Les exilés d'Austin (Tome 4.5) - Union parfaite

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Le jour où Nell découvre chez elle un parfait inconnu, elle tombe des nues. Ce dernier, un ours tout comme elle, dit s’appeler Cormac. Il a quitté son quartier garou du Wisconsin pour rejoindre le sien à elle, dans le sud du Nevada ; un projet qu’Eric, le chef du clan, a accepté. Voilà qui semble un peu fort aux yeux de Nell, par ailleurs folle de rage que personne ne l’ait prévenue de cette nouvelle arrivée. À force de questions, elle découvre que Cormac est en quête d’une chose qui l’obsède : son âme-sœur. Formel, déterminé, il annonce qu’il ne partira pas sans avoir obtenu ce qu’il est venu chercher. Or, la seule ourse célibataire ici, c’est Nell…
Publié le : mercredi 8 juillet 2015
Lecture(s) : 15
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290094952
Nombre de pages : 140
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couverture
JENNIFER
ASHLEY

LES EXILÉS D’AUSTIN – 4.5

Union parfaite

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Zeynep Diker

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Présentation de l’éditeur :
Le jour où Nell découvre chez elle un parfait inconnu, elle tombe des nues. Ce dernier, un ours tout comme elle, dit s’appeler Cormac. Il a quitté son quartier garou du Wisconsin pour rejoindre le sien à elle, dans le sud du Nevada ; un projet qu’Eric, le chef du clan, a accepté. Voilà qui semble un peu fort aux yeux de Nell, par ailleurs folle de rage que personne ne l’ait prévenue de cette nouvelle arrivée. À force de questions, elle découvre que Cormac est en quête d’une chose qui l’obsède : son âme-sœur. Formel, déterminé, il annonce qu’il ne partira pas sans avoir obtenu ce qu’il est venu chercher. Or, la seule ourse célibataire ici, c’est Nell…
Biographie de l’auteur :
Jennifer Ashley
Après l’obtention d’un diplôme de littérature, elle se lance dans l’écriture de romances paranormales, historiques et à suspense. Ses livres sont traduits dans le monde entier et figurent parmi les meilleures ventes du New York Times.

Jennifer Ashley

 

Traduite dans une dizaine de langues et récompensée par le prestigieux RITA Award, elle s’adonne à plusieurs genres de romance. Sous le nom Jennifer Ashley, elle écrit de l’historique, du paranormal et du contemporain. Sous le pseudonyme Ashley Gardner, du suspense et du paranormal sous Allyson James. L’un de ses grands succès est la série historique consacrée aux frères Mackenzie.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

Dans la collection
Aventures & Passions

La folie de lord Mackenzie

N° 9416

L’épouse de lord Mackenzie

N° 9613

Les péchés de lord Cameron

N° 9897

La duchesse Mackenzie

N° 10160

Les noces d’Eliott McBride

N° 10425

Daniel Mackenzie, un sacré coquin

N° 10610

Dans la collection Crépuscule

LES EXILÉS D’AUSTIN

1 – Insolente créature

N° 10526

2 – Ange gardien

N° 10793

3 – Âme féline

N° 10891

4 – Cœur farouche

N° 11007

À mes lecteurs qui adorent les garous
et en redemandent.

1

Une ourse doit dormir pour être belle.

Nell étouffa un grognement lorsqu’un martèlement rythmé l’arracha à sa léthargie hivernale. Peu importe qu’elle vive désormais dans une ville au milieu du désert et non dans la forêt profonde ; en cette saison, elle cédait à sa nature sauvage et se laissait sombrer dans un lourd sommeil.

Cependant, ce matin-là, sa famille ne se montrait guère coopérative. La migraine qui avait pris naissance dans ses rêves s’insinua dans la réalité et elle entrouvrit les paupières.

Qui pouvait bien faire tout ce raffut dans sa cuisine ? À… cinq heures du matin ?

Elle envoya valdinguer le réveil, se glissa hors du lit, attrapa son peignoir en tissu éponge rose et enfonça les pieds dans les premières chaussures qui se présentaient à elle ; elle avait la vue trop brouillée pour discerner quoi que ce soit dans l’obscurité.

Si Shane ou Brody s’affairaient sur leurs motos ou autres idioties du genre, elle n’hésiterait pas à leur flanquer une bonne volée. C’était l’hiver, nom d’un chien ! Les garçons savaient bien qu’ils devaient lui ficher une paix royale lors des noires nuits d’hiver !

 

Elle sortit de la chambre à coucher, furibonde, et longea le petit couloir en direction de la cuisine.

Un énorme garou qu’elle voyait pour la première fois était perché sur un escabeau et clouait une planche au mur. C’était comme s’il lui défonçait la boîte crânienne.

La pièce était sens dessus dessous. Les plans de travail et les éléments avaient été arrachés, les cloisons abattues, les fils électriques et la tuyauterie saillaient tristement du plâtre. Au beau milieu de ce chantier se dressait ce mâle – un ours – qu’elle ne connaissait pas et, à chacun de ses coups de marteau, elle avait l’impression que son cerveau allait exploser.

Il s’arrêta, fort heureusement, et posa son outil sur le seul comptoir encore intact. Sans remarquer sa présence, il attrapa l’instrument suivant – une perceuse – et s’apprêta à s’attaquer au mur qui ne lui avait pourtant rien fait.

Nell regagna sa chambre, s’empara de ses clés sans faire de bruit, pénétra dans le couloir du fond qui menait à la buanderie, et ouvrit le placard à balais. Elle en sortit un fusil de chasse, inséra une cartouche dans le canon, et se dirigea à nouveau vers la cuisine.

Le garou avait branché sa perceuse et l’infernal geignement vrillait le crâne de Nell. Il ne l’entendit pas approcher jusqu’à ce qu’elle referme l’arme, la braque sur lui et déclare à voix haute :

— Vous avez dix secondes pour me dire qui vous êtes et ce que vous fichez.

Le sifflement s’arrêta. L’étranger lui jeta un coup d’œil, cligna les paupières, et reposa délicatement l’outil sur le plan de travail. Puis, il sourit.

Quel sourire éblouissant ! L’ursidé était grand, comme tous ses congénères. Il avait des muscles solides sous son tee-shirt moulant et portait un jean maculé de peinture. Ses bras étaient immenses, comme ceux de Shane, mais les siens étaient couverts d’une belle toison noire. Son Collier, noir et argenté, scintillait sous la lumière fluorescente du plafond.

Ses cheveux, qu’il avait essayé de discipliner en les coupant court, formaient une masse ébène parsemée de mèches marron et châtain. Un grizzly.

Il n’avait pas les iris noirs comme Nell et ses fils, mais bleus. L’intensité de ce regard indigo, combiné à son sourire, fit s’emballer le cœur de cette dernière, ce qui n’arrangea guère sa migraine.

— Je m’appelle Cormac, répondit l’homme.

Sa voix profonde résonna comme un roulement de tonnerre suffisamment lointain pour être réconfortant et non inquiétant. Le grondement emplit la pièce, enveloppant tout ce qui s’y trouvait.

— Vous devez être Nell, ajouta-t-il.

Celle-ci serra son fusil.

— Vous êtes chez moi. Vous vous attendiez à voir qui ?

— Shane m’a donné les clés et m’a dit de commencer. (Il désigna du geste les murs nus sans détacher les yeux de Nell.) Il voulait vous faire une surprise.

— C’est réussi. J’ignore toujours qui vous êtes. D’où venez-vous ? De quel clan ? Que faites-vous dans notre quartier ? Comment se fait-il que mon fils vous connaisse et pas moi ? C’est moi l’ourse alpha ici, et aucun nouvel ursidé ne débarque sans que j’aie mon mot à dire. Shane n’a-t-il pas pris la peine de vous en informer ?

L’étranger semblait serein.

— Je suis arrivé hier soir. Je viens du quartier garou du Wisconsin, mais je suis en phase de transfert. Eric m’a présenté à Shane. Ce dernier était tout excité à l’idée de refaire la cuisine et il m’a demandé de m’y atteler dès aujourd’hui.

Des réponses logiques, directes, données par un garou beau à couper le souffle, qui ne perdit pas une seconde son sourire ni l’étincelle dans ses yeux.

— Eric vous a présenté à mon fils ? Sans m’en parler ? (Les questions fusaient dans l’esprit de Nell, encore embrumé par le sommeil et la douleur.) Et qu’entendez-vous par « phase de transfert » ?

— Les formalités administratives sont terminées, expliqua Cormac. Je suis le nouvel ours du quartier !

Le magnifique grondement s’éleva à nouveau de sa poitrine, cette fois mêlé à un éclat de rire. Nell voulait s’accrocher à ce son, s’en envelopper. Alors, elle se cramponna un peu plus à son fusil.

— Vraiment ? Je n’ai pas roupillé si longtemps. Aucun ours ne peut être transféré ici sans qu’Eric, notre bon chef, en discute d’abord avec moi.

Cormac attrapa le tournevis posé sur le comptoir, un outil silencieux, c’était déjà ça.

— Eric a dit qu’il préférait ne pas vous importuner avec ça.

— Ah oui ? Ce sale petit félin suffisant…

Elle s’interrompit, la migraine l’empêchant de réfléchir aux insultes adéquates pour qualifier son voisin, un chat sauvage et le dirigeant du quartier garou du sud du Nevada. Les félins se croyaient toujours plus malins que les autres, sans doute parce que ces satanés bêtes ne dormaient jamais.

Nell s’apprêta à accabler Cormac, qui ne semblait guère se soucier du fusil de chasse braqué sur sa poitrine, d’une nouvelle volée de questions. Soudain, la porte de derrière s’ouvrit, claquant contre le mur avec un inquiétant bruit de vitre, et ses deux fils entrèrent dans la pièce.

Shane s’arrêta net, embrassant du regard sa mère, Cormac sur l’escabeau et l’arme dans la main de Nell. Brody, son cadet, faillit lui rentrer dedans.

— Maman, dit Shane d’une voix que Nell connaissait bien, celle qui signifiait : « Allez Brody, il faut calmer notre foldingue de mère. » Ne tire pas sur Cormac, je t’en prie. Il est cool.

— OK. Et si je tirais plutôt sur toi ?

Mais elle ne bougea pas, car elle ne ferait jamais rien qui puisse blesser ses petits, même s’il s’agissait d’adultes pénibles de plus de deux mètres capables de se transformer en puissants grizzlys.

— Tu n’es même pas censée posséder ce fusil, l’admonesta Brody, à moitié caché derrière son frère. (Il avait eu la sagesse de ne pas entrer complètement.) Eric t’a ordonné de le rendre. Tu as oublié ?

Certes, mais ce qu’Eric ne savait pas ne pouvait lui faire de mal.

— À l’évidence, il m’est indispensable pour me défendre, puisque vous distribuez les clés de la maison à n’importe qui !

— Je n’en ai pas eu besoin, finalement, précisa Cormac. C’était ouvert.

— Ce n’est pas le propos ! hurla Nell. (La plupart des garous ne fermaient jamais à clé.) Ce que tout le monde s’évertue à ignorer, c’est qu’il y a un nouvel ours dans le quartier et que je n’ai pas été consultée ! Cela n’est pas censé arriver. Pourquoi êtes-vous nouveau ici ? Vous avez été viré de chez vous ? Pourquoi avoir voulu venir ici ? Racontez-moi votre histoire, Monsieur l’homme à tout faire.

Cormac s’assit confortablement sur l’escabeau et reposa les bras sur les cuisses, le tournevis pendant de sa main relâchée. Il avait l’air d’un homme capable d’être à son aise n’importe où, sur un escabeau, sur une chaise longue dans un jardin, sur un rocher à l’orée de la forêt, surplombant la splendeur d’un lac infini.

— J’ai demandé mon transfert, répondit-il. Je suis à la recherche de quelque chose. Je me suis rendu au quartier garou d’Austin parce que mon clan y réside. Le chef a parlé de moi à Eric, et Eric a dit que je pouvais tenter ma chance par chez lui.

— Que cherchez-vous ? le questionna Nell en plissant les yeux. Et pourquoi ne pouviez-vous pas vous installer à Austin ? Qu’y a-t-il de si exceptionnel dans le Nevada ?

Brody rit. Il n’était peut-être pas si sage que ça, après tout.

— Oh, celle-là, tu vas l’adorer !

Cormac regarda Nell droit dans les yeux. Il n’était pas supposé le faire, car cette dernière était dominante, mais le crâneur soutint son regard sans ciller.

— Je cherche une compagne, répondit-il. Toutes les ourses célibataires de mon quartier proviennent de ma famille, et celles d’Austin en âge de s’unir sont toutes issues de mon clan. (Il tendit les mains, le tournevis toujours dans la paume, et son tee-shirt remua en même temps que ses muscles.) Alors me voici pour poursuivre ma quête.

Nell, qui n’avait pas fini de fulminer, abaissa son arme et l’ouvrit brutalement. Elle ne tirerait pas sur Cormac. Ce serait bien plus satisfaisant de le corriger à coups de crocs et de griffes quand arriverait l’heure de lui expliquer qui était l’ours alpha du coin.

— Dans ce cas, j’ignore pourquoi Eric vous a invité, fit-elle. Il n’y a aucune ourse célibataire ici.

Cormac se contenta de l’observer, son sourire éclatant s’étirant jusqu’aux oreilles. Brody s’esclaffa, toujours caché derrière Shane qui, quant à lui, ne bronchait pas.

— Non ? demanda doucement Cormac.

— Non, affirma Nell. À part…

Elle sentit son cœur plonger jusque dans les chaussures qu’elle avait enfilées tant bien que mal… des bottes de combat, réalisait-elle à présent. Sa migraine l’élança de plus belle.

— À part moi, termina-t-elle.

 

Cormac resta sur l’escabeau, dans sa posture nonchalante, pour s’empêcher de sauter par terre et d’embrasser Shane et Brody avant d’attraper Nell, de la jeter sur son épaule et de courir jusqu’à la maison voisine afin d’exiger qu’Eric les unisse sous le soleil et la lune, sur-le-champ. C’était presque l’aube, la lune serait encore visible, et le soleil ne tarderait plus à se lever.

Il l’avait retrouvée. Enfin. Enfin !

Même armée d’un fusil de chasse, elle était parfaite. Ses cheveux en bataille étaient noirs, méchés de châtain clair, sans le moindre filament gris. Les ourses étaient grandes par nature, et Nell avec son mètre quatre-vingt et des poussières ne dérogeait pas à la règle. Pour autant, ses courbes ultra féminines s’accordaient à merveille avec sa taille. Cormac n’avait jamais rien vu d’aussi sexy que le peignoir en tissu éponge brodé de roses, ceinturé à la va-vite sur ces formes généreuses.

Plus sexy encore, les bottes de combat à bout rond qui remontaient jusqu’à ses mollets galbés. Elle les avait enfilées aux mauvais pieds. Elle était adorable.

La lettre lui était parvenue un siècle trop tard. Si l’ours qui avait abandonné son clan lui avait révélé l’existence de Nell plus tôt, Cormac l’aurait rejointe, il l’aurait aidée, il aurait rendu sa vie (leur vie) bien plus supportable.

Peu importe. Il l’avait retrouvée à présent. Il rattraperait le temps perdu par égard pour Magnus, dans l’intérêt de Nell, et le sien.

— Je vous laisse dix secondes, déclara l’ensorcelante beauté, ensuite, je veux que vous ayez déguerpi de ma cuisine.

Les yeux de Nell, sous ses sourcils froncés, étaient d’un marron chaud ; la lueur qui y étincelait, derrière la mauvaise humeur, dénotait une femme désespérément seule. Elle avait ses enfants et jouissait d’une position d’alpha au sein du quartier, mais la solitude résignée n’avait aucun secret pour Cormac, et il en reconnaissait tous les signes chez elle.

— Maman, s’il part, il ne pourra pas nous aider à installer les nouveaux éléments, protesta Brody. Shane et moi devrons nous y coller.

Nell reporta son regard furibond sur son cadet.

— Vous êtes tout à fait capables de… Une seconde… Quels nouveaux éléments ? Quand ai-je eu le temps d’acheter une nouvelle cuisine ?

— Vous n’avez rien acheté, répondit Cormac. C’est un cadeau d’Eric.

Des flammes de rage embrasèrent les pupilles de Nell.

— Eric ? Encore lui ? Qu’est-ce qu’il mijote à la fin ? Brody, dis-lui de rappliquer, fissa ! J’exige de lui parler. Tout de suite !

— Tu plaisantes ? s’écria son fils, écarquillant ses yeux bruns. Tu veux que j’aille dire à Eric quoi faire ? Moi ? Je tiens à garder ma tête, je te remercie.

Nell grogna, et laissa jaillir ses griffes. Cormac la regarda lutter contre ses instincts d’alpha, se convaincre que son petit avait raison. On ne courait pas chez un garou dominant pour lui donner des ordres, ni lui soumettre une requête, même de la part d’un autre dominant.

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