Le voile du silence - Roses mortelles (Harlequin Black Rose)

De
Publié par

Le voile du silence, Susan Kearney

Alors que, enceinte de huit mois et demi, elle s'aperçoit qu'un inconnu la traque sans jamais se montrer à visage découvert, Rhianna McCloud, terrifiée, n'a d'autre recours que de demander de l'aide à ses parents. Mais son angoisse monte encore d'un cran quand ceux-ci lui révèlent que, pour assurer sa protection, ils ont fait appel à Rafe Sutton, le fils d'un de leurs amis. Car Rafe n'est autre que l'homme qu'elle aime en secret depuis des années, et avec qui elle a passé quelques mois plus tôt une unique nuit d'amour. L'homme qui est le père de l'enfant qu'elle attend, sans qu'il le sache...

Roses mortelles, Jenna Ryan

Accepte cette preuve de mon amour pour toi, Meliana. Nous sommes faits l'un pour l'autre.

Une rose blanche, accompagnée d'un message. La cinquième que Meliana reçoit en un mois. Si au début l'idée d'avoir un admirateur secret l'amusait, à présent, elle a peur. Car aujourd'hui, quelqu'un s'est introduit chez elle pour déposer la fleur. Comme si l'inconnu resserrait de plus en plus son emprise sur elle... Comme s'il s'agissait de l'œuvre d'un déséquilibré. De plus en plus inquiète, Meliana doit surmonter ses réticences pour faire appel au seul homme en qui elle puisse avoir vraiment confiance : Johnny, son ex-mari...

Publié le : jeudi 1 mars 2007
Lecture(s) : 34
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280265928
Nombre de pages : 512
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Prologue

Elle devait se battre. Pour le bébé qui grandissait en elle.

Rhianna McCloud contint sa terreur en jetant un énième regard inquiet dans son rétroviseur. Elle roulait maintenant dans Denver, avec l’espoir que ses rues animées décourageraient les desseins criminels de son poursuivant.

Elle espérait que son radiateur, une vraie passoire, ne rendrait pas l’âme et que son pneu arrière en fin de course ne crèverait pas non plus. Elle priait aussi pour ne pas se retrouver piégée au fond d’une impasse ni tomber en panne d’essence.

La Jaguar blanche la suivait de trop loin pour qu’elle puisse distinguer son conducteur ou les numéros de sa plaque d’immatriculation.

Qui la harcelait ? Qui avait fouillé sa chambre et violé impunément son intimité ?

Cette intrusion dans sa vie privée devait cesser !

Le stress qu’elle subissait ces derniers temps était néfaste, songea-t-elle en caressant son ventre rond dans un élan de tendresse. Plus que deux semaines avant la date prévue de son accouchement…

Soudain, le bébé lui décocha un coup de pied. Ce mouvement familier redonna aussitôt le moral à Rhianna.

Elle serait forte pour son enfant.

L’enfant de Rafe Sutton.

Elle reprit son volant à deux mains, puis tenta de refouler la peur qui de nouveau l’oppressait. Elle aurait voulu accélérer, mais son vieux pick-up était loin d’être un bolide. De plus, ses réflexes étaient plus lents depuis qu’elle était enceinte.

Elle regrettait de ne pas posséder un téléphone cellulaire ou une CB pour appeler à l’aide, mais CB et cellulaire étaient un luxe inaccessible à une future mère célibataire. Elle devait donc s’en remettre à sa débrouillardise et à son intelligence pour fuir le danger.

A un feu rouge, elle consulta le plan de Denver. Elle venait rarement en ville, préférant l’air pur et le calme de ses montagnes bien-aimées ainsi que la compagnie d’amis et de voisins qu’elle connaissait depuis l’enfance.

Elle redémarra et tourna à droite, puis laissa échapper un gros soupir en apercevant un commissariat de quartier.

— Tout va bien, mon bébé, on va y arriver…

Mais elle avait parlé trop vite : au même instant, son pick-up stoppa dans un hoquet. Désespérée, Rhianna essaya de redémarrer. En vain. Panne sèche.

Elle jeta un nouveau regard dans le rétroviseur. Et là, son cœur se décrocha : la Jaguar blanche s’engageait derrière elle. La réverbération du soleil contre la vitre l’empêchait de voir son conducteur.

Elle avait beau être vulnérable et malhabile, elle lutterait jusqu’au bout, songea-t-elle. Alors elle défit sa ceinture de sécurité et ouvrit sa portière, prête à fuir pour sauver sa vie et celle de son bébé.

1

— Rafe ? Daniel McCloud te demande au téléphone. C’est urgent !

Après une brève hésitation, Rafe Sutton jeta l’étrille qu’il tenait dans un seau, s’essuya les mains et répondit à l’ouvrier agricole qui l’avait interpellé :

— O.K., dis-lui que j’arrive tout de suite.

Daniel McCloud. Le père de Rhianna…

Cela faisait huit mois et demi que Rafe s’efforçait de chasser la jeune femme de ses pensées. Et juste au moment où il pensait avoir réussi, le père de Rhianna le sollicitait.

Il n’avait pas revu les McCloud depuis une certaine fête…

Cette soirée mémorable lui revint aussitôt à la mémoire, dans ses moindres détails.

Il se revit retirer son Stetson avant d’entrer chez les McCloud. Craignant d’être hirsute et aussi échevelé qu’un chardon de Russie, il s’était recoiffé à la hâte sur le pas de la porte. Puis il était entré. Mais avant de saluer connaissances et voisins, avant même d’accepter un whisky de la main de Daniel McCloud et de se mettre ainsi dans l’ambiance, il n’avait eu de cesse de fouiller du regard le grand salon, cherchant à repérer Rhianna. Il avait survolé les visages familiers des éleveurs qui faisaient la pluie et le beau temps dans le monde de l’élevage équin, curieux de voir quelle femme était devenue l’adolescente de seize ans dont il gardait un si agréable souvenir.

Dix ans plus tôt, Rhianna et son père avaient travaillé au ranch Sutton. La jeune McCloud ne ressemblait pas aux autres filles qui tournaient autour de lui, impressionnées par le nom et la fortune des Sutton. Rhianna était vive, pétulante et aventureuse. Bien sûr, elle était tombée amoureuse de lui, mais à la différence de ses comparses, elle l’aimait plus pour ses talents d’éleveur et son amour des chevaux que pour l’argent qu’ils leur rapportaient. L’adulation de la jeune Rhianna avait flatté Rafe, alors âgé de vingt-deux ans, mais il n’avait pas flirté avec elle. Les filles trop jeunes ne l’intéressaient pas.

Dix ans plus tard, ses goûts n’avaient pas changé. Il aimait les femmes minces et sophistiquées qui voulaient s’amuser, surtout pas s’engager, et qui ne lui faisaient pas de scène quand il repartait à la conquête d’une belle.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.