Les hussards de Halstead Hall (Tome 5) - Lady Célia

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Benjamine des cinq héritiers Sharpe, lady Célia n’est pas la plus docile de la fratrie. Par solidarité, elle se résout à obéir à sa grand-mère qui exige qu’ils soient tous mariés dans l’année. Pourtant, pas question de tomber entre les griffes d’un coureur de dot. Aussi charge-t-elle le détective Jackson Pinter de se renseigner sur les trois prétendants qu’elle a choisis. Mais la dernière chose dont le jeune homme a envie est bien de l’aider à trouver un mari ! Et quand Célia sera en danger, il comprend que le seul homme qu’elle doit épouser… c’est lui.
Publié le : mercredi 1 juillet 2015
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EAN13 : 9782290087558
Nombre de pages : 416
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couverture
SABRINA
JEFFRIES

LES HUSSARDS DE HALSTEAD HALL – 5

Lady Célia

Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Cécile Desthuilliers

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Présentation de l’éditeur :
Benjamine des cinq héritiers Sharpe, lady Célia n’est pas la plus docile de la fratrie. Par solidarité, elle se résout à obéir à sa grand-mère qui exige qu’ils soient tous mariés dans l’année. Pourtant, pas question de tomber entre les griffes d’un coureur de dot. Aussi charge-t-elle le détective Jackson Pinter de se renseigner sur les trois prétendants qu’elle a choisis. Mais la dernière chose dont le jeune homme a envie est bien de l’aider à trouver un mari ! Et quand Célia sera en danger, il comprend que le seul homme qu’elle doit épouser… c’est lui.
Biographie de l’auteur :
Élevée dans une famille de missionnaires, elle a passé une partie de son enfance en Thaïlande. Diplômée de littérature, elle écrit des romances historiques et devient une auteure de best-sellers publiés dans le monde entier.

Sabrina Jeffries

 

Élevée dans une famille de missionnaires, elle a passé une partie de son enfance en Thaïlande. Diplômée de littérature, elle écrit des romances historiques et devient une auteure de best-sellers publiés dans le monde entier.

Du même auteur
aux Éditions J’ai lu

Sur les traces d’un escroc

N° 8562

LES DEMOISELLES DE SWAN PARK

Le bâtard

N° 8674

Séduisant et sans scrupule

N° 7398

L’homme qui refusait d’aimer

N° 7820

LA FRATERNITÉ ROYALE

1 – L’héritier débauché

N° 7890

2 – Escorte de charme

N° 8015

3 – Une nuit avec un prince

N° 8121

LES HUSSARDS DE HALSTEAD HALL

1 – Une Américaine à Londres

N° 10925

2 – L’aventurier

N° 10993

3 – La provocatrice

N° 11013

4 – Le défi

N° 11016

À ma chère sœur, Jamie McCalebb,
qui m’a en partie inspiré le personnage de Célia
– tu es la meilleure sœur qu’une femme puisse avoir !
Et à ma mère, Gladys Martin, qui a fui un ouragan
avant de rentrer des corrections en ligne
sur mon livre ! Merci M’man, tu es la meilleure.
Et à Becky Timblin, pour tout ce que tu fais.
Merci pour tout !

Remerciements

Toute ma gratitude à Wagner Dias da Silva pour ses précieuses informations concernant les citations en italien et en portugais dans cet ouvrage. Elles ont été grandement appréciées !

Chers lecteurs,

Dieu merci, Célia a enfin accepté de chercher un mari. Elle a invité quelques bons partis à Halstead Hall, à l’occasion d’une partie de campagne, afin de faire son choix.

Un seul détail m’inquiète – Jackson Pinter. Le détective manifeste un intérêt tout à fait inopportun à ma petite-fille et je n’aime pas cela. D’après mes renseignements, cet homme est l’enfant naturel d’un aristocrate inconnu. Il a donc besoin de contracter un bon mariage pour assouvir son ambition d’être un jour Premier magistrat… et il pourrait trouver que Célia est un excellent choix.

Cela ne me dérangerait pas si je ne soupçonnais pas celle-ci de nourrir un secret penchant pour lui. Je les ai surpris en tête à tête à plus d’une occasion et elle le couve parfois de regards si tendres que c’en est alarmant.

Mes autres petits-enfants pensent que je ne devrais pas m’en mêler. Même mon cher Isaac (oui, je suis devenue très proche de cet audacieux général de cavalerie) trouve que je me mêle d’affaires qui ne me concernent pas, mais Célia est si jeune et naïve ! Je ne peux pas rester les bras croisés si Pinter, le Bow Street Runner, n’en veut qu’à sa dot et à son rang. J’ai fait cela autrefois avec la mère de Célia et jamais je ne commettrai de nouveau une erreur aussi dramatique.

Isaac, ce grand naïf, est persuadé que la fascination de M. Pinter pour Célia est des plus honnêtes, et il affirme que le détective ne la quitte pas des yeux chaque fois qu’ils sont ensemble. Certes, je concède que M. Pinter semble assez intrigué par Célia, mais cela ne signifie pas qu’il éprouve pour elle des sentiments amoureux. Il peut désirer sa dot et son corps sans se soucier un seul instant d’elle.

Au demeurant, elle a un duc, un comte et un vicomte à ses pieds, et aucun d’eux n’a besoin de son argent ! Ma Célia pourrait être duchesse ! Pourquoi choisirait-elle un simple détective, même s’il ne ménage pas ses efforts pour découvrir la vérité sur la mort de ses parents ? Peut-on me reprocher de vouloir le meilleur pour ma petite-fille ?

Bien à vous,

Hetty Plumtree

Prologue

Halstead Hall, 1806

Célia fut réveillée par des voix de grandes personnes qui chuchotaient dans la nursery. Sa gorge la grattait mais si elle toussait, les adultes diraient à Nanny de remettre cette horrible pâte sur sa poitrine et Célia détestait cela. Nanny appelait cela un cataplasme à la moutarde. C’était jaune, gras et cela piquait affreusement le nez.

Les murmures s’amplifièrent. À présent, les voix étaient juste derrière elle. Célia se figea. Étaient-ce Maman et Nanny ? Elles allaient lui mettre la pâte sur la poitrine ! Célia ferma les yeux de toutes ses forces en priant pour que les grandes personnes s’en aillent.

— Nous pouvons nous retrouver au pavillon de chasse, chuchota une voix.

— Chut ! Elle pourrait entendre ! répondit l’autre.

— Aucun risque, elle dort. Et de toute façon, elle n’a que quatre ans. Elle ne comprendra pas.

Célia fronça les sourcils. Elle avait presque cinq ans. Et elle comprenait très bien. Elle comprenait plein de choses. Elle savait qu’elle avait deux grands-mères, Nonna Lucia qui était au ciel et grand-maman qui était à Londres. Que si elle toussait, il fallait lui mettre le cataplasme sur la poitrine. Qu’elle était la plus petite de la famille Sharpe. Papa l’appelait « son petit lutin ». Il disait qu’elle avait les oreilles pointues des elfes. Ce n’était même pas vrai mais chaque fois qu’elle le lui expliquait, il éclatait de rire.

— Tout le monde sera au pique-nique, poursuivit la seconde voix. Si vous prétextez une migraine pour ne pas y aller, et que je profite du tohu-bohu pour m’éclipser, nous pourrons avoir une heure ou deux pour nous tout seuls avant le dîner.

— Je ne sais pas si…

— Allons, vous savez que vous en avez envie, mia dolce bellezza.

Mia dolce bellezza ? C’est comme ça que Papa appelait Maman. Il disait que cela signifiait « ma douce beauté ».

Le cœur de Célia battit plus vite. Papa était là ! Chaque fois qu’il venait à la nursery, il leur parlait de sa maman, Nonna Lucia, et il disait de drôles de mots en `talien. Célia n’était pas certaine d’avoir bien compris ce qu’était le `talien, mais Papa le parlait quand il leur racontait des histoires sur Nonna Lucia.

L’autre personne devait donc être Maman. Par conséquent, Célia devait rester bien immobile pour ne pas avoir le cataplasme à la moutarde.

— Ne m’appelez pas ainsi. Je déteste cela.

Pourquoi Maman disait-elle cela ? Papa l’avait-il encore fâchée ? Cela arrivait très souvent. Gran disait que c’était à cause de ses « catins ». Une fois, Célia avait demandé à Nanny ce qu’était une catin et Nanny l’avait frappée avec la baguette en lui disant que c’était un très vilain mot. Dans ce cas, pourquoi Papa avait-il des « catins » ?

Célia entrouvrit un œil pour voir si Maman était en colère mais comme Papa et Maman étaient derrière elle, il aurait fallu qu’elle se tourne pour les regarder. Et alors ils s’apercevraient qu’elle ne dormait pas.

— Désolé, ma chérie, murmura Papa. Je ne voulais pas vous contrarier. Promettez-moi de venir.

Il y eut un long soupir.

— Je ne peux pas. Je ne veux pas que l’on nous surprenne.

Qu’on les surprenne en train de faire quoi ? Papa et Maman faisaient-ils quelque chose de mal ?

— Moi non plus, répondit Papa, mais ce n’est pas le moment pour nous d’essayer de…

— Bien sûr, mais je déteste sa façon de me regarder. Je crois qu’elle sait.

— Vous vous faites des idées. Elle ne sait rien. Elle ne veut rien savoir.

— Quelqu’un vient ! Vite, passons par l’autre porte !

Pourquoi Papa et Maman s’inquiétaient-ils d’être vus ?

Célia leva la tête pour les regarder, mais elle ne voyait pas la porte principale. Puis celle des domestiques s’ouvrit. Elle reposa la tête sur l’oreiller et fit semblant de dormir.

En vain. Sa gorge la grattait plus que jamais. Elle tenta de résister mais ne put contenir une nouvelle quinte. Aussitôt, Nanny s’approcha d’elle.

— Encore cette vilaine toux, n’est-ce pas, mon trésor ?

Célia ferma très fort les paupières mais cela dut la trahir car Nanny la tourna sur le dos et déboutonna sa chemise de nuit.

— C’est fini, protesta Célia.

— Et cela finira plus vite avec le sinapisme, déclara Nanny.

— Je n’aime pas le si’pisme, gémit la petite fille.

— Je sais, mon trésor, mais vous voulez que la toux s’en aille, n’est-ce pas ?

Célia fronça les sourcils, pensive.

— Oui, je crois.

Nanny hocha la tête d’un air satisfait, puis elle prit un verre pour y verser quelques gouttes d’un flacon.

— Tenez, dit-elle en le tendant à Célia. Cela va vous faire du bien.

Le goût était bizarre mais comme Célia avait soif, elle but le verre pendant que Nanny préparait le cataplasme.

Lorsque celle-ci commença à l’étaler sur sa poitrine, Célia fut gagnée par une soudaine torpeur. Ses paupières étaient si lourdes qu’elle en oublia l’affreuse odeur de la pâte.

Elle dormit longtemps. À son réveil, Nanny lui donna sa bouillie. Puis elle lui fit de nouveau boire le liquide bizarre et Célia s’assoupit encore.

À son réveil, il faisait nuit. Elle demeura étendue, désorientée. Elle entendait sa sœur Minerva et son frère Gabriel se disputer à propos de la dernière part de tarte. Célia l’aurait bien voulue. Elle avait faim.

Nanny revint, accompagnée de deux hommes. M. Virgil, le précepteur de Gabriel, et Tom, le domestique préféré de Célia.

— Minerva, Gabriel, appela Nanny. Vous devez descendre au bureau avec Tom. Votre grand-mère veut vous parler.

Après leur départ, Célia attendit, indécise. Si grand-maman donnait des douceurs à Minerva et Gabriel, elle en voulait sa part, mais si Nanny en profitait pour lui faire un autre cataplasme…

Mieux valait ne pas bouger.

— Vous ne réveillez pas la petite ? s’enquit M. Virgil.

— Autant la laisser dormir. Elle l’apprendra de toute façon, mais la pauvre enfant ne comprendra pas. Comment vais-je lui annoncer que ses parents sont partis ? C’est trop affreux !

Partis ? Comme quand ils étaient allés à Londres en les laissant à Halstead Hall, Minerva, Gabriel et elle ?

— Et Madame aurait fait feu sur Monsieur ? poursuivit la nurse. C’est impossible !

Papa allait quelquefois à la chasse aux oiseaux, avec des invités. Son grand frère Jarret lui avait tout raconté. Les oiseaux tombaient par terre et les chiens les ramassaient. Puis ils ne volaient plus jamais. Maman n’aurait pas tiré sur Papa ! Ce devait être une autre Madame. Il y en avait beaucoup, en ce moment, qui séjournaient à la maison.

— C’est terrible, marmonna M. Virgil.

— Et nous savons tous les deux que Madame n’a pas pu prendre Monsieur pour un intrus. Elle devait être furieuse à cause de ses cocottes.

— Mme Plumtree affirme que c’était un accident, rectifia M. Virgil d’un ton sévère. Si vous tenez à votre tranquillité, madame Duffett, ne contredisez pas cette version.

— Je connais mon devoir, mais ce qu’elle a fait après l’avoir abattu… Comment a-t-elle pu laisser ces pauvres enfants sans père ni mère ? C’est une abomination.

Une `bomination ? Cela avait l’air très mal. Et Célia commençait à soupçonner que c’était bien de Maman qu’ils parlaient.

— Comme l’écrit le Dr Sewell dans Le Suicide, déclara M. Virgil d’un ton hautain, « le couard s’enfuit dans la mort, le brave affronte la vie ». C’est de la pure lâcheté, voilà ce que c’est. Et je suis déçu que Madame ait été une couarde.

Célia se mit à pleurer. Ils ne parlaient pas de Maman ! Maman n’était pas une couarde. Être couard, c’était très mal. Papa le lui avait expliqué. Cela voulait dire que l’on manquait de courage. Maman était toujours très courageuse.

— Voyez ce que vous avez fait, gémit Nanny. Vous avez réveillé la petite.

— Maman n’est pas une couarde ! s’écria Célia en s’asseyant dans son lit. Elle est courageuse ! Je v… veux la voir. Je veux M… Maman !

Nanny la prit dans ses bras et lui caressa les cheveux.

— Chut, mon trésor, calmez-vous. Tout va bien. Voulez-vous manger quelque chose ?

— Non ! Je veux voir Maman ! gémit Célia.

— Je vais vous emmener voir votre grand-mère. Elle va tout vous expliquer.

Une bouffée de panique submergea Célia. Pourquoi ne la laissait-on pas voir Maman ? Quand elle toussait, Maman venait toujours si elle l’appelait.

— Je ne veux pas grand-maman ! Je veux Maman !

Elle pleura de plus belle.

— Je veux Maman je veux Maman je veux Maman…

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