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Les exilés d'Austin (Tome 5) - Passion sauvage

De
415 pages
Séquestré par des humains, Tigre a subi leur cruauté durant quarante ans. Marqué à jamais par ces atrocités, il a toutefois trouvé la sécurité au sein du quartier garou d’Austin. Il aspire maintenant à se reconstruire tout en s’adaptant aux règles de vie de la meute, malgré son tempérament insoumis et violent. Sa rencontre avec Carly éveille en lui des émotions inconnues... et surtout un désir farouche qu’il est incapable de contrôler. Parviendra-t-elle, contre toute attente, à le dompter?
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couverture
JENNIFER
ASHLEY

LES EXILÉS D’AUSTIN – 5

Passion sauvage

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Zeynep Diker

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Présentation de l’éditeur :
Séquestré par des humains, Tigre a subi leur cruauté durant quarante ans. Marqué à jamais par ces atrocités, il a toutefois trouvé la sécurité au sein du quartier garou d’Austin. Il aspire maintenant à se reconstruire tout en s’adaptant aux règles de vie de la meute, malgré son tempérament insoumis et violent. Sa rencontre avec Carly éveille en lui des émotions inconnues… et surtout un désir farouche qu’il est incapable de contrôler. Parviendra-t-elle, contre toute attente, à le dompter ?
Biographie de l’auteur :
JENNIFER ASHLEY. Après l’obtention d’un diplôme de littérature, elle se lance dans l’écriture de romances paranormales, historiques et à suspense. Ses livres sont traduits dans le monde entier et figurent parmi les meilleures ventes du New York Times.


Couverture : d’après © Mouritsa et
© Unclenikola / Shutterstock

Jennifer Ashley

Traduite dans une dizaine de langues et récompensée par le prestigieux RITA Award, elle s’adonne à plusieurs genres de romance. Sous le nom Jennifer Ashley, elle écrit de l’historique, du paranormal et du contemporain. Sous le pseudonyme Ashley Gardner, du suspense, et du paranormal sous Allyson James. L’un de ses grands succès est la série historique consacrée aux frères Mackenzie.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

Dans la collection
Aventures & Passions

La folie de lord Mackenzie

N° 9416

L’épouse de lord Mackenzie

N° 9613

Les péchés de lord Cameron

N° 9897

La duchesse Mackenzie

N° 10160

Les noces d’Eliott McBride

N° 10425

Daniel Mackenzie, un sacré coquin

N° 10610

La préceptrice de Sinclair McBride

N° 11153

Dans la collection Crépuscule

LES EXILÉS D’AUSTIN

1 – Insolente créature

N° 10526

2 – Ange gardien

N° 10793

3 – Âme féline

N° 10891

4 – Cœur farouche

N° 11007

4.5 – Union parfaite

Numérique

4.6 – Dangereuse rivalité

Numérique

1

— Non, non, non, non ! Pas aujourd’hui ! Tu ne peux pas me faire ça aujourd’hui !

Mais le moteur cala quand même. Il vrombit sur la bande d’arrêt d’urgence de l’autoroute déserte, toussota deux fois, puis se tut dans un ronflement rauque.

— Punaise !

Les talons aiguilles de Carly claquèrent sur la chaussée. Ils étaient surmontés d’une paire de jambes halées et une robe fourreau blanche. La jeune femme fusilla la voiture du regard tandis que la brise texane ébouriffait les cheveux châtain clair qui s’échappaient de sa natte africaine méticuleusement tressée.

Il avait fallu qu’elle porte du blanc ! Carly posa les mains sur ses hanches et transperça la Corvette de son regard enragé.

« Prends la Corvette, avait insisté Ethan, son fiancé. C’est un grand jour. Tu dois soigner ton entrée. »

Elle avait été pressée de quitter la métropole pour rejoindre la galerie où elle travaillait, alors Ethan lui avait glissé ses clés dans la main et l’avait poussée vers la porte.

Carly lui avait donné raison : l’artiste qu’ils exposaient aimait les automobiles de collection et il avait offert l’exclusivité à la galerie d’Armand, le patron de Carly, située dans une petite ville au nord-est d’Austin. Les acheteurs se bousculaient déjà au portillon. La commission de Carly pouvait être colossale.

À condition qu’elle parvienne à se rendre sur place. De rage, elle donna un coup de pied dans l’un des pneus, puis recula en sautillant. Ses escarpins étaient robustes, mais cela n’en restait pas moins douloureux.

Parfait. Ethan savait se montrer généreux, et il était suffisamment riche pour se le permettre, mais il oubliait parfois certains menus détails, comme de s’assurer que ses voitures fonctionnaient correctement.

— Eh bien, sa fainéante majesté n’a qu’à venir me chercher !

Carly gagna le côté passager et se pencha par la vitre baissée pour récupérer son portable dans son sac à main.

Aujourd’hui. Il fallait que ça lui arrive aujourd’hui ! Sans se redresser, elle composa le numéro avec le pouce, mais le téléphone émit un bip caractéristique, signe qu’il ne captait pas de réseau.

— Ce n’est pas vrai ! (Elle fit un pas en arrière et leva l’appareil en l’air.) Allez ! Trouve-moi un signal !

C’est alors qu’elle l’aperçut.

L’homme se tenait à environ trois mètres du véhicule, non pas sur la route, mais dans les hautes herbes qui la bordaient. Celles-ci étaient parsemées de fleurs bleues, jaunes et blanches et, comme c’était l’été, elles étaient elles-mêmes d’un joli vert vif.

Ce n’était pas tous les jours qu’elle tombait sur un beau gosse, taillé comme une armoire à glace sous son tee-shirt rouge et noir à motifs, et qui l’observait, debout sur l’accotement.

Qui l’observait avec attention. Il la fixait des yeux, mais pas de cette façon hébétée propre aux vagabonds errant dans un brouillard éthylique. Non, il la regardait comme aucun être humain ne l’avait regardée jusqu’à présent.

Il n’était pas non plus débraillé comme un vagabond. Il était rasé de près, lavé, et ses vêtements étaient impeccables, son jean dénué de taches de boue, bien qu’il eût marché à travers champs. Et il avait forcément coupé par les champs, car elle était certaine de ne pas l’avoir vu sur la route.

Ses cheveux… Carly cligna les paupières lorsque les puissants rayons du soleil caressèrent sa crinière soyeuse qui était orange et noire. Il ne s’agissait pas de teinture ; la coloration avait tendance à rendre les cheveux mats et secs. Ceux de l’inconnu, que l’astre de feu parait de reflets cuivrés et bleutés, semblaient cent pour cent naturels.

Elle aurait dû être effrayée, elle le savait. Un étranger à la chevelure tigrée surgissant de nulle part et la dévisageant ainsi devrait la terrifier. Or ce n’était pas le cas.

Il n’était pas là quand Carly avait arrêté la voiture et en était descendue. Il avait dû arriver lorsqu’elle s’était penchée par la vitre pour récupérer son portable et lui avait offert une vue plongeante sur son postérieur parfaitement moulé dans sa robe blanche.

Ce segment de route était désert. C’en était même inquiétant. Les rues d’Austin étaient toujours bondées mais, quand on sortait de la ville, il était possible de trouver de longs tronçons dépourvus de circulation, comme celui que Carly empruntait chaque jour pour se rendre à la galerie d’art.

Il n’y avait personne dans les parages, personne qui fonçait sur la voie pour la secourir. Il n’y avait qu’elle dans sa robe fourreau désormais froissée et l’homme imposant qui l’observait toujours depuis les hautes herbes.

— Hé ! lui cria Carly. Vous savez réparer une voiture ?

 

Il n’avait pas de prénom. Il n’avait pas de clan. Il avait eu une compagne et un petit, mais ils étaient morts, et les humains qui l’avaient détenu en captivité pendant quarante ans les avaient emmenés. Ils ne l’avaient pas laissé leur faire ses adieux ni pleurer leur perte.

À présent, il vivait parmi d’autres garous. Il avait été conduit dans cette région moite et chaude aux collines pittoresques. Il ne se sentait tout à fait bien que lorsqu’il courait sous sa forme animale, en pleine campagne, là où personne ne le voyait. D’ordinaire, il courait de nuit mais, ce jour-là, il n’avait pas réussi à rester à l’intérieur de la maison, ou du quartier garou. Alors, il était parti.

Il avait caché ses vêtements derrière une butte sur le côté de la route. Connor était censé venir le chercher, mais pas avant deux bonnes heures, sans compter qu’il était souvent en retard. Tigre ne s’en plaignait pas. Il aimait bien être là.

Il s’était rhabillé, avait contourné la butte pour rejoindre la route… et s’était trouvé face à un splendide postérieur qui pointait depuis une voiture écarlate. Le postérieur en question était recouvert d’un fin tissu blanc qui lui laissait entrevoir une petite culotte rose pâle.

Sous cette belle paire de fesses s’allongeaient deux jambes galbées, dorées par le soleil texan. Des escarpins vertigineux leur conféraient un aspect encore plus harmonieux.

 

L’inconnue avait les cheveux clairs. Elle avait un téléphone portable à la main, mais attendait, l’autre main posée sur sa hanche ronde, qu’il lui réponde.

Tigre grimpa la pente herbeuse menant à la route. La jeune femme le regarda s’approcher, sans peur, ses lunettes noires braquées sur lui.

Il voulait voir ses yeux. Si elle allait devenir sa compagne, il tenait à ce que rien ne soit soustrait à sa vue.

Car cette femme deviendrait sa compagne. Cela ne faisait aucun doute. L’odeur qui lui emplit les narines, les battements de son cœur à présent plus lents, mais plus forts, la chaleur qui envahit son corps le lui indiquaient.

Connor avait essayé de lui expliquer que l’accouplement ne se déroulait pas de la sorte pour les garous. Le mâle devait connaître la femelle depuis quelque temps avant d’effectuer son choix. Ensuite, il la revendiquait. Le lien d’union pouvait se former avant ou après ce moment, et pas nécessairement dès le premier regard.

Tigre avait écouté ces paroles de sagesse sans discuter, mais il savait. Il n’était pas un garou ordinaire. Et cette femme, reposant le poing sur sa hanche arrondie, n’avait rien d’ordinaire non plus.

— Pouvez-vous soulever le capot ? lui demanda-t-il.

— Je n’en sais rien, répondit-elle avec frustration. Je n’ai pas l’habitude de conduire ce genre de voiture. Une minute, laissez-moi vérifier.

Sa voix était teintée d’un faible accent texan. Une inflexion traînante, légère et délicate, mais suffisante pour enflammer les veines de Tigre et propager l’incendie directement jusqu’à son sexe.

Elle trouva le levier et ouvrit le capot. Puis elle s’épousseta les mains et étudia le circuit interne sans rien y comprendre.

— Une bagnole de collection, tu parles ! (Elle darda sur la Corvette un regard noir.) Ça veut juste dire que c’est un vieux tacot !

Tigre examina le bloc-moteur. La disposition était très différente de celle du pick-up que lui et Connor avaient bricolé tout le printemps, mais ce dernier lui en avait appris un rayon sur la mécanique.

— Vous avez une clé à douille ?

Lorsqu’il reporta son attention sur l’inconnue, il vit qu’elle le scrutait derrière ses verres fumés.

— Vos yeux, dit-elle. Ils sont…

— Jaunes.

Tigre se détourna avant que le parfum de la jeune femme le convainque de la plaquer contre le flanc de la voiture pour la serrer contre lui. Ce n’était pas une femelle qu’on avait jetée dans sa cage afin qu’elle déclenche sa frénésie d’accouplement. C’était sa compagne, et il ne voulait pas lui faire mal.

Il souhaitait montrer de la douceur, la courtiser un peu. Peut-être l’inviter à manger un morceau. Les mâles garous des environs aimaient cuisiner pour leurs compagnes, et Tigre affectionnait les rituels.

Elle ouvrit le coffre du véhicule et trouva une boîte à outils, qui comprenait bien un jeu de clés à douille. Tigre en saisit une et se pencha au-dessus du capot, sondant en lui-même le silence qui le mènerait au problème. Il semblait percevoir ce qui clochait avec les moteurs et savoir comment les ramener à la vie. Il ne pouvait expliquer comment il s’y prenait ; la seule chose qu’il savait, c’est que les voitures comme les fourgonnettes ne le dévisageaient ni ne le redoutaient, et il arrivait à discerner ce qui cafouillait quand les autres en étaient incapables.

Tandis qu’il s’affairait, le col de son tee-shirt s’évasa, dénudant le Collier noir et argenté qui lui encerclait le cou. La femme se pencha vers lui, ce qui eut pour effet d’accentuer dangereusement le décolleté de sa robe, et la chaleur qui émanait d’elle caressa la joue de Tigre.

— Ben ça alors ! s’exclama-t-elle. Vous êtes un garou.

— Oui.

Elle souleva ses lunettes de soleil et le considéra. Elle avait des iris vert clair, mouchetés de gris. Elle l’observa franchement, avec curiosité et sans crainte.

Bien sûr qu’elle n’avait pas peur de lui ! Elle allait devenir sa compagne.

Il soutint son regard, sans ciller. Elle ouvrit des yeux ronds, comme si elle venait de comprendre qu’il se passait quelque chose entre eux, mais ignorait quoi.

Elle remit ses lunettes et se redressa.

— Je n’avais jamais vu de garous jusqu’à aujourd’hui. Je ne savais même pas que vous aviez le droit de sortir du quartier garou.

Soulevant la clé d’une main, Tigre posa l’autre sur la courroie de distribution qui s’était distendue du boîtier de vitesses.

— On a le droit.

La réparation nécessitait délicatesse et force, mais il l’acheva rapidement, se penchant entièrement sur le bloc-moteur et laissant ses doigts opérer leur magie. Il se recula et referma la boîte à outils.

— Démarrez-la maintenant.

La jeune femme remonta promptement dans la Corvette, se glissa derrière le volant et alluma le moteur. Elle ressortit, le laissant tourner tandis que Tigre terminait d’inspecter le véhicule.

— La courroie de distribution tiendra pour le moment, mais c’est tout l’arbre de transmission qui est usé et risque de casser. Rentrez chez vous et ne vous servez plus de cette voiture avant que ce soit réparé.

— Génial. Armand va me tuer.

Tigre ignorait qui était Armand et il s’en fichait. Il rapporta la boîte à outils dans le petit coffre, le referma, puis revint fermer le capot.

Tandis que celui-ci s’abaissait, il trouva la jeune femme de l’autre côté, qui lui souriait.

— Vous savez que vous êtes incroyable ? lui demanda-t-elle. Que faisiez-vous dans ces champs ? Étiez-vous en train de courir sous votre forme de… laissez-moi deviner… de Tigre ?

Il eut un tic nerveux.

— Qu’est-ce qui m’a trahi ?

— Très drôle. Je n’ai jamais rencontré d’homme aux cheveux rayés et aux yeux jaunes. Considérez que c’est ce qui m’a mise sur la voie. Quoi qu’il en soit, vous m’avez sauvé la vie. Au fait, je m’appelle Carly. (Elle lui tendit la main et la retira de celle de Tigre à présent pleine de cambouis.) Une seconde, il doit y avoir des lingettes là-dedans.