enfants, Henrietta Mason accepte sans hésiter... D'autant que sa sœur lui a aussi trouvé un poste de médecin remplaçant dans le cabinet médical de la ville. Tout serait donc parfait pour Henrietta s'il n'y avait Matthew Cazalet, avec qui elle collabore. Un homme aussi séduisant qu'autoritaire avec qui les relations sont difficiles, pour ne pas dire explosives !
Publié le : lundi 15 octobre 2007
Lecture(s) : 14
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280257503
Nombre de pages : 320
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Prologue

Tandis que le cyclone Willie dirigeait sa course dévastatrice vers la côte Est de l’Australie, au nord du Queensland, un petit garçon, à plusieurs centaines de kilomètres de là, s’apprêtait à monter dans le bus.

Max — ainsi qu’il se nommait —, était terrifié à l’idée que son père, à présent en grande conversation avec le chauffeur, ne découvre le chien qu’il avait menacé de noyer dans la journée.

Aussi, se faufilant entre les deux hommes, se hâta-t-il de monter les larges marches.

A mesure qu’il s’engageait dans l’allée du bus, il se laissait gagner par l’atmosphère feutrée et aussi par la pensée rassurante qu’une fois rentré à Crocodile Creek, il serait sauvé, car sa mère réglerait tout : le prix du billet et l’histoire du chien.

« Maman va adorer Scruffy », songea-t-il en esquissant un sourire. Sourire qui s’évanouit aussitôt lorsque les paroles venimeuses de son père lui revinrent à la mémoire : « Ne l’appelle pas maman. C’est ta sœur, sacré bon sang… ta demi-sœur, si tu veux tout savoir. »

Or, que Max l’appelle maman n’avait jamais gêné Georgie. En outre, cela lui évitait de subir les cruelles moqueries de ses camarades de classe — ceux qui avaient la chance d’avoir une maman, s’entend.

Il se délesta de son sac à dos et, après l’avoir ramené devant lui, le serra fort contre son cœur, soulagé d’y sentir gigoter le chiot.

Puis, tandis qu’il s’avançait lentement dans l’allée, il examina d’un regard attentif ses compagnons de route. Il en reconnaissait bon nombre pour les avoir déjà croisés au moins une fois durant son enfance, ballotté comme il l’avait été aux quatre coins du Queensland.

Le bus était presque plein. Il y avait là un groupe de touristes discutant dans une langue que Max ne sut identifier. Derrière eux était assise une grosse dame qui, il l’aurait parié, venait de rendre visite à ses petits-enfants. De l’autre côté de la travée, un adolescent dormait, affalé contre la vitre, et, devant lui, un couple de personnes âgées, le buste raide, semblait faire partie intégrante du bus, comme vissé à la banquette de cuir.

Un peu plus loin, une femme, dont les traits tirés étaient empreints d’une profonde mélancolie, veillait sur son petit garçon. Max choisit de s’asseoir derrière eux. Il ne l’avouerait jamais à sa mère — et encore moins à son père —, mais il imaginait que des choses terribles pouvaient arriver dans les transports en commun. Aussi prenait-il toujours bien soin de s’installer auprès d’une personne accompagnant un enfant ou bien d’un jeune couple, de manière à se faire passer pour leur fils.

Quoique, désormais, Scruffy serait là pour le protéger…

Se rapprochant de la vitre, il chercha son père du regard, curieux de savoir s’il en avait fini avec son marchandage et si, cette fois, il avait réussi à se débarrasser de lui sans avoir à débourser le moindre centime. Peut-être serait-il moins avare lorsqu’il s’agirait de lui adresser un signe d’adieu ?

Mais le parking était désert. Le chauffeur discutait à présent avec un collègue sur le seuil de la petite gare routière.

Tournant la tête au maximum, Max aperçut, déjà bien loin sur la route, une silhouette qui s’estompait dans la lumière blafarde des réverbères : l’ombre de son père disparaissant sans même un au revoir.

« Ça n’a pas d’importance », se dit-il en tâchant de poser un masque impassible sur son visage.

Les yeux baissés sur son sac, il ouvrit la fermeture Eclair et y glissa la main avec précaution. Il se mit alors à caresser le pelage ébouriffé du chiot et sentit bientôt une petite langue chaude lui lécher les doigts.

« Ça n’a pas d’importance », se répéta-t-il obstinément.

Mais Max n’avait que sept ans, et à cet âge, c’était loin d’être sans importance…

1.

Il était minuit dans le service des urgences de l’hôpital de Crocodile Creek. Couchée sur l’une des tables d’examen, Grace O’Riordan contemplait une tache en forme d’amibe qui s’allongeait sur le plafond, laissant son esprit vagabonder sur des sujets aussi divers que l’amour, la mode et le sens de la vie, bien qu’à dire vrai, à cette heure, ce dernier thème n’occupait qu’une petite place dans ses pensées.

Elle venait de clore le chapitre vestimentaire, se répétant pour la centième fois qu’elle avait bien fait de choisir pour le mariage d’Emily cette sublime robe bleue, quoiqu’un peu osée, peut-être. Mais elle voulait, en cette occasion, être féminine jusqu’au bout des ongles, elle qui tout au long de l’année privilégiait les tenues décontractées.

Par conséquent, il lui restait ce délicat sujet de réflexion : l’amour.

Non l’amour avec un grand A, mais, pour son malheur, celui qui n’était pas partagé et qu’elle ne connaissait que trop. Des coups de foudre non réciproques, voilà à quoi se résumait sa vie sentimentale. A croire qu’elle était condamnée à ne vivre que ce genre de relations…

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