Les feux de la vengeance

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À l’âge de douze ans, Catarina Hale assiste à l’incendie du restaurant familial. Ce drame scellera son destin : adulte, elle traquera les pyromanes. À présent brillante enquêtrice de la brigade des incendies criminels, Catarina file le parfait amour avec Bo. Mais des événements troublants surviennent : son téléphone sonne en pleine nuit, elle se sent dangereusement épiée, ses proches sont menacés. Avec l’aide de Bo, elle fait le serment de démasquer l’esprit diabolique qui a juré sa perte. Or, la jeune femme ignore qu’elle s’aventure dans le redoutable brasier de l’enfer...
Publié le : mercredi 4 novembre 2015
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EAN13 : 9782290124444
Nombre de pages : 610
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Présentation de l’éditeur :
À l’âge de douze ans, Catarina Hale assiste à l’incendie du restaurant familial. Ce drame scellera son destin : adulte, elle traquera les pyromanes. À présent brillante enquêtrice de la brigade des incendies criminels, Catarina file le parfait amour avec Bo. Mais des événements troublants surviennent : son téléphone sonne en pleine nuit, elle se sent dangereusement épiée, ses proches sont menacés. Avec l’aide de Bo, elle fait le serment de démasquer l’esprit diabolique qui a juré sa perte. Or, la jeune femme ignore qu’elle s’aventure dans le redoutable brasier de l’enfer...


Couverture : © Belphnaque / Fotolia © Éditions J’ai lu
Biographie de l’auteur :
NORA ROBERTS s’est imposée comme un véritable phénomène éditorial mondial avec près de cent cinquante romans publiés et traduits dans vingt-cinq langues.

Nora Roberts est le plus grand auteur de littérature féminine contemporaine. Ses romans ont reçu de nombreuses récompenses et sont régulièrement classés parmi les meilleures ventes du New York Times. Des personnages forts, des intrigues originales, une plume vive et légère… Nora Roberts explore à merveille le champ des passions humaines et ravit le cœur de plus de quatre cents millions de lectrices à travers le monde. Du thriller psychologique à la romance, en passant par le roman fantastique, ses livres renouvellent chaque fois des histoires où, toujours, se mêlent suspense et émotions.

Du même auteur aux Éditions J’ai lu

Les illusionnistes (no 3608)

Un secret trop précieux (no 3932)

Ennemies (no 4080)

L’impossible mensonge (no 4275)

Meurtres au Montana (no 4374)

Question de choix (no 5053)

La rivale (no 5438)

Ce soir et à jamais (no 5532)

Comme une ombre dans la nuit (no 6224)

La villa (no 6449)

Par une nuit sans mémoire (no 6640)

La fortune des Sullivan (no 6664)

Bayou (no 7394)

Un dangereux secret (no 7808)

Les diamants du passé (no 8058)

Les lumières du Nord (no 8162)

Coup de cœur (no 8332)

Douce revanche (no 8638)

Les feux de la vengeance (no 8822)

Le refuge de l’ange (no 9067)

Si tu m’abandonnes (no 9136)

La maison aux souvenirs (no 9497)

Les collines de la chance (no 9595)

Si je te retrouvais (no 9966)

Un cœur en flammes (no 10363)

Une femme dans la tourmente (no 10381)

Maléfice (no 10399)

L’ultime refuge (no 10464)

Et vos péchés seront pardonnés (no 10579)

Une femme sous la menace (no 10745)

Le cercle brisé (no 10856)

L’emprise du vice (no 10978)

Un cœur naufragé (no 11126)

Lieutenant Eve Dallas

Lieutenant Eve Dallas (no 4428)

Crimes pour l’exemple (no 4454)

Au bénéfice du crime (no 4481)

Crimes en cascade (no 4711)

Cérémonie du crime (no 4756)

Au cœur du crime (no 4918)

Les bijoux du crime (no 5981)

Conspiration du crime (no 6027)

Candidat au crime (no 6855)

Témoin du crime (no 7323)

La loi du crime (no 7334)

Au nom du crime (no 7393)

Fascination du crime (no 7575)

Réunion du crime (no 7606)

Pureté du crime (no 7797)

Portrait du crime (no 7953)

Imitation du crime (no 8024)

Division du crime (no 8128)

Visions du crime (no 8172)

Sauvée du crime (no 8259)

Aux sources du crime (no 8441)

Souvenir du crime (no 8471)

Naissance du crime (no 8583)

Candeur du crime (no 8685)

L’art du crime (no 8871)

Scandale du crime (no 9037)

L’autel du crime (no 9183)

Promesses du crime (no 9370)

Filiation du crime (no 9496)

Fantaisie du crime (no 9703)

Addiction au crime (no 9853)

Perfidie du crime (no 10096)

Crimes de New York à Dallas (no 10271)

Célébrité du crime (no 10489)

Démence du crime (no 10687)

Préméditation du crime (no 10838)

nsolence du crime (no 11041)

De crime en crime (no 11217)

Trois rêves

Orgueilleuse Margo (no 4560)

Kate l’indomptable (no 4584)

La blessure de Laura (no 4585)

L’Île des trois sœurs

Nell (no 6533)

Ripley (no 6654)

Mia (no 6727)

L’hôtel des souvenirs

Un parfum de chèvrefeuille (no 10958)

Comme par magie (no 11051)

Sous le charme (no 11209)

Les trois clés

La quête de Malory (no 7535)

La quête de Dana (no 7617)

La quête de Zoé (no 7855)

Le secret des fleurs

Le dahlia bleu (no 8388)

La rose noire (no 8389)

Le lys pourpre (no 8390)

Le cercle blanc

La croix de Morrigan (no 8905)

La danse des dieux (no 8980)

La vallée du silence (no 9014)

En grand format

Les héritiers de Sorcha

À l’aube du grand amour

À l’heure où les cœurs s’éveillent

Au crépuscule des amants

Intégrales

Le cycle des sept

Les frères Quinn

Les trois sœurs

Magie irlandaise

Affaires de cœurs

Quatre saisons de fiançailles

À mon charpentier personnel

POINT DE DÉPART



Le lieu précis où le feu a pris.

« Les choses que le mal a commencées se consolident par le mal. »

William SHAKESPEARE,
trad. François-Victor Hugo

Prologue


Fasciné, il regarda le feu jaillir dans un maelström de chaleur, de fumée et de lumière.

Il le vit s’expulser, tel un animal mythique, d’un utérus monstrueux et venir au monde dans un grondement furieux pour tout métamorphoser en quelques secondes.

Ses redoutables tentacules imprimèrent leur marque létale et noire sur ce qui était blanc, propre, net.

Le feu était doté d’yeux rouges auxquels rien n’échappait. Son intelligence, jointe à sa vision périphérique, lui permettait d’enregistrer le moindre détail.

Un démon, une créature maléfique faite pour détruire. Il n’épargnait rien ni personne, ce prédateur sans pitié ni remords. Il torturait puis réduisait à néant ce qui l’entourait. Tout tombait devant lui, suppliant à genoux au moment même de l’agonie.

Ce démon, songea-t-il, émerveillé, il l’avait créé ! Il lui avait donné vie ! Il n’était plus un humain mais un dieu, celui du feu. Il était plus puissant que les flammes, plus rusé que la chaleur, plus dangereux que la fumée.

Le démon lui devait tout. Sans lui, il n’était rien, il n’existait pas.

Il tomba amoureux de la créature faite de flammes aveuglantes dont il sentait le reflet s’imprimer sur ses rétines. Il prit une bière et savoura la sensation de froid lorsqu’il avala une longue gorgée. Le contraste avec la chaleur de sa peau lui parut délectable.

Tandis que le feu dévorait les murs, il le contemplait toujours, le ventre vibrant d’excitation.

Bon sang, que c’était beau !

Et jouissif.

En osmose avec le brasier qui gagnait en vigueur, il laissa celui-ci apposer sa marque sur son cœur et son âme, scellant ainsi sa destinée.

1

Baltimore, 1985

Catarina Hale cessa d’être une enfant par une nuit brumeuse d’août, quelques heures après que l’équipe des Orioles eut écrasé les Rangers au Memorial Stadium. Comme le disait son père, les petits gars avaient bien botté les fesses des Rangers : neuf à un. Une belle raclée.

Les parents de Catarina s’étaient octroyé l’une de leurs rares soirées de liberté afin d’amener toute la famille au match, ce qui aux yeux de la fillette avait rendu la victoire de l’équipe locale encore plus chouette. Son père et sa mère, qui en général finissaient si tard le soir, avaient fermé le Sirico, la pizzeria des grands-parents reprise dix ans auparavant lorsque ces derniers avaient décidé qu’il était temps de lever le pied et de voyager un peu.

C’était au Sirico que ses parents s’étaient rencontrés dix-huit ans plus tôt. Bianca, sa mère, n’avait même pas vingt ans et son père, le beau Gibson Hale, venait de les fêter. Il était venu chercher une part de pizza… et avait trouvé une déesse italienne. C’était ce qu’il disait toujours. Reena trouvait que son père racontait de drôles de choses, mais elle aimait ça.

En plus de la fille du pizzaiolo, il avait eu, dix ans après son coup de foudre, la pizzeria. Bianca, seule fille de la tribu et benjamine des cinq enfants, devint sa partenaire au restaurant comme dans la vie, aucun des fils n’ayant voulu passer son existence devant un four brûlant.

L’enseigne du Sirico brillait fièrement au même endroit, dans le quartier de Little Italy de Baltimore, depuis quarante-trois ans.

Ce chiffre émerveillait Reena : même son père n’avait pas cet âge-là. Il n’avait pas non plus une seule goutte de sang italien dans les veines, mais cela ne l’empêchait pas de faire tourner la pizzeria avec maman qui, elle, était cent pour cent italienne.

Le Sirico ne désemplissait quasiment jamais, et il fallait travailler dur, mais Reena ne rechignait pas à donner un coup de main. Ce n’était pas le cas, loin s’en fallait, de sa grande sœur Isabella : quand, de temps à autre, ses parents lui demandaient de l’aide le samedi soir, Bella geignait à n’en plus finir parce qu’elle préférait sortir avec ses copines ou son petit ami. De toute façon, elle se plaignait en permanence. En particulier quand on abordait le sujet des chambres : pourquoi devait-elle partager la sienne avec cette gamine de Reena alors que Francesca, l’aînée, en avait une pour elle toute seule au deuxième étage ? Et Xander ? Bien qu’il fût le plus jeune, lui aussi avait sa propre chambre parce qu’il était le seul garçon.

Reena regrettait l’époque où sa sœur était une petite fille comme elle. Qu’est-ce qu’elles s’amusaient, toutes les deux ! Et puis, Bella était devenue une adolescente et, à partir de ce moment, ne s’était intéressée qu’aux garçons, aux magazines de mode et à sa coiffure.

Reena avait onze ans et huit mois. Il ne lui restait donc que quatorze mois à passer avant d’être enfin, elle aussi, une adolescente. C’était actuellement son ambition numéro un, qui passait même avant son rêve de mariage avec Tom Cruise, ou celui d’entrer au couvent, ça dépendait des jours.

Au cours de cette étouffante nuit d’août, une douleur aiguë dans le ventre réveilla Reena en sursaut. Elle se recroquevilla sur elle-même en position fœtale et se mordit la lèvre pour s’empêcher de gémir. Dans son lit à l’autre bout de la chambre, Bella, imbue de ses quatorze ans et peu intéressée par le rôle de grande sœur, ronflait doucement.

Bon sang, qu’est-ce que ça faisait mal… ! pensa Reena en pressant ses deux mains sur son ventre. Elle n’aurait pas dû se gaver de pop-corn, de hot-dogs et de bonbons, au match. Sa mère lui avait bien dit qu’elle regretterait sa goinfrerie. Si seulement, de temps en temps, sa mère pouvait se tromper…

Les religieuses assuraient que la douleur des uns lavait les péchés des autres. Est-ce que ce mal de ventre allait aider quelqu’un ? Dans l’immédiat, Reena s’en moquait. Elle souffrait trop.

Mais peut-être les hot-dogs n’y étaient-ils pour rien ? Ce voyou de Joey Pastorelli lui avait fichu un sacré coup dans l’estomac. Il l’avait d’ailleurs payé cher. Bien fait pour lui. Qu’est-ce qui lui avait pris de la jeter par terre, de lui déchirer son chemisier et de la traiter de noms d’oiseaux, aussi ? M. Pastorelli et son père s’étaient disputés comme des chiffonniers quand papa était allé chez Joey pour parler de ce qui s’était passé. En fait, son père avait hurlé, lui qui ne hurlait jamais… presque jamais, plus exactement. À la maison, c’était sa mère qui poussait les cris, parce qu’elle était une vraie Italienne au tempérament volcanique.

En rentrant de chez les Pastorelli, papa avait serré Reena très fort dans ses bras, puis toute la famille était allée au match.

Un nouvel élancement lui vrilla le ventre. Mon Dieu ! Et si elle était punie de s’être réjouie que Joey se fasse passer un savon ? se demanda-t-elle soudain. Ce n’était pas charitable. D’autant qu’elle avait été largement consolée de ses déboires : les coups de Joey et le chemisier déchiré lui avaient valu une super soirée au stade.

Elle avait peut-être des lésions internes. Elle savait que ces trucs-là arrivaient, elle l’avait appris en regardant la série Urgences à la télé. On pouvait même en mourir !

Cette idée déclencha encore un spasme dans son ventre qui lui fit monter les larmes aux yeux. Maman. Elle avait besoin de maman.

Elle sortait de son lit quand elle sentit quelque chose de chaud et d’humide couler entre ses jambes. Affolée de se comporter comme un bébé qui mouille ses couches, elle se précipita dans la salle de bains, où elle retira en hâte son long tee-shirt, celui avec un beau « Ghostbusters » imprimé sur le devant.

Puis elle baissa la tête.

Seigneur ! Elle était vraiment en train de mourir ! Du sang poissait ses cuisses ! La panique la submergea. Elle ouvrit la bouche pour crier.

Et comprit.

Mais non, elle n’était pas en train de mourir. Et elle ne souffrait d’aucune lésion interne. Elle avait ses règles. Ses premières règles.

Sa mère lui avait tout expliqué. L’histoire des œufs, enfin un nom qui y ressemblait, des cycles, et de tout ce bouleversement qui faisait que l’on devenait une femme. Ses sœurs avaient leurs règles tous les mois, et sa mère aussi.

Sa mère gardait des tampons hygiéniques dans le placard sous le lavabo. Elle lui avait montré comment s’en servir. Un jour, Reena s’était enfermée dans la salle de bains pour s’entraîner à les mettre en place.

Elle se nettoya en essayant de ne pas faire sa chochotte. Ce n’était pas tellement le sang qui la dérangeait, plutôt l’endroit d’où il venait.

Allons, sa mère lui avait dit que tout ça était naturel, un truc propre aux femmes, qu’il ne lui restait plus qu’à assumer parce que désormais elle en était une.

Bien réveillée par cette extraordinaire métamorphose survenue dans son corps, Reena descendit à la cuisine et sortit une bouteille de ginger ale du réfrigérateur. Quelle chaleur ! La canicule, disait son père. Elle alla s’asseoir sur les marches, sa bouteille à la main, pour réfléchir à son nouvel état.

Tout était calme. On n’entendait aucun bruit, mis à part l’aboiement asthmatique du chien des Pastorelli. Les lampadaires de la rue prodiguaient une clarté limpide. Reena avait l’impression d’être seule au monde. La nuit était à elle. Et elle seule savait ce qui s’était passé à l’intérieur de son corps.

Elle pensa à l’école. La rentrée avait lieu le mois prochain. Combien d’autres filles auraient eu leurs règles pendant l’été ? Ses seins commenceraient bientôt à pousser. Comment seraient-ils ? Et elle, comment vivrait-elle le fait d’être dotée d’une poitrine ?

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