Les Carsington (Tome 2) - Un insupportable gentleman

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Jeune veuve férue de hiéroglyphes, Daphné Pembroke doit se cacher pour mener ses travaux. La société anglaise du XIXe siècle réprouve en effet les femmes savantes. Officiellement, c’est son frère Miles qui est un linguiste distingué. Lorsque celui-ci disparaît dans le dédale des ruelles du Vieux Caire, Daphné devine qu’on l’a enlevé pour le forcer à traduire un très ancien papyrus. Se heurtant à l’indifférence des autorités, elle se tourne alors vers un compatriote qui végète dans les prisons ottomanes. Ce Rupert Carsington n’a pas l’air très fiable. C’est une tête brûlée, un joli cœur au charme perturbant. Malheureusement, elle n’a pas le choix, il faut bien que quelqu’un l’aide. Il sera donc "les muscles" et elle "le cerveau" dans cette aventure qui les mènera aux confins du Nil, là où les attendent mille dangers…
Publié le : mardi 8 juillet 2014
Lecture(s) : 10
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290086988
Nombre de pages : 413
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Loretta Chase
Devenue la reine incontestée de la romance de type Régence dans les pays anglophones, elle a rencontré un succès sans précédent avec Le prince des débauchés, véritable phénomène éditorial. Surnommée la Jane Austen des temps modernes, passionnée d’histoire, elle e situe ses récits au début duXIXsiècle. Elle a renouvelé la romance avec des héroïnes déterminées et des héros forts, à la psychologie fouillée. Dans un style alerte et plein d’humour, elle sait analyser avec finesse les profon-deurs de l’âme et de la passion. Elle a remporté deux RITA Awards.
Un insupportable gentleman
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
Lady Scandale N° 9213 Ne me tente pas N° 9312 Sur la soie de ta peau N° 9967 Scandale en satin N°10246
LES CARSINGTON
1– Irrésistible Mirabel N° 8922 2 – Un insupportable gentleman N° 8985 3 – Un lord si parfait N° 9054 4 – Apprends-moi à aimer N° 9123 5 – Lady Carsington N° 9612
LES DEBAUCHES
1 – La fille du Lion N° 9621 2 – Le comte d’Esmond N° 9304 3 – Le prince des débauchés N° 8826 4 – Le dernier des débauchés N° 9831
LORETTA CHASE
LES CARSINGTON– 2 Un insupportable gentleman
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Sophie Pertus
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Titre original MR. IMPOSSIBLE
Éditeur original A Berkley Sensation Book, published by the Berkley Publishing Group, a divison of Penguin Group (USA), Inc.
© Loretta Chekani, 2005
Pour la traduction française © Éditions J’ai lu, 2009
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Banlieue du Caire, Égypte, 2 avril 1821
De sa mère, Rupert Carsington tenait des cheveux et des yeux aussi noirs que ceux dun Égyptien. Pour autant, il ne se fondait pas dans la foule qui grouillait sur le pont. Dune part, il était bien plus grand que les autres hommes. Dautre part, il était vêtu et se conduisait comme un Anglais. Un Anglais de haute extraction, devinaient les Égyptiens et les Turcs, qui jugeaient les hommes daprès la qualité de leurs vêtements. Ils ne se trompaient pas : Rupert nétait autre que le quatrième fils du comte de Hargate. Arrivé en Égypte à peine six semaines plus tôt, il nétait pas encore capable de distinguer les nom breuses tribus et nationalités qui se côtoyaient au Caire, et moins encore de jauger le statut social au premier regard. En revanche, il neut aucun mal à constater liné galité de la lutte qui venait déclater. Le soldat était grand  il atteignait presque le mètre quatrevingts et quelques de Rupert  et armé jusquaux dents. Trois couteaux, deux épées, une paire de pistolets et des munitions pendaient à sa ceinture. Et il brandissait un objet contondant de manière fort inamicale à ladresse dun pauvre hère crasseux et couvert dhématomes qui boitait devant lui.
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Apparemment, ce dernier navançait pas assez vite pour son goût. Le soldat vociféra une menace ou une injure dans une langue étrangère. Quand le paysan trébucha de frayeur et tomba, il voulut lui assener un coup sur les jambes. Le pauvre diable roula de côté et le gourdin heurta le pont à quelques centimètres de lui. Furieux, le soldat visa la tête. Rupert fendit le groupe qui sétait formé autour deux, repoussa le soldat et lui arracha son gourdin. Comme il dégainait un couteau, Rupert fit voler la lame dans lair à laide du gourdin. Sans laisser le temps à son adversaire de sortir une nouvelle arme de son arsenal, il enchaîna un nouveau coup. Le sol dat lesquiva, mais le bout du bâton latteignit à la hanche et il sécroula sur le sol. Il voulut saisir un pistolet, mais un autre coup de gourdin le désarma, lui arrachant un cri de douleur.  Filez ! lança Rupert au boiteux qui dut com prendre le geste à défaut du mot, car il se releva comme il put et séloigna en claudiquant. Les spectateurs sécartèrent pour le laisser passer. Rupert voulut limiter. Trop tard. Une patrouille se frayait un chemin dans lattroupement qui grossis sait. En un instant, Rupert se retrouva encerclé.
Le récit de laltercation, considérablement enjolivé, circula à toute vitesse du pont à lEzbekiya. Ce quar tier du Caire sis à moins dun kilomètre de là était celui où résidaient généralement les Européens. À la fin de lété, les crues du Nil transformaient la place centrale en un lac navigable. Pour linstant, le fleuve étant bas, ce nétait quune bande de terre cernée de bâtiments. Dans lune des plus grandes demeures, une Daphné Pembroke légèrement inquiète attendait son frère Miles. Le jour baissait. Sil narrivait pas bientôt, il ne pourrait rentrer car, à la nuit tombée, on verrouillait
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les grilles. Elles létaient aussi lors des épidémies ou des insurrections qui, lune comme lautre, nétaient pas rares au Caire. Cependant, Daphné ne guettait le retour de son frère que dune oreille distraite, la plus grande par tie de son attention étant consacrée aux documents étalés devant elle. Parmi eux se trouvaient une lithographie de la pierre de Rosette, un papyrus acquis récemment, ainsi que sa copie à lencre sur papier. À près de vingtneuf ans, cela faisait dix ans quelle sefforçait de résoudre le mystère de lécriture égyptienne. La première fois quelle avait vu des hiéroglyphes, elle en était tombée folle amoureuse. Toues ses études navaient eu pour but que de percer leur secret. Elle sétait entichée dun homme qui avait trois fois son âge et lavait épousé parce quelle le trouvait dune beauté poétique, que cétait un spécialiste des langues et quil possédait une collection de livres et de documents dont elle rêvait. À lépoque, elle avait cru quils étaient faits lun pour lautre. À lépoque, elle avait dixneuf ans et des étoiles plein les yeux qui lui obscurcissaient la vue. Hélas, elle avait appris  à ses dépens  que son érudit de mari pensait, comme tant dhommes, que les efforts intellectuels ne convenaient pas au cer veau inférieur des femmes. Prétendant quil agissait dans son intérêt, Virgil Pembroke lui avait interdit létude des hiéroglyphes. Il affirmait que même les hommes les plus lettrés qui connaissaient larabe, le copte, le grec, le persan et lhébreu navaient aucune chance de les déchiffrer du vivant de Daphné. Peu importait, dailleurs, selon lui. Il jugeait la civilisation égyptienne primitive et bien inférieure à celle de la Grèce antique. La réso lution de ce mystère napporterait donc pas grand chose à lhumanité.
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