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Les mercredis dans la tour

De
121 pages
Le mercredi au château Malicieux est une journée très ordinaire, plutôt banale. Pas de nouveaux couloirs, pas d’autres tourelles, pas de changements soudains. C’est du moins l’avis de la princesse Celie, qui connaît le château mieux que quiconque. Elle est donc surprise de découvrir par hasard, un mercredi, la présence d’une nouvelle tour renfermant une nouvelle pièce à l’intérieur de laquelle se trouve caché un oeuf énorme, de couleur orange. Celie ne sait que faire, pas plus que son frère Bran, le nouveau Sorcier royal. Mais le château est décidé. Les apparitions d’escaliers et les disparitions de portes révèlent bientôt clairement ses intentions: Celie doit s’occuper de l’oeuf et de la créature surprise qui en sortira ! Bien sûr, elle n’avait pas demandé à recevoir un animal de compagnie, et celui-ci s’avérera difficile à contenir une fois que Celie, ses frères et sa soeur découvriront ce que cache encore le château… Ce roman enlevant de Jessica Day George constitue le deuxième volume d’une
nouvelle série qui sera appréciée de tous ses lecteurs, alors que Celie, sa famille royale et le château Malicieux lui-même se retrouvent à nouveau au coeur d’une aventure pleine d’action.
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Copyright © 2013 Jessica Day George Titre original anglais : Wednesdays in the Tower Copyright © 2013 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Bloomsbury Books, New York, NY Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Catherine Vallières Révision linguistique : Daniel Picard Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Katherine Lacombe Conception de la couverture : Mathieu C. Dandurand Photo de la couverture : © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud ISBN papier 978-2-89733-472-7 ISBN PDF numérique 978-2-89733-473-4 ISBN ePub 978-2-89733-474-1 Première impression : 2013 Dépôt légal : 2013 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC.
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Pour bébé Roo, qui m’a tenu compagnie tout au long de la rédaction de ce livre.
Chapitre 1 B eaucoup de choses peuvent éclore d’un œuf. Un poussin, par exemple. Ou un dragon. Et, lorsque l’œuf en question est de la taille d’une citrouille, de couleur quasi orange, brûlant par surcroît, on se doute qu’il est beaucoup plus probable qu’il en sorte un dragon qu’un poussin. C’est pourquoi lorsque Celie trouva l’œuf — gros, orange et chaud à s’en brûler les doigts — à l’intérieur de la nouvelle tour, dans un nid de mousse étrangement semblable à de la vigne, elle fut convaincue qu’il contenait un bébé dragon. Quant à savoir d’où il provenait et ce qui se passerait lorsqu’il éclorait, voilà deux questions dont elle n’était pas certaine de vouloir connaître la réponse. C’était mercredi. Celie ne s’attendait donc pas à trouver de nouvelles pièces dans le château Malicieux. La plus jeune des enfants Malicieux, la princesse Cecelia — Celie, comme presque tout le monde l’appelait — connaissait mieux le château que quiconque parmi ses habitants et elle pensait savoir à quoi s’attendre de sa part. La veille avait été plutôt excitante : la salle au plancher rebondissant s’était retrouvée à l’autre bout du château, et une autre pièce toute en longueur, remplie d’armures exotiques, était apparue près de la galerie des portraits. Il n’était plus nécessaire de grimper dans la cheminée pour se rendre à la salle au plancher rebondissant, mais sa porte était plutôt mal placée, soit directement dans le bureau du père de Celie, le roi Malicieux. Pour sa part, la galerie des armures, comme elle avait déjà été nommée, était judicieusement située, mais les bonnes avaient tout de même failli se révolter à l’idée d’avoir à nettoyer et à polir tant d’objets aux formes étranges. Après avoir pris son petit déjeuner, Celie ne pensait pas, en montant l’escalier en colimaçon jusqu’à la salle de classe où elle suivait ses cours, qu’elle trouverait ce jour-là quoi que ce soit de plus intéressant que les changements survenus la veille. Elle espérait surtout pouvoir aller observer certaines nouvelles armures après ses cours. Son frère aîné, Bran, revenu récemment du Collège de sorcellerie et désormais devenu sorcier royal, avait promis aux bonnes qu’elles n’auraient pas à nettoyer la galerie des armures, car il ne voulait pas qu’on touche aux articles qui s’y trouvaient. Certaines armes présentaient en effet des pouvoirs magiques, et il voulait d’abord découvrir les particularités de ces armes afin de déterminer si elles pouvaient s’avérer dangereuses. Mais Celie était certaine qu’il la laisserait au moins jeter un coup d’œil si elle arrivait à sortir de classe avant le dîner. Rendue en haut de l’escalier en colimaçon, Celie ne trouva pas sa salle de classe. Elle regarda autour d’elle. Elle était dans un long couloir qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Elle ouvrit le sac de cuir qu’elle portait sur son épaule et elle en sortit son atlas, un ensemble de cartes détaillées sur lesquelles elle travaillait depuis des années. Elle l’avait finalement presque terminé et elle avait déjà demandé à certains scribes du château d’en faire des copies pour sa famille, mais elle voulait d’abord y apporter les dernières modifications. Par chance, le château n’avait pas retiré de pièces au cours du mois précédent, bien qu’il ait ajouté des salles plutôt intéressantes (dont une deuxième cuisine, plus petite, et la galerie des armures), et qu’il en ait déplacé beaucoup. La chambre de Celie semblait logée de manière permanente du côté est de la grande salle, mais la chambre de Bran se trouvait maintenant juste à côté de la sienne, et celle de Lilah, tout juste derrière, ce qui faisait bouder cette dernière, car sa chambre était auparavant située plus en hauteur où elle bénéficiait d’une vue fantastique depuis ses deux fenêtres. Celie feuilleta sa collection de cartes, mais elle ne trouvait rien qui ressemblait à ce couloir. Il
n’y avait aucune porte, la salle de classe avait tout simplementdisparu, tout comme la vieille chambre d’enfant. Personne ne s’était servi de cette pièce depuis des années, évidemment, mais on y avait entreposé les anciens jouets des enfants et les vêtements qui ne leur faisaient plus. Celie trouva la bonne carte, y raya la pouponnière, mit un point d’interrogation à côté de la salle de classe, puis se dépêcha de parcourir le couloir. Elle devait trouver sa classe, tant pour corriger ses cartes que pour arriver à l’heure avant que le maître Humphries ne se fâche. Au bout du couloir se trouvait une volée de grandes marches en pente douce. Celie pouvait sentir un courant d’air froid provenant du haut de l’escalier, comme si une fenêtre avait été laissée ouverte à l’étage supérieur. Comme plusieurs escaliers du château, les dimensions de celui-ci étaient bizarres. Celie devait presque faire deux pas sur toutes les marches, mais les contremarches n’avaient que quelques centimètres de haut. C’était inconfortable à monter. Heureusement, il n’y avait que huit marches. Arrivée au sommet de l’escalier, la princesse franchit une arche en pierre pour déboucher sur une pièce circulaire sans plafond. Les faibles rayons du soleil de fin d’hiver entraient dans cette pièce à ciel ouvert. Celie, dont le regard était attiré par le mince voile de nuages, trébucha en avançant. Le plancher de la salle était incliné vers le milieu, comme dans un bol. Au centre du bol se trouvait un nid de mousse et de brindilles, et au milieu de ce nid se trouvait un œuf orange reluisant. Il était de la même couleur qu’une citrouille mûre, et tout aussi gros. Celie resta bouche bée en le voyant. — Est-ce vraiment un œuf ? Un vent glacial emporta ses mots à travers les fenêtres nues. Elle fit quelques pas prudents vers l’œuf, au-dessus duquel elle se pencha. Elle tendit une main, désireuse de donner un léger coup sur la coquille. Elle s’imaginait qu’il serait froid et très dur, pétrifié après des années passées dans une pièce à l’air libre. Mais il n’était pas froid. Il était chaud, presque trop chaud pour que l’on puisse y toucher sans réagir. Celie retira sa main et courut vers la porte. Elle se dépêcha de passer l’arche et de descendre l’escalier en pente douce. Le couloir qui menait à cet escalier était décoré de plusieurs énormes tapisseries, mais elle ne prit pas le temps de s’attarder à les contempler. Elle redescendit ensuite l’escalier en colimaçon et s’arrêta en titubant, confuse, au palier suivant. La salle de classe se trouvait directement en face d’elle, à l’endroit où elle avait toujours été située. Mais, d’aussi loin que Celie se souvienne, la classe s’était toujours trouvée en haut de l’escalier en colimaçon, pas en plein milieu. Non ? — Princesse Cecelia ! l’interpella le maître Humphries en apparaissant à la porte de la classe, l’air impatient. Où étiez-vous ? Vous avez un quart d’heure de retard ! — Je suis montée jusqu’en haut de l’escalier ; il y a un nouveau couloir au-dessus, dit Celie en pointant le doigt à la verticale. — Je ne sais pas de quoi vous parlez, dit le maître Humphries en fronçant les sourcils. Veuillez entrer, Votre Altesse. Mieux vaut tard que jamais. — Mais je crois que je devrais parler à mon frère, dit Celie. Il y a un œuf… — Un œuf ? répéta le maître Humphries en levant les sourcils. Je suis sûr que le prince Bran saura trouver des œufs dans la cuisine, s’il en a envie, pour le petit déjeuner, dit sèchement le tuteur. — Non, là-haut, dit Celie en pointant à nouveau son index vers le haut. — Il n’y a rien là-haut, Votre Altesse, soupira le maître Humphries. Je vous prie de ne pas vous servir du château comme excuse. S’il y a quelqu’un dans ce château qui est capable de retrouver son chemin à temps malgré les caprices de ce dernier, c’est bien vous.
— Mais regardez ! insista Celie en pointant énergétiquement son doigt vers le haut, tout en levant la tête. Il n’y avait plus rien au-dessus d’elle, mis à part un plafond de pierre grise lisse. Elle se sentit étourdie un instant en constatant qu’elle se tenait maintenant sur la dernière marche de l’escalier en colimaçon. Disparues les autres marches qu’elle venait de descendre, disparu le couloir où elle avait découvert la tour et l’œuf. — Il y avait un nouveau couloir, dit faiblement Celie. Et une tour sans toit. Un nid. Et un œuf. — Mais, votre Altesse, dit le maître Humphries, la prenant par le bras pour la faire entrer dans la salle, nous sommes mercredi.
Chapitre2 U ne semaine plus tard, Bran ne laissait toujours personne toucher aux armures et aux armes dans la nouvelle galerie. Un des valets avait essayé d’aider Bran à déplacer une armure jusqu’à une table pour que ce dernier puisse l’étudier plus aisément, mais le plastron avait déclenché une décharge électrique dans les mains du valet, et celles-ci étaient demeurées engourdies durant des heures. C’est à ce moment que Bran avait déclaré que, jusqu’à ce qu’il ait fini de tout inspecter, personne n’aurait la permission d’entrer dans la galerie sans supervision. — Quel plastron était-ce ? demanda Rolf, très intéressé. Rolf était le plus jeune des princes Malicieux, héritier du trône, tel que le château l’avait décidé le jour de son dixième anniversaire. Malgré ses responsabilités croissantes, il était toujours prêt à s’amuser. Celie espérait qu’il trouverait une manière secrète d’entrer dans la galerie des armures et qu’il la laisse l’accompagner. — Tu ne le sauras pas, répondit Bran. — Quels sont les pouvoirs de cette lance ? demanda Celie. Les mains dans le dos, elle avait le torse incliné vers une longue lance dorée, aussi près que possible de l’arme que son courage le lui permettait. — Elle émet une décharge aux petites filles qui expirent leur haleine sur elle, répondit Bran avec humour. Celie recula d’un pas, mais elle lui fit une grimace. — Méchant ! — Je suis ici parce que Père m’a envoyé te demander si tu avais besoin de quoi que ce soit, dit Rolf avec importance. Et aussi parce que j’espère vraiment que tu vas me laisser essayer le premier une épée magique ou un casque d’invisibilité, ajouta-t-il en se frottant les mains avec enthousiasme. — Oui, j’ai besoin de quelque chose, et non, tu ne peux pas avoir d’épée magique, dit Bran en prenant des notes dans son carnet. — De quoi as-tu besoin ? demanda Celie en s’approchant d’un présentoir sur lequel reposait une armure faite de minuscules écailles de bois superposées. — J’ai besoin de Pogue Parry, le villageois, et surtout de ne pas m’inquiéter du fait que vous ne touchiez pas à quelque chose, répondit Bran en soupirant. Je n’essaie pas de jouer les grognons, Cel, ajouta-t-il gentiment. Mais certains de ces objets pourraient probablement te tuer si tu t’avisais de même simplement les effleurer. Rolf siffla et se mit les mains derrière le dos. — Je n’ai qu’une question, dit Celie. Euh, deux, maintenant : pourquoi as-tu besoin de Pogue, et les dragons existent-ils vraiment ? Pogue avait été d’une aide inestimable lorsque leurs parents et Bran avaient disparu l’été d’avant, mais il était aussi un charmeur incorrigible. Lorsqu’il n’était pas en train de faire le coquin auprès des filles du village ou de se battre en duel avec leurs soupirants éconduits, il se tenait souvent au château à taquiner Lilah. — Pogue est artisan forgeron, lui rappela Bran. Je pensais qu’il pourrait m’aider à découvrir si certains de ces articles ont été forgés à la main ou fabriqués par magie. Et non, les dragons n’existent pas. — Ils n’ont jamais existé ? Dans le passé, peut-être, puis ils se seraient éteints ?