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Les ombres sinistres

De
239 pages
Ce sont les Années folles, et San Francisco est le nid d’accueil du commerce de l’alcool illégal, de la lubricité et de la magie noire. L’archéologue Lowe Magnusson a dans ses valises quelque chose que tout le monde convoite. L’amulette djed, un artefact égyptien inestimable, qui lui garantit un paiement alléchant de la part de l’un des hommes les plus prospères de San Francisco. Toutefois, lorsque le beau Suédois fait la connaissance de la flle très collet monté de son mécène, ce qu’il considérait jusqu’alors comme de l’argent facilement gagné devient incroyablement compliqué…Maudite par ses esprits mortels, des compagnons qui ne la quittent jamais, la conservatrice de musée Hadley Bacall doit garder son calme pour tenir à distance ces spectres dangereux et les empêcher de se déchaîner contre quoi que ce soit… ou qui que ce soit. Le problème, c’est que Lowe est en train de la rendre folle, mais son père a besoin de l’artefact qu’il transporte. Bien que Hadley ressente le pouvoir de l’amulette, elle n’a aucune idée de la destruction — ou du désir — que l’objet est sur le point de semer.
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Éloges pour Les esprits amers
« J’étais gagnée d’avance grâce à l’alcool, à la lubricité et à la magie noire. Un cadre ingénieux, des personnages à la langue délicieusement incisive, une chimie incandescente et un humour à la fois subtil et sarcastique font de cette lecture un réel plaisir. Je brûlais d’impatience de faire la connaissance de chaque nouveau personnage. Ce récit est la rencontre deBoardwalk Empireet desChasseurs de fantômes, mais c’est encore meilleur que les deux émissions à sensations fortes combinées. » — Molly Harper, auteure américaine de la série à succès Jane Jameson
« J’ai adoré ce livre ! Bennett livre une histoire d’amour torride et pourtant pâmante, imprégnée de mystères qui vous gardent en haleine jusqu’à la fin, et avec pour cadre le monde rafraîchissant et très décontracté de San Francisco à l’ère du jazz. Je suis impatiente de lire la suite ! » — Kristen Callihan, auteure deTout feu tout flamme
« Des personnages complexes, à la fois brillants et romantiques… Attendez-vous à ce que les auteurs et les passionnés d’histoires d’amour historiques sautent à pieds joints sur le train en marche desamers Esprits se laisser conduire par le récit merveilleusement construit de pour Bennett. » — Publishers Weekly « Absolument exquis… Un mélange d’intrigue, d’activité paranormale et de romance dont le résultat est merveilleusement rafraîchissant… Les dialogues vifs de Bennett, souvent francs et amusants, de même que ses charmants personnages et son décor détaillé, captiveront complètement les lecteurs de récits romantiques. » — Booklist
« Le mélange de sexe torride, de danger redoutable et de mystères paranormaux fait de ce récit une lecture fantastique ! » — RT Book Reviews
Copyright©2014JennBennett Titre original anglais : Grim Shadows opyright © 2016 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cuse Companyette publication est publiée en accord avec Penguin Random H Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Douc t Traduction : Noémi Grenier Révision linguistique: Féminin pluriel rrection d’épreuves : Nancy Coulombe, Catherine Vallée-Dumas, Audrey Faulkner Conception de la couverture : Aleta Rafton ontage de la couverture : Mathieu C. Dandurand Mise en pages : Sébastien Michaud papier 978-2-89767-023-8 PDF numérique 978-2-89767-024-5 ISBNePub 978-2-89767-025-2 Première impression : 2016 Dépô légal : 2016 et Archives nationales du Québec BibliothèqueNationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 phone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada
Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide fi ancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pournos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publicatio de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Bennett, Jenn [Grim Shadows. Français] Les ombres sinistres (Un roman des années folles ; 2) Traduction de : Grim Shadows. ISBN 978-2-89767-023-8 I. Grenier, Noémie. II. Titre. III. Titre : Grim Shadows. Français. PS3602.E494G7414 2016 813’.6 C2015-942233-7
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Ce livre est dédié à la fillette de dix ans que j’étais, qui avait décidé que ses ambitions précoces de devenir infirmière ne convenaient pas très bien à son aversion pour le sang, et que, par conséquent, la profession d’égyptologue représentait le deuxième choix de carrière de ses rêves. Je crois qu’elle serait heureuse de savoir que j’ai finalement choisi d’être écrivaine.
Remerciements
J’ai beaucoup d’affection et de reconnaissance pour mon agente extraordinaire, Laura Bradford, de même que pour ma réviseure adorable, Leis Pederson. Un grand merci à mon agente publicitaire, Jessica Brock, et à Aleta Rafton, pour sa magnifique couverture. Je tiens également à remercier le service artistique de Berkley pour sa superbe mise en page. La création de cet humble récit a nécessité beaucoup de recherche, et je n’aurais pas réussi à l’écrire sans l’aide des institutions et personnes suivantes :San Francisco Chronicle, le M. H. de Young Memorial Museum, le musée égyptien du Caire, le British Museum à Londres, la Bancroft Library à la UC Berkley, Mark Bittner (auteur du livre fascinantThe Wild Parrots of Telegraph Hill), le San Francisco Cable Car Museum, la Jewish Home of San Francisco, le restaurant de fruits de mer et de cuisine italienne Alioto du quartier Fisherman’s Wharf, la James Leary Flood Mansion, le projet CinemaTour, le projet communautaire Shaping San Francisco et le Western Neighborhoods Project of San Francisco. Merci à mon brillant mari, non seulement de tolérer mon angoisse d’auteure, mais aussi de m’aider et m’encourager dans mes projets d’écriture. Enfin, un gros merci à mes lecteurs pour me suivre hors des sentiers battus, vers le jardin secret des histoires d’amour historiques insolites. La rédaction de ce livre a été un plaisir absolu. Si le lire vous procure ne serait-ce que la moitié du plaisir que j’ai éprouvé à l’écrire, sachez que je serai une auteure comblée !
Janvier 1928
Chapitre 1
Lowe Magnusson regarda autour de lui dans le hall désolé de l’Union Pacific Depot. Un jeune couple qu’il avait remarqué dans le train passait le bref arrêt de début de soirée à feuilleter des magazines devant le kiosque à journaux. Une poignée de voyageurs flânaient sur des bancs. Aucun signe des deux malfrats, mais ce n’était qu’une question de temps. Il serait plus facile de le tuer dans un coin sombre d’une gare de campagne qu’au milieu d’un wagon fumant bondé. Satisfait d’être en sécurité, du moins temporairement, Lowe fit glisser un billet de banque vers l’autre côté de la fenêtre du guichet de la billetterie. Ce n’était pas un gros billet, mais il avait suffisamment de valeur pour faire écarquiller les yeux d’un billettiste rustaud de Salt Lake City. Assurément. — Écoutez, dit-il d’une voix beaucoup plus calme. Vous savez aussi bien que moi qu’il vous reste des billets de première classe pour le deuxième train vers San Francisco. Il part à vingt heures. Si nous attendons que votre superviseur revienne de sa pause du dîner, je l’aurai raté. Ce n’est pas comme si je vous demandais un nouveau billet. Je désire simplement passer d’un train à l’autre. Le jeune commis soupira bruyamment. — Je suis désolé, monsieur. Comme je l’ai expliqué, je n’ai pas l’autorisation d’échanger des billets. Pourquoi ne pouvez-vous pas simplement attendre le départ de votre train ? Une heure de plus ou de moins ne fait pas une grande différence au bout du compte. Il partira peut-être même plus tôt si on charge les fournitures assez vite, et à part quelques arrêts supplémentaires, ils vont tous les deux au même endroit. Oui, mais l’autre train ne transportait pas de malfrats armés de revolvers. Lorsqu’il avait d’abord remarqué les hommes qui l’avaient pris en filature, Lowe avait cru que le manque de sommeil jouait des tours à son esprit. Après tout, il n’avait pas eu une bonne nuit de sommeil depuis Le Caire. Une réaction à un empoisonnement alimentaire avait transformé le passage habituellement tolérable d’Alexandrie à Athènes en un véritable cauchemar éveillé. Et juste au moment où il passait être tiré d’affaire, il avait passé un voyage d’une semaine maudit par les tempêtes, de l’Angleterre à Baltimore, à étreindre la toilette et son oreiller tour à tour, priant pour que la mort l’emporte. Mais semblait-il que Dieu n’avait pas terminé de le punir. Alors qu’il avait enduré trois nuits de sommeil agité dans le pire voyage en train de sa vie et qu’il se trouvait alors à moins d’un jour de voyage de son foyer, des hommes armés le traquaient. Mais où, pardi, était donc passée sa chance ? À ce moment précis, tout ce qu’il voulait, c’était d’embrasser le sol asphalté de San Francisco, se laisser tomber dans son lit de plumes ridiculement luxueux (gracieuseté de la fortune de contrebande toujours croissante de son frère) et dormir pendant une semaine. Un bol de chaudrée de palourdes serait chouette. Se prélasser dans un bain chaud pendant deux heures aussi. Peut-être qu’un petit harem de femmes désirables réchaufferaient ses draps — « il faut voir grand », disait-il toujours. Enfin, s’il pouvait éviter de se faire atteindre par balle ou de se faire voler pendant les dernières heures de ce voyage infernal, il se contenterait de dix heures de sommeil ininterrompu et d’un repas maison.
Le commis regarda du coin de l’œil sa cravate desserrée et sa barbe de trois jours. — Nous n’aurions même pas le temps de trouver vos bagages et de les transférer avant le départ, monsieur. — Vous n’avez qu’à les envoyer à mon adresse à San Francisco. Lowe plaça à contrecœur un autre billet par-dessus le premier. Merde. Il n’avait plus que quarante dollars dans son portefeuille. C’était absurde, vraiment. Un artefact précieux qu’il protégeait contre sa vie maudite depuis deux mois se trouvait dans la sacoche qu’il portait en bandoulière, et tout ce qu’il possédait en son nom était quarante malheureux dollars. Sans mentionner la dette massive qui restait suspendue au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès depuis l’entente sabotée avec le moine. Le commis remua la tête de gauche à droite. — Je ne suis pas censé accepter les pourboires, monsieur. Lowe opta pour une autre tactique, baissant la voix en se penchant au-dessus du comptoir. — Puis-je vous dire quelque chose qui restera entre nous ? J’effectue une mission très importante et trèssecrètepour le gouvernement. Ce n’était pas le cas. — Société des Nations. Comité de la Santé, élabora Lowe de manière absurde. — Comité de la Santé, répéta sèchement le commis. Il s’en contrefichait. — Je n’étais pas au courant que les États-Unis avaient rejoint la Société, lança une voix étrangère. Lowe leva la tête pour trouver la propriétaire de cette voix inconnue : une femme, qui se tenait à quelques mètres de lui. Elle était grande et maigre, vêtue d’une robe noire, son bras drapé d’un manteau noir. Des gants noirs. Des cheveux noirs coiffés dans une coupe au carré tombant sous le menton. Tant de noir. Un salon funéraire sur deux jambes qui lui bloquait la vue de l’entrée du quai. Et elle le fixait du regard avec l’intensité d’un peloton d’exécution rassemblé dans une seule personne. — J’ai bien précisé qu’il s’agissait d’une mission secrète, lança-t-il à son tour. Au cas où vous auriez manqué cette partie de ma conversationprivée. — Oui, j’ai bien entendu, dit-elle avec un accent huppé transatlantique, comme s’il était parfaitement normal et poli de lui offrir ses commentaires. Aucune gêne ni aucun remords de s’être fourrée le nez dans ses affaires. — Je vous demande pardon. « Et s’il vous plaît, laissez-moi tranquille », pensa-t-il en se retournant vers la fenêtre du guichet. Imaginer une histoire crédible après tout ce manque de sommeil n’était pas une tâche facile. Mais la femme n’avait pas terminé. — Puis-je vous dire un mot, monsieur Magnusson ? L’avait-elle aussi entendu donner son nom à l’agent ? Elle avait l’ouïe surdéveloppée, apparemment. — Monsieur ? Lowe recentra vivement son attention vers le commis. — Écoutez, donnez-moi simplement un billet avant que le train arrive. Faites livrer ma malle à mon adresse par un porteur. Je reviens dans une minute. Il s’éloigna du comptoir, avançant à grands pas vers la femme.