Le Temps d'une vie

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Victoria d'Agnelie, la fille du Comte, est promise à Christian de Roy, marquis de la province voisine, depuis sa tendre enfance.
Cependant, elle préfère passer son temps en la compagnie de Julian, son meilleur ami depuis toujours, issu d'une famille modeste. D'un tempérament fougueux et rebelle, elle appréhende la prison dorée dans laquelle son père et son futur époux semblent vouloir l'enfermer. Le soir de son anniversaire, elle découvre le vrai visage de Christian et décide de prendre son destin en main, au mépris du danger...


Publié le : vendredi 25 mars 2016
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EAN13 : 9782334065023
Nombre de pages : 112
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ISBN numérique : 978-2-334-06500-9

 

© Edilivre, 2016

Partie I

Prologue
La Rose Blanche

Le rayon de soleil qui traversait l’étang au fond du second parc de la résidence des D’Agnelie était doux. Il réchauffait tranquillement le lac ainsi que l’herbe fraîche encore mouillée par la rosée du matin. Les arbres fleuris formaient des ombres sur l’eau. Des roseaux et des buissons s’étalaient tout autour du lagon bleu, créant ainsi un chemin entre les eaux sombres. Il y avait, tout près, au soleil, le plus bel arbuste de tous les parcs des D’Agnelie. Un rosier. Les fleurs n’étaient que beauté et parfums délicats, éclatantes le jour, ombres la nuit, d’un rouge presque noir. Pourtant, au milieu des autres, se trouvait une rose particulière, plus resplendissante que les autres, plus parfumée et blanche. Les D’Agnelie l’avaient appelée la Rose Blanche. Elle tombait chaque année au petit matin, dès le premier rayon de soleil du 26 juillet. Elle réapparaissait tous les ans, à la même date : le 18 juillet.

Neuf jours après sa naissance, elle mourait.

Cette année-là, le 26 juillet, le second rayon de soleil apparut à l’horizon et frappa la Rose Blanche. Les pétales de la fleur tombèrent dans l’eau, laissant des cercles concentriques autour d’elle, ils cédèrent aux ondes qui les envahissaient, telle une robe d’argent.

C’est l’heure. Pas celle de la fin, mais celle du commencement.

Patience, c’est l’heure.

L’heure de la Rose Blanche.

Chapitre I
Victoria D’Agnelie

Le troisième rayon de soleil traversa la pièce. Victoria D’Agnelie, la fille du comte, était près de la fenêtre. Elle avait écarté les rideaux en soie crème, un peu avant l’aube. Elle regardait en direction de la Rose Blanche, que la comtesse considérait comme un signe. En effet, cette fleur était apparue subitement, la première fois, neuf jours avant sa naissance et était morte le jour où elle avait vu le ciel pour la première fois. Victoria s’était souvent surprise à penser que c’était peut-être un présage venant de sa mère…

La faisant sursauter, Anna, sa gouvernante, frappa à la porte de sa chambre. La Rose Blanche venait de mourir pour la vingtième fois. Elle commençait à sombrer au fond de l’eau, lorsqu’Anna entra dans les appartements de Victoria. La chambre blanche et grise de la jeune fille reflétait des ombres étranges.

– Bonjour Mademoiselle, joyeux anniversaire !

– Merci Anna, sourit la jeune femme en s’étirant et s’écartant de la fenêtre.

– Vous avez bien dormi ?

– Oui très bien. J’ai rêvé que Julian venait à mon anniversaire… Hélas ! se lamenta-t-elle.

Anna, voyant la détresse de la jeune fille changea de sujet pour éviter quelques larmes.

– Vous étiez en train de regarder la Rose Blanche c’est bien cela ?

Victoria sourit tristement, elle savait que sa gouvernante la connaissait par cœur, c’est pourquoi la jeune fille se prêta au jeu :

– Oui, avoua-t-elle, je le fais, tous les ans…

Pour la deuxième fois de la journée, on frappa à la porte. Édouard, le père de Victoria mit fin à la discussion des deux femmes.

– Victoria ? Êtes-vous décente ? dit-il à travers la porte.

– Vous pouvez entrer ! monta la voix de Victoria à travers la porte, après qu’Anna et elle se soient mises derrière le paravent.

– Joyeux anniversaire Victoria ! s’exclama Édouard, en entrant dans la pièce.

Victoria passa sa tête derrière le paravent avec un grand sourire. Sa robe de chambre de soie blanche était accrochée dessus. Elle était quelque peu mouillée car la comtesse avait pris un bain juste avant l’arrivée de sa gouvernante. Pendant qu’elle et son père parlaient, Anna habillait la jeune fille.

– Merci père.

– Vous n’êtes toujours pas vêtue ? Préparez-vous mon ange, Monsieur le fils du Marquis, Christian est là et il vous attend.

– Bien, je me hâte de le faire !

– Êtes-vous souffrante ? Vous avez une voix très faible mon enfant.

– Tout va bien père, je rêvasse, rien de plus.

Pour cacher les larmes qui lui montaient aux yeux, elle détourna la tête. Après une hésitation, elle passa aux aveux.

– Je voulais vous dire… je suis très chagrinée de ne pas avoir pu choisir qui sera mon époux, se désola la future mariée. Elle en avait assez de faire comme si tout cela lui convenait.

– Vous n’avez pas l’air d’en être heureuse… Christian est un homme de bonnes manières et qui vous respecte. Il est également très élégant et possède de l’argent. Il est digne de vous, ma chérie. Il vous rendra parfaitement heureuse. Voyons, ce n’était pas votre rêve d’être fiancée à un marquis ? Ce n’est plus ce que vous voulez ?

– Mais vous ne m’avez pas laissé le choix !

– Comment pouvais-je savoir qu’il ne vous plairait pas ? Et qui diable auriez-vous pris ? Un de vos paysans !

– Vous auriez dû me demander…

– C’est ce que j’ai fait Victoria ! Lorsque vous aviez huit ans, vous m’avez demandé quel serai le moment où vous vous marieriez. A cet instant, je ne pensais pas à vous fiancer bien sûr, mais je savais qu’il fallait que je trouve un noble digne de vous.

Elle avait enfoui son joli visage dans ses fines mains : cela l’attristait que son père ne comprenne pas ce qu’elle ressentait. Heureusement, Anna était toujours dans la chambre de la comtesse et, comme quand la jeune fille était encore une enfant, elle la prit dans ses bras. Elles étaient toujours à l’abri des regards et Édouard ne voyait pas ce qui se passait. Victoria se laissa faire et continua à avouer souffrances qu’elle gardait au fond d’elle depuis ce qui lui semblait une éternité, ne pouvant plus se retenir :

– Je ne le connais pas ! Je ne suis plus une enfant, j’ai grandi. J’ai mûri aussi. Les rêves changent. Les petites filles rêvent toutes d’être marquises. Les jeunes femmes convoitent toutes une vie avec un mari aimant.

– Mais si, vous le connaissez ! Je vous l’ai présenté il y a trois ans. Ne me dites pas que vous n’avez pas eu le temps de faire sa connaissance ! s’exclama Édouard qui ne comprenait plus rien à sa fille. Et puis il est le futur marquis et lieutenant de l’armée. De plus, je suis vieux. Victoria, vous devez vous marier. Vous êtes ma fille unique…

Elle lâcha Anna et se dirigea vers son père :

– Mais je ne l’aime pas ! s’emporta Victoria, maintenant partagée entre la colère et la plus profonde tristesse, se sachant condamnée.

– Ah ! C’est donc cela ! L’amour, toujours l’amour ! Les histoires qui se forment dès le premier regard, le coup de foudre, la renaissance de la belle-aimée avec un baiser… Tout ceci n’existe pas ! Si vous n’étiez vraiment plus une enfant, vous sauriez ces choses, mais apparemment, vous les découvrez. C’est votre devoir de vous marier. Vous le faites pour notre province non pour votre petite personne qui recherche égoïstement l’amour. Retenez bien ceci ma fille, l’amour, le vrai, n’existe pas. Coiyez-vous réellement qu’avec votre mère nous nous aimions ? Nous nous appréciions, certes, mais pas au point de mourir l’un pour l’autre. Tout ce que je vous dis, je le fais pour votre bien. Même si la vérité est dure. Notre histoire avec votre mère était également compliquée, mais j’ai fini par l’apprécier à sa juste valeur. Et elle également. Nous voulions unir nos deux contées, et vous en êtes le résultat. Victoria, la vie est pleine de sacrifices.

Victoria avait cessé de s’emballer, en entendant que sa mère était évoquée dans la conversation. Édouard avait refusé de lui parler d’elle pour une raison qu’elle ignorait. Maintenant elle savait. Toutes ses émotions étaient vaincues par la curiosité et l’amour qu’elle avait pour sa mère, morte en la mettant au monde. Victoria en l’apprenant, s’était sentie coupable. Mais sa gouvernante, à la fois mère et sœur de cœur, ainsi que son amie la plus chère, lui avait enlevé sa culpabilité en lui disant que la vie était ainsi. Que les malheurs arrivaient au moment où l’on s’y attendait le moins. C’était fort triste, mais la vie continuait.

– Que savez-vous de l’amour si vous ne l’avez pas vécu ? s’écria la comtesse, ivre de colère.

– Êtes-vous amoureuse ? Si c’est le cas, je dois vous prévenir, il va vous conduire à la misère et au désespoir. Il vous quittera un jour pour quelqu’un d’autre et vous serez seule au monde. Ou bien, dès que vous attendrez un enfant, il fuira comme un lâche. Vous devrez alors vivre comme une paysanne. Vous mourrez jeune et abandonnée de tous.

Victoria secoua la tête et se boucha les oreilles pour ne pas entendre ces horreurs. Elle se recroquevilla sur elle-même.

– Oui Victoria, c’est la vie qui vous attend dehors. Alors cessez de vous lamenter sur votre sort comme une égoïste, accordez-lui sa chance. Et oubliez l’amour.

Victoria s’approcha de la fenêtre : la fleur était tombée depuis plusieurs minutes déjà, des ronds dans l’eau se formaient à la surface. Elle scruta l’eau trouble.

– Enfin ! soupira son père. Tout cela est fort triste pour votre anniversaire. Alors passons aux choses joyeuses. Mais ne vous inquiétez pas, nous ne reparlerons pas de votre mariage, la discussion est clause. Pour le moment, habillez-vous, nous avons assez perdu de temps pour aujourd’hui !

– La bleue ou la rose ? dit Anna, en proposant ses robes préférées à la comtesse, une fois qu’Édouard fut sorti.

– Pardon ? répondit Victoria qui était dans les nuages repensant à ce que son père avait dit. Oh Anna ! soupira la jeune fille en se reprenant : excuse-moi, je n’ai pas écouté ce que tu disais.

Anna baissa la tête, triste pour sa maîtresse.

Chapitre II
Élite

Édouard descendit l’escalier principal du château et y trouva Christian qui attendait la venue de sa promise. Il était habillé dans sa tenue d’apparat de Lieutenant de Cavalerie, portant son sabre à gauche. Sa casaque était sous son bras, mais on distinguait clairement les grandes plumes teintes de vert en dépasser.

Les deux hommes se saluèrent puis le comte dit :

– Monsieur le marquis, je souhaiterais que vous preniez soin de ma fille quand vous serez marié à elle. Je me soucie beaucoup d’elle, car Victoria est la chose la plus précieuse à mes yeux.

– J’y veillerai Monsieur le Comte. Je jure de donner mon tout mon amour à Victoria si elle fait de même.

– Cela va de soi…

Un bruit derrière eux attira leur attention. Le fiancé et le tournèrent subitement la tête.

Derrière eux une magnifique jeune fille descendait les marches du majestueux escalier fait de marbre. Sa robe bleue marine, longue et bouffante descendait sur ses pieds fins, chaussés d’une paire de chaussures à talons, assortis à sa tenue. Sur le corset de cette merveilleuse toilette était incrustées de précieuses pierreries d’une fortune inimaginable. Son chapeau bleu marine, porté de biais mettait son visage parfait encore plus en valeur. Ses yeux bleus d’une couleur parfaite lui donnaient un teint merveilleux. Elle était sublime. C’était à couper le souffle. Son sourire féerique, si souvent aux lèvres, la rendait encore plus resplendissante. La jeune fille éclatait de lumière et les fit se ressaisir en disant :

– Bonjour Christian. Qu’est-ce qui vous amène de si bonne heure ?

Son ton était sec mais le jeune marquis ne le remarqua pas.

– Figurez-vous ma chère, que je viens vous montrer mon présent pour le bal donné en votre honneur ce soir. Et aussi, bien entendu, pour votre anniversaire. Chérie, voulez-vous bien me suivre ? dit-il en lui tendant son bras.

Bien que la dénommée ait froncé son joli nez en entendant le surnom que Christian lui avait donné, elle hocha la tête et se força à sourire. Même si le cœur n’y était pas, personne ne le remarqua. Ou faisait semblant de ne pas le voir. D’ailleurs, lorsque Victoria passa devant son père il soutint son regard d’un air ferme et autoritaire, lui demandant explicitement de ne pas être insolente. La jeune fille se tourna vers son promis en souriant d’une hypocrisie profonde.

– Christian, voyons ! Il ne fallait pas, très cher.

– Mais si j’y tiens. J’oubliais ! Vous êtes ravissante, Victoria.

– Merci.

– Allons venez-vous ? la questionna-il.

– Bien entendu. J’accours !

Et dans une traînée parfumée, elle dévala les escaliers.

– Christian, je ne crois pas que ce soit raisonnable de sortir maintenant, il y a quelqu’un d’autre qui…, commença Édouard.

– Je crois que la comtesse a besoin de se dégourdir quelque peu, nous verrons cela plus tard, sans vouloir vous offenser, coupa le lieutenant en s’éloignant vers les portes du palais, au bras de sa fiancée.

– Vous savez si Julian viendra ? glissa doucement Victoria, pendant la promenade au parc de la résidence.

– Qui est Julian ? s’affola Christian.

– Voyons Christian ! Ne faites pas l’ignorant ! Vous savez très bien que c’est mon meilleur ami !

– Oh ! Ce paysan…

– Sous Lieutenant, corrigea-t-elle,

– Certes, mais sans titre ni gloire, ricana Christian. Un fils de paysan qui n’ira jamais bien haut dans notre société.

Victoria s’apprêtait à répliquer mais un bruit de sabot sur les pavés la coupa dans son élan. Quelqu’un arrivait à cheval interrompant d’une manière très élégante la conversation :

– Victoire c’est bien vous ? s’exclama le jeune homme.

– Mon Dieu par quel surnom ridicule cet homme vous a-t-il appelée ? Est-ce ce paysan ? questionna Christian, dédaigneux.

– Julian ! s’écria Victoria.

Victoria, qui s’était...

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