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Les gardiens des portes

De
191 pages
Amélie a été formée très tôt pour devenir une chasseuse, une tueuse de démons impitoyable. Elle a passé toute sa vie à traquer ces engeances du mal. Rien ni personne ne peut ébranler ses convictions; son acharnement pour débarrasser l’humanité de ces êtres est tenace. Pourtant, lorsque la mort de sa cousine Courtney survient entourée d’étranges circonstances, son univers bascule… Une série d’événements se déclenche, ébranlant jusqu’à ses moindres certitudes. Le passé se confond avec le présent dans une ronde cruelle. Elle découvre alors avec horreur que son compagnon de jadis a vendu son âme aux ténèbres afin d’exercer une vengeance digne de sa nouvelle condition de damné. Pour Amélie, c’est la fin! Comment parvenir à tuer le seul homme qu’elle ait jamais aimé?
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Copyright © 2015 Sonia Alain Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89752-665-8 ISBN PDF numérique 978-2-89752-666-5 ISBN ePub 978-2-89752-667-2 Première impression : 2015 Dépôt légal : 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Alain, Sonia, 1968-Les gardiens des portes Sommaire : t. 3. Amélie. ISBN 978-2-89752-665-8 (vol. 3) I. Alain, Sonia, 1968- . Amélie. II. Titre. III. Titre : Amélie.
PS9601.L18G37 2014
PS8601.L18G37 2014 C843’.6 C2013-942577-2
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DÉDICACE
Pour ma meilleure amie, Marie-Josée. Une amie d’enfance, mais surtout une sœur pour moi. Ton amitié infaillible m’est très précieuse, tout comme ta présence à mes côtés. Merci de me suivre dans mes périples lorsque Sylvain ne peut m’accompagner. C’est un réel plaisir de partager ces moments avec toi.
REMERCIEMENTS
Merci infiniment à mon mari, Sylvain, de me permettre de réaliser ce rêve, de me soutenir tous les jours et de m’encourager. Je t’aime, mon amour ! Je voudrais aussi remercier Rachel Graveline et Jessica Gagnon-René, mes deux bêta-lectrices pour ce tome. Grâce à vous deux, mon récit est bonifié. La fin fut une course contre la montre, mais vous avez assuré sans problème. Merci également aux Éditions AdA de me permettre de poursuivre mon rêve avec ce troisième tome de ma série fantastique. Et finalement, un gros merci aux lecteurs et lectrices qui me suivent dans ce périple ; cette histoire est pour vous.
PROLOGUE
L e crépuscule masquait la silhouette qui se tenait immobile derrière le couvert des arbres à l’abri des regards indiscrets. Non loin d’elle, Isis l’observait en silence. Elle ne désirait pas dévoiler sa présence dans l’immédiat. Elle préférait mettre à profit ce bref moment pour détailler davantage celle qui l’attendait. Georgina était visiblement sur des charbons ardents, car elle ne cessait de faire des va-et-vient d’un pas saccadé. Isis en déduisit que les remous qui s’agitaient dans l’ombre n’avaient pas échappé à sa perception aiguë. Non sans surprise, Isis nota les rides qui s’étaient creusées sur le visage de cette alliée si précieuse. Georgina ne faisait certes pas son âge. D’ailleurs, elle la considérait toujours comme apte à remplir les missions qu’elle lui attribuait, mais il n’en demeurait pas moins que les années écoulées commençaient à peser lourd sur ses épaules filiformes. De surcroît, son âme avait subi de nombreuses réincarnations au cours des siècles passés. Isis aurait voulu lui accorder enfin le repos éternel, mais plus que jamais, elle avait besoin de sa sagesse, de son habileté. Tout en détaillant à nouveau son expression, elle songea que Georgina avait sans doute compris que l’heure était maintenant venue de réveiller sa nièce de son long sommeil. Dans les mois à venir, Amélie requerrait le soutien de sa tante, ainsi que celui de son cousin Thomas pour survivre aux épreuves qui l’attendaient. Comme si elle avait détecté sa présence, Georgina se tourna dans sa direction. Elle aperçut le vieux moulin en bordure du boisé qui accentuait la noirceur des lieux. — Isis, je sais que vous êtes là, lâcha-t-elle avec assurance. Cessez de jouer avec moi, poursuivit-elle avec une pointe d’agacement. Un sourire entendu se dessina sur les lèvres d’Isis. D’un geste gracieux de la main, elle fit disparaître le voile de dissimulation qui l’entourait. — Toujours aussi intuitive, déclara Isis d’une voix limpide. Georgina ne s’y trompa pas. L’éclat qui brillait dans le regard de la déesse montrait sa satisfaction. Elle venait de passer le test auquel Isis l’avait soumise. Elle était habituée aux méthodes peu orthodoxes de la divinité, à sa prudence excessive. Celle-ci exigeait le meilleur de ses chasseurs. Il y avait si longtemps qu’elle était à son service qu’elle ne s’en formalisait plus. Une éternité pour elle, mais un grain de sable dans l’existence d’Isis. Après tout, cette déesse n’avait-elle pas assisté à la naissance de l’humanité ? Georgina connaissait nombre de secrets la concernant, mais suspectait de n’en savoir qu’une infime partie en réalité. Quoi que lui voulait la divinité, cela avait assurément un lien avec sa nièce, Amélie. À cette seule idée, son cœur se serra. Elle adorait cette petite comme sa propre fille et n’arrivait pas à se résigner au sort qui la guettait en tant que clé de voûte. Au fil du temps, elle était parvenue à faire d’Amélie une chasseuse exceptionnelle, mais elle était consciente que cela ne serait pas suffisant. Amélie tuait sans aucun plaisir, en revanche elle le faisait promptement, sans la moindre hésitation, ce qui serait un atout majeur pour la suite des choses. Cependant, elle ignorait tout de la destinée qui l’attendait. Sa nièce allait devoir affiner davantage ses sens pour avoir ne serait-ce qu’une chance d’échapper au danger qui la menaçait dans l’ombre. Son expertise des démons lui serait d’un grand secours, ainsi que son habileté à les éliminer, tout comme sa capacité à discerner leur aura maléfique. Malgré tout, elle aurait besoin d’un protecteur à ses côtés. Lié à elle par le sang, Thomas, son cousin, se voyait dans l’impossibilité de remplir ce rôle. Il lui fallait donc un vrai gardien des portes. Perdue dans ses songes, Georgina se remémora la venue au monde d’Amélie. La confrérie
de chasseurs de la côte Est s’était regroupée sur une plage isolée par une nuit sans lune. Cette étendue de sable n’était accessible qu’à une époque bien précise de l’année. Un passage taillé à même les rochers y conduisait. Antoine, le père d’Amélie, y avait amené sa femme, Juliette, une néophyte en matière de démons. La malheureuse s’était retrouvée bien malgré elle projetée au cœur d’un conflit sanguinaire. Juliette avait été choquée par cette petite réunion secrète dont elle était l’élément central. Accoucher sur une grève au milieu de la nuit, entourée d’individus encapuchonnés, l’avait traumatisée à un point tel qu’au moment de la naissance d’Amélie, elle avait refusé tout contact avec son enfant. Le temps n’avait guère amélioré leur relation. Ce fut pourquoi, après le décès d’Antoine survenu quelques années plus tard lors d’une chasse particulièrement meurtrière, Georgina avait pris l’enfant sous son aile. Contrairement aux membres de la confrérie, Amélie possédait une âme pure, qui n’avait subi qu’une seule réincarnation. Chose étrange, elle ne gardait aucun souvenir de son premier passage sur Terre, à l’inverse d’eux tous. Pire encore, Georgina avait appris depuis peu que l’âme d’Amélie était non seulement très ancienne, mais qu’en plus celle-ci s’était retrouvée piégée dans le royaume d’Isis dès sa première expérience avec la mort, soit en 80 apr. J.-C. Elle ne s’était jamais réincarnée depuis cet instant précis. La naissance d’Amélie, vingt-six ans plus tôt, avait été son premier retour parmi les humains. Georgina ignorait pourquoi la déesse l’avait bridée de la sorte, tout en la dissimulant au regard de tous. Pour sa part, Georgina avait vécu tant d’existences qu’elle se remémorait vaguement sa première vie à l’époque de l’Empire romain. À ce moment-là, elle avait été la grande prêtresse du temple d’Isis à Rome, une servante loyale à sa cause. C’était à travers les siècles qu’elle s’était transformée en chasseuse. Dans un passé lointain, Abaddon, l’ange de l’Apocalypse, avait tenté de s’emparer du monde des vivants, de le corrompre à son image, mais Isis était parvenue à le contrecarrer avec l’aide du cercle des anciens, ce peuple ancestral appelé les Tuatha Dé Danann. Toutefois, plusieurs de ces êtres mythiques avaient péri dans cet affrontement impitoyable, alors que les survivants s’étaient retranchés dans leur palais, ne s’inquiétant plus du sort des mortels. Plusieurs d’entre eux s’étaient d’ailleurs demandé si leur sacrifice n’avait pas été vain… De ce cercle des anciens, seule Isis demeurait sensible à la cause des humains. Considérée depuis l’aube des temps comme une mère protectrice, elle n’avait pu se résoudre à abandonner ceux qu’elle considérait comme ses enfants. Elle veillait donc sur l’humanité avec diligence, complotant dans l’ombre pour mettre sur pied une force de frappe apte à confronter Abaddon dans un combat ultime le moment venu. C’était bien avant la naissance des trois clés de voûte qu’Abaddon s’était emparé du royaume des ténèbres, devenant à cet instant l’incarnation même du mal, ainsi que le dieu suprême des créatures de la nuit. Cet ange déchu et sanguinaire avait dès lors été banni derrière un voile magique, captif d’un sort puissant. Plusieurs de ses adeptes et démons avaient été forcés de l’accompagner dans cet exil. Néanmoins, un certain nombre d’entre eux avaient réussi à fuir la vindicte des Tuatha Dé Danann, trouvant refuge parmi les mortels. C’était pour cette raison qu’une confrérie de chasseurs avait été créée par Isis. Elle seule en avait le commandement, elle seule possédait une vision d’ensemble des pièces de l’échiquier. Depuis ce jour, Abaddon n’avait cessé de chercher à s’échapper de sa prison, utilisant tous les moyens à sa disposition pour y parvenir, fragilisant le voile protecteur par la même occasion. Isis n’osait songer à ce qui se produirait s’il arrivait à ses fins. Des siècles de captivité avaient fait de lui un monstre assoiffé de sang, dépourvu de toute compassion. Personne ne survivrait à son passage, ce serait un véritable carnage. Afin de ne pas dévoiler ses intentions, Isis avait adopté plusieurs identités au fil du temps,
déjouant ainsi la vigilance de l’ennemi. Elle était Hyménée du cercle des anciens pour la communauté des métamorphes, la reine Fódla des Tuatha Dé Danann pour les Celtes qui vivaient dans le Sidh, et Isis pour ses chasseurs, ainsi que pour les habitants de l’Empire romain. Peu d’élus étaient au fait de ces informations cruciales, et pour cause, de leur silence dépendait tant de choses. Son secret était bien gardé. Le sort de l’humanité serait scellé par l’issue du combat qui se dessinait à l’horizon. Il n’y avait que les trois clés de voûte qui seraient à même de faire pencher la balance du bon côté. Le destin d’Abbygaelle et d’Alicia était déjà en branle, mais celui d’Amélie demeurait incertain. Contrairement à ses deux sœurs, qui étaient désormais sous la protection de leurs gardiens respectifs (Marcus et Keith), il en allait tout autrement pour Amélie. Logan, le guerrier attitré à sa protection, saurait-il faire abstraction de sa rancœur pour endosser le rôle qui lui incombait ? Son âme était-elle entachée par le mal au point de le rendre aveugle ? L’avenir le dirait. Pour l’heure, sa seule préoccupation était celle d’éveiller les souvenirs ancestraux de la jeune femme. * * *
Amélie courait à perdre haleine. Son cœur cognait douloureusement contre sa poitrine, ses poumons étaient en feu et menaçaient d’exploser sous l’effort fourni. Cela faisait des heures qu’elle était aux trousses de Lucurius, cet infâme loup-garou au service d’Abaddon. Elle était épuisée, mais s’obligea à poursuivre sa traque en serrant les dents. Elle ne pouvait pas abandonner maintenant. Sa cousine Courtney avait été désignée par ce monstre comme prochaine victime. Il était hors de question qu’elle laisse une telle aberration se produire. Sa tante Georgina, la mère de Courtney, cherchait à l’intercepter de son côté, alors que Thomas, le frère de Courtney, surveillait l’entrée de l’appartement de celle-ci au cas où cet être abject aurait réussi à se faufiler entre leurs filets. Au moment où elle sautait par-dessus un ravin étroit, une forte odeur métallique parvint jusqu’à elle ; du sang, beaucoup de sang. Perturbée, elle manqua sa réception au sol, roula brutalement sur la terre ferme dans un cri de rage. Sans prendre garde à la douleur qui irradiait dans sa cheville droite, elle se précipita vers l’appartement de Courtney. Parvenue à l’arrière de l’appartement, elle se figea dans son élan. Georgina venait tout juste d’apparaître à l’angle du coin opposé. À la vue de Thomas allongé face contre terre dans l’herbe haute, elle lâcha une complainte déchirante. Sa tante retourna son fils sur le dos d’une main tremblante. Une entaille profonde zébrait son torse. Son chandail était imbibé de sang, le gazon, teinté d’une couleur sombre sous lui. « Seigneur, depuis combien de temps se trouve-t-il là ? » s’interrogea Amélie avec effarement. Le soleil nimbait déjà les environs de ses rayons. — Oh mon Dieu ! Thomas, non, gémit-elle en tombant à genoux à ses côtés. — Amélie, regarde-moi ! la somma sa tante en agrippant son poignet. Tu dois aller voir ce qu’il en est de Courtney, l’implora-t-elle en s’étranglant. Amélie ouvrit grand les yeux en comprenant ses craintes. Thomas était-il parvenu à intercepter Lucurius, ou bien avait-il été pris par surprise ? Si c’était le cas, il était peut-être trop tard pour sauver sa cousine Courtney. De toute évidence, la vie de Thomas ne tenait plus qu’à un fil. Qu’en était-il de Courtney ? Amélie leva ses prunelles emplies d’angoisse vers sa tante. Georgina la relâcha. Sans plus attendre, elle tenta d’endiguer le flot de sang de la blessure de son fils. Amélie se releva en titubant, puis se précipita vers l’entrée principale du bâtiment, la gorge étreinte dans un étau.