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LEANNE BANKS

Romancière à succès, virtuose des sentiments et de la passion, Leanne Banks a été plusieurs fois récompensée pour la sensualité de ses histoires. Ce qu'elle préfère dans son métier ? Inventer, imaginer, faire rêver à travers des personnages qu'on n'oublie pas, même une fois tournée la dernière page du livre. Et savez-vous ce que Leanne dit de vous, chères lectrices ? Que les lectrices de romans d'amour sont les plus fines qui soient car elles ont compris, intimement, que l'amour est LE grand miracle de la vie.

Leanne vit en Virginie où elle est née, avec son mari, son fils et sa fille.

Prologue

Abraham Danforth était de ces hommes à qui Nicola Granville savait devoir opposer un refus catégorique. Pour quantité de raisons. Mais chaque fois qu’il la prenait dans ses bras, elle avait un mal fou à se rappeler pourquoi elle devait maintenir leurs relations à un niveau strictement professionnel et se contenter d’être son efficace et pragmatique directrice de campagne.

— Abe, ce ne serait pas raisonnable, protesta-t-elle d’une voix tremblante.

Rassemblant toute sa volonté, elle recula de quelques pas, mais elle se retrouva le dos contre la porte du bureau. Comme s’il n’attendait que cela, Abraham franchit alors la courte distance qui les séparait et se pencha vers elle pour l’embrasser. Elle contint un gémissement à mi-chemin entre le désespoir et le désir. Déjà, son corps se tendait vers la chaleur envoûtante d’Abraham, son cœur s’affolait en sentant son odeur virile l’envelopper mieux qu’un vêtement. A cinquante-cinq ans, il avait un corps et une musculature qui suscitaient l’admiration de toutes les femmes, elle ne le savait que trop bien !

— Nous ne sommes plus en campagne, lui rappela Abraham en l’enlaçant étroitement. J’ai été élu sénateur de Géorgie. Plus rien ne nous empêche d’être amants.

Nicola voyait au contraire une bonne demi-douzaine d’obstacles à une relation intime entre eux, notamment un souvenir qui hantait sa mémoire chaque jour depuis plus de vingt ans. Si par malheur Abraham venait à découvrir son passé honteux, il se détournerait aussitôt d’elle, plus choqué qu’il ne voudrait l’admettre.

Ignorant la chaleur qui se répandait dans ses veines, Nicola fit appel à sa conscience professionnelle chancelante.

— Cela ne serait pas bon pour ton image d’entretenir une liaison avec ta directrice de campagne, déclara-t-elle d’un ton sentencieux. Fais-moi confiance, je sais de quoi je parle.

Elle soupira avant d’ajouter :

— Après tout le mal que nous nous sommes donné pour convaincre les électeurs de voter pour toi, tu devrais le savoir, toi aussi !

— Ce que je sais, c’est que tu as un talent fou et que tu as su tourner à mon avantage tous les scandales potentiels qui auraient pu ruiner ma carrière.

Abraham ouvrit grand sa main et se mit à compter sur ses doigts :

— Grâce à toi, j’ai gardé la sympathie du public quand on a trouvé le corps de la fille de ma gouvernante dans le grenier de Crofthaven Manor ; quand la presse a révélé que j’avais eu une fille illégitime au Viêt-nam ; et même quand mon fils Marcus a été soupçonné par le FBI de se livrer à des activités criminelles. Sans oublier l’attendrissement que tu es parvenue à susciter parmi les journalistes le jour où tout le monde a appris par les journaux que mon neveu Jacob était père d’un enfant dont il ignorait jusque-là l’existence…

Nicola le bâillonna de la main pour l’empêcher de continuer et rétorqua :

— Certes, nous avons eu à faire face à des situations qui auraient pu te faire dégringoler dans les sondages, mais mon travail a été grandement facilité par ta personnalité. Tu es le rêve de tout directeur de campagne, Abraham. Tu es foncièrement intègre et franc, et tu as un charisme exceptionnel. C’est grâce à ces qualités que tu as remporté les élections.

— Peut-être.

Abraham haussa les épaules. En cet instant précis, les raisons de sa victoire lui importaient peu.

— Quoi qu’il en soit, nous formons une équipe formidable.

Des étincelles de désir crépitèrent sur la peau de Nicola alors qu’il l’enveloppait d’un regard intense. Le regarder était comme fixer le soleil trop longtemps, songea-t-elle. Si elle n’était pas prudente, elle allait devenir aveugle… à la réalité.

Dans un dernier sursaut de raison, elle détourna les yeux.

— Je te l’ai déjà dit, je ne te suivrai pas à Washington.

— Mais tu as promis de travailler avec moi jusqu’à mon départ, rappela Abraham en repoussant en arrière une mèche cuivrée qui tombait sur son front.

La tendresse contenue dans son geste bouleversa Nicola.

— C’est vrai, admit-elle.

— Donc j’ai le temps de te faire changer d’avis.

— N’y compte pas !

Ce n’était pas un défi ou une provocation. La jeune femme comptait bien camper sur ses positions.

— Cela tombe bien ! J’adore les défis, ma belle…