Les leçons d'une courtisane

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La belle Brianna est mariée depuis trois mois au duc de Rolthven, qui a toutes les qualités dont on puisse rêver chez un homme. Sauf qu'il ne lui consacre pas une minute. Il n'a que faire d'une oie blanche, se désole-t-elle. Mais elle l'aime et veut le rendre fou d'elle, aussi se lance-t-elle dans un ambitieux projet : séduire son mari ! Aidée des conseils d'un petit manuel interdit tombé entre ses mains, la sage duchesse va alors se muer en déesse de la volupté... à la grande stupeur de son époux. Un jeu dangereux, dont Brianna n'a peut-être pas mesuré toutes les conséquences...
Publié le : mardi 8 juillet 2014
Lecture(s) : 46
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782290096024
Nombre de pages : 320
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Les leçons d’une courtisane
Du même auteur aux Éditions J’ai lu
Indécente Nº 10077
EMMA WILDES
Les leçons d’une courtisane
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Catherine Berthet
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Titre original LESSONS FROM A SCARLET LADY Éditeur original Signet Eclipse, published by New American Library, a division of Penguin Group (USA) Inc., New York
Katherine Smith, 2010 Pour la traduction française Éditions J’ai lu, 2012
Prologue
Si vous ne captez pas son attention dès le premier instant, comment ferez-vous pour la retenir ? Préface auxConseils de lady Rothburg, édition de 1802
Brianna Northfield était satisfaite. Une foule de gens vêtus de leurs plus beaux atours se pressait dans le vestibule. Elle-même abandonna sa cape de velours entre les mains de son mari, lui tournant délibérément le dos pour saluer plusieurs connais-sances. Sans rien remarquer du manège de sa femme, Colton Northfield tendit le vêtement à un domestique et échangea quelques mots avec son vieil ami lord Bassford. Brianna attendait, le dos ostensi-blement tourné vers lui. Elle espéra que la première étape de son plan allait fonctionner comme prévu, car elle se sentait exposée aux regards. Très exposée. Colton lui reprit le bras. Par chance, il garda les yeux fixés sur la foule, cherchant comment atteindre leur loge.
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— Par ici, ma chère. Je pense que nous pouvons passer par là, à côté du comte de Farrington. — Je ne connais pas la jeune femme qui est avec lui. Seigneur, il est assez vieux pour être son père ! — Il doit s’agir de sa dernière maîtresse, répondit son mari avec détachement. Je suis certain qu’il l’a entraînée à l’opéra pour éveiller la jalousie de sa femme. La discrétion n’a jamais été le fort de Farrington. Le ton de son mari était désapprobateur. Mais elle n’était pas visée. Du moins, pas encore. Colton Northfield, cinquième duc de Rolthven, était un per-sonnage discret. En trois mois de mariage, elle avait eu amplement l’occasion de s’en rendre compte. Si jamais il avait une maîtresse, il se garderait de paraître avec elle aux yeux de toute la bonne société de Londres. Il n’humilierait pas sa femme à dessein. Brianna espérait secrètement que cette hypothèse n’était pas vérifiable et que son mari ne ressentirait jamais le besoin d’avoir quelqu’un d’autre à ses côtés. Il l’escorta dans l’escalier recouvert d’un épais tapis jusqu’à leur loge, un recoin élégant placé face à la scène. Des têtes se tournèrent sur leur passage, des connaissances les saluèrent. Plus d’un gentleman laissa son regard s’attarder sur Brianna, tandis que les dames haussaient les sourcils avec surprise et dédain. Parfait. Après tout, son but était de faire sensation. À en juger par les regards appuyés des hommes, elle avait réussi. Colton finit par remarquer sa robe. Il fixa son décolleté, figé de stupeur. Il resserra les doigts sur le bras de sa jeune épouse. — Seigneur, que portez-vous là ? 8
— Êtes-vous obligé de vous arrêter dans l’escalier pour contempler ma poitrine ? demanda-t-elle avec un calme étudié. Cette robe est la dernière création de Madame Ellen. Le corsage est un peu osé, mais ma silhouette me permet ce genre de fantaisie. Son mari resta comme pétrifié, les yeux rivés sur les deux globes d’ivoire qui dépassaient de son corsage. — Votre silhouette vous le permet peut-être, mais pas la bienséance. Vous auriez dû me demander mon avis. Son avis sur une robe ? Comme s’il prêtait atten-tion à ce qu’elle portait ! Il était toujours impeccable-ment habillé, mais il ne faisait jamais la moindre remarque sur ses toilettes à elle. Cela allait peut-être changer. — Les gens nous regardent, Colton, murmura-t-elle. Ils se demandent si nous allons nous quereller devant eux. — Cela risque fort d’arriver. Avez-vous perdu la tête ? Le duc de Rolthven, se disputer avec sa femme en public, à l’opéra ? Hors de question. Cela n’effleure-rait même jamais son esprit. Si elle avait choisi cette occasion, c’était justement parce qu’elle connaissait son sens inné de l’étiquette. Les joues enflammées et la gorge nouée d’appréhension, Brianna réussit à sourire d’un air serein. — Pas du tout. Allons nous asseoir. Marmonnant un juron inaudible, il lui serra le poi-gnet à lui faire mal et l’entraîna dans la galerie, jusqu’à leur loge privée. Son visage était de marbre et sa bouche formait une ligne mince et dure. Le théâtre était bondé, comme toujours. D’immenses lustres de cristal illuminaient la salle et 9
un brouhaha de conversations s’échappait de la ran-gée de loges décorées avec luxe. Les gens venaient moins pour le spectacle que pour se montrer eux-mêmes et observer les autres. Son mari en était par-faitement conscient. — Maintenant que nous sommes là, si je vous obli-geais à remettre votre manteau et à repartir, je sup-pose que cela ferait jaser, énonça-t-il d’un ton sarcastique. Je sais que nous faisons toujours une entrée remarquée, mais je me demandais pourquoi nous attirions tellement l’attention dans le foyer. À présent je comprends. Je pense que toutes les jumelles seront dirigées vers votre décolleté et non vers la scène, ce soir. Quelle mouche vous a donc piquée, de choisir une robe aussi extravagante, madame ? J’aimerais tellement vous séduire. Mais jamais elle ne pourrait le lui avouer. Il était beau comme un dieu ce soir, malgré sa mine contra-riée et ses lèvres pincées. Les cheveux châtains épais, il était grand, svelte et athlétique. Ses rares sourires faisaient se pâmer les dames de son entourage. Ses pommettes saillantes lui donnaient un air arrogant. Il avait un nez droit et aristocratique, une mâchoire ferme, un menton volontaire. La première fois qu’elle l’avait vu, Brianna avait été éblouie. Quand il s’était intéressé à elle, elle était tombée follement amoureuse. Mais en s’unissant à lui, elle n’avait pas envisagé certains aspects de sa personnalité. Colton représen-tait le prince des contes de fées, mais derrière cette belle apparence, il était loin d’être parfait. Certes il possédait une des plus grandes fortunes d’Angle-terre, son pouvoir politique était considérable et ses ancêtres étaient illustres. Mais Brianna ne se doutait 10
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