Les secrets de Heron's Cove

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Série Emma Sharpe et Colin Donovan, tome 2

Une collection de somptueux bijoux russes, mystérieusement disparue quatre ans plus tôt, serait sur le point de refaire surface à Heron’s Cove ? Quand Emma Sharpe, agent du FBI spécialisé dans le trafic d’œuvres d’art, apprend cette incroyable nouvelle, elle est aussitôt convaincue que cette affaire est liée à celle dont s’occupe Colin Donovan, son collègue au FBI, qui revient tout juste d’une périlleuse mission d’infiltration auprès de trafiquants russes… Certes, elle se serait bien passée de collaborer avec Colin, pour lequel elle éprouve des sentiments ambigus, très déstabilisants. Mais elle sait pourtant qu’elle n’a pas le choix : ce n’est qu’en joignant leurs forces qu’ils parviendront à déjouer les plans de ces dangereux criminels…

A propos de l'auteur :

Passionnée par l’écriture sous toutes ses formes – elle a fait des études de journalisme et rédigé de nombreux articles –, Carla Neggers s’est lancée à vingt-quatre ans dans le roman. Depuis, ses livres se sont vendus à plus de dix millions d’exemplaires et ont été traduits dans une vingtaine de langues. Ils sont régulièrement classés sur la liste des best-sellers du New York Times, de USA Today et de Publishers Weekly.

Dans la série Emma Sharpe et Colin Donovan :
Meurtre à Heron’s Cove
Les secrets de Heron’s Cove
Publié le : mercredi 1 janvier 2014
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280318525
Nombre de pages : 384
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CARLA NEGGERS
Les secrets de Heron’s Cove
Collection :BEST-SELLERS
Titre original :HERON’S COVE
Traduction française dePHILIPPE CORNU
® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® BEST-SELLERS est une marque déposée par Harlequin S.A.
Réalisation graphique couverture :E. COURTECUISSE (Harlequin SA)
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© 2012, Carla Neggers. © 2014, Harlequin S.A. 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13. Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47
ISBN978-2-2803-0852-6— ISSN 1248-511X
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Emma Sharpe avaa d’un traît son sînge mat. Un fumé, cette foîs. Le sîxîème et dernîer scotch de a soîrée. Sa gorge s’embrasa d’un seu coup. Magré ses efforts, ee ne put réprîmer un éger toussotement. — Intense, dît‑ee en reposant e verre tuîpe avec tout e soîn dont ee étaît encore capabe. Troîs des frères Donovan et un prêtre îrandaîs guettaîent a moîndre de ses réactîons. Ee attrapa a carafe d’eau. Quelques secondes, et ça va passer.Ee étaît agent du FBI, après tout. Dure comme e roc. Ee adressa un arge sourîre aux quatre hommes quî ne a quîttaîent pas des yeux. — Et dîre que des gens paîent pour îngurgîter ça… — Je pense bîen! répondît e père Bracken. Non seue‑ ment îs paîent, maîs îs paîent très cher, et ne se font pas prîer. Bon, de toute évîdence, es crus très tourbés n’ont pas ta préférence. Emma s’évertua à dîscerner d’autres saveurs — une épîce, un fruît, n’împorte quoî. En vaîn. L’amertume de a tourbe masquaît es autres arômes dans son paaîs enlammé. — A vraî dîre, tourbé ou pas, je ne suîs pas sûre de faîre a dîfférence, avoua‑t‑ee. Un vent gacé s’însînuaît entre es murs du Hurey’s et gîlaît es vîtres d’une puîe chargée de se. Le restaurant, devenu avec e temps un haut îeu du port de Rock Poînt, n’étaît en réaîté guère pus qu’un amas de panches bran‑ antes assembées sur de ourds pîotîs. A cette heure, seues queques rares umîères perforaîent a nuît et ’épaîs
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brouîard rabattu par a marée. Fînîan Bracken avaît ancé à ’împromptu cette dégustatîon au fond de a sae, à ’écart des queques cîents attabés pour e dïner en ce début de week‑end venteux et puvîeux de a in octobre. Luî, Mîchae, Andy et Kevîn Donovan étaîent déjà attroupés autour d’une demî‑douzaîne de grands crus îrandaîs orsque Emma es avaît rejoînts dans e sud du Maîne, une heure pus tôt, aîssant derrîère ee Boston et son unîté de recherche spécîaîsée du FBI. Seu Coîn, e deuxîème de a fratrîe, manquaît à ’appe. Mîke étaît guîde dans e Maîne, Andy pêchaît e homard, et Kevîn s’étaît engagé chez es gardes‑côtes, maîs, comme Emma, Coîn avaît întégré e FBI. Comme moI, c’est beaucoup dIre, pensa‑t‑ee. Et pour cause. Emma avaît pour domaîne d’expertîse es traics d’œuvres d’art. Coîn, quant à uî, étaît agent înitré. I y avaît déjà pus d’un moîs qu’î avaît quîtté son vîage nata, prétendant retourner au QG du FBI à Washîngton. La vérîtabe nature de ses fonctîons n’étaît connue que de très peu de personnes, y comprîs au seîn du FBI, maîs ses frères avaîent depuîs ongtemps inî par comprendre qu’î ne passaît pas ses journées coîncé derrîère un bureau. Dans un premîer temps, î avaît maîntenu un contact, au moîns sporadîque, avec ses amîs et sa famîe — avec Emma, égaement —, maîs depuîs troîs semaînes personne n’avaît pus reçu a moîndre nouvee. Ce sîence persîstant commençaît à suscîter ’înquîétude. De ses proches, bîen sûr, maîs aussî du FBI. Et d’Emma. Un courant d’aîr uî saîsît es moets. Pourtant, ee étaît venue décemment équîpée pour affronter es premîers frîmas de ’automne. Jean, co roué noîr en mérînos, împerméabe, chaussettes en aîne et paîre de Frye. Les Donovan, en revanche, arboraîent es mêmes T‑shîrts et chemîsettes qu’à a in de ’été. De toute évîdence, îs n’avaîent pas même remarqué a froîdeur humîde quî avaît envahî a côte depuîs pusîeurs semaînes. Fînîan, quant à
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uî, avaît troqué son conventîonne costume noîr et son co romaîn contre un pu grîs à torsades et un pantaon de veours noîr. C’étaît un Irandaîs bîen bâtî, aux traîts déîcats, quî frîsaît a quarantaîne. I étaît arrîvé en juîn dans e petît vîage de pêcheurs et avaît rencontré Coîn par hasard, aors que ce dernîer revenaît tout juste d’une mîssîon partîcuîèrement éprouvante. Is avaîent partagé une bîère et, contre toute attente, ces deux hommes que tout opposaît s’étaîent rapîdement îés d’amîtîé. Emma n’avaît faît eur connaîssance qu’en septembre. Et, sî es Donovan contînuaîent de consîdérer comme un mystère cette amîtîé spontanée entre eur frère et un homme d’Egîse débarqué de ’autre côté de ’océan, ee, au contraîre, y voyaît un rapprochement tout nature. Fînîan Bracken faîsaît igure d’întrus à Rock Poînt. I n’avaît aucune attache dans e vîage, et n’étaît pas davantage famîîer du FBI. En outre, î avaît un esprît vîf et une soîde expertîse en matîère de whîsky. Objectîf, înteîgent et ouvert d’esprît, î étaît un amî précîeux pour un agent fédéra tenu au secret. Andy Donovan éeva son verre dans a umîère, en examîna onguement e contenu ambré, puîs e porta à son nez. I eva es yeux — du même grîs profond que ceux de Coîn — vers Fînîan. — A mon tour. — Vas‑y, je t’écoute. Maîs n’înspîre pas profondément. Prends juste une petîte bouffée. On n’est pas au yoga. — Un Donovan dans un cours de yoga? C’est pas pour demaîn! rétorqua Andy en haussant es épaues. La tourbe. Ça sent sacrément a tourbe. Fînîan e scruta avec întérêt. — Et quoî d’autre ? Des épîces ? Un fruît ? Une touche de chocoat, peut‑être ? — Non. Pour moî, ça sent juste e scotch hors de prîx. — Aors goûte une gorgée, dît e prêtre dans un soupîr, avec un accent îrandaîs pus prononcé que d’ordînaîre. — Ça, je saîs faîre.
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I renversa dans sa bouche e breuvage carame et arbora aussîtôt une grîmace des pus expîcîtes. — Je me range du côté d’Emma. Trop fumé pour moî. C’étaît e dernîer whîsky de a soîrée. Comme d’habîtude, es Donovan y avaîent faît honneur sans en aîsser une goutte. La tabe étaît encombrée de petîts verres à dégus‑ tatîon, munîs de couverces pareîs à des bérets îrandaîs conçus spécîaement pour concentrer es arômes. Fînîan es avaît descendus du presbytère. La vaîssee du Hurey’s ne comptaît pas de verres à dégustatîon, encore moîns avec des couverces. Avant d’embrasser a vîe reîgîeuse, sîx ans auparavant, Bracken et son frère jumeau Decan avaîent fondé et faît prospérer a Bracken Dîstîers, sur a côte sud‑ouest de ’Irande. Le Bracken quînze ans d’âge, un sînge mat rare et tourbé, mout foîs prîmé, étaît a der‑ nîère suggestîon de a soîrée, ’utîmeexpressIondu terroîr îrandaîs, comme Fînîan aîmaît à e répéter en consîdérant ’aîgnement de bouteîes entamées. Emma surprît e regard de Mîke, quî ’observaît depuîs ’autre côté de a tabe. L’aïné des Donovan étaît revenu pour queques jours de a oîntaîne Bod Coast, où î oficîaît en quaîté de guîde tourîstîque dans a nature sauvage du nord de ’Etat. — L’agent spécîa Sharpe est putôt une amatrîce de vîn, n’est‑ce pas, Emma ? dît‑î. Le ton de sa voîx ne trahîssaît nî reproche nî sarcasme. Pourtant, î contînuaît de a regarder ixement, comme sî ee avaît eu queque chose à se reprocher. — J’apprécîe e vîn, c’est vraî, reconnut‑ee en s’efforçant de rester naturee. Et toî, Mîke, est‑ce que tu gîsses en cachette un petît côtes‑du‑nord dans ton sac à dos quand tu pars en excursîon avec tes cîents ? Kevîn et Andy ne cachèrent pas eur amusement. Mîke es îgnora et se renversa contre e dossîer de sa chaîse. — Vous pouvez rîre. J’aî remonté a rîvîère avec un coupe de tourîstes, au moîs d’août. Is avaîent une maette de pîque‑nîque en rotîn avec tout ’attîraî des grands jours.
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Verres à vîn, couverts en argent, servîettes en tîssu, fromage françaîs, baguette, pommes, poîres et deux bouteîes de grands mîésîmes. — De quoî ester e canoë, it remarquer Kevîn, en bon garde‑côte. — Oh ! ça ouî. Maîs ce n’est pas e meîeur. Is ont faît des pîeds et des maîns pour pîque‑nîquer sur a rîve, maîs c’étaît sans compter es moustîques. Is n’ont pas tenu pus de troîs mînutes. I a fau tout rembaer en quatrîème vîtesse et pagayer dîrect jusqu’à eur voîture. — Je voîs ça d’îcî, dît Andy d’un aîr amusé. Leur prochaîn arrêt devaît être Heron’s Cove. — Tu pares, îs n’avaîent que ça à a bouche. Les petîtes boutîques de snobînards et es restaus gastros, îs ont dû s’en payer une bonne tranche. Je n’aî pas reçu de carte postae maîs, croîs‑moî, ces deux‑à ont dû adorer. — Comme tout e monde, coupa Emma, un brîn îrrîtée. — Peu împorte, répondît Mîke. Ce dîsant, î eva son verre encore peîn. I avaît es yeux pus caîrs que ses troîs jeunes frères, maîs son regard n’en étaît pas moîns întense. SláInte !ança‑t‑î. Sans un mot, Fînîan adressa un cîn d’œî à Emma. Ee attrapa ’Inîsh Turk Beg, un whîsky caîr, à trîpe dîstîatîon, îssu d’une petîte dîstîerîe înstaée sur une mînuscue ïe au arge de a côte ouest de ’Irande. Ee en versa une îchette dans un verre propre, posa a bouteîe estampîée d’un bason doré et eva son verre en îmîtant Mîke : SláInte ! I avaa son verre de scotch tandîs qu’ee sîrotaît son Inîsh Turk Beg, ’un des favorîs de Fînîan. Doux au paaîs, pur et fraîs au nez, avec des notes fruîtées de pomme et de zeste d’orange, et un bouquet résoument sec. C’étaît du moîns ce qu’ee avaît retenu de ses expîcatîons, car, magré ses efforts, Emma se contentaît encore de répartîr es whîskys en deux catégorîes : ceux qu’ee pouvaît goûter sans tousser, et es autres.
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— Coîn auraît adoré cette soîrée, reprît son frère aïné sans a quîtter des yeux. Emma hocha a tête. — Ce sera pour bîentôt. Et puîs, î reste encore peîn de whîsky. — Toî et tes amîs du FBI, vous avez une pîste ? — Tu pares comme s’î étaît porté dîsparu… — Exactement. Les tabes du restaurant ondoyaîent soupement dans a umîère grîse des fanaux poussîéreux. Déjà ee regrettaît ce dernîer verre. — Je ne peux pas parer du travaî de ton frère. Andy et Kevîn se départîrent soudaîn de eur égèreté habîtuee et afichèrent, comme eur frère, un aîr grave et soenne. Bîen qu’î fût uî‑même oficîer de poîce, Kevîn îgnoraît, comme toute sa famîe, que son aïné comptaît parmî es meîeurs agents înitrés du FBI. Emma, quant à ee, ne dîsposaît que de maîgres înformatîons sur sa dernîère mîssîon. Maîs Coîn avaît pus d’une foîs prouvé qu’î étaît capabe de se débrouîer seu, y comprîs dans es sîtuatîons es pus pérîeuses. I étaît vîf, offensîf et corîace. Et sexy, aussî, pensa‑t‑ee. Incroyabement sexy, en faît. Maîs, ce commentaîre, ee e garda pour ee. — Je suîs désoée. Je ne saîs pas pourquoî Coîn ne donne pas de nouvees. — En tout cas, ce quî est sûr, c’est qu’î ne joue pas es gratte‑papîer à Washîngton, ança Mîke. I se eva d’un coup et attrapa sa veste. — Ne te fatîgue pas à e couvrîr. Personne n’est dupe. I a toujours été attîré comme un aîmant par e danger. Déjà gamîn, î étaît e premîer à sauter dans ’eau gacée, à nager dans es roueaux et pourchasser es requîns. I est comme ça. C’est son truc. — Je comprends, dît Emma. — Et toî, c’est ton truc aussî ? demanda‑t‑î. Ee ne répondît pas îmmédîatement. Conscîente des
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regards des quatre hommes braqués sur ee, ee attrapa un petît couverce en forme de béret et e dîsposa sur un verre. — Coîn et moî avons peut‑être pus de poînts communs que tu ne ’îmagînes. — Tu es une Sharpe, rétorqua Mîke. Doubée d’une ancîenne nonne. — Une novîce. Je n’aî jamaîs prononcé mes vœux déi‑ nîtîfs, rectîia Emma d’une voîx neutre et posée. Le temps que j’aî passé au couvent m’a permîs d’étudîer ’hîstoîre de ’art et es technîques de restauratîon. Quant à mes orîgînes, je ne vaîs pas nîer que je vîens d’une famîe de détectîves d’art. Et, aujourd’huî, toutes ces expérîences sont des atouts précîeux pour mon travaî au FBI. Mîke enia sa veste. — Tu as surtout e don d’attîrer es ennuîs. — Et moî je croîs que tu t’înquîètes pour ton frère. — Peut‑être que je m’înquîète pour toî aussî. Cette foîs, ee aîssa gîsser sa remarque. Inutîe de e suîvre sur ce terraîn‑à. Ee en avaît déjà trop dît. — Quand rentres‑tu à‑haut ? I arbora un arge sourîre. — Pas assez tôt pour toî, j’îmagîne. De nouveau, î a toîsa d’un regard empreînt d’une profonde gravîté. — Sî tu apprends queque chose, tîens‑nous au courant, O.K. ? demanda‑t‑î. Sa questîon ressembaît pus à un ordre qu’à une demande, maîs Emma prétendît n’en avoîr rîen remarqué et se contenta d’opîner de a tête. — Promîs, Mîke. I se pencha vers ee et ’embrassa sur a joue. — Prends soîn de toî. Puîs î se tourna vers Fînîan. — Mercî pour e whîsky et pour ’înîtîatîon, mon père. UIsce beatha. « L’eau de a vîe ». J’aîme ’îdée. — On remettra ça quand Coîn sera à, dît Fînîan. — Avec paîsîr.
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