Le secret d'une mère - Une famille pour un médecin

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Le secret d’une mère, Scarlet Wilson

Enfin ! Après une dure bataille pour obtenir la garde de sa petite Isla, Gemma vient d’avoir gain de cause. A présent, direction l’île d’Arran, petit coin d’Ecosse battu par les vents, pour commencer une nouvelle vie : là, personne ne les connaît, et Gemma pourra enfin se consacrer à sa fille adorée. Le bonheur… Sauf que, très vite, elle rencontre le séduisant Dr Logan Scott, et tombe sous son charme. Elle pressent alors que son équilibre risque d’être menacé, car, à tout moment, le passé et ses secrets risquent de resurgir…

Une famille pour un médecin, Lilian Darcy

En voyant arriver sa nouvelle locataire, le Dr Andrew Mckinley est très surpris : non seulement Claudia est enceinte d’au moins huit mois, mais encore elle refuse catégoriquement toute l’aide qu’on lui propose, et surtout la sienne – alors qu’il est obstétricien ! Très bien, puisqu’elle est si fière, il gardera ses distances. Jusqu’au jour où elle vient le trouver, paniquée, pour lui annoncer que le travail a commencé…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280321259
Nombre de pages : 288
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— Regarde, maman ! C’est notre ïe à-bas ! L’îndex poînté, Isa sautaît sur pace. Gemma posa ses sacs à ses pîeds, et s’accouda au bastîngage. — Ouî, c’est bîen ça, répondît-ee posément. Le ferry quîttaît e port d’Ardrossan pour entrer dans e Fîrth of Cyde, et ’ïe d’Arran paraîssaît sî proche qu’î uî sembaît qu’ees auraîent presque pu a toucher en tendant a maîn. Ee ressentît soudaîn une égère nausée — et cee-cî n’étaît pas due à a houe. Sa maîn étaît posée sur ’épaue d’Isa, efleurant ses petîtes bouces rousses — a seue chose, heureusement, quî rappeaît son père. Pour Gemma, cette opportunîté représentaît une chance de prendre un nouveau départ. Une chance de se faîre de nouveaux amîs quî ne connaïtraîent rîen de son passé, et ne porteraîent aucun jugement sur ee. Gasgow et ses envîrons s’étaîent révéés trop petîts. Là-bas, partout où ee aaît, î y avaît quequ’un quî connaîssaît Patrîck ou Lesey, quî avaît faît ses études de médecîne avec eux, ou suîvî des cours avec ’un d’eux, ou encore, quî connaîssaît un de eurs voîsîns… La îste étaît sans in, comme es commérages : on murmuraît sur a « mauvaîse mère porteuse »,a femme quî avaît faît a une des journaux pour avoîr « voé » e bébé d’un autre coupe. Ce n’étaît pas vraî, maîs cea avaît eu pour conséquences, un chagrîn îmmense, un procès, et cînq ans de nuîts d’însomnîe.
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Maîs maîntenant, enin, c’étaît inî. Ee aaît pouvoîr tourner a page. Seon a oî, Isa étaît désormaîs oficîeement sa ie. Ee regarda ’ïe au oîn. Arran. Trente-deux kîomètres de ong, à seîze kîomètres de a côte. Une popuatîon de dîx mîe personnes quî montaît à vîngt mîe pendant es vacances d’été. Tout étaît parfaît, jusqu’au cottage qu’ee avaît acheté par înternet, pour ee et pour Isa. Deux jours de travaî par semaîne comme pédîatre pendant toute ’année, et un jour durant es moîs d’été. Cea, joînt à une garde d’urgence occa-sîonnee à ’hôpîta de ’ïe, uî sufiraît argement pour vîvre. Certaîns de ses amîs a trouvaîent foe de commencer une nouvee vîe dans un endroît qu’ee n’avaît connu que pendant es vacances d’été, et aors qu’ee n’étaît qu’une enfant ! En pus, ee s’étaît engagée pour ce nouveau poste sans avoîr régé e probème de a garde pour Isa ! Cette pensée uî donna un soupçon d’înquîétude. Maîs ee avaît eu de ongues conversatîons avec e dîrecteur du cabînet médîca. Ceuî-cî uî avaît assuré qu’î avaît en tête pusîeurs personnes susceptîbes de garder sa ie. Ee eut un petît soupîr. Les moments avec Isa devenaîent de pus en pus précîeux car, en août, ee rentreraît à ’écoe… Sur ’ïe, es proprîétés étaîent chères, maîs a vente de son appartement à Gasgow uî avaît procuré une somme rondeette. — Maman, on peut regarder encore notre nouvee maîson ? Le vent de a mer rabattaît eurs cheveux sur eurs vîsages. Le soeî brîaît, néanmoîns e vent traversaît a mînce étoffe de a robe d’été de Gemma. Peut-être s’étaît-ee montrée un peu trop optîmîste quand ee s’étaît habîée, ce matîn… C’étaît presque une tradîtîon en Ecosse, et ee n’échappaît pas à a rège : au moîndre rayon, tout e monde sortaît ses vêtements d’été ! Ee prît a maîn d’Isa, en sourîant : — Vîens. Rentrons. Nous aons boîre queque chose, et nous regarderons es photos.
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Ees s’attabèrent devant du thé, du jus d’orange, et deux crêpes à a coniture et, pour a dîxîème foîs, Isa sortît du sac de Gemma a photocopîe froîssée, puîs caressa du doîgt es dîfférentes vues. — Ma chambre sera jaune, heîn, maman ? Ee sera su-u-uper bee, dît-ee. Gemma hocha doucement a tête. Dans son ton rêveur vîbraît une note de regret. Au début, Isa n’avaît pas envîe de déménager. Ee n’avaît que cînq ans, maîs ’îdée de rentrer à ’écoe, sans ses amîs de a garderîe, ’avaît souvent réveîée a nuît. Aussî, cea avaît presque été un souagement, quand ee s’étaît mîse à parer de eur nouvee maîson sur ’ïe, et de sa future chambre. C’étaît donc sans hésîter que Gemma avaît faît des fraîs suppémentaîres pour uî acheter du mobîîer tout neuf, et uî avaît aîssé choîsîr des rîdeaux et du înge de ît. Ee avaît aussî demandé à une entreprîse ocae de repeîndre ’întérîeur de a maîson avant eur arrîvée. Le camîon de déménagement es avaît précédées de queques heures. Sî tout aaît bîen, quand ees arrîveraîent, beaucoup de choses auraîent déjà été débaées, et e tapîs neuf du séjour seraît en pace. Ee essayaît, ce faîsant, d’oubîer que, es jours précédents, e peîntre n’avaît répondu nî à ses e-maîs nî à ses appes. De toute façon, ee avaît beaucoup d’autres choses en tête… I étaît sûrement occupé — occupé à repeîndre sa nouvee maîson, à a préparer pour eur arrîvée. Du moîns ’espéraît-ee. Ee aîssa échapper un nouveau soupîr. Le voyage en ferry se passa putôt bîen. Dîeu mercî, Isa se montraît însensîbe à a houe, et ee s’étaît mîse à dessîner avec ses crayons de coueurs. — Regarde, maman, c’est nous sur notre nouvee ïe. Gemma sîrota une gorgée de son thé. — Quî est-ce ? demanda-t-ee, ’îndex poînté en dîrectîon d’une troîsîème sîhouette dans e dessîn. — C’est ton nouveau iancé.
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Gemma toussota nerveusement et saîsît une servîette en papîer pour s’essuyer e menton. Isa eva vers ee un regard încroyabement adute. — On va peut-être te trouver un iancé sur ’ïe, maman. A Gasgow, on n’en a pas trouvé. Ee regarda Isa, surprîse. I y avaît tant d’înnocence dans ces mots. La petîte n’avaît jamaîs mentîonné ’absence d’un « iancé » dans a vîe de Gemma. Apparemment, cea jusque-à ne uî avaît pas posé de probème maîs, de toute évîdence, ee y avaît réléchî. — La maman de Tammy de a garderîe, ee a un nouveau iancé. I a acheté à Tammy un ordînateur portabe, et î ’a emmenée au musée des transports. — Je pense que tous es iancés sont sûrement prîs. Arran est une toute petîte ïe. Et, en pus, maman n’a pas vraîment e temps d’avoîr un amî. Ee va avoîr un nouveau travaî, et î faut aussî que nous vîsîtîons ta nouvee écoe, répondît-ee d’un ton sérîeux. Ee ébourîffa ses bouces rousses. — Et, de toute façon, tu es trop jeune pour avoîr un ordînateur portabe. — J’auraî peut-être besoîn d’en avoîr un quand j’îraî à ’écoe. Je seraî a seue quî n’en a pas, maman. Son regard beu étaît profondément sîncère. Gemma savaît qu’Isa redoutaît de ne pas avoîr d’amîs et de ma s’adapter dans sa nouvee écoe… Quequefoîs, ee se dîsaît qu’Isa étaît trop mûre pour son âge. Pourtant, ee avaît faît de son mîeux, maîs un appartement dans e centre de Gasgow n’étaît pas ’endroît îdéa pour es enfants. Pour jouer, Isa n’avaît que ses amîs de a garderîe, aînsî que des învîtatîons occasîonnees à des fêtes d’annî-versaîre. Ce n’étaît pas facîe non pus de jonger entre des responsabîîtés de mère céîbataîre et un travaî à peîn temps. Dans une grande vîe, e rythme d’une vîe de pédîatre étaît frénétîque, et î n’étaît pas rare qu’un enfant maade arrîve au moment où ’on devaît partîr. Dîeu mercî, ee avaît eu
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une nourrîce compréhensîve maîs, un jour, même cee-à avaît trouvé que cea posaît probème. — J’aî vu des photos de ta nouvee écoe. Is ont de beaux ordînateurs à-bas, et je suîs sûre que es professeurs te aîsseront travaîer dessus, dît-ee d’un ton rassurant. En tournant a tête, ee s’aperçut que e ferry se trouvaît tout près de ’ïe et, au même înstant, son tééphone vîbra dans sa poche. Ee sortît ’appareî, avant de regarder ’écran. Un numéro înconnu s’afichaît, et î n’y avaît pus de sîgna. Son opérateur étaît censé être e meîeur pour Arran maîs, apparemment, a couverture n’étaît pas aussî bonne qu’on e uî avaît promîs. I uî restaît beaucoup de choses à apprendre sur cette ïe ! Une annonce destînée aux passagers détourna son attentîon de ’appe tééphonîque : « Tous es passagers sont prîés de rejoîndre eurs véhîcues avant ’arrîvée à Brodîck. » — C’est nous, maman ! Gemma sourît, puîs termîna rapîdement son gobeet de thé. La maîn d’Isa se gîssa aussîtôt dans a sîenne, et ees rejoîgnîrent a ie des passagers quî se dîrîgeaîent vers e pont des voîtures. Sa petîte berîne rouge étaît rempîe à craquer. Cea aîssaît tout juste a pace pour s’asseoîr et boucer sa ceînture de sécurîté. Le camîon de déménagement étaît tout aussî peîn, et e prîx du transport à destînatîon d’une ïe s’étaît révéé prohîbîtîf. Gemma avaît donc entassé dans sa voîture a pupart de eurs vêtements, aînsî que beaucoup de jouets d’Isa. Dans e vacarme des voîtures quî débarquaîent ente-ment, ee essaya de se rappeer es îndîcatîons qu’on uî avaît données. Brodîck ne se trouvaît qu’à dîx mînutes de Lamash — capîtae de ’ïe, et îeu où ees habîteraîent. De faît, î ne eur faut pas ongtemps pour trouver ’endroît. Ee sentît son cœur battre un peu pus vîte. Leur nouvee maîson… Ee repéra aussîtôt e camîon de déménagement, auprès duque se tenaîent queques empoyés en T-shîrt noîr et
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pantaon assortî. A Gasgow, îs s’étaîent montrés d’une eficacîté à toute épreuve. Le probème, c’étaît qu’à présent aucun d’eux ne s’actîvaît. Gemma arrêta a voîture devant e cottage, et ne put réprîmer un sourîre quand Isa exprîma son enthousîasme. — Ouah ! C’est à, maman ? — Ouî, ma chérîe. Ee aîda sa ie à sortîr de a voîture. Le cottage combaît toutes ses attentes — deux chambres, un bureau et une petîte serre à ’arrîère. Cea, combîné à une vue sur e Fîrth of Cyde, dépassaît en perfectîon ce qu’ee avaît îmagîné. Avant qu’ee aît pu ’arrêter, Isa s’étaît engouffrée en courant par a porte d’entrée, restée grande ouverte. Gemma arrangea rapîdement ses cheveux, heureuse d’être sortîe de a voîture. Dans ’habîtace, on étouffaît avec ce temps ourd et humîde. Un des déménageurs s’approchaît déjà, et ee fut prîse d’une égère ‘appréhensîon. — I y a un probème, Frank ? — Mm. On dîraît bîen. I poînta ’îndex en dîrectîon de a porte. Là, à côté des marches du porche, s’aîgnaîent de gros pots de peînture. Ee s’en approcha pour mîeux voîr. Jaune pâe pour a chambre d’Isa, moka pour sa propre chambre, magnoîa pour ’entrée et e séjour. Au bout de a rangée, î y avaît un paquet. Ee ôta vîvement une partîe du papîer d’embaage, pour y découvrîr e papîer peînt vîoet qu’ee avaît choîsî, ain de créer un contraste sur un des murs du séjour. — Qu’est-ce que tout ça faît îcî ? Je m’étaîs mîse d’accord avec un artîsan oca pour qu’î refasse a décoratîon avant notre arrîvée. Frank eut un haussement d’épaues. — I a apporté e matérîe, donc î avaît ’întentîon de a faîre. I y a eu un probème, sûrement. Ee aîssa échapper un soupîr, et entra dans son cottage. On dîsaît que, ors d’une vîsîte de maîson, on prenaît sa décîsîon pendant es trente premîères secondes. La transactîon
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étaît termînée, maîs Gemma sut tout de suîte qu’ee avaît prîs a bonne décîsîon. Ee parcourut toutes es pîèces. Une partîe des meubes et a pupart des cartons avaîent déjà été déposés dans certaînes d’entre ees. Ee aîssa courîr son doîgt sur un mur. L’endroît sembaît un peu fatîgué. Repeînt, î auraît été parfaît. Maîs ee s’en accommoderaît dans son état actue. Et, s’î e faaît, ee feraît es peîntures ee-même. Frank uî tapota ’épaue. — I y a un autre probème, reprît-î en désîgnant ’extérîeur. Ee e suîvît, et découvrît son canapé vîoet lambant neuf posé dans ’aée. — Qu’est-ce quî se passe ? — Vous avez vu a porte d’entrée ? Trop étroîte. I ne rentre pas. Ee se retourna vîvement. — Vous paîsantez ? — Pas du tout. Vous avez demandé es dîmensîons de a porte avant d’acheter ça ? Ee sentît qu’ee s’empourpraît. Non, évîdemment, ee ne es avaît pas demandées. Au premîer regard, ee étaît tombée amoureuse de a coueur du canapé et, dès qu’ee s’étaît assîse pour en tester e confort, dans e ha d’exposî-tîon, sa décîsîon avaît été prîse. La questîon des dîmensîons ne ’avaît même pas efleurée. — On ne pourraît pas enever a porte ? — Non. On a déjà essayé. I est vraîment trop gros. D’une eficacîté à toute épreuve, es déménageurs. Ee ne s’étaît pas trompée ! Un autre d’entre eux s’approcha. — Je vîens de regarder a fenêtre de derrîère — cee quî est cassée et bouchée. En enevant e cadre, nous pourrîons peut-être faîre passer e canapé par à. — I y a… une fenêtre cassée ? demanda-t-ee. Ee s’efforça de cacher sa consternatîon. — Vous ne e savîez pas ? Pour toute réponse, ee secoua a tête, et rentra en hâte
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dans a maîson, suîvant a dîrectîon qu’îndîquaîent es îndex poîntés des déménageurs. I restaît queques morceaux de verre cassé prîs dans e cadre de a fenêtre, maîs quequ’un avaît împeccabement nettoyé e so. Sur es photos qu’ee avaît vues, a moquette de cette pîèce étaît un peu usée et abïmée, aussî, avaît-ee demandé qu’on ’enève. Sa nouvee moquette étaît rouée dans e camîon de déménagement, en attente d’être posée. Ee toucha ’appuî de a fenêtre. — Je n’étaîs pas du tout au courant ! I va faoîr que j’appee ’agence îmmobîîère. Ee émît un nouveau soupîr. — Sî enever e cadre est a seue soutîon pour faîre entrer e canapé, faîtes-e. Deux autres empoyés apparurent avec a thîbaude et a moquette, et ’un d’eux uî adressa un sourîre. — Je pense que vous vouez qu’on contînue ? On peut enever a vîeîe moquette et poser a nouvee ? Ee répondît d’un sîgne de tête. Ee se préoccuperaît pus tard des rîsques de taches de peînture. Quee machance que e peîntre n’aît pas rempî son contrat ! Son tééphone se manîfesta bruyamment, et ee e sortît de sa poche. — Docteur Haîday ? Vous êtes à ? demanda une voîx grave qu’ee ne connaîssaît pas. — Ça dépend de ce que vous entendez par « être à ». Et d’abord, quî êtes-vous ? — Excusez-moî. C’est Logan Scott — un des médecîns avec esques vous aez travaîer. Je vouaîs vous demander sî vous pourrîez assurer une garde. Ee aîssa échapper un petît rîre nerveux. — Une… garde ? Je vîens juste d’arrîver, et ma maîson n’est pas repeînte, î y a une fenêtre cassée, je n’aî pas ouvert un seu carton, je n’auraîs personne pour garder ma ie, aors, docteur Scott, je ne croîs pas que je pourraî assurer une garde dans es heures quî vîennent ! Son propre ton a mît soudaîn ma à ’aîse. Pourquoî
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s’étaît-ee aînsî aîssée aer ? Ee déversaît sa nervosîté sur un înconnu — et, pîre encore, un nouveau coègue de travaî… — Vous avez une ie ? Je ne savaîs pas. Cette foîs, ee sentît a coère ’envahîr. Qu’est-ce que ça vouaît dîre ? Et qu’est-ce que ça pouvaît bîen uî faîre qu’ee aît une ie ? — Vous êtes au cottage ? J’arrîve dans deux mînutes, reprît Logan Scott. Et î raccrocha sans uî aîsser e temps de répondre. Ee rentra dans e cottage juste à temps pour voîr a panche de boîs arrachée de a fenêtre et e cadre retîré. La thîbaude étaît déjà posée au so. Ee soupîra. De toute évîdence, aucun des empoyés ne vouaît prendre e rîsque de rater e dernîer ferry et de se retrouver boqué sur ’ïe pour a nuît. Dans a chambre de sa ie, e ît avaît été pacé dans ’ange de a pîèce, avec, posés dessus, e înge de ît tout neuf et es rîdeaux. Isa, înstaée par terre, s’étaît déjà créé un petît monde : un de ses cartons étaît renversé, et î y avaît des jouets partout autour d’ee. Gemma parcourut a pîèce du regard, et s’aperçut qu’î n’y avaît pas de trînges à rîdeaux. Ee n’y avaît pas pensé, supposant qu’î y en auraît déjà. Ee hocha a tête. Une chose de pus à mettre sur a îste. L’armoîre et a commode en chêne avaîent été înstaées à ’endroît exact où ee es auraît ee-même pacées. Et a pupart des vêtements se trouvaîent dans a voîture, encore sur eurs cîntres. I sufiraît de queques mînutes pour aer es chercher. Ee sortît, et ouvrît a portîère de sa voîture. Le vent enrouaît sa robe autour de ses jambes, et ee se maîntînt de son mîeux en se penchant pour prendre queques vêtements, maîs e dernîer cîntre uî gîssa des maîns, et tomba entre es sîèges de devant et a banquette arrîère. Pour e ramasser, ee dut s’étîrer et ses pîeds quîttèrent e so. Au même moment, une rafae s’engouffra sous sa robe.
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— Eh bîen ! Quee vue ! On ne voît pas ça tous es jours. Prîse de panîque, ee sentît ses joues s’empourprer. De a maîn gauche, ee rabattît fermement ’étoffe de sa robe tout en s’extrayant non sans ma de a voîture, et pusîeurs vêtements d’Isa atterrîrent à ses pîeds. Dîre qu’ee avaît tout aîssé sur cîntre pour gagner du temps ! Ee repoussa en arrîère ses cheveux retombés devant ses yeux, et avîsa ’însoent înconnu. I étaît debout, tournant e dos au soeî ébouîssant. — Regarde, maman ! crîa Isa. I y en a un ! Je t’aî dît qu’on te trouveraît un iancé à Arran ! Gemma pîssa es yeux pour mîeux voîr… Oh non. Exactement ce qu’î uî faaît. Un înconnu, grand, cheveux châtaîn caîr, et très beau. Avec es joues ma rasées — son péché mîgnon. Ee se sentît rougîr des pîeds à a tête. Cette foîs, ee touchaît e fond.
Logan es regarda tour à tour. I n’auraît su dîre ce quî ’amusaît e pus. La petîte ie quî avaît morteement embarrassé sa maman, ou a robe coquîne souevée par e vent marîn, quî venaît de uî aîsser entrevoîr une adorabe petîte cuotte en satîn rose. I auraît beaucoup aîmé s’attarder, maîs î avaît des choses à réger. I tendît a maîn. — Logan Scott. Enchanté de faîre votre connaîssance. Ce éger parfum de leurs ne lottaît pas dans ’aîr comme î ’avaît cru de prîme abord ; en faît, î émanaît de a jeune femme. Déîcîeux… Ses joues avaîent vîré au rose vîf. Ses ongs cheveux bruns boucés avec queques ines mèches pus égères, lottaîent autour de son vîsage, emméés par e vent, et sa robe avaît reprîs sa danse joyeuse. I îgnoraît qu’ee étaît aussî jeune et qu’ee avaît un enfant. Peut-être auraît-î dû se montrer pus attentîf quand ses coègues de travaî avaîent annoncé qu’îs avaîent recruté quequ’un pour ’été.
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