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Le sang du Vampire Tome 1

De
168 pages

Aidan Collins, le chef de la sécurité du Sire de Londres, a choisi l'inspecteur Gabriel Watkins de Scotland Yard, spécialisé dans les missions d'infiltrations, pour intégrer son équipe le temps d'un important sommet vampirique. Durant cette mission, Gabriel se sent de plus en plus intrigué par Aidan. Cet homme se révèle bien plus mystérieux qu'il y parait, attisant tout d'abord sa curiosité.... puis son désir.

Ensemble, ils affronteront un complot menaçant la sécurité du sommet. Parviendront-ils à empêcher le drame qui conduirait à une guerre entre les différents protectorats vampirique et qui mettrait en péril la paix de l'Europe entière ?


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Le Sang du Vampire

Tome 1





Mix Editions








À ma Jumelle de cœur, ma première lectrice, celle avec qui j'ai partagé tant de délires qui ont conduit parfois à des écrits plus ou moins recommandables.

La présence discrète de ta chère hache prénommée Guili-Guili et tes commentaires m'encouragent à écrire, écrire et encore écrire.

Alors merci encore d'être toujours là pour lire mes " trucs " qui n'aboutissent pas toujours mais sans lesquels je pense que ce roman n'existerait pas.


 




Chapitre 1




« Watkins ! Dans mon bureau ! Maintenant ! »

La voix du commissaire me fit sursauter et je manquai de peu de renverser mon café. Je sauvegardai le rapport que j’étais en train de taper avant de me lever, la boule au ventre. Je n’avais pas peur de grand-chose. Pourtant, être convoqué dans le bureau du Big Boss n’était jamais bon signe. Tout en avançant d’un pas que je voulais assuré, j’essayais de deviner quelle était la connerie que j’avais faite et qui me valait cet insigne honneur.

Je frappai doucement, espérant presque qu’il ne m’entende pas et qu’il ait oublié jusqu’à mon existence. Manque de chance, sa voix tonna presque aussitôt :

— Entrez !

J’obéis.

Mon regard se posa immédiatement sur l’inconnu qui se tenait près de la fenêtre, me tournant le dos. Grand, les épaules carrées, il portait un élégant costume sombre taillé sur mesure et sa posture laissait deviner un passé militaire. Mon œil entraîné avait également repéré la bosse caractéristique d’un holster d’épaule sous son bras droit, preuve qu’il était gaucher. Ses cheveux châtains étaient coupés très court, dévoilant la peau mate de sa nuque.

Tous ces détails s’étaient imprimés dans mon esprit en un regard. J’avais une excellente mémoire photographique, ce qui me valait le surnom pas vraiment flatteur de « Polaroïd » de la part de mes collègues.

Je reportai mon attention sur le Commissaire Terrence, véritable armoire à glace à la peau ébène et au regard noir qui vous pétrifiait d’effroi. Il m’ordonna de m’asseoir et demanda de sa voix de stentor :

— Connaissez-vous Walter Bowman ?

— Vous vous foutez de moi ?

Il me fusilla du regard et je déglutis difficilement avant de répondre d’un ton un peu moins insolent :

— Qui ne connaît pas le Sire de Londres ?

Terrence désigna l’homme qui n’avait pas bougé :

— Je vous présente Aidan Collins, son chef de la sécurité.

L’inconnu se retourna enfin et je retins instinctivement mon souffle. Son visage se grava immédiatement dans ma mémoire alors que son regard émeraude se fixait sur moi. Ses traits n’étaient pas fins ni parfaits. Je lui donnais entre trente-cinq et quarante ans. Son nez un peu épaté avait été visiblement cassé à plusieurs reprises et en conservait une légère déviation. Ses lèvres étaient pour le moment serrées en une ligne fine et je me pris à espérer de le voir sourire. Il n’était pas beau à proprement parler, mais il dégageait un charme et un charisme qui ne me laissèrent pas indifférent.

Il s’avança vers moi, la main tendue. Je me levai pour le saluer, constatant que malgré mon mètre quatre-vingt, il me dépassait de dix bons centimètres. Sa poigne était ferme, comme je l’imaginais.

— Inspecteur Gabriel Watkins. Ravi de faire votre connaissance.

Il ouvrit la bouche et sa voix fut à la hauteur de mes espérances : chaude, basse et virile.

— Ravi également.

La formule relevait de la pure politesse. Son expression était fermée et son ton neutre. Il reprit place près du bureau du commissaire, toujours debout, les mains derrière le dos tandis que je me rasseyais.

— Je vous laisse exposer la situation, Monsieur Collins, l’invita mon supérieur.

L’homme hocha brièvement la tête, puis prit la parole :

— Comme vous devez vous en douter, de par sa nature, mon employeur reçoit régulièrement des menaces en tous genres. Mon équipe est chargée de déterminer si ces menaces sont à prendre ou non au sérieux. Depuis son Ascension, il a été victime de plusieurs tentatives d’assassinat que nous avons heureusement toutes déjouées à temps.

— Mais quelque chose a changé.

Alors qu’il m’adressait un regard surpris, ce qui était un peu vexant, j’ajoutai :

— Une de ces menaces a dû vous alarmer plus que les autres pour que vous ayez besoin de faire appel aux services de Scotland Yard.

Il fit quelques pas dans la pièce, puis se planta à nouveau en face de moi en soupirant profondément.

— Avant de continuer, je dois m’assurer que tout ce qui se dira dans cette pièce restera entre nous.

— Vous avez ma parole.

Je retins au dernier moment le « de toute façon, vous me tuerez sûrement si j’en parle » qui me brûlait les lèvres. Collins jeta un bref coup d’œil au commissaire qui acquiesça d’un hochement de tête. Il reprit alors :

— Comme vous le savez, au cours des siècles, des tensions ont toujours existé entre les différents Protectorats d’Europe. Peu après son Ascension, il y a trente ans, mon employeur a opéré un rapprochement significatif avec le Sire de Paris, Armand Duvivier, avec lequel il est ami depuis plus d’un siècle. Ils ont le grand projet de parvenir, ensemble, à enfin apaiser les tensions entre tous leurs homologues du Vieux Continent. Et ce projet est sur le point d’atteindre une nouvelle étape. Dans deux semaines se tiendra, dans un lieu gardé secret, un sommet réunissant tous les Sires d’Europe. Enfin, tous ceux qui sont assez ouverts d’esprit pour accepter de discuter d’un éventuel accord de paix.

— Si jamais certains groupuscules anti-vampires apprenaient l’existence de ce sommet, ils verraient là l’occasion de se débarrasser d’un seul coup de la plupart de leurs pires ennemis.

Collins hocha la tête.

— Ce qui plongerait l’Europe dans le chaos. Si un seul Protectorat se retrouvait privé de son Sire, la guerre de succession qui en découlerait serait terrible... Et des centaines, voire des milliers, d’humains en seraient les premières victimes. Mais les anti-vampires ne sont pas les seuls que nous considérons comme une menace importante.

Je soufflai :

— Bien sûr... l’un des Sires opposé à ces accords de paix pourrait en profiter pour se débarrasser d’un dirigeant voisin afin d’annexer son territoire.

— Je vois que vous avez cerné l’étendue de la menace.

Je réfléchis quelques instants à tout ce que j’avais appris, puis demandai :

— Laquelle des deux menaces considérez-vous comme la plus inquiétante ?

— Les deux. C’est la raison pour laquelle mon employeur m’a autorisé à m’adresser à Scotland Yard. Pour le sommet, je dois recruter du personnel afin d’étoffer mon service de sécurité.

Le Commissaire Terrence intervint :

— Et vous, Watkins, vous serez l’un des nouveaux embauchés.

Ce n’était pas la première fois que j’étais envoyé en mission d’infiltration, mais me retrouver au beau milieu d’une tripotée de vampires, ça, c’était nouveau. Et ça ne me rassurait pas vraiment. Je dissimulai du mieux possible mon inquiétude et demandai :

— Pourquoi moi ? Le Yard est rempli d’excellents flics, dont certains ont plus que moi l’habitude d’évoluer parmi les vampires.

Ce fut Collins qui répondit :

— Je vous ai choisi en raison de votre exceptionnelle mémoire photographique. Votre commissaire m’a assuré que vous seriez le plus à même de nous aider à identifier les participants au sommet et ainsi démasquer les éventuels intrus.

Logique.

— Qui sera au courant de ma véritable identité ?

— Uniquement mon employeur et moi-même. Pour tous les autres, vous serez simplement un agent de sécurité embauché pour l’occasion.

— Où doit se dérouler le sommet ?

— Je ne pourrai vous le révéler que lorsque vous aurez accepté la mission.

— Et combien de temps ai-je pour me décider ?

— Je dois avoir votre réponse au plus tard demain midi. J’accompagne mon employeur sur les lieux du sommet pour en superviser son organisation dès demain soir et je souhaite que vous fassiez partie du voyage. Si vous acceptez la mission, bien sûr... ajouta-t-il avec un petit sourire.

Un instant, j’eus l’impression qu’il me défiait de refuser, qu’il me prenait pour un froussard qui allait prendre ses jambes à son cou dès qu’il serait sorti du bureau.

— Vous aurez ma réponse avant midi. Comment puis-je vous contacter ?

Il sortit une carte de visite de sa poche intérieure et me la tendit. Elle ne comportait que ses initiales et un numéro de portable.

— J’attends votre appel.

Sur ces mots, il quitta le bureau. Je le suivis des yeux alors qu’il traversait l’open space d’une démarche assurée. Je sursautai lorsque le Commissaire Terrence lança dans mon dos :

— Rentrez chez vous préparer vos bagages !

Je me retournai vers lui et lançai d’un air narquois :

— Comment pouvez-vous être aussi sûr que je vais accepter ?

Il sourit, visiblement amusé et me répondit par une autre question :

— Avez-vous envisagé une seule seconde de refuser ?

Il me connaissait décidément trop bien. Je me levai et, après l’avoir salué, je quittai à mon tour son bureau. Je récupérai mon blouson en cuir, fourrai mon portable dans sa poche intérieure et ramassai mes clés de voiture. J’avais pas mal de détails à régler avant de donner ma réponse à Collins... Réponse que je comptais bien le laisser attendre jusqu’à la dernière minute.


Je me garai sur mon emplacement réservé, puis grimpai les trois marches du perron. Dès que j’ouvris la porte de mon appartement, je fus accueilli par une tornade rousse et un miaulement retentissant.

— Oui, moi aussi je suis content de te voir, Ginny.

La chatte se frotta à mes jambes, manquant de peu, comme à chaque fois, de me faire trébucher. Lorsque je parvins enfin à atteindre la cuisine, je m’empressai de verser une bonne rasade de croquettes dans son plat. Elle se rua dessus sans attendre. Profitant de ce qu’elle était occupée, je commençai à préparer ma valise.

Au milieu des chemises et des sous-vêtements, je glissai plusieurs boîtes de cartouches et un couteau de chasse. Un vampire ne pouvait pas mourir d’une blessure par balle, mais ça pouvait le ralentir. Et, surtout, ça vous laissait le temps de, au choix, vous enfuir en espérant courir plus vite que lui ou, en général la meilleure option, lui planter un couteau, un pieu ou toute autre chose pointue en plein cœur. Quand on sait que le plus lent des vampires peut courir environ cinq fois plus vite que le plus rapide des humains, le choix est vite fait.

Je finissais juste de fermer ma valise quand Ginny arriva en trombes dans la chambre. Elle me jeta un regard ennuyé, ayant très bien compris que j’allais l’abandonner plusieurs jours, ce qu’elle n’appréciait pas du tout. Elle monta sur le lit et me fixa d’un air désapprobateur. Je la pris dans mes bras et lui caressai la tête. Après avoir boudé quelques secondes, elle frotta son nez contre mon épaule en ronronnant.

— Je suis désolé, mais je n’ai pas le choix. Emy s’occupera de toi pendant mon absence.


Emeline, de dix ans mon aînée, m’avait pratiquement élevé. Nos parents étaient morts dans un accident de voiture alors que j’avais onze ans. Emy étudiait à l’époque à l’École des Beaux Arts à Paris. Elle m’avait accueilli chez elle, dans le petit appartement qu’elle occupait en banlieue, refusant que je sois placé en foyer ou en famille d’accueil. Nous avions hérité de la maison de nos parents, ici à Londres, mais Emeline avait dû la vendre pour payer ses études et pouvoir m’élever. Finalement, nous étions revenus en Angleterre l’année de mes seize ans lorsque ma sœur avait trouvé un poste de restauratrice de tableaux au British Museum. Nous nous étions alors installés dans un petit appartement à Baker Street que je quittai après avoir eu mon examen d’entrée à Scotland Yard. Emeline se maria peu après avec un de ses collègues, mais ils divorcèrent un an plus tard. C’est à ce moment-là que nous décidâmes d’acheter ensemble le petit immeuble où nous vivions à présent. J’occupais l’appartement du rez-de-chaussée et ma sœur celui du dessus. Ce qui lui permettait de s’occuper de Ginny lorsque mon travail m’amenait à m’absenter plusieurs jours.


Je trouvai Emy dans son atelier, une grande véranda installée sur le toit de l’immeuble. En plus de son travail au British Museum, elle peignait. Elle exposait dans plusieurs petites galeries de Londres et vendait quelques toiles par an. Lorsqu’elle m’entendit entrer, elle demanda sans quitter son tableau des yeux :

— Tu ne devrais pas être au boulot à cette heure-ci ?

— Je suis venu faire mes bagages. Je pars en infiltration demain pour une durée indéterminée.

Elle me jeta un regard inquiet.

— C’est quoi cette mission ?

— Tu sais que j’ai trente-quatre ans ? Je ne suis plus un gamin que tu as à protéger.

— Tu ne peux pas m’empêcher de m’en faire pour toi. Alors ?

— C’est une mission de protection... je ne peux pas t’en dire plus.

— Promets-moi d’être prudent.

— Comme toujours.

Elle posa son pinceau et se tourna vers moi, les mains sur les hanches.

— Je suis sérieuse, Gabriel ! La dernière fois que tu es parti en mission d’infiltration, tu as disparu presque trois mois. Et tu es réapparu avec tellement d’os brisés que les médecins ont cru que tu ne remarcherais jamais. Alors, permets-moi de me faire du souci pour toi quand tu m’annonces que tu repars.

Bon, j’avoue... Mon côté casse-cou m’avait valu des blessures plutôt graves au fil des années. J’avais eu beaucoup de chance de m’en sortir sans trop de séquelles, à part quelques douleurs qui se réveillaient par moment.

Je tentai de rassurer Emy :

— Je te promets d’être prudent.

Après tout, que pouvait-il bien m’arriver de mal au beau milieu d’une tripotée de vampires ? Elle posa son pinceau, s’essuya les mains et vint me serrer dans ses bras.

— Quel que soit ton âge, tu resteras toujours mon petit frère, Gabe.

— Je sais.


Afin de profiter un maximum de ma dernière soirée de liberté, j’invitai Emy à dîner. Après souper, installés confortablement sur le sofa, nous discutâmes jusque tard dans la nuit, Ginny roulée en boule sur mes genoux. Ma sœur me fit promettre une nouvelle fois d’être prudent avant de rentrer chez elle. Ginny resta collée à moi toute la nuit, véritable bouillotte ronronnante.





Chapitre 2