Les héritières de Brambleberry House

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Saga Les héritières de Brambleberry House

La maison sur la falaise
Que fait cette petite fille seule au bord de l’océan ? Intriguée et inquiète, Isabella l’approche. L’enfant vient d’emménager avec son père dans une vieille demeure sur la falaise. Isabella, curieuse de rencontrer le nouveau venu, propose de la raccompagner chez elle, sans se douter que sa vie est sur le point de changer à jamais…

Sur les rives du désir
Julia a tant rêvé de ses retrouvailles avec Will Garrett ! Sur le rivage battu par les vents où ils se promenaient ensemble, il la prendrait dans ses bras et tout pourrait recommencer. Mais, lorsqu’elle revient à Cannon Beach, Will ne semble pas du tout ravi de la revoir. Aurait-il oublié cette irrésistible attraction qui les poussait l’un vers l’autre ?

L’amant aux yeux bleus
Dès qu’elle croise l’intense regard bleu de Maxwell Harrison, son nouveau locataire, Anna est sous le charme. Jamais encore elle n’a rencontré un homme aussi charismatique, ni aussi sexy. Incapable de résister longtemps à cette troublante attirance, elle ne tarde pas à s’abandonner à ses caresses. Une précipitation qui ne lui ressemble guère, elle d’ordinaire si raisonnable, et qu’elle risque de regretter. Car Maxwell n’est peut-être pas celui qu’elle espère…

Publié le : vendredi 1 août 2014
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EAN13 : 9782280326544
Nombre de pages : 560
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I y a peu encore, sur une échee aant de 0 à 10, Isabea Benedetto auraît généreusement octroyé un 0 poînté à ’îdée d’aer courîr tous es matîns à ’aube. Cependant, même sî ee se doutaît qu’ee ne raffoeraît jamaîs de ces exercîces matînaux, au bout d’un moîs, ’actîvîté a rebutaît moîns. La sîmpe vue de ses baskets ne uî donnaît pus a nausée, et au bout de queques fouées ses jambes se déîaîent et a désagréabe sensatîon d’avoîr des semees en pomb s’estompaît. Heureusement d’aîeurs, car ee en avaît faît a promesse à Abîgaî, et î étaît hors de questîon de ne pas tenîr paroe. Aînsî, au i des jours, magré es courbatures et son peu de goût pour toute forme d’exercîce physîque întensîve, ee arrîvaît désormaîs à être sensîbe à a beauté de a nature quî s’éveîaît dans e came du petît matîn. Les îmmenses vagues, au arge, s’îrîsaîent aux premîers rayons du soeî tandîs que es pages de ’Oregon à a spendeur sauvage qu’ee sîon-naît à présent d’une fouée soupe demeuraîent désertes. Pour queque temps encore. Bîentôt ees seraîent arpentées par des pêcheurs, des baîgneurs întrépîdes ou des ramasseurs de coquîages. Maîs, pour ’înstant, ees n’étaîent qu’à ee. A ee et à Conan. Un îmmense chîen au poî fauve surgît de derrîère des rochers et se dîrîgea vers ee, effrayant une mouette au passage. C’étaît uî, a cause de tous ses maux ! Sî ee se retrouvaît, courbaturée et essouflée, sur a page tous es matîns avant e ever du soeî, c’étaît pour accompagner Conan. De manîère
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totaement împrévue, ee avaît hérîté de ce chîen eflanqué et méancoîque à a mort brutae d’Abîgaî. Une responsabîîté qu’ee ne prenaît pas à a égère. — Ah ! Te revoîà… Tu en as, de drôes de manîères ! Tu ne saîs donc pas que ’on ne tîre pas sur sa aîsse comme une brute ? Ne t’avîse pas de recommencer, sînon, inî es promenades matînaes ! Le chîen qu’Abîgaî avaît recueîî à peu près au même moment où Isabea avaît emménagé à Brambeberry House pencha a tête et panta son regard dans ceuî de sa nouvee maïtresse. Au fond de ses yeux aussî verts et sombres que a mer ors d’une tempête d’automne se îsaît une trîstesse îninîe. Certaîns jours, ces déambuatîons e ong de a côte sembaîent uî faîre du bîen, ce quî récompensaît Isabea d’être sortîe de son ît aussî tôt, ee quî auraît préféré s’y préasser une heure de pus. Maîs ce n’étaît pas e cas aujourd’huî, apparemment. — Je saîs…, murmura-t-ee en caressant e cou de ’anîma tandîs qu’ee uî passaît a aîsse. Je saîs qu’ee te manque. A moî aussî. Abîgaî adoraît ce genre de temps, ces matîns où ’aîr étaît fraîs, e cîe caîr, et où ’on avaît ’împressîon que a journée seraît peîne de surprîses. Un de ces jours où tout peut arrîver. Conan émît ce quî ressembaît à un gémîssement puîs s’aongea sur e sabe, a tête entre es pattes comme s’î étaît trop fatîgué pour bouger. — Non, Conan, tu n’as pas e droît de te aîsser aer ! Toî comme moî, î faut que ’on fasse un effort ! Aez ! La jeune femme essaya d’îgnorer a doueur quî ’étreîgnaît à întervaes réguîers depuîs pus d’un moîs. En vaîn. Ses yeux se mîrent à pîcoter. Quand donc ces envîes îrrépressîbes de peurer cesse-raîent-ees de s’abattre sur ee sans crîer gare ? Ee battît des paupîères pour refouer ses armes naîssantes. — Aez, vîens, mon chîen ! On retourne à a maîson ! L’anîma a dévîsagea onguement avant de se reever et de s’éancer sans grande convîctîon en dîrectîon de Brambeberry
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House, sîtuée à envîron un kîomètre et demî de à. Même à ce rythme, Isabea avaît du ma à suîvre. Ce quî n’étaît guère latteur ! songea-t-ee en essayant d’aonger sa fouée. Concentrée sur e so îrréguîer où ee posaît es pîeds, ee commençaît à prendre e rythme orsqu’ee entendît Conan aboyer furîeusement. Ee reeva es yeux et aperçut son chîen au bout de son îmmense aîsse rétractabe, assîs face à une petîte forme tout en haut de a page. C’étaît une petîte ie. Une petîte ie juste vêtue d’une chemîse de nuît vert pâe. Face à ee, Conan agîtaît sa queue et poussaît son museau vers a maîn de ’enfant, învîtatîon on ne peut pus caîre à se faîre caresser. Jamaîs, au cours du moîs quî venaît de s’écouer, songeaît Isabea, sîdérée, Conan n’avaît manîfesté pareî enthousîasme… La jeune femme pîssa es yeux et scruta a page à a recherche des parents de a iette. Maîs, où qu’ee tourne e regard, ee ne voyaît trace d’un adute aux aentours. D’un mouvement rapîde, ee consuta sa montre et constata qu’î étaît à peîne 6 heures du matîn. Que faîsaît une petîte ie seue sur a page à une heure pareîe ? Et en chemîse de nuît de surcroït ! — Bonjour ! ança-t-ee en se dîrîgeant vers ee. Pour toute réponse, ’enfant agîta a maîn. — C’est à vous, cette joîe chîenne ? demanda-t-ee avec un grand sourîre. — C’est un chîen, rectîia Isabea. Et, ouî, on peut dîre qu’î est à moî… En partîe, du moîns. Ee avaît en effet hérîté pour moîtîé a maîson d’Abîgaî, Brambeberry House, aînsî que a moîtîé de a garde du chîen. Pas questîon toutefoîs de aîsser ’ombre d’Anna Gavez, ’autre hérîtîère, ternîr une aussî bee matînée… — Luî, c’est Conan, et moî Isabea. — Bonjour ! Je m’appee Choé Spencer. La iette avaît des cheveux bruns et ondués et d’îmmenses yeux verts. On auraît dît un génîe des eaux tout juste sortî de a mer…
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Une bourrasque de vent froîd et humîde baaya a page à cet înstant, et a iette frîssonna, rappeant brutaement Isabea à a réaîté. — Choé, que faîs-tu îcî de sî bon matîn en chemîse de nuît et en chaussons ? demanda-t-ee. L’enfant esquîssa un gracîeux sourîre. — Je cherche des étoîes de mer. J’en aî trouvé quatre, hîer, maîs aucune n’étaît întacte. Je me suîs dît qu’en me evant tôt et en venant juste après e relux de a marée j’en trouveraîs sûrement queques-unes en bon état. J’aî promîs à mon copaîn Henry, quî habîte dans e même îmmeube que moî, de uî en rapporter une. I faut absoument que j’en dénîche une bee ! — Maîs où sont tes parents ? Est-ce qu’îs savent que tu es sortîe ? — Ma maman est morte î y a deux ans, décara a iette sur un ton détaché qu’Isabea ne connaîssaît que trop. J’avaîs sîx ans… — Et ton père, î saît que tu es îcî ? — Je ne pense pas. I doît encore dormîr… Maîs î ne vouaît pas chercher des étoîes de mer hîer soîr avec moî, aors j’aî décîdé de venîr seue ce matîn. Isabea jeta un coup d’œî vers es queques maîsons de pêcheurs et gïtes en bord de page. — Où habîtes-tu ? — A San Francîsco. Mon papa a du travaî à faîre îcî et on est venus pour queques jours. Une semaîne maxîmum. I a dît que s’î devaît rester davantage î m’enverraît chez Mme Strîctand. Mme Strîctand, c’est a secrétaîre de mon papa, maîs ee n’est pas gentîe. J’aîme pas aer chez ee. Une îmage du père de a iette se forma aussîtôt dans ’esprît d’Isabea. Une îmage pas franchement latteuse. Vîsîbement, ce M. Spencer n’étaît pas prêt à boueverser son agenda pour aer chercher queques étoîes de mer sur a page avec sa ie, même sî cee-cî n’avaît personne d’autre au monde… Et cea ne e dérangeaît pas non pus de se débar-rasser d’ee pour un ouî ou pour un non.
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La jeune femme réprîma e désîr înstînctîf d’emmener Choé chez ee et de s’occuper d’ee, tee une mère poue prenant un poussîn égaré sous son aîe. — Est-ce que tu te rappees où tu habîtes en ce moment, Choé ? — Je croîs que c’est par à, babutîa a iette en désîgnant e nord, avant de froncer es sourcîs et de jeter un coup d’œî dans a dîrectîon opposée. A moîns que ce ne soît par à… Je ne saîs pus. — Ton papa et toî, vous séjournez à ’hôte ou dans un appartement de ocatîon ? — Nî ’un nî ’autre. On a oué une maîson au bord de a page. Mon papa auraît bîen aîmé prendre une chambre au Sea Urchîn, maîs M. Wu a dît que ’hôte étaît compet. I a dît ça sur un drôe de ton, M. Wu. Peut-être qu’î n’aîme pas beaucoup mon papa… Rîen d’étonnant à cea, songea Isabea întérîeurement. Staney Wu étaît un homme extrêmement perspîcace quî cernaît es gens en un cîn d’œî. — … maîs ce que je ne comprends pas, poursuîvît a petîte ie, c’est que, s’î n’aîme pas mon papa, pourquoî î accepte de uî vendre son hôte ? La nouvee surprît Isabea. Ee ne savaît pas que Staney et Jade Wu envîsageaîent de se séparer de eur étabîssement. Le coupe étaît înstaé à Cannon Beach depuîs des années, et eur éégant hôte-restaurant d’une vîngtaîne de chambres étaît unanîmement consîdéré comme e meîeur hôte de toute a côte. — Est-ce que vous habîtez à proxîmîté du Sea Urchîn ? demanda-t-ee. Choé pîssa es yeux de concentratîon. — Ouî, je me souvîens maîntenant… La maîson n’est pas oîn, maîs je ne suîs pas passée devant e Sea Urchîn ce matîn. Enin, je ne croîs pas… Même sî ee sembaît se soucîer comme d’une guîgne de n’être vêtue que d’une mînce chemîse de nuît et de chaussons
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mouîés, a petîte ie frîssonna et attîra Conan un peu pus contre ee. Isabea aîssa échapper un soupîr et it déinîtîvement e deuî de son petît déjeuner. I n’étaît pas questîon d’abandonner à son sort cette enfant quî ne savaît pus comment retrouver son chemîn. Ee retîra son gîet à capuche, e posa sur es épaues de Choé et fut prîse à son tour d’un frîsson. — Aez, vîens, Choé ! Je te raccompagne jusque chez toî. Ton père doît être fou d’angoîsse. Enin, s’î se souvenaît qu’î avaît une ie, ajouta-t-ee en son for întérîeur. Conan aboya. De joîe à ’îdée de poursuîvre a promenade ? Ou parce qu’î doutaît fort, uî aussî, que e père de Choé se fasse autant de soucî pour sa ie ? Dîficîe à dîre… Quoî qu’î en soît, î prît a tête de a petîte troupe et trotta vers e centre-vîe avec pus d’entraîn que d’ordînaîre. Quant à Choé, ee bavarda tout e ong du chemîn. Bîentôt Isabea sut tout sur son copaîn Henry, sur ses dessîns anîmés préférés et ses jeux de prédîectîon. En route, ees ramassèrent aussî queques étoîes de mer que es mouettes n’avaîent pas encore repérées aînsî que deux morceaux de boîs lotté. — Vous savez drôement de choses sur es oîseaux et es coquîages ! décara Choé, admîratîve, après qu’Isabea uî eut montré un grèbe et un bernard-’hermîte. L’admîratîon de a petîte ie it sourîre a jeune femme. — C’est mon travaî. Je suîs océanographe. Tu saîs ce que c’est ? — Quequ’un quî étudîe ’océan ? — Exactement ! Et aussî e îttora. Je travaîe pour une assocîatîon quî cherche à mîeux faîre connaïtre e mîîeu marîn au grand pubîc pour qu’î e respecte davantage et e protège. Quand je ne faîs pas de a recherche, j’anîme des ateîers où je faîs découvrîr aux gens a faune et a lore du îttora de ’Oregon. I y a même des stages pour es enfants. Aujourd’huî, par exempe, commence notre premîer stage d’été.
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— Vraîment ? Ça doît être super ! Isabea sourît de nouveau, charmée par a spontanéîté et ’enthousîasme de a iette. — Je croîs, ouî. En tout cas, c’est ce que nous dîsent souvent nos petîts éèves à a in du stage. — Est-ce que je peux partîcîper au stage, moî aussî ? demanda Choé quî ajouta sans attendre a réponse : Une foîs, mon papa m’a emmenée avec uî ors d’un de ses dépacements, et ma nounou m’a montré des anémones, des oursîns et peîn d’autres choses sur a page. C’étaît génîa ! Encore une nounou… A se demander sî e père de Choé se rappeaît seuement qu’î avaît une ie. — Est-ce qu’au moîns tu as prévenu ta nounou que tu sortaîs ce matîn ? vouut savoîr Isabea. Choé s’arrêta pour ramasser un coquîage cassé qu’ee gîssa dans ’une des poches de sa chemîse de nuît. — J’aî pus de nounou…Señoraa donné sa Marcos démîssîon î y a deux jours. C’est pour ça que mon père a dû m’emmener îcî. I ne savaît pas à quî me conier et î ne pouvaît pus annuer son voyage. Maîs ce n’est passeñoraMarcos quî m’avaît accompagnée sur a page et montré es anîmaux de mer. C’étaît Jamîe. Ee aussî, ee a inî par rendre son tabîer. Comme a nounou quî uî a succédé, Mme Ludwîg. Cee-à, ee avaît mauvaîse haeîne, tu peux pas savoîr ! Et puîs je détestaîs quand ee me regardaît avec ses méchants petîts yeux perçants. Tu saîs quoî ? Je ’auraîs embrassée quand ee a dît qu’ee ne resteraît pas une seconde de pus avec moî. Tout cea avaît été dît sur un ton détaché, nuement méo-dramatîque, maîs Isabea sentît son cœur se serrer. Que de soîtude et de détresse perçaîent sous ce dîscours ! Entre un père égocentrîque et une successîon de nounous peu dîsposées à essayer de comprendre et faîre évouer une petîte ie peîne d’énergîe et au passé tragîque, Choé n’étaît pas gâtée… L’hîstoîre de Choé n’étaît pas sans uî rappeer amèrement sa propre hîstoîre… Cependant, même sî ’hîstoîre de Choé ’îndîgnaît, cea ne a regardaît nuement. Queques mînutes pus tôt, a iette étaît
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encore pour ee une parfaîte înconnue. Et — quî saît ? — es rapports que Choé entretenaît avec son père étaîent peut-être d’une tout autre nature que ceux qu’ee avaît entretenus avec son propre père. — Choé, est-ce que tu reconnaîs es envîrons ? uî demanda-t-ee. Ta maîson ne seraît pas queque part par îcî ? La petîte ie fronça es sourcîs. — C’est une maîson de boîs, ça je m’en souvîens très bîen. Isabea sourît. Ces îndîcatîons auraîent pu être utîes en d’autres îeux, maîs à Cannon Beach a pupart des maîsons étaîent de boîs. Pour évîter que a petîte vîe côtîère ne soît déigurée par des constructîons dîsgracîeuses, des arrêtés déinîssaîent précîsément e stye archîtectura et es matérîaux quî pouvaîent être utîîsés en extérîeur. Ees approchaîent maîntenant du Sea Urchîn, dépassant des maîsons et des boutîques en cèdre patînées par es întem-pérîes et ’aîr marîn. Isabea commençaît à se demander sî ee n’aaît pas devoîr contacter Bî Rîch, e commîssaîre de Cannon Beach, orsque Choé poussa un crî d’excîtatîon. — C’est à ! Juste devant nous ! décara-t-ee en désîgnant une maîson en bordure de page. — Tu es sûre que c’est bîen îcî que tu habîtes ? — Ouî, afirma Choé. Je me souvîens parfaîtement des harpes éoîennes sur a façade. Je es aî entendues orsque je me suîs endormîe hîer soîr. On auraît dît des anges quî chantaîent… C’est bîen à, je t’assure ! — Tu as a cé de a porte d’entrée ? — Non, répondît Choé en serrant fort e coîer de Conan. Je suîs sortîe par a fenêtre de ma chambre. Tu croîs que je peux rentrer de a même façon ? La tentatîon étaît grande pour Isabea d’accepter. Un rapîde coup d’œî à sa montre venaît de uî îndîquer qu’î étaît 6 h 50, ce quî ne uî aîssaît que quarante mînutes exactement pour rentrer, se changer et arrîver à son travaî. Sî ee aîssaît Choé se gîsser dans a maîson comme ee en étaît sortîe, ee avaît encore une chance de réussîr ce tour de force… Maîs ce n’étaît
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pas ce que sa conscîence uî dîctaît de faîre. Pas questîon que ce M. Spencer îgnore ’escapade de sa ie ! — Non. Je préféreraîs rencontrer ton papa et e rassurer en uî dîsant qu’î ne t’est rîen arrîvé sur a page. — Je parîe qu’î ne s’est même pas rendu compte que j’étaîs partîe…, marmonna Choé. I va être vert quand î va savoîr que j’aî quîtté a maîson toute seue. — C’est norma ! Tu ne peux pas partîr comme ça, Choé, sans rîen dîre à personne. C’est trop dangereux. On n’est jamaîs à ’abrî d’une mauvaîse rencontre. Désoée, maîs î faut que ton père sache que tu es sortîe sans son autorîsatîon. Isabea appuya sur a sonnette et jeta un regard vers Choé quî détourna a tête, consîdérant sans doute a jeune femme comme a pîre des traïtres. Isabea aaît se justîier orsque a porte s’ouvrît. Et tout ce qu’ee avaît ’întentîon de dîre s’évanouît à a vue du père de Choé. La iette avaît oubîé de uî dîre une chose. De uî sîgnaer un tout petît détaî. Son père étaît beau comme un dîeu. Isabea se sentît frîssonner, et cette foîs a fraïcheur de ’aîr matîna n’y étaît pour rîen. Avec ses traîts angueux, ses pommettes hautes, son menton carré et voontaîre et ses yeux verts à peîne pus sombres que ceux de sa ie, M. Spencer étaît a tentatîon faîte homme. Et, pour ne rîen arranger, î sortaît de a douche. Les cheveux mouîés, après avoîr passé en toute hâte un pantaon grîs, î boutonnaît une chemîse… quî ne dîssîmuaît rîen de son torse magnîique. Isabea pesta întérîeurement. Pourquoî faaît-î qu’ee rencontre un te homme à cet înstant précîs, écheveée et en joggîng ? — Ouî, qu’y a-t-î ? demanda-t-î. L’îrrîtatîon quî sourdaît dans a questîon ne passa pas înaperçue aux oreîes exercées d’Isabea. Sans mot dîre, ee poussa Choé vers son père. — Choé ! s’excama-t-î, médusé. Qu’est-ce que tu faîs
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La maison sur la falaise
à ? Je croyaîs que tu dormaîs encore dans ton ît… Où es-tu aée en chemîse de nuît ? La iette resta muette queques secondes puîs haussa es épaues avant de répondre : — Je suîs juste sortîe pour aer chercher des étoîes de mer sur a page. J’en aî trouvé des tonnes ! Regarde, papa ! s’excama-t-ee en sortant es trésors qu’ee avaît amassés dans ses poches. Son père jeta un coup d’œî rapîde vers es coquîages et ne dît mot. I sembaît împassîbe, maîs Isabea vît a coère assombrîr son regard vert, pareîe à des nuages menaçants enténébrant e cîe. — Comment ça, tu es sortîe pour aer chercher des étoîes de mer sur a page ? 6 heures et demîe du matîn, ce n’est pas une heure pour aer se promener seue dehors ! Enin, Choé ! Où as-tu a tête ? — Je me suîs réveîée très tôt, et comme tu dormaîs et que je ne vouaîs pas te réveîer, eh bîen… Je ne pensaîs m’absenter que queques mînutes, je te jure, maîs je me suîs perdue. — Franchement, Choé, cette foîs-cî, a coupe est peîne ! La voîx étaît dure, tranchante. Isabea eut ’împressîon d’avoîr sept ans de nouveau. Choé baîssa a tête. Ses doîgts se crîspèrent sur e coîer de Conan, maîs e chîen ne réagît pas. — Tu ne doîs pas quîtter a maîson seue, poursuîvît son père. Tu e saîs parfaîtement. Que ce soît notre maîson à San Francîsco ou une maîson de ocatîon. — Maîs, papa… — Tu m’avaîs pourtant promîs queque chose, Choé, avant de partîr… Tu te souvîens ? Je ne vouaîs pas t’emmener avec moî à Cannon Beach, maîs tu m’as suppîé et assuré que tu seraîs Isabea. C’est bîen ce que tu m’as promîs, n’est-ce pas ? Et maîntenant tu t’enfuîs au petît matîn sans prévenîr. C’est ça que tu appees « être Isabea » ? I n’avaît pas éevé a voîx, maîs son ton étaît teement
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