Les exilés d'Austin (Tome 4.6) - Dangereuse rivalité

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Trois années durant, Maria a été séquestrée par une meute de redoutables garous indomptés, avant d’être recueillie au sein de la communauté d’Austin. Traumatisée par sa terrible expérience, elle s’efforce toutefois de se reconstruire, aspirant à reprendre ses études et à mener une nouvelle vie, loin de toute créature sanguinaire. Mais au sein d’un clan de garous, une belle célibataire représente une irrésistible tentation. Elle éveille d’ailleurs chez le lycan Ellison Rowe non seulement du désir, mais aussi de la fureur. Car ce dernier s’efforce de protéger Maria des ardeurs de ses semblables, tout en espérant la faire sienne…
Publié le : mercredi 7 octobre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290094877
Nombre de pages : 248
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couverture
JENNIFER
ASHLEY

LES EXILÉS D’AUSTIN – 4.6

Dangereuse rivalité

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Zeynep Diker

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Présentation de l’éditeur :
Trois années durant, Maria a été séquestrée par une meute de redoutables garous indomptés, avant d’être recueillie au sein de la communauté d’Austin. Traumatisée par sa terrible expérience, elle s’efforce toutefois de se reconstruire, aspirant à reprendre ses études et à mener une nouvelle vie, loin de toute créature sanguinaire. Mais au sein d’un clan de garous, une belle célibataire représente une irrésistible tentation. Elle éveille d’ailleurs chez le lycan Ellison Rowe non seulement du désir, mais aussi de la fureur. Car ce dernier s’efforce de protéger Maria des ardeurs de ses semblables, tout en espérant la faire sienne…
Biographie de l’auteur :
Après l’obtention d’un diplôme de littérature, Jennifer Ashley se lance dans l’écriture de romances paranormales, historiques et à suspense. Ses livres sont traduits dans le monde entier et figurent parmi les meilleures ventes du New York Times.

Jennifer Ashley

Traduite dans une dizaine de langues et récompensée par le prestigieux RITA Award, elle s’adonne à plusieurs genres de romance. Sous le nom Jennifer Ashley, elle écrit de l’historique, du paranormal et du contemporain. Sous le pseudonyme Ashley Gardner, du suspense et du paranormal sous Allyson James. L’un de ses grands succès est la série historique consacrée aux frères Mackenzie.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

Dans la collection
Aventures & Passions

La folie de lord Mackenzie

N° 9416

 

L’épouse de lord Mackenzie

N° 9613

 

Les péchés de lord Cameron

N° 9897

 

La duchesse Mackenzie

N° 10160

 

Les noces d’Eliott McBride

N° 10425

 

Daniel Mackenzie, un sacré coquin

N° 10610

Dans la collection Crépuscule

LES EXILÉS D’AUSTIN

1 – Insolente créature

N° 10526

 

2 – Ange gardien

N° 10793

 

3 – Âme féline

N° 10891

 

4 – Cœur farouche

N° 11007

 

4.5 – Union parfaite

Numérique

1

— Eh là, ma jolie !

Maria s’arrêta, s’efforçant de ne pas faire tomber le plateau couvert de bouteilles et de verres, et trouva l’individu qui lui cassait les pieds depuis le début de la soirée debout devant elle. Il était humain, agaçant au possible, et fréquentait le bar de garous pour se marrer.

Maria l’avait qualifié de tête de nœud à la minute où il avait passé la porte, pour deux raisons. La première, parce qu’il était entré d’un pas nonchalant avec ses amis, vêtu d’un jean graisseux et d’une casquette de baseball, arborant une barbe de trois jours, et bouffi d’orgueil. Étant humain il s’estimait supérieur à ces garous et à la petite humaine qui était là pour le servir.

La deuxième, parce que ce mot semblait plaire à Ellison, et qu’Ellison lui plaisait.

— C’est les bières pour ma table ? fit le type, haussant la voix pour couvrir le vacarme de la musique country qui s’élevait du vieux juke-box. Et pas de cette pisse mexicaine, hein ?

— Votre commande arrive, répondit Maria avec froideur et dignité. Celle-ci est pour eux.

Elle désigna du menton un groupe de lycans dans un coin de la salle, une famille (le père, la mère et toute la fratrie) en train de passer un agréable moment.

— Je ne crois pas, non. On en a marre de poireauter. Apporte-la à notre table.

— Pas encore, répliqua la jeune femme sans fléchir.

— Tu oses me contredire, pétasse ? Tu mérites une bonne leçon.

D’un geste expérimenté, l’homme donna un coup sous le plateau. Maria essaya de le retenir, mais il bascula à la verticale et son contenu glissa pour se fracasser sur le sol. La bière ruissela sur le legging noir de la serveuse et les bris de verre s’éparpillèrent tout autour d’elle. La tête de nœud s’éloigna d’un pas sautillant, mort de rire…

Et fonça droit sur un imposant garou en jean et chemise, aux cheveux blond miel, aux yeux gris de loup et dont le corps surplombait le sien. Sa main massive, tannée par le soleil texan, se posa sur l’épaule du malotru.

La musique baissa peu à peu et la voix traînante du lycan couvrit les derniers accords.

— Je pense que tu devrais présenter tes excuses à cette dame, fiston.

La main d’Ellison sur l’épaule de l’inconnu semblait relâchée et détendue, mais Maria vit le goujat tressaillir et écarquiller ses yeux pâles.

— Cette gourdasse m’a renversé de la bière dessus !

Ellison resserra sa prise.

— Mauvaise réponse, déplora-t-il de sa belle voix de baryton texan. Va donc au comptoir payer le contenu de ce plateau, avant de me ficher le camp avec tes potes.

— Je t’emmerde ! Je paierai que dalle ! C’est elle qui a tout fait tomber. Vous n’avez qu’à le retenir sur son salaire.

Sa blague stupide n’avait pas tellement énervé Maria, mais ses dernières paroles la firent voir rouge. Le moindre centime de son salaire et de ses pourboires lui était indispensable afin d’atteindre le but qu’elle s’était fixé dès qu’elle avait réemménagé au quartier garou d’Austin, six mois plus tôt. Elle travaillait dur tous les jours, mettait de côté tout ce qu’elle pouvait pour, un jour, ne plus être obligée de supporter de pareils abrutis ou de dépendre de la charité des garous qui l’avaient secourue.

Un autre garou, un terrifiant félin au crâne rasé et au corps entièrement tatoué, s’avançait déjà derrière Ellison. Il s’appelait Spike et, la première fois qu’elle l’avait aperçu, alors qu’elle arrivait tout juste du Mexique, apeurée et traumatisée, Maria avait voulu prendre ses jambes à son cou.

Tête de nœud ne le remarqua pas, comme il ne remarqua pas non plus que le grand brun au regard indigo qui gérait les lieux avait emboîté le pas à Spike. Il vit, cependant, celui dont Maria percevait la présence dans son dos : Ronan, un géant capable de se transformer en ours kodiak. Difficile de ne pas repérer Ronan…

L’humain blêmit. Liam Morrissey, le garou aux cheveux noirs, pénétra dans son champ de vision. Il lui décocha son sourire d’Irlandais charmeur et l’imbécile sembla perplexe.

Tel était le talent de ces créatures : elles séduisaient et terrifiaient à la fois. Elles pouvaient contempler leur proie, les yeux mi-clos, comme des bêtes somnolant en plein soleil. Puis, être complètement réveillées la seconde suivante, aux aguets et focalisées sur vous tandis que votre cerveau reptilien vous sommait de fuir le plus loin possible.

Les garous avaient beau porter le Collier, ils n’étaient pas domestiqués pour autant et demeuraient dangereux.

— Du calme, mon gars.

Liam contourna l’homme d’un pas leste et gracieux et s’arrêta à trente centimètres de Maria, sur sa droite.

Cela obligea l’humain à se tourner légèrement, déplaçant sa ligne d’attaque loin de Maria. Ellison se positionna alors derrière lui et sur sa gauche afin de pouvoir l’attraper s’il s’avisait de s’en prendre à Maria. Spike et Ronan s’avancèrent pour compléter l’encerclement.

Ces tactiques, Maria les avait observées au cours de ses trois années passées aux côtés de garous indomptés. Une expérience synonyme de terreur absolue. Ils l’avaient enlevée à sa famille et séquestrée dans le sous-sol d’un entrepôt avec d’autres femmes.

Elle avait regardé ces garous-là former des cercles similaires autour d’intrus ou de dissidents au sein même de la meute. Ils cernaient leur victime, sans la menacer ni l’attaquer. Il s’agissait d’une simple manœuvre d’intimidation.

Les garous avaient élevé l’intimidation au rang d’art. Ceux du Mexique mettaient un terme à leur cercle de peur en tuant ces intrus et ces dissidents. Maria n’avait jamais vu ceux d’Austin tuer qui que ce soit ; en plus, ils portaient des Colliers conçus pour leur envoyer des décharges électriques s’ils devenaient violents, mais elle savait que leur potentiel destructeur était bel et bien présent.

Dans les profondeurs de son cerveau imbibé, Tête de nœud le savait aussi, mais il essaya de la jouer au culot.

— Pas question que je raque.

— Et on ne te le demandera pas, répondit Liam avec calme. (Son accent irlandais était mélodieux et riche, même s’il habitait au Texas depuis plus de vingt ans.) Tu vas quitter mon bar sur-le-champ et tu n’y remettras plus les pieds. Plus jamais.

Il sourit en prononçant cette phrase, comme le ferait un lion conscient que la gazelle est à sa portée. Le lion n’a rien à perdre à se montrer gentil envers la gazelle.

— Tu ne possèdes pas ce rade, espèce de fumier, répliqua l’autre. Tu ne peux pas me foutre dehors, ni moi ni mes potes.

— Il semblerait que tes potes soient déjà partis. Tes précieux camarades t’ont abandonné. Des gars valeureux, pour sûr !

L’humain regarda tout autour de lui, clignant les paupières lorsqu’il se rendit compte qu’il se trouvait seul au milieu de garous. Ses amis, si bruyants et odieux quand ils avaient été assis dans le coin de la salle, s’étaient faufilés vers la sortie sitôt que Ronan avait quitté son poste.

— Ellison, reprit Liam, en jetant un coup d’œil par-dessus la tête du sale type. Conduis-le dehors, veux-tu ? Je te charge de sa sécurité. Spike, accompagne-les.

Un large sourire étira les lèvres d’Ellison. Un sourire carnassier, parfaitement assorti au grand loup gris qu’il devenait lorsqu’il se transformait. Sa bête était somptueuse, dotée d’une fourrure argentée qui étincelait au clair de lune, et d’une grâce fluide qui allait de pair avec son visage puissant.

— Avec joie. (Ellison reposa la main sur l’épaule de l’humain qui, cette fois, tressaillit bel et bien de peur.) Par là, fiston.

— Arrêtez de m’appeler « fiston ».

Ellison rit, son fort accent texan retentit dans la salle lorsqu’il dit :

— Hé, Ronan. Et si tu t’écartais pour le laisser passer ?

Ronan, qui comme l’avait appris Maria était l’un des mâles les plus gentils du quartier, préféra se placer en travers de la porte, croisant les bras et prenant un air méchant. Du haut de ses deux mètres treize, il représentait un obstacle impressionnant, et le grognement dans sa gorge se mua en un grondement sonore et menaçant.

— Allons, Ronan, insista Ellison. Liam veut qu’on le laisse partir.

Ronan fusilla du regard l’humain dont le visage luisait à présent de sueur.

Spike, le grand tatoué aux allures de motard, passa devant Ellison et appuya la main sur le cadre de la porte. Comme si Ronan et lui avaient communiqué en silence, l’ursidé finit par hocher la tête et pivota sur le côté afin que Ellison et l’homme puissent sortir.

Sans relâcher l’épaule de ce dernier, le lycan le guida entre Spike et Ronan. L’ours leur laissa à peine assez de place pour se faufiler jusque sous les lumières aveuglantes des lampadaires.

Maria s’avança vers la porte pour observer la scène, à l’instar des autres garous du bar. Ellison lâcha le type tout au bout du parking, et attendit tandis qu’il traversait la rue obscure au pas de course pour monter dans un pick-up.

— Et tâchez de ne pas revenir ! cria Ellison. Pigé ?

Le véhicule démarra dans un rugissement de moteur. L’homme s’engagea sur la route silencieuse, tourna à l’angle en faisant crisser les pneus et disparut.

Ronan partit d’un rire tonitruant. Ellison rentra et lui tapa dans la main, puis dans celle de Spike. Son rire sonore, riche et chaleureux, se mêla à celui de l’ursidé, et Spike se joignit à eux, arborant une mine hilare. Liam demeura en retrait et les observa avec affection, comme le ferait un grand frère vis-à-vis de son espiègle fratrie.

Ellison poussa un hurlement de joie texan.

— On s’est bien marrés, Liam ! Maria, tu vas bien ?

Ses bottes de cow-boy écrasèrent les bris de verre au centre du bar. Maria, qui frissonnait de colère et de peur, et parce qu’elle avait vu les iris gris d’Ellison s’éclaircir d’un ton tandis qu’il la considérait, perdit son sang-froid.

L’humain l’avait déstabilisée et les garous qui l’encerclaient tels des prédateurs lui avaient rappelé les indomptés qui l’avaient retenue captive. Les garous restaient des garous, et elle ne serait jamais en sécurité.

Elle pointa un doigt tremblant sur chacun des hommes qu’elle gratifia d’un regard noir, en terminant par Ellison.

Locos. Vous allez attirer la police, et ils fermeront le bar, et je n’aurai plus de travail. J’ai besoin de ce travail !

Elle cessa de crier sur Ellison, qui cligna les yeux avant de sourire de toutes ses dents.

— Allons, chérie, on s’est bien amusés. Et cette tête de nœud a bien trop les chocottes pour riposter. On ne le reverra plus, t’inquiète.

— J’aurais pu me débrouiller, mais il a fallu que tu viennes jouer avec tes gros bras.

Non, non, l’expression, c’était : « jouer les gros bras ». C’est ce qu’ils disaient dans les séries américaines. Maria apprenait l’argot grâce à la télé.

Ellison se mit à rire à nouveau.

— Ouais, moi et mes gros bras à la rescousse. Et n’oublie pas Ronan. Les siens sont plutôt costauds.

— Abruti, va ! rétorqua Maria.

Liam aussi lui apprenait l’argot. Elle ramassa le plateau et le tint comme une arme.

— S’il raconte au propriétaire que j’ai causé des problèmes, poursuivit-elle, qui est-ce qui se fera virer, hein ? Moi. Tu ne travailles même pas ici.

— Allons, ma belle…

Ce mot doux, prononcé avec l’accent texan et la voix rauque du lycan, réchauffa les entrailles de Maria, menaçant d’apaiser sa colère. Voilà pourquoi elle brandit le plateau et s’avança vers lui.

De sa large main, Liam lui arracha le plateau.

— Fais une pause, petite.

Maria ouvrit la bouche pour laisser son tempérament de feu s’exprimer, mais il lui suffit de croiser le regard de Liam pour la refermer.

— Je n’ai pas besoin de pause, protesta-t-elle. Je vais nettoyer ça et me remettre au boulot.

— Je m’en occupe, répondit Liam avant de lui désigner du pouce la porte noyée dans l’obscurité du fond de la salle. Pour toi, c’est la pause. Maintenant.

Personne ne contredisait Liam. Ou pas longtemps. Du moins, personne à l’exception de sa femme, de son frère, de son père, de son neveu et à présent de sa fille, qui n’avait pas encore appris à parler. Maria redressa le menton, tourna le dos aux garous, passa à côté d’Ellison en écrasant les éclats de verre et gagna le bureau vide, claquant la porte derrière elle.

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