Les mariés de l'été

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Un milliardaire à marier, Miranda Lee

Au premier regard, Holly est tombée amoureuse du richissime Richard Crawford. Or Richard a été clair : il est incapable d’éprouver de l'amour. En revanche, il est prêt à épouser Holly et à faire d’elle la mère de ses enfants. Tentée, Holly s'interroge : saura-t-elle se satisfaire d'une union dans laquelle les sentiments n'ont pas leur place ?


La demande de Nathan Wolfe, Anne McAllister

« Epouse-moi ». Il y a treize ans, Carin rêvait d'entendre ces mots de la bouche de Nathan Wolfe. Nathan qu’elle aimait plus que tout. Nathan qui l'a quittée après leur unique nuit d'amour, la laissant seule… et enceinte. Aujourd'hui, pour Carin, ces mots résonnent comme une menace. Car, elle le sait, Nathan ne veut l'épouser que pour faire valoir ses droits sur leur fille, Lacey...

Une vraie lune de miel, Hannah Bernard

Lorsque sa grand-mère adorée, très malade, lui fait part de son vœu le plus cher, Joanna tombe des nues. Car la vieille dame désire assister au mariage de sa petite-fille avant de quitter ce monde ! Un souhait impossible à réaliser pour Joanna qui vient juste de rompre avec Matt, son fiancé. A moins que ce dernier consente à lui rendre un immense service…
Publié le : dimanche 15 juillet 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280251778
Nombre de pages : 416
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Pour la centième fois en une demi-heure, Holly jeta un regard noir en direction de la pancarte « A vendre » placardée sur la vitrine du magasin. Un mélange de fureur et d’indignation bouillonnait en elle, chavirant son estomac et semant la confusion dans son esprit. Comment sa belle-mère avait-elle osé faire ça ? Comment ? Juridiquement pourtant, Un jour, une eur aurait dû lui revenir de moitié. On aurait dû la consulter. Oui, on aurait dû lui demander son avis sur la question ! Mais à l’évidence, ses sentiments comptaient pour rien depuis la mort de son père. Le rêve qu’elle nourrissait de reprendre un jour la boutique qu’il aimait tant s’était volatilisé en même temps que lui. Elle avait été idiote de rester. Doublement idiote de continuer à tenir la boutique pour un salaire de misère et à s’occuper de surcroït de la comptabilité le dimanche. Oui, le dimanche, son prétendu jour de repos ! Sara gagnait presque autant d’argent qu’elle alors qu’elle ne travaillait que du mercredi au samedi ! Certes, Sara était une euriste douée et expérimentée mais Holly pouvait se targuer de posséder les mêmes compétences. A vingt-six ans, elle vivait parmi les eurs depuis sa plus tendre enfance. Son père avait commencé à l’initier au métier de euriste alors qu’elle était haute comme trois pommes et elle l’avait rejoint au magasin peu après son quinzième anniversaire. Le cœur de la jeune femme se serra douloureusement au souvenir de ces jours heureux, lorsqu’ils n’étaient encore que tous les deux, son père et elle.
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Avant que Connie ne fasse irruption dans leur vie… A vrai dire, ce n’est qu’au décès de son père, deux ans plus tôt, que Holly avait percé à jour sa belle-mère. Car la seconde Mme Greenaway s’était montrée très habile à dissimuler sa vraie personnalité, au cours des huit années qu’avait duré leur mariage. Il n’avait fallu en revanche que quelques semaines à Holly pour découvrir la nature perîde, jalouse et calculatrice de la îlle de sa belle-mère, Katie. Mais celle-ci s’était toujours montrée aussi prudente que sa mère en présence de son beau-père. Elle connaissait parfaitement les limites à ne pas dépasser lorsqu’il était dans les parages. Sentant monter en elle une nouvelle bouffée d’amertume, Holly songea aux sommes d’argent considérables que la mère et la îlle avaient extorquées à son père. Inconscient de ce qui se tramait dans son dos, ce dernier semblait savourer son nouveau bonheur et Holly n’avait pas eu le cœur de lui répéter toutes les méchancetés que lui débitait Katie en privé. Naturellement, les masques étaient tombés dès que son père était mort. Connie avait commencé à dévoiler ses véritables intentions ; quant à Katie… Katie était devenue encore plus odieuse… au point de lui voler son îancé ! Holly aurait dû partir à ce moment-là, elle ne le savait que trop bien. Hélas, elle n’avait pu se résoudre à quitter la boutique de son père. C’était dans cet univers qu’elle se sentait particulièrement proche de lui. Aussi avait-elle emménagé dans l’appartement situé au-dessus du magasin, bien décidée à reprendre les rênes d’Un Jour, une eur. Le chiffre d’affaires avait chuté après la crise cardiaque de son père. Profondément bouleversée, Holly avait été obligée de fermer la boutique quelque temps et il lui avait fallu un an pour récupérer leurs anciens clients et commencer à renouer avec les bénéîces. Oh, elle ne ferait jamais fortune avec Un Jour, une eur, elle ne se faisait pas d’illusions. Face à l’explosion des centres commerciaux, les petites boutiques avaient bien du mal à survivre. Pourtant, malgré leur grand âge, le magasin et l’appar-tement valaient encore une jolie somme. Plus d’un million,
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sans doute. Peut-être davantage si quelqu’un reprenait le bâtiment en même temps que le fonds de commerce. Une fois de plus, Holly foudroya la pancarte du regard. Mais pourquoi diable s’était-elle tuée à la tâche pour un salaire ridicule alors qu’elle savait pertinemment, tout au fond d’elle, que Connie et l’horrible Katie seraient les premières à récolter les fruits de ses efforts acharnés ? Et pour couronner le tout, son père avait légué toute sa fortune à son épouse dans un testament rédigé peu de temps après leur mariage, alors que Holly n’avait que seize ans. Il faisait conîance à Connie ; sa nouvelle épouse prendrait soin de sa îlle chérie, naturellement… Hélas, la veuve joyeuse nourrissait d’autres projets. Sa mégère de îlle aussi, d’ailleurs… Holly s’efforça de chasser ces tristes pensées. Elle les avait sufîsamment ressassées pendant la période de Noël… Si Dave l’avait aimée sincèrement, Katie n’aurait pas réussi à le séduire. Malheureusement, elle était parvenue à ses îns et s’apprêtait à l’épouser. Mais le coup le plus terrible venait de lui être porté par cette pancarte « A vendre » accrochée au beau milieu de la vitrine. Cette fois, elle devait réagir. Holly en avait assez de jouer à Cendrillon. Il était grand temps de prendre des décisions importantes, de tourner la page une fois pour toutes. L’idée de devoir abandonner la boutique, source de joie et de îerté pour son père, l’emplissait de tristesse, mais elle n’avait plus d’autre choix. Bientôt, le magasin allait changer de proprié-taire, et elle serait de toute façon obligée de s’en détacher. — Je île à la gare, Sara, déclara-t-elle d’un ton décidé. Je vais acheter le Herald. Sara leva les yeux du ravissant centre de table composé d’œillets roses qu’elle venait de terminer. C’était la commande d’une de leurs îdèles clientes qui adorait le rose. — Chercherais-tu un nouveau job ? — Gagné ! — Il serait temps, marmonna Sara. Jolie rousse âgée d’une trentaine d’années, Sara avait déjà une solide expérience de la vie, et les gens qui courbaient
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docilement l’échine l’agaçaient. Cela faisait déjà un bout de temps qu’elle pressait Holly de chercher un autre emploi. — Tu as entièrement raison, admit cette dernière. Par la même occasion, j’en proîterai pour trouver un appartement. A Sydney, le Herald du samedi matin regorgeait toujours d’offres d’emploi et de locations d’appartement, voire de propositions de colocation. A la vérité, Holly y avait déjà jeté un coup d’œil quelques semaines plus tôt, au moment où David l’avait quittée pour s’installer avec Katie. Mais elle n’avait pas eu le courage de tout plaquer, de faire une croix sur cet univers qui lui était si familier. A présent, elle se sentait animée d’un courage immense, extraordinaire. Un sourire approbateur éclaira le visage de Sara. — Bravo, Holly ! Et surtout, ne t’en fais pas pour moi : dès que tu auras quitté cette boutique, je t’imiterai. Je refuse de travailler pour cette rosse de Connie en attendant que le magasin soit vendu ! — C’est une vraie mégère, n’est-ce pas ? — De tout premier ordre. Et sa îlle est de la même trempe. Si tu veux mon avis, Katie et Dave se sont bien trouvés, tous les deux. J’étais aux anges quand tu m’as annoncé que tu t’étais enîn débarrassée de lui ! — Euh… c’est lui qui m’a plaquée, Sara. — Peu importe, c’est une très bonne chose. Maintenant que tu es libre, tu vas pouvoir te dégoter un brave type qui t’aimera pour tes qualités de cœur. — Merci du compliment, Sara, mais les « braves types », comme tu dis, ne courent pas les rues ces temps-ci. Pas les mêmes rues que moi, en tout cas… Pour être franche, Dave est loin d’être le premier goujat que je rencontre. J’ai parfois l’impression d’être un aimant à machos volages et égostes. — Tu devrais chercher un boulot dans le quartier des affaires, ma chérie. C’est là-bas que se trouvent tous les « costumes-cravates ». — Les « costumes-cravates » ? — Oui, tu sais bien : les golden boys en costumes coupés sur mesure. J’ai travaillé quelque temps dans une boutique
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située sur la place de la Bourse. C’était un déîlé permanent de beaux gosses… Un vrai régal pour les yeux ! — D’accord, mais ça ne veut pas dire que ce soit tous des types bien. — Certes. En revanche, ils ont tous de l’argent. A choisir, mieux vaut s’amouracher d’un type plein aux as que d’un fauché… — Ce n’est pourtant pas ce que tu as fait, toi, ît observer Holly en songeant au mari de Sara, cheminot de son état. — Oh moi, c’est différent… Je ne suis qu’une pauvre idiote romantique. — Je suis comme toi, îgure-toi. Sara esquissa une grimace. — Eh oui, c’est le problème de la plupart des femmes. Allez, cours vite acheter le Herald avant qu’il n’y en ait plus. Holly prit le dernier journal du kiosque et regagna aussitôt la boutique où elle parcourut les annonces entre deux ventes. Hélas, les offres de ce samedi étaient bien décevantes. Il n’y avait que très peu de postes de euriste à pourvoir. Et seulement deux dans le quartier des affaires. Quant aux propositions de colocation… Après avoir vécu deux ans toute seule, la perspective de devoir partager un appartement ne l’enchantait guère. Malheureusement, elle n’aurait pas les moyens de louer quoi que ce soit dans un quartier correct et ses quelques économies ne lui permettaient pas encore de devenir propriétaire. En plus du reste, son aventure avec Dave s’était avérée onéreuse. C’était elle qui avait payé la plupart de leurs dépenses communes tandis que son ex-petit ami prétendait vouloir économiser pour leur avenir… Comment avait-elle pu être aussi nave ? Reconnaïtre ses propres erreurs n’était jamais une expé-rience agréable. Pourtant, lorsque Sara prit congé à 18 heures, laissant à Holly le soin de fermer le magasin, cette dernière avait réussi à dresser le bilan peu réjouissant de sa vie d’adulte. Tout bien rééchi, elle était seule responsable de ses malheurs. En se laissant faire, en évitant soigneusement les conits, elle avait laissé son entourage la mener par le bout du nez.
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Mais cette époque était bel et bien révolue. Dès lundi matin, elle prendrait contact avec l’une des nombreuses agences qui proposaient de l’aide dans la rédaction des curriculum vitæ. Elle n’avait encore jamais eu à se présenter pour un emploi mais elle devinait aisément les règles du jeu. CV en poche, il ne lui resterait plus qu’à postuler pour les deux emplois de euriste dans le quartier des affaires. Une fois de plus, Sara avait raison : c’était à cette porte-là qu’il fallait frapper. Ceci dit, elle était bien décidée à défendre ses prétentions salariales. C’était indispensable si elle souhaitait continuer à vivre seule. Après tout, elle n’avait aucune raison d’agir dans la préci-pitation. Une boutique comme Un Jour, une eur ne risquait pas d’être vendue du jour au lendemain. Elle avait sans doute à peu près deux mois devant elle pour mettre ses projets à exécution. En attendant, elle se garderait bien d’exposer ses intentions à Connie. Et elle lui soutirerait jusqu’au dernier centime. Son regard glissa distraitement sur un énorme bouquet de roses rouges dans un seau en zinc et elle fronça les sourcils, brusquement arrachée à sa songerie. C’était une commande de la veille au soir, passée par téléphone par un homme qui ne faisait pas partie de leurs clients habituels. Ce dernier avait promis de venir chercher le bouquet aujourd’hui même, aux alentours de midi. Réprimant un soupir, Holly tourna les pages du carnet de commandes, trouva le nom du client et composa sans attendre son numéro de téléphone. Au bout de trois sonneries, un répondeur s’enclencha. Zut, zut et zut ! Elle détestait les répondeurs téléphoniques. Elle laissa néanmoins un message pour avertir le client qu’elle avait annulé sa commande, puis raccrocha dans un nouveau soupir. Quel gâchis ! Ces roses rouges étaient tout simplement somptueuses. Et coûteuses, bien entendu. Au bout du îl, l’homme avait précisé qu’il ne désirait aucun bouton mais uniquement des eurs déjà ouvertes. Dans quelques jours,
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toutes les roses seraient fanées. Autant se faire une raison : le bouquet était invendable. Tout à coup, une idée lui traversa l’esprit. Mme Crawford… Elle adorait les roses et elle ne partait en voyage qu’à la în de la semaine suivante. Holly lui offrirait le bouquet pour lui souhaiter bon voyage… et aussi pour la remercier de venir aussi souvent bavarder avec elle autour d’une tasse de thé. Quelle femme adorable, cette Mme Crawford. L’espace de quelques instants, Holly s’autorisa à songer à Richard Crawford. Fut un temps où le fils chéri de Mme Crawford occupait le plus clair de ses pensées. Combien de fois avait-elle imaginé leur rencontre ? Et dans ses rêveries, bien sûr, Richard Crawford tombait inévitablement sous le charme de la jeune euriste… Sara avait raison, comme d’habitude : derrière la plupart des femmes se cachaient d’incorrigibles romantiques ! Après avoir vériîé le numéro de Mme Crawford dans son agenda, Holly décrocha le téléphone pour s’assurer que cette dernière était bien chez elle. La ligne était occupée. Elle était donc là. Avec des gestes prestes, la jeune femme s’empara du bouquet de roses qu’elle enveloppa dans du papier de soie avant de nouer les tiges d’un ruban rouge. Elle irait les livrer elle-même. Mme Crawford n’habitait pas loin, il n’était que 18 h 15 et une agréable douceur baignait la ville. Holly se mit donc en route d’un pas léger. Lors de sa dernière visite, Mme Crawford lui avait conîé qu’elle ne voyait presque plus son îls. Récemment promu à la tête de sa banque — c’était le plus jeune P.-D.G. depuis la création de cette vénérable institution —, il travaillait encore plus qu’avant, au grand regret de sa mère. Holly marcha sans se presser, savourant le soufe de la brise sur son visage et dressant mentalement une liste des choses à faire au cours des semaines à venir. Primo : trouver un emploi, de préférence dans le quartier des affaires de Sydney.
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Secundo : trouver un appartement, de préférence pas trop loin du quartier des affaires. Tertio : trouver un gentil garçon. De préférence parmi ceux qui portent un costume sur mesure et travaillent dans le quartier des affaires ! Holly ît la moue avant de rayer de son esprit le dernier point de sa liste. Il n’y avait aucune urgence à rencontrer quelqu’un. Si Dave ne s’était pas montré sous son vrai jour — un traïtre doublé d’un goujat ! —, il serait son petit ami depuis plus d’un an et elle serait toujours amoureuse de lui. Dire qu’elle le croyait sans l’ombre d’un doute quand il prétendait l’aimer à la folie… Combien de fois lui avait-il fait ce genre de déclaration passionnée… Le sale menteur ! Holly avait beaucoup souffert quand il avait rompu pour aller vivre avec Katie. Son amour-propre était encore sérieu-sement meurtri et elle ne se sentait pas prête à se lancer dans une nouvelle aventure sentimentale. Pour le moment, elle se concentrerait sur les deux seuls projets qui lui semblaient raisonnables : un nouvel emploi et un nouvel appartement. Trouver un petit ami n’était pas encore à l’ordre du jour. Il lui faudrait encore du temps pour panser ses blessures. Beaucoup de temps.
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