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Les demoiselles de Spindle Cove (Tome 3) - Un mariage au clair de lune

De
384 pages
Professeur de musique, Kate Taylor a su trouver sa place à Splindle Cove malgré le fait qu'elle soit orpheline et pauvre. Un jour surviennent les Gramercy, qui prétendent qu'elle fait partie de leur noble famille. Kate croit son rêve enfin devenu réalité lorsque le caporal Samuel Thorne, chef de la milice, s'interpose. De nature méfiante, il veut protéger Kate et se présente d'office comme son promis. Kate accepte cette mascarade, le temps que sa filiation soit prouvée. Pourtant, au fil des semaines, elle s'attache à ce fiancé si sérieux, mais pourra-t-elle le garder lorsque sera révélé le terrible secret de sa naissance?
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Un mariage au clair de lune
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
TROIS DESTINÉES 1 – L’impulsive Nº 9618 2 – L’aventuriÈre Nº 9725
3 – L’idaliste Nº 9757
LE CLUB DES GENTLEMEN 1 – Valse de minuit Nº 10030
2 – Le destin de Merry Lane Nº 10079 3 – Trois nuits ou jamais Nº 10130
LES DEMOISELLES DE SPINDLE COVE 1 – Un moment d’abandon Nº 10611 2 – Une semaine de folie Nº 10692
TESSA DARE
L E S D E M O I S E L L E S D E S P I N D L E C O V E – 3 Un mariage au clair de lune
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Julie Guinard
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Titre original A LADY BY MIDNIGHT Éditeur original Avon Books, an imprint of HarperCollins Publishers, New York
Eve Ortega, 2012 Pour la traduction française Éditions Jai lu, 2014
Été 1814
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Le caporal Thorne était capable de faire frémir une femme depuis lautre bout dune pièce. Talent inopportun, selon Kate Taylor. Et sans même le faire exprès, songeatelle avec une pointe dagacement. Il lui suffisait de franchir le seuil du Gai Taureau, de sasseoir sur un tabouret de bar et de contempler sa chope de bière en présentant son large dos à la compagnie. Et sans un mot, sans même un regard, il faisait trembler les doigts de la pauvre Mlle Elliott sur le clavier du pianoforte.  Je ne peux pas, chuchota la jeune fille. Je narrive plus à jouer, maintenant quil est là. Encore une leçon de musique gâchée. Un an plus tôt, Kate navait jamais ce problème. À lépoque, Spindle Cove ne comptait pratiquement que des demoiselles, et le Gai Taureau était un salon de thé raffiné où lon servait des petitsfours glacés et des tartes aux fruits. Mais depuis la formation dune milice au village, létablissement était devenu à la fois le salon de thé de ces dames, et la taverne de ces messieurs.
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Kate navait rien contre le fait de partager. Mais on ne pouvait « partager » avec le caporal Thorne. Sa pré sence sévère et ténébreuse envahissait toute la pièce.  Essayons encore une fois, insistatelle en seffor çant de ne pas prêter attention à lintimidante sil houette. Nous y étions presque. Mlle Elliott rougit et tordit les doigts sur ses genoux.  Je ny arriverai jamais.  Mais si. Ce nest quune question dentraînement. Et vous ne serez pas toute seule. Nous allons répéter notre duo, et nous serons prêtes pour notre première audition ce samedi. Au simple mot d« audition », les joues de la jeune fille devinrent cramoisies. Annabel Elliott était jolie, délicate et blonde, mais elle sempourprait pour un rien. Dès quelle était nerveuse, ses joues pâles rougissaient comme si on lavait giflée. Et elle était trop souvent nerveuse. Certaines jeunes filles venaient à Spindle Cove pour se remettre dun scandale ou fortifier une constitution fragile. Mlle Elliott y avait été envoyée pour trouver un remède à sa timidité. Ses parents lui avaient interdit de revenir tant quelle naurait pas vaincu ses angoisses à lidée de se produire en public. Kate la suivait depuis suffisamment longtemps pour savoir que les difficultés de Mlle Elliott ne dénotaient en rien une inaptitude. Elle navait besoin que dassurance.  Peutêtre vous sentirezvous plus à laise avec un nouveau morceau, suggératelle. Personnellement, une partition inconnue me remonte le moral bien mieux quun chapeau neuf. Une idée la frappa soudain.  Je me rendrai à Hastings cette semaine, pour voir ce que je peux y trouver. En vérité, Kate avait prévu daller à Hastings dans un but tout différent. Pour une visite quelle ne cessait de
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remettre à plus tard. Lachat de partitions constituait un excellent prétexte.  Je ne sais pas pourquoi je suis si idiote, se lamenta la jeune fille. Cela fait des années que je prends des leçons. Et jadore jouer. Sincèrement. Mais dès quon mécoute, je deviens désespérante.  Vous nêtes absolument pas désespérante. Aucune situation nest jamais sans espoir.  Mes parents disent quils veulent simplement que je brille en société. Mais si vous saviez la pression quils exercent sur moi, mademoiselle Taylor Vous navez aucune idée de ce que cest.  En effet, reconnut Kate. Aucune idée. Mlle Elliott releva les yeux, consternée.  Je suis navrée. Pardonnezmoi, les mots mont échappé, je ne voulais pas dire cela. Kate écarta dun geste ses excuses.  Allons donc. Cest la simple vérité. Je suis orphe line. Vous avez absolument raison : jignore complète ment ce que cest que davoir des parents qui attendent de vous des merveilles. Mais je donnerais nimporte quoi pour le savoir, ne seraitce quune journée Elle songea à la lettre pliée dans le tiroir où elle ran geait ses bas. Oui, cette semaine, elle se rendrait à Hastings.  Mais je sais que lorsquon est entouré damis, cela fait toute la différence. Vous êtes à Spindle Cove, nous avons chacune nos particularités. Souvenezvous que tout le monde ici est bienveillant envers vous.  Tout le monde ? Le regard circonspect de Mlle Elliott se dirigea vers lhomme immense et solitaire assis au bar.  Il est si grand, chuchotatelle. Et si effrayant. Chaque fois que je pose les doigts sur le clavier, il se tourne à demi et fait la grimace.
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 Ne vous sentez pas visée. Cest un militaire ; ils ont tous le cerveau plus ou moins dérangé par les explosions. Kate lui donna une petite tape encourageante sur le bras et enchaîna :  Ne faites pas attention à lui. Gardez la tête haute, un sourire, et continuez à jouer.  Je vais essayer, mais il il nest pas facile à oublier. Elle avait raison. Kate était bien placée pour le savoir. Le caporal Thorne avait beau exceller dans lart de lignorer, elle ne pouvait nier leffet quil exerçait sur elle. En sa présence, elle avait la chair de poule, et lors des rares occasions où il regardait de son côté, elle avait limpression quil la transperçait.  Le menton en lair, rappelatelle doucement à Mlle Elliott, et à ellemême. Un grand sourire. Kate commença à jouer la seconde partie du duo. Mais quand vint le moment où Mlle Elliott devait se joindre à elle, la jeune fille fit une fausse note au bout de quelques mesures.  Je suis désolée ditelle en baissant la voix.  Atil encore grimacé ?  Non, pire, gémitelle. Cette foisci, il a frissonné. Avec un petit cri dindignation, Kate tordit le cou pour regarder le bar.  Mais non, la rassuratelle.  Si, hélas. Cen était trop. Que le caporal Thorne fasse peu de cas de ses élèves, soit. Quil grimace, à la rigueur. Mais frissonner Frissonner dépassait les bornes.  Je vais lui parler, déclara Kate en se levant.  Oh, non. De grâce !  Ne vous inquiétez pas, je nai pas peur de lui. Il a peutêtre lair dune brute, mais je ne pense pas quil morde.
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