Les bijoux indiscrets

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Un roman érotique abordant tout en même temps des sujets d’actualité contemporains à l’auteur

Les Bijoux indiscrets sont un roman allégorique de Diderot, publié anonymement en 1748. Bien que rejeté par son auteur, c’est une œuvre légère, au charme délicat et… un classique de la littérature licencieuse. Pour tromper l’ennui, un sultan, amateur de commérages, se procure auprès d’un génie un anneau magique afin de connaître les secrets galants des dames de la cour : il suffit de tourner le chaton de la bague vers une femme pour que celle-ci avoue, immédiatement, par la voix d’un de ses « bijoux », toutes les intrigues dont elle a connaissance… Pur divertissement ? S’agissant de Diderot, rien n’est moins sûr !

D’aucuns ont voulu reconnaître Louis XV et la Pompadour sous les traits du sultan et de sa favorite. D’autres ont rejeté le texte au motif qu’il s’éloignait des canons des romans philosophiques. Il reste qu’à travers les trente essais de l’anneau, l’auteur égratigne les travers de la vie à la cour, évoque la réforme du théâtre, participe à la querelle des Anciens et des Modernes et traite des questions de droit, d’économie et de philosophie sur un ton alerte mais avec profondeur ! Ainsi, le philosophe parvient-il à faire connaître des opinions et des critiques sans encourir les foudres de la censure.

Une œuvre riche et délicieuse à savourer !

EXTRAIT

Hiaouf Zélès Tanzaï régnait depuis longtemps dans la grande Chéchianée ; et ce prince voluptueux continuait d'en faire les délices. Acajou, roi de Minutie, avait eu le sort prédit par son père. Zulmis avait vécu. Le comte de… vivait encore. Splendide, Angola, Misapouf, et quelques autres potentats des Indes et de l'Asie étaient morts subitement. Les peuples, las d'obéir à des souverains imbéciles, avaient secoué le joug de leur postérité ; et les descendants de ces monarques malheureux erraient inconnus et presque ignorés dans les provinces de leurs empires. Le petit-fils de l'illustre Shéhérazade s'était seul affermi sur le trône ; et il était obéi dans le Mogol sous le nom de Schachbaam, lorsque Mangogul naquit dans le Congo. Le trépas de plusieurs souverains fut, comme on voit, l'époque funeste de sa naissance.
Publié le : vendredi 27 mai 2016
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782759901968
Nombre de pages : 370
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Un roman érotique abordant tout en même temps des sujets d’actualité contemporains à l’auteur

Les Bijoux indiscrets sont un roman allégorique de Diderot, publié anonymement en 1748. Bien que rejeté par son auteur, c’est une œuvre légère, au charme délicat et… un classique de la littérature licencieuse. Pour tromper l’ennui, un sultan, amateur de commérages, se procure auprès d’un génie un anneau magique afin de connaître les secrets galants des dames de la cour : il suffit de tourner le chaton de la bague vers une femme pour que celle-ci avoue, immédiatement, par la voix d’un de ses « bijoux », toutes les intrigues dont elle a connaissance… Pur divertissement ? S’agissant de Diderot, rien n’est moins sûr !

D’aucuns ont voulu reconnaître Louis XV et la Pompadour sous les traits du sultan et de sa favorite. D’autres ont rejeté le texte au motif qu’il s’éloignait des canons des romans philosophiques. Il reste qu’à travers les trente essais de l’anneau, l’auteur égratigne les travers de la vie à la cour, évoque la réforme du théâtre, participe à la querelle des Anciens et des Modernes et traite des questions de droit, d’économie et de philosophie sur un ton alerte mais avec profondeur ! Ainsi, le philosophe parvient-il à faire connaître des opinions et des critiques sans encourir les foudres de la censure.

Une œuvre riche et délicieuse à savourer !

EXTRAIT

Hiaouf Zélès Tanzaï régnait depuis longtemps dans la grande Chéchianée ; et ce prince voluptueux continuait d'en faire les délices. Acajou, roi de Minutie, avait eu le sort prédit par son père. Zulmis avait vécu. Le comte de… vivait encore. Splendide, Angola, Misapouf, et quelques autres potentats des Indes et de l'Asie étaient morts subitement. Les peuples, las d'obéir à des souverains imbéciles, avaient secoué le joug de leur postérité ; et les descendants de ces monarques malheureux erraient inconnus et presque ignorés dans les provinces de leurs empires. Le petit-fils de l'illustre Shéhérazade s'était seul affermi sur le trône ; et il était obéi dans le Mogol sous le nom de Schachbaam, lorsque Mangogul naquit dans le Congo. Le trépas de plusieurs souverains fut, comme on voit, l'époque funeste de sa naissance.
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