Le rêve d'une nuit - Une femme à reconquérir

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Médecins des Highlands

Au Strathlochan Hospital, les médecins s’attendent à sauver des vies – et non à trouver l’amour…

Le rêve d’une nuit, Margaret McDonagh

Durant tout le trajet en train de Strathlochan, en Ecosse, à Londres, le Dr Ginger O’Neill se sent étrangement vibrer sous le regard de Cameron Kincaid, son très séduisant compagnon de voyage. Au cours du dîner qui suit, puis de la nuit la plus passionnée de toute sa vie, Ginger, subjuguée, est persuadée qu’une très belle histoire d’amour l’attend. Mais, au matin, tout s’écroule lorsqu’elle découvre que Cameron est en réalité un rival qui risque de briser son rêve professionnel…

Une femme à reconquérir, Margaret McDonagh

Nathan Shepherd au Strathlochan Hospital ! Si Annie Webster a du mal à en croire ses yeux, son corps, lui, réagit immédiatement. Même si Nathan lui a brisé le cœur, cinq ans auparavant, lors de leur rupture, il a, hélas, toujours autant d’emprise sur elle. Et son regard intense lui dit que lui non plus n’a rien oublié... Mais il n’est pas question qu’elle succombe de nouveau. Pour tenir Nathan à distance, elle décide donc de demander à Will, son ami et confrère, de jouer le rôle de son amant…

Publié le : samedi 1 août 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280339902
Nombre de pages : 288
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1.

Le Dr Ginger O’Neill le remarqua sitôt qu’il monta dans le train. Il faut dire que sa silhouette athlétique et sa taille hors du commun — il devait mesurer au moins un mètre quatre-vingt-quinze — attiraient l’attention. Quelques fils d’argent couraient dans ses courts cheveux noirs, mais elle lui donnait tout au plus trente-cinq ans, soit quelques années de plus qu’elle.

Vêtu d’un jean délavé et d’un T-shirt noir sans manches qui laissait à découvert ses bras musclés et bronzés, il ne semblait pas souffrir le moins du monde de la touffeur de ce mois d’août, contrairement aux autres voyageurs. Bref, un charme irrésistible se dégageait de son allure décontractée, un puissant magnétisme qui, si elle en jugeait par les battements erratiques de son propre cœur, devait provoquer une épidémie d’infarctus dans son sillage…

Ridicule… Cette réaction disproportionnée ne lui ressemblait pas du tout ; elle s’était toujours considérée comme une femme calme, pragmatique et raisonnable. Peu sujette aux engouements passagers, elle n’avait pas pour habitude de s’enflammer comme une adolescente pour un inconnu, aussi séduisant fût-il.

Agacée, elle secoua la tête, mais ne put s’empêcher de l’observer à la dérobée alors qu’il remontait l’allée. Un sculpteur de la Grèce antique avait dû se pencher sur son berceau pour ciseler ce front haut, ce nez droit, et la barbe d’un jour qui ombrait la mâchoire volontaire le rendait encore plus sexy.

Les yeux de Ginger, comme aimantés, s’attardèrent sur la bouche finement dessinée, s’en détachèrent à regret, et soudain plongèrent dans deux lacs gris argenté interrogateurs.

Embarrassée, elle détourna le regard et essaya de se donner une contenance en posant son ordinateur portable sur la tablette. Sa température s’éleva toutefois encore d’un degré quand le voyageur opta pour la place de l’autre côté de l’allée centrale. Elle avait l’impression d’avoir les nerfs à vif, comme si tout son corps était terriblement conscient de la présence de l’inconnu à deux pas d’elle.

Alors qu’il rangeait son sac dans le filet métallique placé en hauteur, son T-shirt court se souleva, dévoilant en partie les muscles de son dos bronzé au-dessus du jean à taille basse. Le souffle coupé, elle fixa avec fascination la bande de peau hâlée avant de se rendre compte, horrifiée, de l’étrangeté de son comportement. Elle baissa le nez, non sans avoir néanmoins eu le temps de le voir se glisser sur son siège avec la souplesse d’une panthère.

Le wagon était pratiquement vide. Alors pourquoi avait-il choisi, comme par hasard, de s’asseoir presque en face d’elle ? A un endroit où ses yeux ne pourraient manquer de tomber sur lui dès qu’elle lèverait la tête…

Alors que le train s’ébranlait et quittait la gare de Strathlochan, elle réprima un soupir de contrariété à la perspective d’affronter dans ces conditions le long voyage entre l’Ecosse et Londres. Ses préoccupations personnelles reprirent cependant vite le dessus lorsqu’elle se rappela la raison de ce déplacement.

Elle s’évertua alors à relire sur son ordinateur le dossier qu’elle devait soumettre à la réunion qui se tiendrait le lendemain après-midi suivant. Si elle voulait obtenir les fonds qui lui permettraient de développer son propre centre des troubles du comportement alimentaire — ou TCA —, il lui fallait affûter ses arguments pour convaincre le généreux donateur potentiel qu’elle devait rencontrer.

Nerveuse à l’idée de ce qui l’attendait, elle se remémora la conversation qu’elle avait eue avec Pip Beaumont.

La quarantaine, Pip était à la fois son amie, son bras droit et la meilleure des infirmières spécialisées en pédopsychiatrie. Elle l’avait arrêtée au passage au moment où Ginger s’apprêtait à quitter l’hôpital à la hâte.

— Ginger ! Que fais-tu encore ici ? Je te croyais partie depuis au moins deux bonnes heures !

— J’aurais dû, mais j’ai pris du retard pendant mes consultations du matin. En l’occurrence, j’ai discuté plus longtemps que prévu avec Danielle Watson ; je trouve son état émotionnel préoccupant : elle a encore perdu deux kilos et, apparemment, elle sert toujours de tête de Turc à l’école… Si tu as le temps pendant mon absence, j’aimerais bien que tu parcoures les dernières pages de son journal de bord et que tu me dises ce que tu en penses. Je les ai laissées dans son dossier.

Comprenant à demi-mot, Pip avait hoché la tête.

— Entendu.

— Tu as une séance avec elle, ces jours-ci ?

— Pas avant son rendez-vous avec toi la semaine prochaine, mais je me débrouillerai afin de trouver un moment pour bavarder avec elle avant ton retour.

Soulagée d’un grand poids, Ginger avait souri à son amie ; elle avait une entière confiance en elle.

— Merci, Pip. Je sais que tu as un emploi du temps chargé, mais à mon avis, elle a besoin de se confier.

— Tu crois qu’elle a rechuté ?

L’adolescente, qui avait perdu ses parents trois ans plus tôt, ne recevait aucun soutien moral chez elle. La cousine à laquelle elle avait été confiée la négligeait et ne se sentait pas du tout concernée par ses problèmes psychologiques.

— A mon avis, elle est limite et je suis partagée, avait répondu Ginger. D’un côté, je ne veux pas courir le risque qu’elle sombre de nouveau dans la dépression ; de l’autre, je voudrais, dans la mesure du possible, éviter son admission dans l’unité ; ça la conforterait dans l’idée qu’elle ne peut pas s’en sortir seule. Il faut absolument l’aider à inverser le processus. Si elle continue à maigrir, sa santé sera en grand danger.

— Ne t’inquiète pas, je m’occuperai d’elle, avait assuré Pip en poussant la porte de l’hôpital. Mais il y a autre chose qui te tracasse, n’est-ce pas ? avait-elle ajouté avec la perspicacité qui la caractérisait.

— Oui, c’est vrai. Je m’apprêtais à partir quand j’ai reçu une convocation des instances supérieures ; elle tombait on ne peut plus mal, évidemment.

Jonglant entre sa valise, son sac et son ordinateur portable, elle avait vérifié l’heure, et avait eu une pensée reconnaissante pour Sarah, son assistante, qui avait consulté les horaires de train puis annulé son billet pour en réserver un autre.

— Il ne faut pas que je traîne si je veux arriver à temps à la gare.

— Je t’y conduis, avait proposé Pip. Ça t’évitera de perdre du temps à te garer.

Puis elle l’avait entraînée sur le parking de l’hôpital jusqu’à la minuscule Fiat violette dans le coffre duquel elles avaient entassé tant bien que mal ses bagages.

Comme elles descendaient la colline, la ville s’était déployée à leurs pieds dans la vallée boisée autour du loch. Ginger, qui ne se lassait pas de cette vue grandiose, y avait trouvé un apaisement momentané jusqu’à ce que Pip essaie d’en savoir davantage.

— Au fait, pourquoi t’ont-ils convoquée ?

Elle s’était rembrunie en se rappelant la réunion avec les chefs de son département et un membre du service administratif. Son équanimité coutumière avait volé en éclats face à ce qu’ils avaient à lui annoncer. Tout ce qui allait à l’encontre de l’intérêt de ses patients avait le don de la faire sortir de ses gonds.

— Je doute que tu veuilles l’entendre, avait-elle déclaré, morose.

— A ce point ? Raconte…

Elle avait perçu l’inquiétude dans le ton d’habitude enjoué de Pip.

— Non seulement ils refusent d’augmenter les fonds comme je le leur avais demandé, mais ils ont décidé de réduire une grande partie du budget du département. Ce qui, en clair, signifie la dissolution de l’unité et sa réintégration dans le service de psychologie.

— Oh, non ! Ils ne peuvent pas nous faire ça ! C’est encore pire que prévu.

— Malheureusement si, avait-elle dit en se massant la nuque dans le vain espoir d’y atténuer la tension.

— Du coup, ton rendez-vous de demain devient encore plus crucial.

La réflexion de Pip avait reflété ses propres conclusions.

— Oui, et son succès est impératif.

— A quelle heure a lieu la réunion ?

— Pas avant 14 heures. Mais je préfère partir un jour plus tôt pour me sentir fraîche et dispose au moment dedéfendre mes arguments. Comme tu le sais, ils m’ont payé non seulement le voyage, mais aussi l’hôtel.

Le souffle lui avait soudain manqué en se rendant compte de l’énormité de la gageure.

— Oh, Pip, j’espère que je vais réussir. Il le faut !

— Mais tu vas réussir, Ginger. Si quelqu’un peut y arriver, c’est bien toi.

— Merci, avait-elle dit, réconfortée par sa confiance indéfectible.

Pip était restée pensive un moment avant de secouer la tête et ses longues boucles châtaines avaient balayé ses épaules, comme pour ponctuer son irritation.

— Je ne peux pas croire que les huiles de l’administration envisagent de fermer l’unité ! Ont-elles seulement songé aux patients ? Ils ont besoin de soins spécialisés qu’avec la meilleure volonté du monde, un service débordé ne peut pas leur procurer. Les plus chanceux ont peut-être des parents qui peuvent se permettre de les faire soigner dans des cliniques privées, mais les autres ?

— Et encore… Il faut se déplacer jusqu’à Edimbourg. Il n’y a pas un seul centre consacré aux TCA à une centaine de kilomètres à la ronde. Mais cette pénurie ne touche pas que l’Ecosse : tout le Royaume-Uni est concerné.

Ginger s’était sentie écrasée sous le poids de sa responsabilité envers les adolescents dont elle s’occupait.

— D’une façon ou d’une autre, je dois obtenir cet argent.

Lorsque, plusieurs mois auparavant, la rumeur d’importants changements à venir dans le département avait couru, l’idée lui était venue de créer son propre centre et elle avait peu à peu ébauché son projet. Après des discussions mouvementées avec différents agents du ministère de la Santé, elle avait réussi à leur arracher un accord à titre conditionnel pour externaliser les soins spécialisés que son unité prodiguait. D’un autre côté, elle avait obtenu le soutien des généralistes de la région, l’assurance que la plupart des membres de son équipe seraient enchantés de se joindre à elle, et même diverses promesses de dons — parents reconnaissants, associations caritatives… —, ainsi qu’un crédit bancaire et un financement provisoire de la NHS, la branche maladie du régime de sécurité sociale. Cependant, il lui restait à boucher un énorme trou dans un budget effroyablement élevé. A elles seules, les dépenses pour la mise en route étaient considérables, sans compter les frais annuels de fonctionnement.

Mais elle trouverait une solution. Il le fallait ; elle ne pouvait pas abandonner ses patients à leur sort.

— Un bienfaiteur inattendu, ça paraît trop beau pour être vrai…

Le commentaire de Pip l’avait tirée de ses réflexions.

— Qui est ce sir Morrison Ackerman, tu en as une idée ?

Ginger avait secoué la tête.

— On le décrit juste comme un croisement anglais de Paul Getty, de Bill Gates et de Donald Trump !

Les yeux noisette de son amie avaient pétillé de malice.

— Rien que ça ! S’il est riche et généreux, tant mieux pour nous. Mais pourquoi cet intérêt ?

— Je sais juste qu’il est né près de Strathlochan, même s’il vit actuellement aux Etats-Unis où il a fait fortune. Jusqu’ici, il donnait beaucoup d’argent à des organisations humanitaires, mais à présent, il voudrait parrainer une initiative écossaise. Apparemment, la nôtre lui tient à cœur pour des raisons personnelles — des problèmes dans sa famille, il y a plusieurs années. C’est pourquoi il l’a retenue avec deux autres.

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