Le secret des Rinucci (Harlequin Azur)

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Le secret des Rinucci, Lucy Gordon

Lorsqu'elle rencontre Justin Dane, le père d'un de ses élèves, Evie Wharton est frappée par l'amertume que contient son regard. Plus grave aux yeux de la jeune femme, il semble entretenir avec son fils Mark des rapports froids et distants. Est-ce la mort de sa femme, un an plus tôt, qui l'a rendu à ce point indifférent au sort de ceux qui l'entourent ?
Pourtant, Evie comprend vite que Justin n'est pas un homme insensible, et qu'il cache un passé douloureux, ainsi qu'un lourd secret qui l'empêche d'être heureux. Un secret qu'elle devra l'aider à affronter, si elle veut qu'il lui ouvre un jour son coeur...

Publié le : lundi 1 janvier 2007
Lecture(s) : 30
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280255257
Nombre de pages : 160
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Prologue
Le buffet dressé sur la vaste terrasse offrait les meilleurs mets napolitains, ainsi que des fruits et des vins provenant des coteaux du Vésuve. Le temps aussi était de la partie. Le ciel était d’un bleu très pur, et un soleil éclatant brillait sur la mer calme. Un cortège de limousines rutilantes montait à l’assaut de la colline en direction de la villa. Il était 16 heures, et la fête d’anniversaire de la signora Rinucci allait bientôt commencer.
La soixantaine massive et joviale, Toni Rinucci rejoignit sa femme au bord de la terrasse. Doucement, il posa un bras autour de ses épaules et contempla la magnifique vue sur la baie de Naples.
— Une journée parfaite ! commenta-t-il.
Comme toujours lorsqu’il regardait Hope, ses yeux s’emplirent d’une infinie tendresse. Elle était toujours belle, avec des traits énergiques qui révélaient sa force de caractère et son esprit de décision. Elle fêtait ses cinquante-quatre ans, mais on lui donnait moins que son âge. Sans doute parce qu’elle avait gardé cette silhouette de jeune fille et que tout en elle était grâce et élégance. Sa bouche généreuse esquissait un sourire que beaucoup d’hommes trouvaient époustouflant.
C’est ce même sourire qu’elle lui adressait en cet instant, tout en caressant du bout des doigts les diamants qui ornaient sa gorge.
— On ne pouvait espérer mieux, acquiesça-t-elle. Et ton cadeau est le plus beau de tous ceux que tu m’as offerts jusque-là.
— Mais ce n’est pas ce que tu désires vraiment, soupira-t-il. Tu crois que je ne le sais pas ?
Hope tressaillit.
— Tout cela appartient au passé, caro. Je ne veux pas m’y attarder.
Toni hocha la tête. Il savait qu’elle ne disait pas la vérité. Depuis trente ans qu’ils étaient mariés, un secret demeurait entre eux. Et Hope refusait de le blesser en avouant que son bonheur était incomplet.
Comme d’habitude, il fit semblant de la croire.
Leurs deux fils aînés apparurent à la porte-fenêtre et s’arrêtèrent en les voyant tendrement unis. Luke, le plus athlétique, esquissa un sourire.
— Hé, ce n’est pas le moment de vous mettre à roucouler, vous deux, dit-il d’une voix affectueuse. Vos invités vont arriver d’une minute à l’autre.
— Tu n’as qu’à les renvoyer, répondit Toni sans quitter sa femme des yeux.
L’autre garçon, Primo, dont le regard ténébreux et l’air réservé proclamaient l’ascendance napolitaine, secoua la tête avec un désespoir feint.
— Incorrigibles ! lança-t-il à l’adresse de son frère. Nous ferions mieux de les laisser seuls et d’emmener tout le monde dans un night-club !
— Tu passes déjà bien assez de temps dans ce genre d’endroit, mon petit, fit remarquer Hope en l’embrassant sur la joue.
— Tout le monde a besoin d’un peu de distraction innocente, se défendit Primo.
— Hmm, fit-elle en le contemplant avec tendresse. Je préfère taire l’opinion que j’ai de ton « innocence » !
— D’autant que tout le monde la connaît déjà, répartit-il d’un air malicieux. Tu l’as exprimée assez souvent. Je suis une cause perdue, laisse tomber.
— Je ne laisse tomber aucun de mes fils, affirma Hope.
Avant d’ajouter à mi-voix :
—  d’eux.Aucun
Dans le bref silence qui s’ensuivit, les deux frères échangèrent un regard entendu.
— Un jour on le reverra, mamma, assura Primo d’un ton de consolation.
— Oui, un jour il sera là, murmura Hope. Je le sais au fond de mon cœur. Et je ne mourrai pas tant qu’il ne sera pas revenu. J’en ai la certitude.
Toni s’était approché juste à temps pour entendre ces dernières paroles.
— Cara, protesta-t-il, pas de pensées tristes aujourd’hui !
— Mais je ne suis pas triste, répliqua Hope. Je sais qu’un jour mon fils me retrouvera. Cela ne peut que me rendre heureuse. Ah ! Chers amis, vous voilà…
Et, esquissant un sourire radieux, elle entreprit d’accueillir ses premiers invités.
Ceux-ci avaient été pilotés jusqu’à la terrasse par leurs trois plus jeunes fils, dont la ressemblance physique avec Hope était frappante.
— Mamma, regarde qui vient d’arriver ! lança Francesco, le plus grand, en désignant les convives.
Les deux derniers, Ruggiero et Carlo, se contentaient de sourire triomphalement.
Toni les contempla avec orgueil. A vingt-sept ans, les jumeaux qu’il avait eus avec Hope se ressemblaient beaucoup. Tous deux étaient incroyablement séduisants et possédaient le même allant. Surtout lorsqu’il s’agissait de participer à une fête !
Et celle de ce soir promettait de dépasser toutes celles de la saison.
A mesure que le jour déclinait et que le soleil pourpre irradiait la baie, les lumières de la villa s’allumaient une à une, les invités affluaient et les cadeaux offerts à Hope s’entassaient sur la table prévue à cet effet.
Un verre à la main, Toni regardait avec satisfaction son épouse circuler parmi ses invités, acceptant cadeaux et compliments avec la grâce d’une reine entourée de ses sujets.
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